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Politique > Relations Extérieures > Émigration

 Washington entrave les relations entre Cubains d'ici et d'ailleurs

3e CONFÉRENCE LA NATION ET L'ÉMIGRATION
• À partir du 1er juin, Cuba autorisera ses ressortissants résidant à l’extérieur de voyager dans l’Île sans visa

PAR JEAN-GUY ALLARD, spécialement pour Granma international

LE ministre de l’Extérieur, Felipe Pérez Roque, a confirmé qu’à partir du 1er juin les Cubains résidant à l’étranger pourront voyager dans l’Île sans nécessité de visa, c’est-à-dire pourvus uniquement de leur passeport en état de validité et avalisé par les sièges consulaires de Cuba.


Historiquement, à affirmé le ministre, les Administrations nord-américaines des États-Unis ont manipulé le thème de l’émigration au détriment de Révolution.

En annonçant la tenue à La Havane, du 21 au 23 mai, de la 3e Conférence La nation et l’émigration, qui réunira 200 émigrés de 40 pays, Pérez Roque a indiqué qu’alors que le gouvernement cubain a adopté ces dernières années des mesures pour favoriser les échanges entre ceux qui résident à l’étranger et ceux qui vivent dans le pays, les autorités des États-Unis ont rendu ces relations sans cesse plus difficiles.

 Et encore davantage avec les nouvelles mesures annoncées il y a quelques jours par l'administration de George W. Bush, a-t-il noté.

 «Ces jours-ci, on a vu clairement qui s'oppose aux relations familiales», a souligné le ministre. Il a expliqué que c'est le gouvernement des États-Unis qui adopte des mesures pour empêcher que les Cubains puissent venir visiter leurs proches, favorise des mesures pour éviter que les Cubains qui vivent aux États-Unis puissent recevoir des visites et s'oppose à l'envoi d'aide à des parents à Cuba de la part des Cubains qui vivent aux États-Unis.

POWELL DEVRAIT S'EXPLIQUER

 Ces mêmes autorités étasuniennes sont celles qui proclament que dorénavant une tante, un cousin, ne font pas partie de la famille.

 «Le gouvernement des États-Unis a soutenu que le grand-oncle d'Elian Gonzalez était son proche parent et qu'il avait donc droit à la garde de l'enfant et que ces parents de Miami étaient sa famille proche. Quand ils ont manoeuvré pour séquestrer l'enfant, l'enlever à son père, ils disaient que le grand-oncle y avait autant droit que le père», a-t-il rappelé, avant d'ajouter: «Le secrétaire d'État Colin Powell devrait expliquer pourquoi pour séquestrer Elian les grand-parents ont été considérés proches parents et que maintenant, avec ces mesures, les tantes et les cousins cessent de faire partie de la famille».

 De tout temps, a dit Pérez Roque, le gouvernement des États-unis a manipulé le sujet de l'émigration contre la révolution cubaine.

 «C’est le gouvernement des États-Unis qui a organisé l'opération Peter Pan dans laquelle 14 000 enfants mineurs ont été conduits aux États-Unis, avec le drame humain que cela comporte; c'est lui qui maintient en vigueur la Loi d'ajustement cubain et la politique des 'pieds secs, pieds mouillés'. C'est aussi lui qui stimule l'émigration illégale, qui est responsable des Cubains qui meurent en tentant d'émigrer illégalement, souvent après avoir été repoussés quand ils ont tenté de le faire légalement vers les États-Unis, et c'est lui qui empêche les Cubains de visiter leurs familles aux États-Unis».

ÉMIGRANTS, RÉFUGIÉS ET EXILÉS

 Faisant référence au langage qui s'utilise souvent dans la presse internationale quand il s'agit de l'émigration cubaine, Pérez Roque a indiqué que «si un Mexicain arrive aux États-Unis, on dit qu'il émigre; si un Cubain s'y rend on dit qu'il fuit; une personne d'Amérique centrale qui vit à Miami est un émigrant alors qu'un Cubain est un réfugié, un exilé...»

 «Tout cela a une connotation politique, afin d'utiliser le sujet pour faire campagne contre Cuba», a-t-il souligné.

 Felipe a énuméré quelque 14 mesures prises depuis la première conférence La nation et l'émigration, tenue en 1994, en faveur des contacts entre les émigrés cubains, dont la réduction de la limite d'âge pour voyager à l'étranger, maintenant fixée à 18 ans, les nouvelles dispositions qui permettent la résidence à l'extérieur de Cubains de l'île ou le retour permanent au pays de retraités; jusqu'à la récente annonce de l'autorisation de visite au pays avec le seul passeport valide pour l'ensemble des Cubains de l'émigration, qui entrera en vigueur ce 1er juin.

167 710 CUBAINS DE L'EXTÉRIEUR SE SONT RENDUS DANS L'ÎLE EN 2003

 Le ministre a aussi fait connaître des chiffres révélateurs concernant les mouvements migratoires: en 2003, 167 710 Cubains résidant à l'extérieur ont voyagé à Cuba, contre 35 000 en 1994; 115 142 l'ont fait depuis les États-Unis, c'est-à-dire un Cubain sur dix vivant dans ce pays; 50 000 Cubains vivent à l'extérieur sans avoir émigré et 34 000 d'entre eux sont venus en visite à Cuba en 2003, quelque 113 000 Cubains ont voyagé à l'extérieur cette même année, 40 000 pour des raisons personnelles.

 Cependant, 6 757 Cubains seulement ont pu voyager aux États-Unis en 2003, faute de visas suffisants émis par les autorités étasuniennes, alors que 37 983 l'avaient fait en 2000, a révélé Pérez Roque.

 On estime qu'environ 1 500 000 Cubains —nés dans l'île ou leurs enfants— vivent aujourd'hui hors de Cuba, dans plus de 100 pays. De ce total, environ 1 300 000 résident aux États-Unis dont près de un million sont nés dans la plus grande des Antilles.

(Granma)


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