José Julián Martí Pérez
Apôtre de l'Indépendance
de Cuba

 

  

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 Le joug et L'étoile

Marti poète a chanté l'amour, la beauté féminine, l'espoir mis en un enfant et la liberté à conquérir, nous vous offrons :

LE JOUG ET L'ÉTOILE

Quand je naquis, sans soleil, ma mère me dit :
" Fruit et fleur de mon sein, généreux Homagno,
Ma somme et mon reflet, fils de la Création,
Poisson qui se transforme en oiseau, cheval, puis en homme
Je t'offre avec douleur, au choix, ces deux insignes.
Regarde-les ! Choisis ! Le premier est un joug,
Il fait de qui le porte un bœuf soumis et doux,
Qui, serviteur du riche, aura, ses jours durant,
Une chaude litière et l'avoine abondante.
L'autre - Ô mystère né de mes entrailles
Comme surgit la cime au cœur de la montagne,
L'autre qui scintille et qui tue est une étoile.
Elle épand la lumière, et les pêcheurs fuiront.
La main qui la brandit, car toujours dans le monde,
Tel un monstre hideux, monstre chargé de crimes,
Qui répand la lumière, demeure solitaire.
Mais l'homme qui le bœuf imite sans honte,
Déchoit, redevient bœuf et, brute sans vertu,
Recommence à gravir l'échelle universelle !
Celui qui sans crainte à son front ceint l'étoile,
En créateur, grandira !
Et lorsque le vivant
Aura vidé la coupe enivrante du monde ;
Lorsque, grave et content, il fera de son cœur
Saignant un mets offert pour le festin des hommes,
Lorsqu'il aura jeté, de sa voix sans écho,
Sa parole sacrée à tous les vents qui passent,
L'étoile l'enveloppera de son manteau de lumière,
Dans l'air illuminé comme en un jour de fête.
Et du vivant, alors, qui n'eut pas peur de vivre,
On entendra les pas monter, monter dans l'ombre ".

- Mère, donnez le joug, afin qu'il me soutienne,
Et que debout, je fasse à mon front luire mieux,
L'étoile aux mille feux, qui scintille et qui tue !

(RHC)


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