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Posada Carriles, terroriste avoué d'origine
cubaine, coupable de la destruction en plein vol
d'un avion de ligne cubain qui a fait 73 morts
en 1976, se trouve actuellement dans un centre
de détention pour sans papiers aux Etats-Unis
car il est entré sans visa en territoire
étasunien en mars 2005. José Pertierra, avocat
d'origine cubaine qui exerce à Washington a fait
le point au cours d'une conversation avec
l'envoyé spécial de la radio cubaine à Caracas.
Posada Carriles s'est évadé de prison en 1985.
Il était en cours de jugement pour l'affaire de
l'avion au Venezuela d'où la demande
d'extradition formulée contre lui. Il a reconnu
aussi avoir organisé les plasticages dans des
établissements touristiques à la Havane en 1997
et a mis au point, entre autres, un plan
d'assassinat de Fidel Castro. Posada est
incarcéré au Centre de détention pour sans
papiers à El Paso au Texas dans des conditions
qui font de sa cellule une prison dorée. Il
peint des tableaux de troisième catégorie pour
qu'ils soient vendus à Miami aux extrémistes qui
soutiennent le terrorisme contre Cuba. Un juge
avait décidé de sa libération car, selon la loi
étasunienne, un sans papier ne peut être retenu
indéfiniment par les autorités d'émigration. Le
Parquet est finalement intervenu le 5 octobre
pour dire que Posada représentait un danger pour
la sécurité nationale, mais sans pour autant
décider de le remettre entre les mains de la
justice.
Maître Jose Pertierra qui représente le
Venezuela dans sa demande d'extradition du
terroriste a signalé que le Venezuela est
satisfait du fait que Posada reste en prison
mais qu'il n'accepte pas le silence autour de la
demande d'extradition, même si pour la première
fois, le Département de Sécurité des Etats-Unis
a reconnu dans un document public que Posada est
un des responsables de l'attentat monstrueux
contre l'avion cubain. Il a souligné :
" Le fait que les Etats-Unis ont reconnu cela,
constitue une réussite. Mais nous posons une
question : si Posada est un terroriste, comme a
signalé le Département de Sécurité dans sa
lettre et si le Venezuela a demandé son
extradition, pourquoi continuent-ils à le
traiter comme un simple sans papiers, au lieu de
le considérer comme un terroriste et l'extrader
vers le Venezuela ? C'est le monde à l'envers.
Les sans papiers sont traités comme des
terroristes et les terroristes comme des sans
papiers aux Etats-Unis"
Le représentant du Venezuela pour la demande
d'extradition de Posada estime que les Etats-Unis
sont le dos au mur car leurs lois et les
Conventions internationales, en particulier la
Convention de Montréal adoptée en 1971,
signalent que les autorités du pays sur le
territoire duquel se trouve une personne accusée
d'un attentat contre l'aviation civile sont dans
l'obligation de la juger comme si l'avion leur
avait appartenu au cas où car où elles ne
l'extraderaient pas. Maître Pertierra a signalé
:
" S'il est vrai qu'ils font fi des accords et du
traité d'extradition qui les lient, ils le font
aussi de leur Constitution et le Venezuela a les
moyens légaux et politiques pour faire face à
cette position des Etats-Unis. "
Au journaliste qui lui demandait s'il avait
confiance dans le système judiciaire étasunien,
Maître Pertierra a répondu:
" C'est une très bonne question et, en fait,
cela dépend de l'endroit où aura lieu le procès
contre Posada. S'il a lieu au Kansas, à New
York, en Californie, il pourrait être juste
parce que le jury sera objectif. Mais s'il a
lieu à Miami, une ville contaminée des préjugés
anti-cubains, je suis sûr que, non seulement, il
sera libéré mais ils lui donneront une médaille
et une grande fête aura lieu. "
Pour sa part, le Président de l'Assemblée
Nationale de Cuba, Ricardo Alarcon a souligné au
cours du meeting qui s'est tenu au théâtre Karl
Marx de la Havane à l'occasion du 30ème
anniversaire de l'attentat réalisé contre
l'avion cubain qu'il s'est passé avec Orlando
Bosch, autre organisateur de ce crime, ce qui se
passe aujourd'hui dans l'affaire Posada. Le
ministère de la justice avait décrété qu'il ne
pouvait pas être admis aux Etats-Unis. Malgré
cela, Bush père a décidé que celui-ci pouvait
rester en territoire étasunien. Il a signalé
avec force au sujet de Posada :
" Ou ils l'extradent, ou ils le jugent, ou ils
le remettent au Venezuela qui le réclame depuis
20 ans, ou ils le jugent comme si l'avion avait
été étasunien. Face à ce dilemme, que peut faire
le pauvre Bush car s'il n'envoie pas Posada au
Venezuela, il doit le juger sur place et juger
l'autre individu, Bosch aussi. C'est pour eux
une situation compliquée et c'est pourquoi Bush
essaye de convaincre d'autres pays d'accueillir
Posada pour qu'il n'y ait pas de procès, car si
procès il y a, tous les documents connus et ceux
qui sont encore secrets apparaîtront au grand
jour. "
Les autorités étasuniennes sont en effet
intervenues pour tenter de trouver des pays
d'accueil. Si l'ex-président Bush père a réussi
à faire gracier Orlando Bosch, le président
Georges Bush pourrait faire de même. Maître José
Pertierra a signalé à ce propos :
" C'est justement là que pourrait être le danger.
La différence réside dans le fait que dans le
cas Orlando Bosch, il n'y avait ni un mandat
d'arrêt, ni demande d'extradition. Dans le cas
de Posada, il s'est évadé de prison, il y a un
mandat d'arrêt et il y a aussi, depuis le 11
septembre, une volonté internationale de lutter
contre le terrorisme. J'admets que politiquement,
la Secrétaire d'Etat peut prendre la décision de
ne pas l'extrader vers le Venezuela, mais elle
est dans l'obligation de le juger aux Etats-Unis.
Je crois que les Etats-Unis sont le seul pays au
monde qui préfère protéger un terroriste au lieu
de le juger, peut-être car Posada est une boîte
de Pandore, il en sait trop."
Notre combat se poursuivra jusqu'à ce que les
criminels soient en prison et que ceux qui les
protègent rendent - comme l'a dit Bush dans un
discours - des comptes à l'humanité Voilà la
seule et véritable façon de lutter contre le
terrorisme.
(RHC)
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