|
Il est beaucoup question d'intégration dans le monde
d'aujourd'hui et nous parlons beaucoup de l'ALBA,
mais les résultats en sont peu connus.
Nous faisons le point non sans rappeler les
origines de cette voie nouvelle tracée par
l'Amérique Latine.
Il en a justement été question au cours de la
rencontre continentale de lutte contre les
Traités de Libre Commerce qui a réuni plus de
700 personnes dans
la foulée du 1er mai.
Cette rencontre qui était la sixième a trouvé sa
source dans les réunions contre la ZLEA, la Zone
de Libre-échange des Amériques que les Etats-Unis
entendaient imposer à nos pays pour contrôler
nos économies et que nous sommes arrivés tous
ensemble à battre en brèche et finalement à
enterrer en 2005 lors du Sommet des peuples,
parallèle au sommet des Amériques qui s'est tenu
en novembre à Mar del Plata, en Argentine.
Afin de contourner cette opposition à un système qui
ressemblait selon l'image fort suggestive qu'en
avait donnée un économiste cubain de renom,
Osvaldo Martinez, " à
l'alliance des sardines et du requin ", les
Etats-Unis ont inventé les TLC ou Traités de
Libre Commerce, signés pays par pays tant il est
vrai que la devise " diviser pour régner " n'a
rien perdu de son actualité dans le monde
d'aujourd'hui.
À cette ZLEA et à son nouvel avatar, les TLC, le
Venezuela et Cuba, rejoints par la Bolivie et
maintenant le Nicaragua, ont opposé une solution
de rechange, l'ALBA, qui s'appelle dont
l'Alternative Bolivarienne - du non du grand
indépendantiste Simon Bolivar - pour les
Amériques et qui a le bon goût de donner en
espagnol le mot " aube ". Elle a été fondée fin
2005.
Cette ALBA n'est pas une " contre-ZLEA " pure et
simple. C'est une structure de véritable
intégration premièrement c'est-à-dire que chacun
y est sur un pied d'égalité et, par ailleurs,
elle intègre un volet qui est le grand oublié de
tous ces types de processus de formation de
blocs qui ont eu lieu jusqu´à présent
dans le monde : le volet social.
En effet, nous nous trouvons là face à toute la problématique
du but du développement : la macroéconomie ou le
bien-être de la population ?
C'est la raison pour laquelle l'ALBA est placée
sous le signe de l'intégration solidaire. Les
résultats en sont les suivants :
- 30 000 médecins coopérants et 70000 jeunes se formant comme
médecins - 2 millions
de Latino-américains qui ont appris à lire et à
écrire
- Plus de 600000 personnes auxquelles la vue a été rendue
grâce à une opération
- Des techniciens et des cadres professionnels d'un pays
travaillant dans un
autre sans qu'il soit besoin de leur offrir des
salaires astronomiques ni de les
loger dans des villas avec piscines.
- Des échanges commerciaux qui augmentent sans être freinés
par des droits de
douane ni des barrières absurdes
- Création d'entreprises mixtes qui visent des avantages pour
les peuples et non
l'enrichissement deleurs propriétaires
- Des prêts, des facilités d'achat et de vente, des
investissements, l'accès sans
restriction aux progrès de la science,
sans que les connaissances soient des
marchandises
- Fournitures stables de combustibles avec des facilités de
paiement et en
appliquant clairement le concept de générosité
solidaire.
- Préparation de la mise en place d'une Banque
du Sud pour une bonne utilisation des réserves
monétaires despays en voie de développement.
Osvaldo Martinez a signalé justement que nous
devions passer à un stade supérieur, que nous ne
pouvions nous contenter de critiquer le néo-libéralisme,
la ZLEA ou ses succédanés que sont les TLC. Il
s'agit de mettre en place la justice sociale
accompagnée de développement et de commencer
ainsi à donner au monde meilleur auquel nous
aspirons un visage de la même manière que Cuba
édifie depuis 47 ans une société propre basée
sur le principe du bien de tous.
(RHC) 29-05-2007
|