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PAR PEDRO DE LA HOZ
MALGRÉ tous les recours de la science, Fernando Borrego
(Polo Montañez), l’un des plus charismatiques représentants
de la musique populaire cubaine des derniers temps, est
décédé le 26 novembre à l’âge de 47 ans à l’Hôpital
militaire Carlos J. Finlay de La Havane, des suites
d’un accident de voiture survenu le 20 novembre entre la
capitale et son domicile de San Cristobal, dans la province
de Pinar del Rio.
Durant une semaine, le peuple a suivi de très près
l’évolution de son état, jugé extrêmement critique. Jour et
nuit, d’un bout à l’autre de l’archipel, les Cubains ont
exprimé à l’artiste leur solidarité et leurs vœux de
rétablissement. Mais les sévères traumatismes crâniens et
les complications découlant de la gravité de son état ont
provoqué le tragique dénouement.
La rédaction de Granma a reçu de nombreux témoignages
de ce qu’a représenté la courte mais météorique carrière
musicale de Polo Montañez pour tant de personnes à
l’intérieur et hors de l’île. Peu avant sa mort, une lettre
arrivait d’Italie avec ces mots : «Un homme comme lui,
surgi du peuple, humble, simple, a su s’attirer notre
affection à tous. Il reste dans notre cœur et nous sommes
fiers de lui.»
Polo Montañez a fait irruption tel un éclair dans la musique
cubaine. En moins d’un an —la seconde moitié de 2001— son
succès Un montón de estrellas l’a hissé aux premières
places sur les ondes du pays. Avec cette chanson et d’autres
qui forment son premier disque, Guajiro natural, il a
conquis le public colombien et s’est ouvert le chemin dans
d’autres pays d’Amérique latine et en Europe occidentale.
Cette irruption surprise au sommet de la musique cubaine et
sa popularité internationale croissante l’ont entouré d’un
halo de légende, donnant de lui l’image d’un paysan dont la
musique simple et émouvante a ensorcelé le monde.
Ses sentiments patriotiques l’ont conduit à mettre en
musique les vers de Antonio Guerrero, un des cinq Cubains
détenus dans les prisons de l’empire.
Guitarra mía,
son second disque, réalisé comme le premier avec la
compagnie Lusáfrica et présenté en mai de cette
année, a consolidé sa popularité parmi ses compatriotes,
qu’il avait définitivement conquis au printemps de cette
année, remplissant au cours d’une tournée de deux mois les
stades et les places de tout le pays.
Ces temps derniers, l’artiste jouissait de la splendide
version réalisée par le Portoricain Gilberto Santarrosa de
Un montón de estrellas. Et il s’apprêtait à
poursuivre la promotion de son dernier CD à l’étranger.
(Granma) 29-10-2002 |