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Marti poète a chanté l'amour, la beauté
féminine, l'espoir mis en un enfant et la liberté à conquérir, nous vous
offrons :
LE JOUG ET L'ÉTOILE
Quand je naquis, sans soleil, ma mère me dit : " Fruit et fleur de
mon sein, généreux Homagno, Ma somme et mon reflet, fils de la
Création, Poisson qui se transforme en oiseau, cheval, puis en
homme Je t'offre avec douleur, au choix, ces deux
insignes. Regarde-les ! Choisis ! Le premier est un joug, Il fait de
qui le porte un bœuf soumis et doux, Qui, serviteur du riche, aura, ses
jours durant, Une chaude litière et l'avoine abondante. L'autre - Ô
mystère né de mes entrailles Comme surgit la cime au cœur de la
montagne, L'autre qui scintille et qui tue est une étoile. Elle
épand la lumière, et les pêcheurs fuiront. La main qui la brandit, car
toujours dans le monde, Tel un monstre hideux, monstre chargé de
crimes, Qui répand la lumière, demeure solitaire. Mais l'homme qui
le bœuf imite sans honte, Déchoit, redevient bœuf et, brute sans
vertu, Recommence à gravir l'échelle universelle ! Celui qui sans
crainte à son front ceint l'étoile, En créateur, grandira ! Et
lorsque le vivant Aura vidé la coupe enivrante du monde ; Lorsque,
grave et content, il fera de son cœur Saignant un mets offert pour le
festin des hommes, Lorsqu'il aura jeté, de sa voix sans écho, Sa
parole sacrée à tous les vents qui passent, L'étoile l'enveloppera de
son manteau de lumière, Dans l'air illuminé comme en un jour de
fête. Et du vivant, alors, qui n'eut pas peur de vivre, On entendra
les pas monter, monter dans l'ombre ".
- Mère, donnez le joug, afin qu'il me soutienne, Et que debout, je
fasse à mon front luire mieux, L'étoile aux mille feux, qui scintille
et qui tue ! (RHC) |