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Chers ambassadeurs et autres participants à cette réunion du
Groupe de Genève du Mouvement des pays non alignés
Je vous remercie de me donner l’occasion d’échanger avec
vous au sujet du travail du Mouvement des pays non alignés à
Genève et des questions que nous devons affronter.
Le Sommet de La Havane (septembre 2006) a adopté des
documents capitaux qui ont servi de cadre de référence aux
travaux du Mouvement dans les diverses instances
multilatérales, surtout aux Nations Unies. Le Document
final, la Déclaration sur les buts et principes et le rôle
du Mouvement dans la conjoncture internationale actuelle, le
Plan d’action du Mouvement et les autres documents adoptés
par nos chefs d’Etat ou de gouvernement ont constitué le
guide obligatoire pour assurer la continuité de ses travaux.
Grâce à votre participation active, à vos efforts soutenus
et à votre appui, nous avons renforcé et revitalisé le
Mouvement, garantissant la continuité des travaux entrepris
par les présidences antérieures de l’Afrique du Sud et de la
Malaisie.
La présidence a présenté à la Réunion ministérielle du
Bureau de coordination (New York, 28 septembre 2007) un
rapport exhaustif sur l’action menée par le Mouvement à tous
les sièges depuis le quinzième Sommet. Nous mettons
aujourd’hui à votre disposition une actualisation et un
complément de ce Rapport, centré spécialement sur l’activité
que la présidence a menée, avec votre soutien à tous, à
Genève.
La soixante-deuxième session de l’Assemblée générale des
Nations Unies a prouvé une fois de plus notre capacité à
nous constituer en un forum de coordination et de
concertation des positions des pays du Sud et l’efficacité
de nos actions lors des principales consultations et
négociations relatives à des points fondamentaux de l’ordre
du jour international. Le Mouvement s’est converti en un
interlocuteur capital et nécessaire, si bien que ses
intérêts ne peuvent plus être ignorés lors de la prise de
décision de l’ONU.
Le Mouvement a concrétisé ces derniers mois des initiatives
qui ont consolidé une approche plus active de sa dynamique
de travail. Par exemple :
• Au siège de New York, à la soixante-deuxième session de
l’Assemblée générale, les pays non alignés ont fait entendre
leur voix aux principales commissions et adopter des projets
de résolution présentés au nom du Mouvement par consensus ou
par une large majorité.
A la Première Commission sur le désarmement et la sécurité
internationale, les pays non alignés ont présenté une
quantité record de huit résolutions ; la Troisième
Commission sur les questions socio-humanitaires et de droits
de l’homme a adopté les trois projets de résolution
présentés par le Mouvement, dont le rôle a été capital pour
faire adopter le projet de résolution qui a officialisé la
construction institutionnelle du Conseil des droits de
l’homme et le Code de conduite des titulaires de mandats des
procédures spéciales du Conseil, à la Sixième Commission sur
les questions légales, les pays non alignés ont joué un rôle
significativement actif.
• Par ailleurs, en ayant fait preuve de sa forte capacité de
négociation, le Comité de coordination entre le Mouvement et
le Groupe des 77 a contribué à préserver l’intégralité du
processus de cohérence de l’ensemble du système. Nous
pouvons affirmer que le Mouvement est aujourd’hui un acteur
fondamental dans les débats et négociations en cours sur la
réforme de l’ONU.
En ce qui concerne les autres sièges multilatéraux, je
souhaiterais souligner ce qui suit :
• A Vienne, le Mouvement a assuré une bonne coordination de
travail en vue de la Première Réunion du Comité préparatoire
de la Huitième Conférence d’examen du TNP, constituant
aujourd’hui une force d’équilibre importante dans les débats
du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de
l’énergie atomique sur la question nucléaire iranienne.
• Cette même coordination du Mouvement a été enregistrée à
La Haye à l’occasion de la Réunion de haut niveau tenue pour
le dixième anniversaire de la Convention sur les armes
chimiques. Le Groupe des pays non alignés à l’Organisation
pour la prohibition des armes chimiques mène une activité
croissante, de sorte que les principaux intérêts du
Mouvement ont été reflétés dans les projets de décision
adoptés par la Douzième Conférence des Etats parties à la
Convention sur les armes chimiques tenue en novembre 2007.
Excellences,
Le Groupe de Genève mérite une mention à part, surtout du
fait de la croissance exponentielle du leadership du
Mouvement et de sa capacité à agir de concert dans les
instances les plus importantes, comme le Conseil des droits
de l’homme, le désarmement et l’Organisation internationale
du travail.
Je souligne en particulier le rôle clef joué par le
Mouvement durant la construction institutionnelle du Conseil
des droits de l’homme où il faut preuve de son unité
d’action et de sa capacité à élaborer et à présenter des
propositions conjointes sur différents points en négociation.
Il vaut la peine de rappeler les propositions soumises sur
le Mécanisme d’examen périodique universel, sur les règles
pour les sessions spéciales, sur l’ordre du jour et sur le
programme de travail du Conseil.
En défendant de concert nos positions, nous avons contribué
significativement à ce que la construction institutionnelle
adoptée reflète clairement nombre de nos priorités. Cet
ensemble, adopté ici en juin et entériné en décembre par
l’Assemblée générale, a prouvé, malgré ses carences et ses
contradictions, que ceux qui sont vraiment intéressés par le
renforcement du système multilatéral de promotion et de
protection des droits de l’homme pouvaient parvenir à un
consensus.
Nous devons souligner, entre autres résultats concrets, que
nous avons obtenu par notre unité que l’ordre du jour du
Conseil inclue des questions particulièrement importantes
pour les pays du Sud, telles que le droit au développement,
le combat contre le racisme, la discrimination raciale et la
xénophobie, et la situation des droits de l’homme en
Palestine et d’autres territoires occupés.
Malgré ces acquis, le Conseil des droits de l’homme continue
de nous poser des défis dont certains découlent de la
formule consensuelle même par laquelle a été adoptée la
construction institutionnelle, à savoir :
• Les dispositions incluses pour éviter la réapparition à
l’avenir des pratiques de deux poids deux mesures, de
manipulation politique et de sélectivité, surtout les
résolutions visant des pays qui ont fini par discréditer la
Commission des droits de l’homme, sont encore insuffisantes.
• En ce qui concerne le Procédure de plaintes et le
Mécanisme d’examen périodique universel, le document adopté
ne contient pas de réponse à la nécessité d’inclure des
grandes lignes qui les empêchent d’être utilisés à des fins
de manipulation politique.
• Il faut interdire l’instauration dans les travaux du
Conseil, surtout au Mécanisme d’examen périodique universel,
des pratiques néfastes qui ont fini par convertir la vieille
Commission en une inquisition jugeant les pays du Sud. Que
tous les pays soient sujets au Mécanisme ne garantit pas la
légitimité du système ; il faut faire en sorte qu’il
fonctionne en accord avec les principes d’objectivité,
d’impartialité et de non-sélectivité. On n’aura guère avancé
si la portée et l’impact des conclusions et recommandations
concluant l’analyse d’un pays dans le cadre du Mécanisme
sont fonction de sa puissance et de sa capacité d’influence.
Dans ce cas, nous, pays du Sud, nous serions soumis à un
mécanisme de manipulation politique encore plus grave dans
la mesure où celui-ci serait déguisé sous le pelage d’une
prétendue universalité.
Une fois adoptée la construction institutionnelle, le
Mouvement a continué de jouer un rôle actif dans les débats
du Conseil et des autres mécanismes connexes. Ses membres se
réunissent fréquemment pour concerter leurs positions, ont
maintenu la pratique d’intervention conjointe aussi bien sur
les questions générales que sur des points spécifiques sur
lesquels nous avons une vision commune.
C’est à l’initiative du Mouvement que le Conseil a adopté
des résolutions d’une grande importance, comme le Droit au
développement, les Droits de l’homme et les mesures
coercitives unilatérales et le Renforcement de la
coopération internationale en matière de droits de l’homme.
Nous vous félicitons de ces résultats.
Le Mouvement à Genève doit continuer de défendre la vérité
et une coopération internationale véritable en matière de
droits de l’homme.
Par ailleurs, à l’Organisation internationale du travail, le
Mouvement a mieux concerté la position de ses membres au
sujet des changements qu’exigent le fonctionnement et les
structures de cette organisation.
La Réunion des ministres du Travail du pays non alignés
prévue à l’un des points du Plan d’action adopté par le
Sommet de La Havane s’est tenue en juin 2007, et elle a
adopté deux importantes déclarations sur des questions
intéressant le Mouvement dans le cadre de l’OIT, à savoir «
Augmentation des membres du Comité des libertés syndicales »
et « Méthodes de travail de la Commission d’application des
normes ».
Le Mouvement a poursuivi et renforcé son rôle actif dans les
instances de désarmement siégeant à Genève, notamment à la
Convention sur les armes biologiques. Il convient de
souligner dans ce contexte le leadership des membres du
Mouvement à la Sixième Conférence d’examen des Etats parties
à la Convention sur les armes biologiques à laquelle ils ont
présenté quatre documents de travail. Ce rôle actif s’est
poursuivi en 2007 aussi bien à la réunion d’experts qu’à
celle des Etats parties à la Convention.
Chers ambassadeurs et autres participants
Ce bref résumé des résultats et des actions, que vous
pourrez trouver en détail dans le Rapport, prouve qu’en une
année et demie nous avons continué de récupérer le rôle qui
nous revient légitimement dans les relations internationales
et aux Nations Unies dont nous constituons presque les deux
tiers des membres.
Nous avons progressé, mais il reste encore beaucoup à faire
ici à Genève, à New York et dans les autres sièges où
fonctionne le Mouvement. Nous devons continuer de promouvoir
de nouvelles mesures ou actions concrètes pour renforcer
notre capacité d’action conjointe.
Nous tiendrons en 2008 plusieurs réunions ministérielles qui
contribueront, j’en suis sûr, à cet objectif :
• La Quinzième Conférence ministérielle qui se tiendra à
Téhéran (Iran) dans quelques mois, et qui nous permettra
d’évaluer l’action de notre Mouvement, réviser et actualiser
le Plan d’action adopté au Sommet de La Havane, et
identifier les principaux problèmes que nous avons à régler
pour le mettre en œuvre d’ici au Quinzième Sommet. Je saisis
l’occasion de remercier à nouveau la République islamique
d’Iran d’accueillir cette importante réunion et des actions
préparatoires qu’elle a engagées pour sa tenue.
• L’importance et la portée des points à débattre et des
décisions à prendre réclament la présence à Téhéran de tous
les ministres des Affaires étrangères des pays membres.
• Par ailleurs, nos ministres de l’Information se réuniront
à Caracas (Venezuela) du 2 au 4 juillet de l’année en cours.
• Ici à Genève, nos ministres de la Santé devront se réunir
en mai dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé
afin d’aborder deux questions importantes pour le Mouvement
: « la migration et la formation du personnel sanitaire » et
« les maladies qui touchent d’une manière disproportionnée
les pays en développement », au sujet de quoi il est prévu
d’adopter deux documents importants.
• Toujours à Genève, les ministres du Travail se réuniront
en juin dans le cadre de la Quatre-vingt-dix-septième
Conférence internationale du travail.
• A New York, le Bureau de coordination tiendra sa réunion
ministérielle en septembre dans le cadre du segment de haut
niveau de la soixante-troisième Assemblée générale de l’ONU.
Nous pouvons vous assurer que nous ferons tout notre
possible pour que la Conférence de Téhéran et les autres
réunions ministérielles susmentionnées nous permettent de
réaffirmer les intérêts légitimes des peuples que nous
représentons, de nous concerter toujours mieux pour
continuer de relever les défis anciens et nouveaux, et de
continuer de lutter pour un monde meilleur où sera respecté
notre droit légitime au bien-être, à la paix et au
développement.
Je vous remercie. |