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José Martí
Traduit par Jean Lamore
POMONE
Oh, rythme de la chair, oh mélodie,
Oh liqueur fortifiante, oh doux philtre
De la forme enchanteresse ! - point de miracle
Dans l'histoire de Lazare, si le Christ
Fit
venir une belle femme sur sa tombe!
Que
suis- je - qui est- ce, sinon Memnon en qui
Chante toute la lumière de l'Univers,
Modeste rivière où vont enchevêtrés
Les courants éternels de la vie ?
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J'allais, - tel un ruisseau qui à la fin lassé
D'abreuver des plantes amères se tarit,
Et, se mourant d'amour pour le noble Soleil,
À ses rayons de feu bienheureux s'évapore
J'allais, - comme une jarre qu'une liqueur
légère
Sous
l'effet du ferment force, malmène et brise,
L` abandonnant enfin en filets silencieux :
J'allais, - gladiateur qui sans livrer combat
De son écu intact préserve son visage
Et se soumet vaincu dans l'arène inconnue
...Lorsque soudain, - les forces juvéniles
D'un
océan nouveau, gonflent et alourdissent
Mon coeur débordant, - la flamme fatiguée
S'anime de nouveau, - l'air salubre est rempli
De musique suave et de parfum de miel !
C'est que devant mes yeux en un geste
harmonieux
Pomone
a élevé ses beaux bras parfumés.
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