UNE tentative de suicide collectif de
prisonniers de la base navale de Guantanamo a
été rapportée par les autorités de ce
pénitencier ouvert en territoire illégalement
occupé de Cuba et où demeurent encore 460
personnes de différentes nationalités contre
lesquelles on n’a pu rien prouver et à qui on
refuse tout droit juridique.
Les registres officiels montrent qu’il y a eu 41
tentatives d’immolation depuis qu’on a ouvert
cette prison en janvier 2002. Certains
prisonniers libérés ont dit que, faute
d’instruments appropriés, des détenus ont tenté
de se donner la mort en se mordant les veines,
ce que l’on considère un acte de désespoir
extrême.
À cette occasion, plusieurs prisonniers ont
tenté de protéger avec des moyens improvisés
ceux qui préfèrent abandonner ce monde plutôt
que de continuer à être soumis à des
humiliations et rigueurs auxquels on les soumet.
La détermination du Comité de l’ONU contre la
torture a non seulement demandé au gouvernement
nord-américain la fermeture de cette prison de
l’arbitraire mais encore a incité à changer ce
qu’ils appellent techniques d’interrogatoire, un
euphémisme, car ils équivalent à de la torture,
et à éviter des traitements brutaux tels que le
«sous-marin» par lequel on submerge la
tête du prisonnier dans l’eau presque jusqu’à
l’asphyxie. Un système, bien sûr, employé par
les dictatures militaires du cône sud américain
dans les années 70 et 80, possiblement parce que
ceux qui on enseigné la technique à ces
criminels étaient des instructeurs nord-américains.
Après de minutieuses recherches qui ont compris
la déposition à leur défense de représentants du
gouvernement Bush, le Comité des Nations Unies,
dans son rapport final, confirme l’existence de
prisons secrètes. Que dira maintenant Javier
Solanas après avoir affirmé qu’il n’y en pas eu.
Ce groupe de travail a trouvé à l’étranger de
l’information fiable sur les prisons des Etats-Unis
et comme Washington allègue que les conventions
internationales ne s’appliquent pas en cas de
guerre, les experts de l’ONU reconfirment que la
torture ne peut se justifier en aucune
circonstance.
Il est possible que les Etats-Unis ne respectent
que la partie la plus visible de ces exigences
car même leurs plus proches partenaires exigent
un certain décorum. Lamentablement, guère
davantage. Il est d’ailleurs probable que tant
de douceur ait permis au gouvernement de Bush, à
travers Condoleezza Rice, de dire que l’on ne
touchera pas à la prison du sud-est cubain.
On ne devrait cependant non seulement fermer
cette enclave mais aussi abandonner complètement
un territoire qui ne leur appartient pas et
auquel on a donné un usage aussi dégradant.
(EC)