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Camarades,
LE
mandat confié par le peuple à cette législature est clair :
il s’agit de continuer à renforcer la Révolution en un
moment historique qui exige de la créativité et un sens
élevé de la dialectique, comme nous l’a très bien dit le
camarade Fidel dans sa Réflexion fondamentale du 14 janvier
dernier.
La
constitution du Conseil d’État que cette Assemblée vient
d’élire a suscité beaucoup d’expectative, aussi bien à Cuba
qu’à l’étranger. La principale inconnue a été résolue par le
camarade Fidel dans son message du 18 février. Il n’y a pas
grand-chose à y ajouter, si ce n’est de remercier notre
peuple, au nom de la direction de la Révolution, pour ses
marques innombrables de sérénité, de maturité, de confiance
en soi, accompagnées d’un mélange de sentiments authentiques
de tristesse et de fermeté révolutionnaire.
J’assume la responsabilité qui m’est confiée avec la
conviction que, comme je l’ai dit et répété bien des fois,
la Révolution cubaine a un seul Commandant en chef.
Fidel est Fidel. Nous le savons tous. Fidel est
irremplaçable et le peuple poursuivra son œuvre quand il ne
sera plus physiquement parmi nous. Par contre, ce qui
restera toujours parmi nous, ce sont ses idées qui ont servi
à construire ce bastion de dignité et de justice que
représente notre pays.
Seul
le Parti communiste, garant indiscutable de l’unité de la
nation cubaine, peut être le digne héritier de la confiance
déposée par le peuple dans son leader. Il s’agit de la force
dirigeante supérieure de la société et de l’État, et ainsi
l’établit l’Article 5 de notre Constitution, approuvée par
référendum par exactement 97,7% des votants.
Cette conviction revêtira la plus haute importance lorsqu’en
vertu de la loi naturelle de la vie, la génération
fondatrice de la Révolution, celle qui l’a forgée, aura
disparu.
Bien
heureusement nous n’en sommes pas encore là. Fidel est là,
comme toujours, avec toute sa tête, une capacité d’analyse
et de prévision intacte ou plutôt renforcée, maintenant
qu’il peut consacrer à l’étude et à l’analyse les heures
innombrables qu’il lui fallait autrefois pour faire face aux
problèmes quotidiens.
Malgré l’amélioration de son état de santé, sa condition
physique ne lui permet plus de vivre ces interminables
journées de travail séparées par quelques brèves heures de
sommeil, car c’est ainsi qu’il a vécu pratiquement depuis
qu’il s’est engagé dans le combat révolutionnaire et plus
encore pendant ces longues années de « période spéciale »,
où il ne s’est pas accordé une seule journée de vacances.
La
décision du camarade Fidel constitue une nouvelle
contribution à la cause de la continuité de la Révolution et
un exemple qui l’honore mais qui n’a rien d’étonnant de la
part de l’homme qui a toujours eu pour guide le principe de
José Marti : « Toute la gloire du monde tient dans un grain
de maïs. »
Il
ne reviendra pas non plus sur sa décision de continuer, tant
qu’il en aura la force, de contribuer à la cause
révolutionnaire comme aux idées et aux objectifs les plus
nobles de l’humanité.
Certain d’exprimer ici le sentiment de notre peuple, je
demande à cette Assemblée, organe suprême du pouvoir de
l’État, de m’autoriser, lorsqu’il s’agira de prendre des
décisions particulièrement importantes pour l’avenir de la
nation, surtout dans les domaines de la défense, de la
politique extérieure et du développement socio-économique du
pays, à continuer de consulter le leader de la Révolution,
le camarade Fidel Castro Ruz (OVATION).
Camarade Ricardo Alarcon, président de l’Assemblée nationale
du Pouvoir populaire, bien que l’ovation que nous venons
d’entendre retentir ici suppose l’approbation, je vous
propose de soumettre cette proposition au vote, comme le
veut la loi.
Pour
cette raison et pour bien d’autres, je citerai aujourd’hui
dans mon discours, à plusieurs reprises, quelques-unes des
idées essentielles exprimées par Fidel dans ses Réflexions.
J’en profite au passage pour signaler que nous devons les
étudier, pour les enseignements et la capacité de prévision
qu’elles contiennent. Ne jamais oublier ce que Raul Roa
disait et répétait à ses intimes : « Fidel entend l’herbe
pousser, et il voit à travers les murs »
NOUS DEVONS RENDRE NOTRE GOUVERNEMENT PLUS EFFICACE
Camarades députés,
Je
suis conscient de la responsabilité que me confère, devant
le peuple, la tâche qui m’est confiée, et en même temps
convaincu de pouvoir compter, comme toujours, sur le soutien
de ceux qui assument des responsabilités de direction à tous
les niveaux et, plus encore, sur celui de mes compatriotes,
sans lequel il n’est pas de succès possible dans une société
comme la nôtre.
En
accord total avec le Bureau politique et le secrétariat du
Comité central du Parti, l’Assemblée a élu à la première
vice-présidence du Conseil d’État le camarade José Ramon
Machado Ventura, puis approuvé sa désignation au poste de
premier vice-président du Conseil des ministres.
Comme je l’ai expliqué en le proposant, dans les
circonstances actuelles il convient que le même camarade
assume, comme jusqu’à maintenant, ces deux importantes
responsabilités de l’État et du gouvernement.
Il
ne fait pas de doute que la carrière de Machado Ventura, ses
convictions révolutionnaires, son expérience, sa
préparation,ses qualités de dirigeant et d’être humain en
font l’homme tout indiqué pour assumer des charges aussi
élevées.
L’Assemblée est aussi convenue, conformément à l’Article 75
de la Constitution, de reconsidérer la composition du
gouvernement lors d’une session prochaine, dans le courant
de l’année. C’est une décision opportune, car il ne s’agit
pas seulement de désigner des ministres mais de déterminer
quels changements sont nécessaires dans le système des
organismes de l’administration centrale de l’État, ce qui
requiert un peu plus de temps.
Pendant les quinze premières années de la Révolution, les
structures d’État héritées du capitalisme se sont ajustées
sur le terrain pour assumer les tâches qu’imposaient des
changements radicaux au plan économique, politique et
social.
L’institutionnalisation des années soixante-dix, avec toutes
ses imperfections, a permis de structurer un système
cohérent et adapté aux circonstances qui ressamblait un peu
à celui des pays socialistes, avec ses bons et ses mauvais
côtés.
Enfin, en 1994, au moment le plus aigu de la période
spéciale, on a procédé à des ajustements qui ont impliqué
des réductions et des fusions d’organisme, ainsi que la
redistribution des fonctions de plusieurs d’entre eux. Mais
ceci a été fait dans la hâte imposée par le besoin de nous
adapter rapidement à un théâtre radicalement différent, très
hostile et extrêmement dangereux.
Quatorze années se sont écoulées depuis, au cours desquelles
le panorama national et international a considérablement
changé. Il nous faut aujourd’hui une structure plus compacte
et fonctionnelle, avec moins d’organismes de
l’administration centrale de l’État et une meilleure
redistribution des fonctions.
Nous
serons ainsi en mesure de réduire l’énorme quantité de
réunions, coordinations, autorisations, conciliations,
dispositions, règlements, circulaires, et cætera, et cætera.
Et vous, camarades députés, qui vivez dans toute l’étendue
du pays, savez très bien ce qui se cache derrière les et
cætera. Une restructuration permettra de concentrer des
activités économiques décisives aujourd’hui dispersées entre
plusieurs organismes et de tirer un meilleur parti de nos
cadres.
En
un mot, nous devons rendre notre gouvernement plus efficace.
L’Assemblée a été renouvelée dans une proportion supérieure
à celle de la législature antérieure, la proportion de
femmes a augmenté de plus de sept pour cent et se rapproche
de la moitié, avec un peu plus de 43% ; le nombre de jeunes
de 18 à 30 ans, c’est-à-dire les plus jeunes, est passé de
23 à 36% ; quant à ceux qui dépassent les soixante ans, ils
sont aussi plus nombreux que dans l’Assemblée précédente.
Un
point important : on a aussi vu augmenter le nombre de
députés qui travaillent directement dans la production et
les services : ouvriers, paysans et autres travailleurs,
mais aussi membres des institutions armées, sportifs,
artistes, écrivains, journalistes et autres professions qui,
avec les dirigeants étudiants et les camarades des conseils
populaires, représentent plus de la moitié des députés.
Ces
données et la liste des tâches dont chacun de vous
s’acquitte, depuis les dirigeants nationaux jusqu’aux
retraités et aux leaders religieux, nous portent à affirmer
que les députés ici réunis sont un échantillon représentatif,
à petite échelle, de la société cubaine.
Ceci
constitue une prémisse de base mais ne garantit pas que le
Parlement puisse s’acquitter de sa mission. Il faut aussi,
et surtout, que ses membres agissent de manière intelligente,
organisée, créative et énergique, en particulier dans le
travail en commissions où ils disposent de plus de temps et
où, l’attention se concentrant sur des affaires déterminées,
on peut mieux les étudier et davantage de camarades peuvent
intervenir.
IL n’Y A RIEN À CRAINDRE DES DISSENTIMENTS AU SEIN D’UNE
SOCIÉTÉ COMME LA NÔTRE
Lorsque je suis allé, en décembre dernier, dans le district
de Santiago de Cuba qui a élu le camarade Fidel à cette
Assemblée, j’ai affirmé que le soutien massif à la
Révolution passe par l’interrogation sur ce que nous faisons
pour l’améliorer.
J’ai
ajouté que si le peuple est fermement uni autour d’un parti
unique, celui-ci se doit d’être plus démocratique que tout
autre et, avec lui, la société dans son ensemble qui, bien
entendu, comme toute oeuvre humaine, est perfectible mais
sans aucun doute juste, parce qu’elle donne à chacun
l’occasion d’exprimer son point de vue et, plus encore,
d’agir pour transformer nos accords en réalités.
Il
n’y a rien à craindre des dissentiments dans une société
comme la nôtre où, par essence, il n’existe pas de
contradictions antagoniques puisque les classes sociales qui
la forment ne sont pas antagoniques. C’est de l’échange
profond d’opinions divergentes que surgissent les meilleures
solutions si elles sont dictées par des objectifs sains et
si le droit d’opinion s’exerce de manière responsable.
C’est ainsi qu’agissent l’immense majorité des Cubains : des
meilleurs chercheurs, intellectuels, ouvriers, paysans et
étudiants, à la plus simple des femmes au foyer.
Tous,
à des moments différents de la Révolution, y compris le
moment actuel, ont offert une démonstration exemplaire de
maturité politique et de conscience de la réalité, en
évaluant objectivement aussi bien les affaires stratégiques
que les difficultés de la vie quotidienne. Et la conviction
grandit que la seule source de richesse de la société est le
travail, surtout quand il emploie efficacement les hommes et
les femmes, en plus des ressources matérielles.
Les
apôtres internationaux de la mort de la Révolution ont voulu
appuyer leurs prévisions sur les critiques formulées à
l’occasion de l’étude et de la réflexion sur le discours du
26 Juillet dernier à Camagüey, sans comprendre qu’il
s’agissait d’un débat critique à l’intérieur du socialisme.
C’est ce qui a été largement confirmé, quelques mois après,
par les résultats de nos élections --et nous le citons en ce
moment comme meilleur exemple— qui se sont achevées le 20
janvier dernier.
Il
est vrai qu’il y a aussi des gens qui parlent avant de
s’informer, avancent des exigences sans se poser la question
de savoir si elles sont ou non raisonnables. Ce sont en
général les mêmes qui réclament des droits sans jamais se
reconnaître de devoirs. Comme l’a fait remarquer Fidel dans
sa Réflexion du 16 janvier, « ils attendent des miracles de
notre Révolution acharnée et digne ».
Nous
ne leur refusons pas le droit de s’exprimer, dans le cadre
de la loi. Nous ne saurions nous montrer extrémistes lorsque
surgissent de telles attitudes, mais non plus faire preuve
de naïveté.
Lorsqu’elles sont motivées par le désespoir engendré par une
difficulté personnelle ou par le manque d’information, nous
devons faire preuve de patience et fournir tous les
arguments nécessaires.
Mais
si quelqu’un a la prétention d’exercer des pressions pour se
situer au premier plan et pour donner libre cours à son
ambition, à la démagogie, à l’opportunisme, à la simulation,
à l’autosuffisance ou à toute autre faiblesse humaine, il
convient de l’affronter résolument, sans offense, mais en
appelant les choses par leur nom.
Ne
jamais oublier que l’ennemi est aux aguets, toujours prêt à
profiter de la moindre faiblesse pour nous faire du mal,
même si certains s’obstinent à l’ignorer.
QU’ILS CONNAISSENT DONC MAL NOTRE PEUPLE !
Nous
n’allons pas renoncer à écouter l’avis honnête de chacun, si
utile et nécessaire, à cause du vacarme parfois ridicule qui
retentit lorsqu’un citoyen de notre pays dit quelque chose
que les promoteurs du show ne relèveraient même pas si cela
avait été dit ailleurs dans le monde.
Nous
savons que ces messages tendent à tromper ou au moins à
semer la confusion, mais si quelqu’un a cru nous faire peur
de cette manière, je lui rappelle que nous sommes ici et que
nous entendons y rester, pour la simple raison que notre
peuple et sa Révolution ont toujours su faire face, sans une
once de crainte et forts de la vérité, aux agressions de
toute espèce de la plus grande puissance économique et
militaire du monde.
On
pourrait citer une foule d’exemples, mais il nous suffira de
rappeler la dignité inébranlable qu’opposent nos Cinq Héros
à toute tentative de les faire céder, sur une période de dix
ans d’emprisonnement injuste.
Je
saisis l’occasion pour remercier, au nom de notre peuple,
les chefs d’État et de gouvernement, partis politiques,
organisations non gouvernementales, célèbres intellectuels
et simples citoyens de tous les confins du monde, pour leurs
innombrables messages de solidarité, de respect, d’affection,
d’encouragement et de préoccupation légitime pour le leader
de la Révolution, après la publication de son Message de
mardi dernier. Jamais nous ne trahirons la confiance qu’ils
déposent en nous.
En
même temps, nous avons pris note des déclarations offensives
et ouvertement interventionnistes de l’empire et de
quelques-uns de ses plus proches alliés.
Comme il fallait s’y attendre, le Département d’État s’est
empressé d’annoncer le maintien du blocus, en cela fidèle à
la politique de l’administration actuelle.
D’autres nuancent leurs propos mais persistent à
conditionner leurs relations avec Cuba à un processus de
« transition » tendant à détruire l’œuvre de tant d’années
de lutte.
Qu’ils connaissent donc mal notre peuple, si fier de sa
pleine indépendance et de sa souveraineté !
La
Révolution est l’œuvre de femmes et d’hommes libres, elle
s’est constamment ouverte au débat, mais elle n’a jamais
reculé d’un pouce face aux pressions et ne s’est pas laissée
influencer, ni par les grandes ni par les petites.
J’ajouterai seulement que les Réflexions de Fidel publiées
vendredi dernier constituent une réponse magistrale à tout
cela.
En
ce qui concerne les difficultés que le pays confronte au
plan intérieur, la détermination des priorités et le rythme
des solutions découleront invariablement de la disponibilité
des ressources et de leur analyse profonde, rationnelle et
collégiale, au sein des organes compétents du Parti, de
l’État ou du gouvernement et, si nécessaire, de la
consultation directe des citoyens concernés ou de toute la
population, si la question est de la plus grande envergure.
Il
existe des questions dont l’étude requiert du temps, car une
erreur résultant de l’improvisation, de la superficialité ou
de la hâte peut avoir des conséquences funestes d’une portée
considérable. Il faut bien planifier, ne pas dépenser
davantage que ce dont nous disposons, nous organiser pour
travailler dans l’ordre et la discipline, qui sont
fondamentaux.
Le dÉsordre, l’impunitÉ et l’absence de cohesion ont
toujours ÉtÉ parmi les pires ennemis
En
abordant ces questions, on ne peut que garder présente à
l’esprit la conviction que Fidel nous a fait partager dans
son Message du 18 février, selon laquelle les problèmes
actuels de la société cubaine exigent plus de variantes que
celles que peut offrir un échiquier. On ne saurait pas
ignorer aucun détail. Il ne s’agit pas d’une voie facile, si
l’on veut que l’intellegence de l’être humain dans une
société révolutionmnaire l’emporte sur ses instincts, a-t-il
averti.
J’insiste sur l’importance de la discipline. Nous devons
donc tous nous montrer exigeants et soutenir ceux qui le
sont. S’il le faut, les aider à améliorer leurs méthodes et
les appuyer résolument au sein du collectif.
Entendons-nous : je ne parle pas d’extrémismes, ni d’abus de
pouvoir, ni d’injustices. À nous de faire correctement ce
qui nous incombe pour le renforcement de la discipline et de
l’ordre social. Sans quoi c’est notre peuple qui paye les
conséquences.
Il
est vrai qu’il existe des limitations objectives : nous les
connaissons bien et nous nous dépensons jour après jour pour
essayer d’y suppléer au plus vite. Nous sommes conscients
des énormes efforts qui restent à faire pour renforcer notre
économie, condition indispensable au progrès de la société,
dans les conditions de guerre du gouvernement des États-Unis
contre notre pays.
L’intention est la même depuis le triomphe de la Révolution :
imposer autant de souffrances que possible à notre peuple
pour le faire renoncer à sa décision d’être libre.
C’est une réalité qui, loin de nous décourager, décuple nos
forces. Elle ne doit pas nous servir à excuser nos erreurs
mais nous encourager à produire plus et à offrir de
meilleurs services, à rechercher les mécanismes et les voies
éliminant tout obstacle au développement des forces
productives, à exploiter tout le potentiel que représentent
l’économie de ressources et l’organisation correcte du
travail.
Des
guerres d’indépendance au jour d’aujourd’hui, toute notre
histoire montre que plus grandes sont les difficultés, plus
il faut d’exigence, de discipline et d’unité. Le désordre,
l’impunité et l’absence de cohésion ont toujours été les
pires ennemis d’un peuple qui lutte.
Je
réitère que le pays aura pour priorité la satisfaction des
besoins de base de la population, aussi bien matériels que
spirituels, à partir du renforcement soutenu de l’économie
nationale et de sa production, sans quoi, je le répète, il
n’y a pas de développement possible.
Ainsi, à titre d’exemple, nous avons proposé des mesures
tendant à l’augmentation de la production agropastorale et
au perfectionnement de sa commercialisation ; elles ont été
analysées tout récemment, province par province, avec des
représentants de tous ceux qui en ont la charge, à commencer
par les producteurs.
Et
on continuera de le faire pour tout sujet d’importance
fondamentale pour le pays.
Nous
examinons, par exemple, tout ce qui concerne l’application
opportune des idées du camarade Fidel sur « la réévaluation
progressive, graduelle et prudente du peso cubain » --je
cite les termes exacts qu’il a employés en mars 2005 : « la
réévaluation progressive, graduelle et prudente du peso
cubain ». En même temps, nous continuons d’analyser la
question des deux monnaies ayant cours dans notre économie.
Ces
questions sont réellement sensibles et complexes quand il
existe –et c’est bien notre cas— la ferme volonté de
protéger et d’augmenter progressivement les revenus et les
économies de la population, en particulier de ceux qui sont
le moins bien pourvus.
Pour
éviter des effets traumatisants et des incongruités, tout
changement concernant la monnaie doit se faire dans une
perspective intégrale qui tienne compte, entre autres
facteurs, parce que tous sont intimement liés entre eux, du
système salarial, des prix de détail, des gratuités et des
subventions millionnaires que représentent actuellement de
nombreux services et produits distribués de manière
égalitaire, comme ceux qui font l’objet de rationnement, des
subventions irrationnelles et insoutenables dans les
conditions actuelles de notre économie.
L’objectif stratégique est d’avancer de manière cohérente,
solide et réfléchie, jusqu’au point où le salaire aura
retrouvé son rôle et où le niveau de vie de chacun dépendra
directement des revenus qu’il perçoit légalement, autrement
dit de l’importance et de la quantité de travail qu’il
fournit à la société.
Comme nous l’a dit Fidel dans sa Réflexion du 16 janvier: il
n’est pas question non plus de faire des cadeaux à ceux qui
peuvent produire et ne produisent rien ou produisent peu.
Que l’on récompense le mérite de ceux qui travaillent de
leurs mains ou de leur intelligence.
D’autres questions ont été simultanément mises à l’étude,
selon les priorités, et le rythme des travaux dépendra de
leur complexité et des ressources disponibles.
Nous
avons tout ce qu’il faut pour trouver les meilleures
solutions à la portée des possibilités matérielles et des
capacités d’organisation, qui doivent d’ailleurs augmenter :
un peuple instruit, d’une culture politique élevée et
fermement uni sous les principes résumés par Fidel dans sa
Réflexion du 24 janvier, que je cite :
«
L’unité signifie pour moi partager le combat, les risques,
les sacrifices, les objectifs, les idées, les concepts et
les stratégies auxquels l’on parvient par des débats et des
analyses. L’unité signifie la lutte commune contre les
annexionnistes, les bradeurs de patrie, les corrompus qui
n’ont rien à voir avec le militant révolutionnaire. »
J’insiste sur ce qui a été dit lors de la dernière session
de cette Assemblée : pour que l’énorme potentiel de l’unité
donne des résultats tangibles, il est indispensable que tous
les organismes et les organisations travaillent avec toute
l’intégration nécessaire.
l’initiative locale est efficace et viable sur de nombreux
points
L’institutionnalité, je répète, l’institutionnalité
constitue un pilier indispensable de cette entreprise
décisive et de l’invulnérabilité de la Révolution sur le
terrain politique : nous nous devons donc de travailler à
son perfectionnement constant. Ne jamais croire que ce qui a
été fait est parfait.
Notre démocratie est aussi participative qu’elle puisse
l’être, mais nous devons être conscients que le
fonctionnement des institutions de l’État et du gouvernement
n’atteint pas le niveau d’efficacité que notre peuple exige
de plein droit. C’est une question à laquelle nous devons
tous réfléchir.
En
décembre dernier, j’ai parlé de l’excès d’interdits et de
règlements, dont certains commenceront à être éliminés dans
les prochaines semaines. Un certain nombre d’entre eux
avaient pour unique objectif d’éviter le surgissement de
nouvelles inégalités, dans un moment de pénurie généralisée,
même si cela nous privait de certains revenus.
La
suppression d’autres réglementations, même si elle peut
sembler simple aux yeux de certains, prendra plus de temps
parce qu’elle requiert une étude intégrale et le changement
de normes juridiques, sans compter que certaines sont
partiellement déterminées par les mesures prises à
l’encontre de notre pays par les administrations
nord-américaines successives.
Il
existe aussi, en dehors de tout cela, une tendance à
appliquer la même recette partout, dont le résultat et
peut-être la conséquence la plus pernicieuse est que
beaucoup estiment que chaque problème requiert des mesures
de portée nationale.
L’initiative locale est efficace et viable sur de nombreux
points, ce qui a été démontré par l’expérience de la
distribution directe du lait, comme je l’ai expliqué le 26
Juillet dernier. L’expérience couvre aujourd’hui 64 communes
de 13 provinces du pays, dont 40 subviennent à la totalité
de leurs besoins. Des progrès ont été enregistrés dans les
autres et dans l’industrie laitière.
Non
seulement la population a reçu ce produit essentiel avec la
ponctualité et la qualité requises, ce qui était l’objectif
fondamental, mais ce programme nous a aussi permis dans les
derniers mois de l’an dernier de nous passer de
l’importation de six mille tonnes de lait en poudre, soit 30
millions de dollars, puisque le prix moyen, pour cette
période, a été de 5 050 dollars la tonne.
À
quoi s’ajoute une réduction de dépenses en devises de 2,6
millions, qui couvraient entre autres choses quelque six
cents mille litres de carburant.
Et
je pourrais citer d’autres cas relevant d’autres secteurs
d’activité. Il faut continuer d’envisager des solutions
similaires à tous les niveaux de l’administration.
Camarades,
Un
jour comme aujourd’hui, en 1895, à l’appel de José Marti,
jeunes et vieux reprenaient la lutte pour l’indépendance,
tenue en échec par l’intervention militaire des États-Unis.
Un demi-siècle après, nous sommes à nouveau unis et livrons
combat contre l’ennemi de toujours.
Ce
n’est pas un hasard si cette date a été choisie, il y a
cinquante ans, pour la première transmission radiale de
RadioRebelde dans la Sierra Maestra, et si elle a de
nouveau été choisie, en 1976, pour proclamer notre
Constitution socialiste.
En
ce 113e anniversaire du début de la Guerre
nécessaire, les défis sont réellement nombreux et
difficiles. Ne perdons pas de vue ce qui nous a été dit par
Fidel, dans sa Réflexion publiée le 10 décembre dernier :
« Le
visage renfrogné de Marti et le regard foudroyant de Maceo
rappellent à chaque Cubain que l’homme véritable ne regarde
pas de quel côté l’on vit mieux, mais de quel côté est le
devoir. »
Merci beaucoup. |