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SILVIO N’EST PAS UN PRODUIT DE CONSOMMATION
LE célèbre chanteur-compositeur Silvio Rodriguez
a dénoncé l’interprétation que certains médias
ont fait de sa proposition de se produire
gratuitement à Talca, une ville chilienne située
au sud de Santiago. Lors de sa dernière tournée
dans la région, il y a quelques mois, il avait
suspendu un concert devant avoir lieu dans cette
ville, en signe de solidarité avec les personnes
qui avaient dénoncé le prix excessivement élevé
des entrées (entre 80 et 110 dollars).
Même si les personnes ayant acheté des places
ont été remboursées, des avocats de la ville ont
émis une plainte devant les tribunaux. Voici une
déclaration de l’artiste cubain au sujet de
cette affaire:
À LA POPULATION DE TALCA, AU CHILI:
«La plaidoirie de défense du Dr. Eduardo
Contreras a montré clairement que je n’ai commis
aucune infraction et qu’à aucun moment je n’ai
voulu blesser la population de Talca. Cependant,
une certaine presse s’est empressée de faire
comme si j’avais cherché un prétexte pour
annuler le concert. Ils veulent dénaturer mon
désir profond de chanter pour les peuples, comme
si ma demande de concert gratuit faite à la
présidence chilienne, avant la suspension du
concert, comme c’est mon habitude dans ce genre
de situation, pouvait passer pour une sorte de
justification pour annuler le concert. Ils
essaient de faire croire que mon insistance à
chanter gratuitement, exprimée lors du jugement
par mon avocat, était une sorte de contrition
pour avoir suspendu le concert.
»De quoi devrais-je me repentir? Avoir refusé
de donner un concert dont le prix d’entrée était
prohibitif, en sachant que ce serait dans une
des zones les plus pauvres du Chili, dans un
théâtre pour 1 000 personnes?
»Je voudrais que ce soit clair : je ne vais
pas transiger. Je n’ai pas l’habitude de
tergiverser en faisant des simagrées, comme ceux
qui, tout d’un coup, voudraient être quelqu’un
d’autre, et ce n’est pas maintenant que cela va
changer. Au contraire, je suis d’accord avec ce
que je représente, même si je suis à
contre-courant. Je sens que je chante avec
Victor Jara, que j’aime Violeta Parra, que
j’admire Manuel Rodriguez, le guérillero
assassiné à Tiltil. C’est eux qui sont mes plus
proches parents au Chili et qui symbolisent mon
arche d’alliance. Je comprends que du fait que
je ne veuille trahir ni Cuba ni le Chili,
certains de là-bas ou d’ailleurs, me veuillent
du mal et agissent en conséquence en espérant me
blesser. Mais des forces colossales n’ont pu me
déposséder de Cuba et personne ne me chassera du
Chili.
»Je reviendrai à Talca quand je pourrais
disposer des ressources logistiques pour donner
le concert que méritent ceux qui voulaient
m’écouter mais qui ne pouvaient se payer les
entrées si chères. Je chanterai pour ceux qui,
après avoir acheté les entrées, se sont
retrouvés sans concert…et préfèrent ne pas
m’accuser. Je ne ferai rien de tout ça en signe
de pénitence, mais parce que mes chansons sont
nées au sein de gens comme vous et que,
quand vous m’écoutez, elles se sentent en
famille.»
«Merci et à bientôt»
Silvio Rodriguez Dominguez,
La Havane, 15 mai 2007.
(Granma) 17-05-2007
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