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• Selon le pédiatre Francisco
Valdés, le taux de mortalité infantile de 5, 8 pour
mille naissances vivantes de Cuba en 2004 est le plus
bas de toute l’Amérique Latine, et il est dû aux
campagnes de vaccination massives et gratuites réalisées
depuis le triomphe de la Révolution de
1959
PAR ANNE-MARIE
GARCIA, spécialement pour Granma
international
DARAIBIS Rueda a vécu des moments d’inquiétude
et de peur lorsque sa fille, Amelia, est née après huit
mois de grossesse et pesait 930
grammes.
Deux mois se sont écoulés et la jeune
maman tient dans ses bras son bébé, qui pèse aujourd’hui
1,8 kg. «L’émotion est forte car j’ai tant attendu ce
moment», a-t-elle confié à Granma
international avec un grand sourire. «Je
suis heureuse, j’ai eu tellement peur quand je l’ai vu
naître si petite».
Amelia a été incubée pendant 58 jours; la
mère et l’enfant sont restées à l’hôpital havanais
Gonzalez Coro jusqu’à ce que le bébé pèse 1,5 kg,
et aujourd’hui elles sont enfin chez
elles.
En mars, plus de 500 000 enfants cubains
ont été vaccinés. Selon le pédiatre Francisco Valdés, le
taux de mortalité infantile de 5, 8 pour mille
naissances de Cuba en 2004 est le plus bas de toute
l’Amérique Latine et il est dû aux campagnes de
vaccination massives et gratuites réalisées depuis le
triomphe de la Révolution, en 1959.
Le gouvernement cubain accorde une grande
attention à ce taux de mortalité infantile. Sur la liste
des pays du continent américain de l’UNICEF, l’île se
situe après le Canada (5), mais devant les Etats-Unis
(7), le Costa Rica (8), l’Argentine (17) et le Brésil
(33).
Le fonctionnaire de la direction nationale
materno-infantile a indiqué que depuis 1995, 95% des
Cubains de plus de deux ans étaient vaccinés contre les
maladies suivantes: BCG, diphtérie, typhoïde, grippe,
hépatite B, méningite, oreillons, poliomyélite, rubéole,
rougeole, tétanos, coqueluche et tuberculose
infantile.
Valdés a ajouté que la poliomyélite avait
disparu de l’île en 1962, le tétanos néonatal en 1972,
la rougeole en 1993, la coqueluche en 1994, la rubéole
et les oreillons en 1995 et la méningite et la
tuberculose en 1997.
C’est en 1970 qu’a commencé la lutte
contre les maladies diarrhéiques et les maladies
respiratoires aiguës qui étaient la première cause de
mort parmi la population infantile. Parallèlement a eu
lieu une campagne d’information qui conseillait, par
exemple, de faire bouillir l’eau.
A Cuba, où les services de santé sont
gratuits, la spécialité de néonatologie a été créée en
1965 et c’est en 1967 que s’est instaurée l’attention
intégrale à l’enfant et à la femme
enceinte.
LES SOINS POUR LE NOUVEAU-NE ET LA FEMME
ENCEINTE
C’est en 1971 qu’a été ouverte la salle de
néonatologie de l’hôpital Gonzalez Coro, qui se
trouve actuellement en réparation. Cette salle comporte
25 lits, et les soins sont dispensés 24 heures sur 24, a
indiqué la docteur Maria del Carmen Roca, chef du
service, ajoutant que l’an dernier l’hôpital avait
enregistré un taux de mortalité infantile de 2,7 pour
mille naissances vivantes.
Roca a précisé que dans son service on
pratiquait la «méthode kangourou », qui met le bébé
en contact direct avec la mère. Pour les accouchements
sans complications, l’enfant «cohabite» avec la mère et
commence a téter durant ses 30 premières minutes
d’existence. «Ces méthodes présentent d’importants
avantages émotionnels et immunologiques», a souligné la
spécialiste.
Elle a en outre expliqué que l’on
encourage l’allaitement maternel, particulièrement
important pour la relation mère-enfant, la nutrition et
la protection et l’hygiène.
La spécialiste en médecine obstétrique et
en gynécologie Blanca Manzano a expliqué pour sa part
qu’en 1959, des accoucheuses locales se chargeaient de
80 % des accouchements; en 1970, 91,5% des accouchements
avaient lieu à l’hôpital, et 99,9 % en
2003.
Durant la grossesse, la femme assiste en moyenne
à 12 consultations médicales avec examens et
échographies, et l’enfant à 28,7 consultations en
moyenne durant sa première année de vie, a-t-elle
précisé.
La détermination d’une grossesse se fait
dans les polycliniques de chaque municipalité, ce qui
permet de détecter les cas à risque. Entre la 16e et la
19e semaine un examen est pratiqué pour détecter les
risques génétiques, et à la 22e semaine est effectuée
l’échographie.
LES SOINS SPECIALISES POUR LES FEMMES A
RISQUE
Liubelsi Carrasco a accouché il y a cinq
jours de deux jumelles; elle partage sa chambre avec
Rachel, 3,5 kilos et Rocio, de deux kilos seulement.
Elles devront attendre toutes les trois que Rocio pèse
2,5 kilos pour pouvoir rentrer chez
elles.
Dans la salle périnatale pour les femmes
enceintes à risque, Siris Artigas, une jeune femme de 22
ans, attend son premier enfant, une petite fille, mais
elle est entrée à l’hôpital dès sept mois de grossesse
car n’avait pas le poids requis.
«Je me sens en sécurité, on s’occupe
bien de moi et j’attends tranquillement l’accouchement
car je sais que s’il m’arrive quelque chose je serai
soignée tout de suite».
Il existe aussi, dans toute l’île, 266
foyers maternels pour les femmes enceintes à risque.
«Ce ne sont pas des hôpitaux mais les femmes qui ont
des problèmes ou qui vivent dans des lieux isolés
reçoivent des soins adaptés et une alimentation
adéquate», a signalé la docteur
Manzano.
En
1971 il y a eu à Cuba 256 000 naissances, contre 127 000
en 2004.
(Granma) 26 Avril 2005
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