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• a
affirmé le Patriarche oecuménique Bartholomé
durant l’homélie qui a précédé la consécration de
la Cathédrale San Nicolas • Il a décerné à Fidel
Castro l’Ordre de Saint André, la plus haute
distinction de son patriarcat • Le président
cubain lui a remis les clés du temple et le
document qui fait foi de la personnalité juridique
de l’institution
PAR NIDIA DIAZ,
du quotidien Granma
DANS son homélie préalable à
la consécration de la Cathédrale de San Nicolas,
le Patriarche oecuménique Bartholomé a adressé un
message d’amour au monde, de revendication du
droit à l’égalité et contre la guerre et les
impositions des plus puissants, affirmant en outre
que «le blocus de peuples et de pays est une
erreur historique». Sa Sainteté Bartholomé
réitérait ainsi des déclarations formulées le
samedi 24 janvier lors de l’inauguration de
l’exposition Eros-Athos-Hero, de l’artiste et
architecte grec Dimitris Talaganis.
Le président Fidel Castro
était présent à la cérémonie. Auparavant, il avait
visité le couvent de San Salvador de Santa
Brígida, dont il avait assisté l’an dernier à
l’inauguration.
Fidel a déposé un bouquet de
fleurs devant la statue de Mère Teresa de Calcutta
dans le jardin qui porte son nom, situé sur l’un
des côtés de la Basilique de San Francisco de
Asis, à la Vieille Havane.
Face à l’entrée de la
Cathédrale de San Nicolas, le Patriarche
oecuménique et Fidel se sont salués et après que
les dignitaires religieux eurent fait trois fois
le tour du nouveau temple, le président cubain a
remis au Patriarche les clés qui attestent la
personnalité juridique de cette église, signé par
le ministre de la Justice de l’île, Roberto Diaz
Sotolongo.
Immédiatement après,
l’illustre visiteur a offert à Fidel la Croix
sacrée de l’Ordre de Saint André, «en signe de
bénédiction et comme symbole de justice et de
fermeté». Cet Ordre, la plus haute distinction
décernée par le Patriarche, porte le nom de
l’Apôtre qui fonda l’Église de Byzance il y a 2
000 ans.
Auparavant, l’historien de
la ville, Eusebio Leal, avait expliqué à Sa
Sainteté Bartholomé que cet ouvrage dont les clés
allaient lui être remises était «un symbole de
l’amitié du peuple cubain pour sa personne et pour
son Église». Il a en outre fait l’éloge de
ceux qui l’ont construite et qui ont permis de
matérialiser ce rêve. Il a également exprimé sa
gratitude «pour cette visite, pour vos paroles
et vos marques de générosité, de sympathie et de
soutien fraternel envers la nation cubaine et son
président».
Dans son homélie, le
Patriarche a remercié le président du Conseil
d’État et du Conseil des ministres pour la
construction de la cathédrale et sa reconnaissance
de l’Église orthodoxe grecque.
Il a assuré que son Église
n’est pas venue à Cuba faire preuve de morgue et
d’arrogance, mais «prêcher avec franchise que
le blocus des peuples et des pays est une erreur
historique et que les problèmes entre les peuples
et pays se résolvent par le dialogue et la
communication».
Le Patriarche a d’autre part
attiré l’attention sur la situation internationale
actuelle, caractérisée, a-t-il dit, par
«l’insécurité des après-guerres, le terrorisme,
les inégalités et l’imposition du droit du plus
fort», raison pour laquelle, a-t-il dit, son
message était «un message pour le droit à la
liberté et à l’égalité».
Avec la consécration de la
Cathédrale prenait fin l’intense programme
d’activités du Patriarche de Constantinople
Bartholomé, qui a débuté le 21 janvier et a
comporté samedi une visite aux enfants de
l’hôpital William Soler et de l’École Solidaridad
con Panamá.
CONCERT DE MUSIQUE CUBAINE
ET BYZANTINE
Sa Sainteté le Patriarche
œcuménique Bartholomé a affirmé que la musique
traditionnelle cubaine est un précieux trésor
inséparable de la culture de Cuba.
Après le gala artistique au
Théâtre National, durant le troisième jour de sa
visite officielle dans notre pays, la plus haute
figure de la hiérarchie de l’Église orthodoxe
grecque a dit que Cuba devait maintenir sa belle
tradition musicale et la transmettre de génération
en génération. Personnellement, nous apprécions
beaucoup les expressions de la musique
traditionnelle de tous les peuples, parce qu’elles
constituent un élément de leur identité, a-t-il
dit. Et d’ajouter que la musique byzantine, elle,
constitue un art divin.
CULTURES GRECQUE ET
CUBAINE
À l’occasion de cette
visite, un spectacle, auquel participait une
délégation de la République hellénique, a été
donné avec la participation des meilleurs
représentants de l’art cubain.
Des œuvres liturgiques, des
pièces de la chanson contemporaine et du
syncrétisme afrocubain ont été interprétées par
Ars Longa. los Muñequitos de Matanzas, Miriam
Ramos, le chœur Exaudi, Bellita et son
Jazz-Tumbala, l’ensemble folklorique national et
Pancho Amat, et le Cabildo del son.
Participaient également à ce
gala le chœur de musique byzantine Agios Ioannis
et le groupe musical de la municipalité de
Salonique.
(Granma) 26 Janvier
2004 |