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Politique > Le Plan Bush

 Annexe secrète au Plan Bush : feu vert à l'agression

On nous demande souvent si nous croyons en la possibilité d'une agression étasunienne et si cette éventualité n'est pas une exagération. Luis Garcia, du Centre d'études sur la défense a abordé cette question au Forum de la société civile cubaine contre le blocus et le Plan Bush adopté en 2004. Analyse.

Le plan arrête les moyens nécessaires pour renverser le gouvernement cubain actuel et dresse en détail le portrait de la société cubaine qui s'installerait " après ". Une annexe secrète est venue s'ajouter en juillet dernier et comme le plan lui-même ne prévoit pas l'intervention militaire, nous sommes bien forcés de penser qu'elle y est incluse.

Luis Garcia a commencé son intervention en évoquant la réponse qu'il avait faite à un général étasunien qui lui disait que ce n'était là qu'une hypothèse, il a signalé :

" Pourquoi les Etats-Unis mènent-ils la bataille contre Cuba avec tous les moyens possibles et imaginables depuis 47 ans, pourquoi des manœuvres militaires menaçantes sont-elles organisées près de Cuba, pourquoi les Etats-Unis ont-ils déployés des forces près de Cuba, pourquoi maintiennent-ils leur base à Guantanamo ? Le général m'a dit alors : " Comme vous le savez, il y a toujours des plans de contingence. " Ce sont justement ces plans de contingence qui peuvent bien être consignés dans l'annexe secrète du plan Bush dont l'objectif est de garantir " la transition " comme ils l'entendent. Et si cela ne se passait pas ainsi ? Que feront les Etats-Unis finalement ?

Imaginons deux scénarios : les Etats-Unis changent, reconnaissent les droits du peuple cubain, la souveraineté, l'indépendance nationale, le droit d'édifier le socialisme à 120 km de leurs côtes ; le second scénario : " nous allons en finir une bonne fois par la force avec la Révolution cubaine ". Vu la tournure que prend la pensée stratégique étasunienne, la place des néo-conservateurs, il me semble que la première tendance n'est pas la plus plausible. Les Etats-Unis sont aujourd'hui en mesure de tenter d'exercer leur pouvoir jusqu'aux limites du possible. Dans le monde où nous vivons aujourd'hui, il y a une globalisation militaire imposée par les Etats-Unis et par les autres pays qui leur emboîtent le pas. De plus, l'hégémonie mondiale à laquelle ils aspirent ne peut se faire sans le recours à la force.

Pour voir les choses de manière plus imagée, nous devons analyser trois facteurs : les motifs, la capacité et la conjoncture. La capacité, les Etats-Unis l'ont, ils sont la première puissance militaire mondiale, indiscutablement. La conjoncture mondiale est favorable dans une certaine mesure, toute cette guerre internationale contre le terrorisme permet de donner des arguments sur bien des choses sur lesquelles cela aurait été impossible avant. Il y a une polarisation, on est " avec les Etats-Unis ou contre eux .

Le troisième facteur, ce sont les motifs. Dans le monde unipolaire, il y a peu de possibilité que les motifs soient le plus important de cette trilogie. Combien de choses n'ont-elles pas été faites en brandissant des mensonges ? Un document de 1962 du Département de la défense sur lequel le secret a été levé, donnait une liste de choses qui pouvaient être faites pour déclencher une attaque contre Cuba, des choses aussi monstrueuses que de faire exploser un avion en plein vol, couler un bateau près de nos côtes ou de feindre une agression contre la base de Guantanamo. Il y a pléthore d'exemples dans l'histoire et le plus récent a trois ans : l'Irak. Où sont les armes d'extermination massive ? Où sont les liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda ? Finalement, le prétexte a été le rétablissement de la démocratie ! Comme dans notre cas.

Je suis convaincu que les probabilités d'une action contre Cuba sont toujours là. Avec la conduite fascistoïde de cette administration, elles sont plus fortes que jamais. Ce n'est pas seulement la capacité mais la volonté de le faire qui existent. Personne ne peut me dire que les Etats-Unis n'ont pas cela au menu de leurs actions contre Cuba.

Je crois qu'il y a une capacité qui ne dépend pas des Etats-Unis, c'est la force du système de défense de Cuba et la capacité de la mobilisation de la solidarité. C'est le seul élément dissuasif dont les Etats-Unis ne disposent pas. Heureusement, celui-là est en notre possession. "

(RHC)


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