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Par José Martí
Traduit par René L. F. Durand
Montecristi, le 25 mars 1895.
Ma mère,
Aujourd’hui, 25 mars, à la veille d’un long
voyage, je pense à vous. Je pense à vous sans
cesse. Dans la fureur de votre amour, vous
regrettez le sacrifice de ma vie : mais pourquoi
suis- je né de vous avec une éprise de sacrifice ?
Des mots ? Je n’en suis pas capable. Le devoir
d’un homme est là où il peut être le plus utile.
Mais toujours m’accompagne, dans ma croissante
et nécessaire agonie, le souvenir de ma mère.
Embrassez mes sœurs et leurs amis. Puissé- je,
quelque jour, vous voir tous autour de moi,
fiers de moi ! C’est alors que je prendrai soin
de vous de vous avec tendresse, avec orgueil.
Maintenant, bénissez- moi et croyez que de mon
cœur jamais ne sortira une action impie ou sans
honneur. Donnez- moi bénédiction. Vôtre.
José Martí
J’ai des raisons de partir plus content et plus
confiant que vous ne pouvez l’imaginer. La
vérité et la tendresse ne sont pas inutiles. Ne
souffrez pas.
Notes:
Pris de : José Martí. Une étude de Juan
Marinello avec un choix de textes.
Paris, Editions Seghers, 1970,
p.76
Lettres de Cuba, avril
2007
(Cubarte) 01-04-2007
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