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 Le patrimoine libanais en danger: Tyr

Tyr (mot qui signifie « pierre ») est le nom d´une ville d´origine phénicienne, située sur l´emplacement actuel de Sour au Liban, sur la côte méditerranéenne.

Ses habitants sont nommés les Tyriotes.

Elle est constituée de deux parties : l´ancienne Tyr, une grande forteresse en retrait dans l´arrière-pays, et la nouvelle Tyr, bâtie sur une île reliée à la côte par une digue.

La ville est déjà prospère, sous la domination égyptienne, au début de l´âge du bronze. Elle bénéficie du déclin des grands empires de la région et devient la capitale commerciale de la Méditerranée orientale. Elle fabrique de la pourpre et du verre, et ses forêts fournissent le précieux cèdre. Elle sert également de plaque tournante aux échanges commerciaux, et ses immenses entrepôts voient passer toutes les marchandises échangées d´est en ouest. Ses marchands sont les premiers à se lancer véritablement à l´assaut de la mer. Ils fondent des colonies en mer Égée, en Sicile, en Grèce, en Afrique du nord (Carthage), et même au-delà des colonnes d´Hercule (Gadès, future Cadix).

Au Xe siècle, le plus grand roi de Tyr, Hiram Ier, qui règne de -969 à -935, noue des contacts avec le royaume d´Israël, et envoie, selon la Bible du cyprès, du cèdre et de l´or à Salomon pour la construction du Temple de Jérusalem (1 Rois 9:10-11). Tyr est citée souvent dans la Bible, avec la cité voisine (20 km au nord) de Sidon, notamment dans le livre d´Ésaïe, qui prédit la chute des cités phéniciennes. Tyr y est décrite comme une « ville joyeuse, qui [a] son origine dès les jours d´autrefois », la « distributrice de couronnes, dont les négociants [sont] des princes, dont les marchands [sont] les nobles de la terre » (23:7-8).

Au IXe siècle avant l´ère chrétienne, Tyr passe sous domination de l´Assyrie, autre grande puissance marchande. Elle est ensuite plusieurs fois assiégée, notamment par Sennachérib en -700, puis par Nabuchodonosor II (13 ans de siège, au terme desquels la ville tombe en -573), puis par Alexandre le Grand (-332, après 7 mois de siège). Elle retrouve un peu de son lustre sous les Séleucides, toujours grâce au commerce.

En -64, Tyr passe sous pouvoir romain. Elle devient une ville de province paisible. Le Nouveau Testament y place un voyage de Jésus (Mc 7:24). Une église chrétienne y est ensuite fondée, et les Actes des Apôtres déclarent que saint Paul y passe sept jours en revenant de Chypre (Ac 21:3). Un évêché est attesté dès la fin du IIe siècle. Un concile s´y tient en 355. Selon saint Jérôme, le père de l´Église Origène y meurt, et est enterré dans la basilique.

En 636, Tyr tombe aux mains des Arabes. Elle passe ensuite aux Seldjoukides (1089), puis est prise par les croisés (1124). En 1291 elle est prise par les Mamelouks.

Aujourd´hui, selon une dêpeche de presse du "El Watan", L’armée israélienne a repris ses bombardements qu’elle a intensifiés au Liban sud. Première cible, la ville du Sour, déjà pilonnée auparavant. Les bombes larguées sur cette ville ont réduit en cendres une mosquée et blessé une dizaine de personnes. Plusieurs autres raids de l’aviation israélienne ont ciblé la ville de Tyr, où sont plantés les camps des réfugiés palestiniens faisant au moins quatre morts.

Dans un article publié par Radio France Internationale, Paul Khalifeh affirmait "Le pilonnage israélien se concentre désormais sur les grandes villes du Sud. Le centre de la ville de Tyr, située sur le littoral à 35 kilomètres de la frontière, n’est plus qu’un champ de ruines. Un immeuble de dix étages a été complètement soufflé par les bombes, jeudi."


Source: Wikipedia
 

(Cubarte) 29-07-2006


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