Après sa guerre en Afghanistan, le Gouvernement
des Etats Unis a décidé de loger dans l’enceinte
de sa base navale à Guantanamo - une partie du
territoire cubain occupée par ce Gouvernement
contre la volonté du peuple de Cuba - des
prisonniers de la « guerre contre le terrorisme
».
Dans ce territoire, des centaines de prisonniers
étrangers sont maintenus arbitrairement en état
de détention, soumis à des vexations
indescriptibles, totalement isolés, sàns
possibilité de communiquer avec leurs familles,
ou de jouir d’une défense adéquate. Les charges
proférés contre eux restent une inconnue. Les
quelques uns qui ont été mis en liberté, ont
raconté les horreurs de ce champ de
concentration, où sont pratiquées des formes
répudiables de torture et de traitements cruels,
dégradants et inhumains.
Il a éte largement divulgué qu’à cette base nord-américaine
a été accompli et a persisté une des plus
abominables pratiques aux temps modernes de
violations massives et flagrantes des droits
humains des centaines des personnes, depourvues
du sens même de leur essence humaine.
Il est bien connu que plus de 600 personnes, y
compris des enfants, parmi lesquelles il y a 40
nationalités représentées, et qui parlent 17
langues, ont été maintenues dans un limbe
juridique est sont incarcérés à cete base de
façon arbitraire et dans des conditions
inhumaines.
Des créations conceptuelles comme celle de «
combatants illégaux » ou l’institution
d’aberrationsjuridiques tel que les soi-disant «
tribunaux militaires ad hoc », fabriqués par les
Etats Unis pour justifier le traitement
deshumanisant infligés au prisonniers de guerre,
sont de toute évidence contraires au Drot
International Humanitaire et aux Conventions des
Genève de 1949.
Les « tribunaux » qui seraient imposés, auraient
la faculté de condamner à mort et leurs
jugements seraient sans appel. Ils n’auraient
pas la moindre indépendance et restreindraient
les droits des accusés à choisir un avocat et à
une défense efficace.
Des preuves extraites sous possibles torture ou
contrainte pourraient être acceptées.
La détention sans charges ni procès pendant un
temps indéfini, la réclusion dans petites
cellules jusqu'à 24 heures par jour,
l’obligation de rester menotté pendant le très
peu de temps d’exercice permis, la cruauté
envers leurs parents à cause de l’incertitude
découlant de la difficile situación de leurs
êtres aimés, les interrogatoires répétés, sans
accès à un avocat et la possibilité de ce qu’on
fasse des exécutions après de procès injustes et
sans droit à l’appel, constituent une aberration
et un affront´à la justice et à la dignité
humaine.
Les personnes tenues pour « combattants illégaux
» sont soumis à des réglements militaires
arbitraires, lesquelles prévoient la possibilité
de torturer le détenu et le privent de resources
juridiques tel que l’habeas corpus.
Ils peuvent rester détenus sans charges concrets
pendant un temps indéfinis et ses avocats
subissent des restrictions diverses. Il n’ont
pas l’option non plus de demander la comparition
de certains témoins. Tout détenu qui désire
avoir un défenseur autre que le militaire qui
lui est assigné, doit tout d’abord se déclarer
coupable, niant ainsi grossièrement le principe
de la présomption de l’innocence.
Les situations ici décrites reflètent des violations flagrantes des
articles 6 et 7 du Pacte Internationale des
Droits Civils et Politiques, dont les Etats Unis
est un Etat Partie, depuis le 8 juin 1992.
La lutte contre le terrorisme ne peut être menée
ni par la terreur imposée par la négation des
droits ni par l’exercice d’un soi-disant droit
unilatéral à faire la guerre.
La communauté internationale éleve sa voix de
condamnation de ce qui se passe à cette Base,
transformée en un magasin de prisonniers, sans
jugements et sans charges, sans avocats et sans
le moindre signe d’un dû procés.
Le Comité International de la Croix Rouge
(CICR), d’importants juristes, académiciens,
organisations non-gouvernementales et plusieurs
mécanismes des Nations Unies en matière des
droits de l’homme, ainsi que des représentants
des parlements et de nombreux gouvernements ont
exigé aux Etats Unis qu’il éclaircisse
immédiatement la situation légale de prisonniers
incarcerés à sa base navale, en ce qui concerne
les normes internationales en matière des Droits
de l’Homme et du Droit Intenational Humanitaire.
Le CIRC, par exemple, a fait savoir qu’il n’y a
pas eu de réponse immédiate à sa préoccupation à
l’égard de quelques aspects des conditions de la
détention et du traitement qui reçoivent les
personnes incarcérés à Guantanamo. Le CICR
affirme que, grâce à ses visites, il a été un
témoin exceptionnel de l’effet que cet
incertitude à sur les internés et qu’il a
constaté une détérioration préoccupante de la
santé psychologique de beaucoup parmi eux.
Le CICR a visité tous les mineurs détenus à la
Base et a fait savoir qu’elle n’est pas un
endroit approprié pour la détention des mineurs.
Il est notamment préoccupé par le fait de ce que
ces jeunes sont retenus loin des leurs familles
et par les effets psychologiques que cette
expérience peut avoir à une phase si importante
de leur développement.
Pour sa part, dans le projet de rapport annuel
sur les Droits de l’Homme au monde en 2003 et la
politique de l’Union Européenne en matière des
Drotis de l’Homme examinée en avril 2004 à la
Commission des Affaires Etrangères, Droits de
l’Homme, Sûreté Commune et Politique de Défense
du Parlement Européen aux numéraux 58 et 59 sur
les prisonniers àGuantanamo il est exprimé ce
qui suit :
« 58. Regrette que le Conseil de Sécurité des
Nations Unies n’ait pas encore créé un Tribunal
Pénal International ad hoc comme le moyen les
plus approprié pour traiter la situation des
prisonniers détenus à Guantanamo ;
59. Demande aux autorités nord-américaines
qu’elles mettent fin immédiatement à l’actuel
limbe juridique où se trouvent les détenus à la
base de Guantanamo depuis qu’ils y sont arrivés,
et qu’elles assurent l’accès immédiat à la
justice pour déterminer la situaction légal de
chaque détenu, soit l’inculpant conformément aux
normes des Troisième et Quatrième Conventions de
Genève et du Pacte International des Droits
Civils et Politiques (en particulier ses
articles 9 et 145) ou bien les libérant
immédiatement, et qu’elles assurent que les
inculpés de crimes de guerre soit soumis à un
procès juste conformément au Droit International
et dans le plein respect des instruments
internationales en matière des droits de l’homme
».
Pour sa part, la Déclaration de Sanaá, adoptée
le 11 avril dernier à la capitale du Yémen, à la
Conférence qui a rassamblée les parents des
détenus du Golfe, des organisations de droits de
l’homme, des avocats de tout le Moyen-Orient et
du Proche-Orient ainsi que du reste du monde,
des activistes et des membres des institutions
de la société civile, a appelé le gouvernment
des Etats Unis a mettre fin au limbe légal où
sont tous les détenus, y compris ce qui se
trouvent aux endroits non révélés, et que le
plein accès soit accordé aux avocats, aux
médecins, aux parents et au Comité International
de la Croix Rouge.
De même, elle a demandé que tous les détenus
soient inculpés et jugés avec les dûes garanties
ou, dans le cas contraire, liberés et que l’on
assure que le détenus reçoivent un traitement
humain et que l’on mette fin au renvoie des
ressortissants étrangers aux pays où ils peuvent
subir des violations graves des droits de
l’homme, et elle a qualifié des pénibles les
conditions de réclusion des détenus à
Guantanamo, qui ont eue de conséquences adverses
dans leur communautés et familles, y compris les
femmes et les enfants sans voix.
Les situations décrites ici constituent de même
des violations des articles suivants de la
Déclaration universelle de droits de l’homme :
• Article 3: Tout individu a droit a la vie, à
la liberté et a la sûreté de sa personne.
• Article 5: Nul ne sera soumis à la torture, ni
à des peines ou Traitement cruels, humains ou
dégradants.
• Article 6: Chacun a le droit à la
reconnaissance en tous lieux de sa personnalité
juridique.
• Article 8: Toute personne a droit à un recours
effectif devant les juridictions nationales
competentes contre les actes violant les droits
fondamentaux qui lui sont reconnus par la
constitution ou par la loi.
• Article 9: Nul ne peut être arbitrairement
arrêté, détenu
ou exilé.
• Article 10: Toute personne a droit, en pleine
égalité, à ce que sa cause soit entendue
équitablement et publiquement par un tribunal
indépendant et impartial, que décidera, soit de
ses droits et obligations, soit du bien-fondé de
toute accusation en matière pénale dirigée
contre elle.
• Article 11:
1. Toute personne accusé d’un acte délictueux
est présumée innocente jusqu’à ce que sa
culpabilité ait été légalement établie au cours
d’un procès public où toutes les garanties
nécesaires à sa défense lui auront été asurées.
Le Gouvernement de la République de Cuba et le
peuple cubain partagent les préoccupations
exprimées par la communauté internationale à
l’égard du sort réservée au personnes
arbitrairement détenus a la Base Navale nord-américaine
à Guantanamo et insistent auprès de l’Etat
Partie à mettre fin à cette situation de « trous
noir moral et juridique ».
Le Gouvernement de la République de Cuba
considère que les situations ici décrites
méritent que la Commission de Droits de l’Homme,
en tant qu’organe créé pour veiller à la
promotion et à la protection de tous les droits
de l’homme pour tous donne suite à la
préoccupation internationale sur la situation
des détenus dans l’enceinte de la Base Navale
nord-américaine à Guantanamo. Ce pour cela qu’il
a soumis à la considération de la Commission le
projet de résolution L.88, intitulé « La
question des détentions arbitraires dans
l’enceinte de la Base Navale des Etats Unis à
Guantanamo».
De même, il est d’avis que certains des
mécanismes institués en matière de droits de
l’homme, en vertu de leurs mandats, doivent
évaluer ces situations et rappporter ses
conclusions au Haut Commissaire des Nations
Unies pour les Droits de l’Homme.
Le Gouvernement de la République de Cuba est
d’avis que le Haut Commissaire doit présenter un
rapport sur la mise en œuvre de la résolution au
61ème période de sessions de la Commission des
Droits de l’Homme.
Cuba a l’espoir que les principes de non-sélectivité
objectivité et impartialité, consacrés dans la
Déclaration et Programme d’Action de Vienne,
prévaudront pendant la considération et le
procès de prise de décision du projet de
résolution L.88. Ce pour cela qu’elle demande le
co-parrainage de cet Eclairé Gouvernment de la
résolution ainsi que le vote favorable des Etats
membres de la Commission des Droits de l’Homme.
L’erradication de cette flagrante violation des
droits de l’homme et du Droit International
Humanitaire no peut pas attendre. Il faut éviter
que ce grave précédent se répande.