José Julián Martí Pérez
Apôtre de l'Indépendance
de Cuba

 

  

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 José Martí: Leader et foule

Par: Pedro Pablo Rodríguez

Traduit par María Elena Silva

 

Les chercheurs de la vie et de l´ouvrage martien ont mis l´accent sur  la volonté de service qu´avait animé le Maître tout au long de sa vie. Un tel trait de sa personnalité a été nettement marqué, et en plus a caractérisé la portée de ses actes. C´est ainsi que, par exemple, à maintes reprises, il avait caractérisé la guerre d´indépendance de Cuba comme étant au service américain et universel qu´allait contribuer au service du monde.


Au Guatemala, dans une lettre datée du 27 novembre 1877 adressée au directeur d´un journal, lorsqu ´il parle de « la grande mère patrie Amérique » il a écrit : «  C´est pour elle que je travaille !. C´est d´elle que j´attends l´applaudissement ou la censure ».

Déjà, à 24 ans, il exprimait l´essentiel du sens latino américaniste de son agissement, de la manière suivante: « Vivre humblement, travailler beaucoup, faire grandir l´Amérique, étudier ses forces et les montrer, bien rémunérer les peuples pour le bien qu´ils me font : voilà mon métier. Rien ne m´abattra ; Personne ne me l´empêchera ».

La lettre à  Valero Pujol, un espagnol républicain résidant à Guatemala, finit avec cette déclaration sur le sens de sa vie.

L’on peut remarquer toute une série d´actions nettement à caractère éthique dans lesquelles il y a une progression de ce qui est individuel au social, concernant l´engagement latino  américaniste. Cela commence par la manière de vivre, qui serait toujours humble, une épreuve de l´influence de la morale chrétienne dans son comportement à laquelle il a toujours eu égard, suivie de ce qui allait être son dévouement permanent au travail.

Ces deux aspects, des vertus indiscutables pour n´importe quelle conduite personnelle, servent alors de base  à la mission continentale que lui-même se donnait : faire grandir l´Amérique, comprise dans ce contexte, comme l´Amérique latine, celle qu´il désigne dès maintenant comme notre et comme mère. Et cette tache de faire grandir sa terre, la grande patrie, allait avoir un parfum éthique. D´un coté, il allait étudier ses forces pour les lui montrer : ses capacités personnelles, alors seraient au service du Continent, et cela, d´une part, serait la manière de rétribuer le bien que ces peuples le rendaient. Et, bien qu´il ne le précise pas, il me paraît valable d´inférer que le bien rendu par ces peuples allait depuis l´accueil qu´il faisaient au proscrit en tant que la  manifestation elle-même de l´identité continentale qui le menaient vers ces idéaux de perfectionnement et de développement de nos sociétés.

Ce métier que le jeune Marti s´attribuait, en dépit de son indubitable noblesse, ne laissait pas cependant d´avoir une certaine saveur messianique : c´était lui qui allait révéler ses forces à l´Amérique. Lui, par la pureté de ses intentions et aussi grâce à son talent et à sa volonté,  allait remplir cette tache de mettre ses terres en état de connaissance de ses forces. D´une certaine manière, donc. Marti, se voyait lui même en tant qu´un guide, un conducteur capable de distinguer ce que les autres ne pouvaient pas. L´action clé de sa personnalité est concentrée  alors dans cette action de révéler.

Quatre ans plus tard, la compréhension de son rôle historique allait être plus définie et allait se fonder dans l´action libératrice. Ce n´est pour rien que pendant ce temps il allait s´employer à fond dans le mouvement patriotique cubain à l´intérieur  de l´Ile et  dans l´émigration pour y figurer depuis lors dans son leadership. Il avait débattu avec les autonomistes que n´aspiraient  qu´à de reformes au sein du système colonial, il avait conspiré contre l´Espagne, il avait joué  dans le danger  avec les représentants les plus variés de secteurs populaires dans l´Ile et dans l´émigration, il s´était mis en rapport avec les héros de la Guerre de 10 Ans  qui continuaient à être fermes dans leur patriotisme et avec ceux qui souhaitaient la paix.

Avec cette expérience politique et humaine, enrichie avec ses analyses des échecs de la guerre grande et celle deuxième dite Chiquita, dont il a participé, il est arrivé au Venezuela en janvier 1881. Deux conclusions importantes allaient présider son comportement  depuis lors : le peuple est le véritable chef des révolutions et la révolution cubaine se veut de réflexion non pas de colère, de méditation créative et non pas d´éclatement coléreux et désespéré. Chez Marti, alors, l´indépendance était conçue en tant qu´une véritable révolution sociale, dirigée et en fonction des classes populaires, exécutée avec une organisation à des fins bien établis et moyennant une organisation et des plans bien élaborés.

De telles expériences et des conclusions expliquent le changement dans son appréciation sur son métier par rapport à ce qui avait été écrit à Guatemala.

Dans sa lettre d´adieux à un autre directeur de journal avant de quitter Caracas, il dit: «  De l´Amérique je suis le  fils, à elle je me dois. Et de l´Amérique, dont la révélation, le secouement et la fondation urgente je me consacre, celui-ci est le berceau… »

Tout d´abord, on verra dans sa profession de foi de filiation avec (son ) Amérique : il est l´enfant, puis elle la mère, et en tant que telle Marti a le devoir de se préoccuper et de s´occuper d´elle. Ce n´est pas  le souci intellectuel, même pas la gratitude pour le bien qu´il recevait de la part des peuples de l´Amérique : maintenant c´est le devoir morale incontournable  envers celle qui lui avait donné la vie : la mère.

Et alors, d´autre part, quel est le rôle personnel ? En premier lieu, la montrer à elle-même. Il y a une certaine nuance de subtilité distinctive par rapport à ce qu´il avait écrit en Guatemala : Marti ne se voit plus lui-même comme le connaisseur, comme celui qui voit les forces de sa terre pour les lui montrer, mais d´une certaine manière il devient une sorte d´intermédiaire, qu´effectivement est capable d´apprécier ces forces et les révèle, plus qu´à l´Amérique elle-même ( c´est à dire, ses peuples) au monde. Il s´agit que Marti évidemment, comme il s´avère depuis lors dans ses textes sur le thème, il a déjà mûri l´idée qu´il faut encourager une lutte immense en faveur de la concertation de l´unité continentale pour la montrer dans sa pleine originalité et d´être forts devant les entraves intérieures et les ennemis de dehors qui guettent.

Son deuxième rôle consistait à faire réveiller l´Amérique, sa patrie grande. Il était question, alors de la faire sortir de la léthargie, de l´assoupissement dans laquelle  la plongeaient les récidives coloniales, les structures archaïques, l´éloignement des secteurs populaires à la suite des indépendances.

Il est évident, qu´il fallait insérer son Amérique au monde à partir d´elle-même dans ce monde où il se produisait des changements accélérés et où surgissaient très rapidement des nouvelles hégémonies et des dominations.

Dernièrement, sa troisième action serait de fonder, de créer, d’accoucher justement son nouvelle Amérique. C´est de cette manière qu´il renforçait l´idée que l´Amérique de son temps avait besoin d´un secouement, d´un changement à travers la force et la décision pour devenir une autre Amérique.

Le révolutionnaire a alors une pleine conscience des taches que l´histoire et les circonstances de l´époque imposaient à sa grande patrie et à ses gens. C´est pourquoi, en étant donné qu´il s´agissait de travailler pour sa mère Amérique, qu´il ne parle plus dans sa lettre de Caracas de son métier mais de son engagement personnel, mettant l´accent ainsi sur le devoir moral.

De même, la fondation n´était plus une nécessité de long terme mais quelque chose d´immédiate, urgente. Il était clair, que depuis 1881 Marti considérait que les forces et les intérêts contraires à cet avenir de nouveauté pour son Amérique étaient prêts.

La suite des trois actions, d´ailleurs, nous signale que Marti tenait en haut degré  sa tache non pas d´un simple observateur, raconteur ou analyste, car de la révélation il passe au secouement (c´est à dire de faire bouger rudement) et de là à l´entreprise supérieure, au but final et innovateur : celui de fonder la nouvelle Amérique. La relation dialectique entre une action et l´autre, c´est que la première donne lieu à la seconde et en fait toutes les trois sont intimement liées, nous indique  son idée qu´il s´agissait d´un processus historique social et non pas l´expression de sa volonté en tant qu´individu : le révolutionnaire José Martí se considérait un interprète de son époque qu´essayait de mettre à profit des facteurs favorables d´après lui, pour que l´Amérique suive le chemin vers la refondation, vers les changements à véritable caractère de renouvellement, révolutionnaire.

Voilà la clé de voûte de la maturité martienne si précoce. Que ses studieux et biographes ont remarqué depuis son séjour vénézuélien, lorsqu´il n´avait que 28 ans, celle qu´il allait s´élargir et compléter tout au long de ces 80 ans de ce 19eme siècle et qui allait s´épanouir pendant son action comme leader du mouvement patriotique cubain à partir de 1891.

Il n´y a pas d´ombre de messianisme chez Marti, mais une conscience pleine de révolutionnaire fidèle interprète et au service des intérêts populaires, qui avait cherché depuis cette date le développement des conditions propices pour mener à bien son projet transformateur. Comme il allait dire lui même dans Patria, le 1 avril 1893: «  L´idée de la personne rédemptrice  appartient à un autre monde et à d´autres âges, non pas à un peuple critique et complexe, mais qui se lancera au sacrifice à travers les méthodes et avec la force lui permettant de conquérir les droits de sa personne. »

Cubarte 01-06-2008


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