José Julián Martí Pérez
Apôtre de l'Indépendance
de Cuba

 

  

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 Pomone - Poème de José Martí

José Martí
 Traduit par Jean Lamore


POMONE
 

Oh, rythme de la chair, oh mélodie,
Oh liqueur fortifiante, oh doux philtre
De la forme enchanteresse ! - point de miracle
Dans l'histoire de Lazare, si le Christ
Fit venir une belle femme sur sa tombe!

 Que suis- je - qui est- ce, sinon Memnon en qui
Chante toute la lumière de l'Univers,
Modeste rivière où vont enchevêtrés
Les courants éternels de la vie ?
- J'allais, - tel un ruisseau qui à la fin lassé

D'abreuver des plantes amères se tarit,
Et, se mourant d'amour pour le noble Soleil,
À ses rayons de feu bienheureux s'évapore
J'allais, - comme une jarre qu'une liqueur légère
Sous l'effet du ferment force, malmène et brise,

L` abandonnant enfin en filets silencieux :
J'allais, - gladiateur qui sans livrer combat
De son écu intact préserve son visage
Et se soumet vaincu dans l'arène inconnue
...Lorsque soudain, - les forces juvéniles
D'un océan nouveau, gonflent et alourdissent

Mon coeur débordant, - la flamme fatiguée
S'anime de nouveau, - l'air salubre est rempli
De musique suave et de parfum de miel !
C'est que devant mes yeux en un geste harmonieux
Pomone a élevé ses beaux bras parfumés.

 


Lettres de Cuba 01-07-2008


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