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Monsieur le président, Excellences,
Permettez-moi avant tout de vous remercier
d’avoir invité Cuba à participer à cette réunion
au sommet des pays en développement sans
littoral.
Nous sommes très heureux que cette réunion ait
lieu à La Havane dans le cadre de la Quatorzième
Conférence des chefs d’État ou de gouvernement
du Mouvement des pays non alignés que notre pays
a l’honneur d’organiser. Nous considérons qu’il
s’agit là d’un cadre très favorable vu que le
Mouvement des non-alignés et ce groupe de pays
ont des objectifs et des intérêts communs.
Cuba reconnaît pleinement les intérêts
spécifiques des pays en développement sans
littoral caractérisés par des économies
vulnérables en raison du fait qu'ils n'ont pas
d’accès maritime. Une telle situation, aggravée
par leur éloignement des marchés mondiaux ainsi
que par les coûts prohibitifs du transit et les
risques qui en découlent, impose de sérieuses
limitations aux recettes d’exportation et a des
conséquences négatives sur leur croissance et
sur leur développement socioéconomique.
Ce n’est pas un hasard si 16 des 31 pays se
trouvant dans cette situation sont classés par
les Nations Unies dans la catégorie des pays les
moins avancés.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les pays en
développement sans littoral occupent 12,5 % de
la surface terrestre et représentent 4 % de la
population mondiale. La somme de leurs P.I.B.
représente seulement 0,3 % du P.I.B. et ils ne
reçoivent que 0,34 % des investissements
étrangers directs mondiaux. Leurs dépenses au
titre de fret s’élèvent en moyenne à 14 %,
chiffre qui se réduit de moitié pour les pays
avec littoral et qui est de 5% pour les pays
développés avec littoral.
Cuba reconnaît les efforts réalisés par les pays
en développement dans d’application du Programme
d’action d’Almaty en vue d'établir des
associations permettant de résoudre les
problèmes particuliers de ces pays. De nombreux
sommets et conférences internationaux ont
reconnus les besoins et les problèmes
particuliers des pays en développement sans
littoral. Dans la Déclaration du Millénaire
adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, les
chefs d’État ou de gouvernement ont demandé aux
donateurs bilatéraux et multilatéraux
d’augmenter leur aide financière et technique à
ce groupe de pays afin de répondre à leurs
besoins spéciaux de développement et de les
aider à surmonter les obstacles imposés par leur
situation géographique en améliorant leurs
systèmes de transport de transit. Ils ont
également convenus de créer, au niveau national,
sous‑régional et régional, un environnement
propice au développement et à l’élimination de
la pauvreté.
Malheureusement, peu de progrès ont été
enregistrés. Les pays en développement sans
littoral n’ont pas reçu le soutien dont ils ont
tant besoin. Bien au contraire, ils sont de plus
en plus exclus du commerce multilatéral et
doivent faire face à une réduction de leur part
de marché au niveau mondial vu le coût
excessivement élevé de leurs transactions
commerciales en raison du fait qu’ils ne
disposent pas d’accès maritime. À cela viennent
s’ajouter les conséquences négatives des aides
agricoles mises en place dans les pays riches,
minant ainsi la compétitivité des pays en
développement sans littoral.
Cuba soutient pleinement les prétentions
légitimes des pays sans littoral concernant la
nécessité de continuer à promouvoir la
coopération Sud-Sud et la coopération
triangulaire, ainsi que la coopération entre les
organisations sous-régionales et régionales afin
de mettre en œuvre le Programme d’action
d’Almaty.
Nous sommes convaincus que cette réunion au
sommet de La Havane parviendra à d’importants
résultats et contribuera à rendre plus efficace
la concertation entre les pays en développement
sans littoral afin qu’ils puissent concrétiser
leurs légitimes aspirations.
Au nom du peuple et du gouvernement cubains, qui
vous accueillent chaleureusement et vous offrent
leur ferme soutient, je souhaite que vos travaux
soient couronnés de succès.
Merci beaucoup
(Cubanoal) 14-09-2006
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