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Présidence du Bureau de Coordination du Mouvement des Pays Non Alignés
Chers
représentants des pays membres et observateurs du Mouvement
des non-alignés :
Je
me réjouis de me présenter de nouveau devant vous afin
d’avoir des échanges au sujet de questions vitales pour
notre Mouvement et d’analyser les progrès faits dans sa
revitalisation et son renforcement, ainsi que les problèmes
qui continuent de se poser.
Le
Mouvement des pays non alignés aura une nouvelle occasion,
cette année, d’examiner les progrès que nous avons faits
dans l’application des décisions adoptées au Quatorzième
Sommet (La Havane, septembre 2006) et de discuter
collectivement nos principales inquiétudes : en effet, la
Conférence ministérielle à mi-parcours, qui se tiendra à
Téhéran (Iran) à une date qui sera annoncée prochainement,
nous servira de théâtre pour évaluer l’activité de notre
Mouvement, réviser et actualiser le Plan d’action adopté au
Sommet de La Havane, et identifier les principales actions
que nous devrons engager pour le mettre en œuvre d’ici au
Quinzième Sommet.
Je
saisis l’occasion pour remercier la République islamique
d’Iran de son offre d’accueillir cette importante réunion et
des mesures qu’elle a déjà prises en matière de préparatifs
et d’organisation. Cuba, qui occupe la présidence du
Mouvement, s’engage fermement à soutenir à fond les
autorités iraniennes pour assurer le succès de la Conférence
des points de vue tant politique qu’organisationnel.
L’importance et la portée des questions à débattre et des
décisions à adopter exigent que tous les ministres des
Affaires étrangères soient présents à la Conférence de
Téhéran, de façon à garantir que nos accords non seulement
répondent aux inquiétudes et intérêts spécifiques de nos
peuples, mais encore renforcent et consolident notre unité
et notre solidarité, et nous permettent de continuer de
renouveler l’influence du Mouvement dans l’arène
internationale.
A la
Réunion ministérielle du Bureau de coordination de septembre
dernier, nous avons évalué le travail réalisé au cours de la
première année de présidence cubaine et avons défini des
tâches importantes. La soixante-deuxième Session de
l’Assemblée générale de l’ONU a mis à l’épreuve une fois de
plus notre capacité de constituer un forum de coordination
et de concertation des positions des pays du Sud, et notre
efficacité face aux principales consultations et
négociations en rapport avec les points clefs de l’ordre du
jour international. Nous avons obtenu de concert que notre
Mouvement se convertisse en un interlocuteur fondamental et
nécessaire, et garanti que ses intérêts ne soient plus
ignorés dans l’Organisation lors de la prise de décision.
Le
Mouvement a continué ces derniers mois de récolter des
fruits sur différents fronts et concrétisé des initiatives
qui consolident une approche de sa dynamique de travail plus
active. Je ne mentionnerai que quelques heures pour le
prouver :
• Le
Mouvement a agi de manière méritoire durant la
soixante-deuxième Session de l’Assemblée générale. La voix
des pays non alignés se fait entendre dans les principales
commissions, tandis que les différents projets de résolution
présentés au nom de notre Mouvement ont été adoptés par
consensus ou par une large majorité.
A
la Première Commission, nous avons présenté un nombre record
de huitü
résolutions et nous nous sommes constitués en une force
décisive dans la prise de décision.
A
la Troisième Commission, notre action a été vitale pour
faire adopter leü projet de résolution qui officialise le processus de
construction institutionnelle au Conseil des droits de
l’homme et le Code de conduite des titulaires de mandats des
procédures spéciales de cet organe. Nous y avons aussi fait
adopter trois projets de résolution présentés en notre nom.
A
la Quatrième Commission, la présence et l’activisme du
Mouvement ontü permis d’atteindre des objectifs de travail importants.
Notre groupe a consolidé son rôle vital lors de discussions
et de négociations vis-à-vis des sujets lies aux Opérations
du maintien de la paix. La voix du Mouvement se fait déjà
entendre lors de débats d’importants sujets relatifs a la
décolonisation au sein de cette Commission ainsi qu’au
Comite des 24.
La
situation au Moyen-Orient, comprenant la question
palestinienne, a été et continuera d’être l’un des objectifs
principaux du Mouvement. La voix et les propositions
concrètes de notre groupe vis-à-vis des ces questions sont
bien connues par tous.
A
la Sixième Commission, les pays non alignés ont été
singulièrementü
actifs, comme le prouvent leurs différentes interventions en
tant que groupe sur des points concrets de l’ordre du jour
et la présentation d’amendements sur plusieurs résolutions
faisant l’objet de négociations.
L’adoption de 18 Déclarations et Communiquées au cours de
l’année précédant, portant sur les sujets les plus diverses,
est la preuve de l’activisme croissant du Mouvement.
La
présence et l’activisme du Mouvement vis-à-vis des actions
du Conseil de sécurité se sont accrus significativement.
Outre que les interventions aux différents débats de cet
organe, nous avons mis en œuvre des actions concrètes pour
dénoncer son caractère sélectif, son opacité et la tendance
dangereuse d’envahir les fonctions propres a d’autres
organes, en particulier l’Assemblée générale
Au
cours du 2007, le Mouvement a distribue un nombre record de
17 documents officiels au Conseil de sécurité.
La
capacité de négociation prouvée du Comité de coordination
conjointe entre le Mouvement et le Groupe des 77 (JCC) a
contribué à préserver la cohésion de l’ensemble du système.
Nos deux groupements ont commencé à évaluer de concert les
propositions de réforme présentées par le Secrétaire général
au sujet de plusieurs départements clefs du Secrétariat.
Nous pouvons affirmer que le Mouvement est un acteur
fondamental dans les discussions et les négociations
concernant la réforme de l’Organisation, comme l’ont reconnu
avec satisfaction de hauts fonctionnaires du Secrétariat.
•
Nous avons mieux fait fonctionner et articulé le Mouvement à
plusieurs instances des Nations Unies. Nos représentants
agissent de manière autonome, mais en interrelation, aux
différents sièges multilatéraux, le Bureau de coordination
exerçant en l’occurrence la fonction de centre principal.
Ainsi, nous avons obtenu une bonne coordination de travail
entre le Bureau de New York et les Groupes correspondants du
Mouvement tant à Vienne, en vue de la première Réunion du
Comité préparatoire de la Huitième Conférence d’examen du
TNP, qu’à La Haye, lors de la Réunion du haut niveau pour le
dixième anniversaire de la Convention sur les armes
chimiques.
• Le
Groupe des pays non alignés à l’Organisation pour la
prohibition des armes chimiques est toujours plus actif, si
bien que les principaux intérêts du Mouvement ont été
reflétés dans les projets de décision adoptés par la
Douzième Conférence des Etats parties à la Convention sur
les armes chimiques (novembre 2007). Dans ce cadre, grâce à
leur unité d’action, les pays non alignés ont pu contrer les
tentatives de certains pays de mettre en cause le fait que
le Mouvement agit comme Groupe de coordination de positions
dans le cadre de l’Organisation pour la prohibition des
armes chimiques.
• Le
Groupe des pays non alignés parties à la Convention sur les
armes biologiques a réaffirmé à la Réunion annuelle
correspondante (décembre 2007) sa condition d’acteur
important, contribuant aux débats par la présentation de
propositions concrètes et de documents de travail ayant
servi de référence à de futures négociations sur le
renforcement de ladite Convention.
• Le
Mouvement constitue aujourd’hui une importante force
d’équilibre dans les débats en cours au Conseil des
gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique
sur la question nucléaire iranienne, ce qui a entravé les
tentatives de certains pays de manipuler ou de discréditer
les progrès faits dans le règlement des questions en
souffrance entre l’Iran et l’AIEA.
• Le
Deuxième Forum des affaires du Mouvement (La Havane, 2-3
novembre) a clos avec succès les réunions incluses dans le
Plan d’action du Mouvement pour 2007.
Tout
ceci ne constitue qu’une partie des résultats atteints en
quelques mois et prouvant la portée et l’incidence des
actions réalisées par le Mouvement.
Nous
devons profiter de la réunion de Téhéran pour continuer de
revitaliser et renforcer le Mouvement en tant qu’instance de
concertation politique des pays du Sud et donc en tant
qu’alternative indispensable pour faire face avec succès à
l’hégémonisme et à l’unilatéralisme que certains prétendent
imposer dans l’arène internationale, ainsi que pour
réaffirmer les Buts et principes entérinés de nouveau au
Sommet de La Havane qui définissent notre Mouvement dans la
situation internationale actuelle.
Nous
estimons que la prochaine Conférence ministérielle à mi-parcours
à Téhéran doit aborder certaines questions importantes :
•
Nous devons définir les moyens par lesquels le Mouvement
peut influencer plus efficacement la prise de décision au
Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que sa réforme
et sa démocratisation. Le non-accès des pays non alignés aux
consultations et décisions du Conseil et l’opacité de ses
méthodes de travail limitent extraordinairement l’influence
du Mouvement et confirment que le Conseil n’est pas conçue
pour la prise de décision démocratique, mais pour qu’un
petit groupe de puissants pays imposent ses intérêts.
•
Nous devons renforcer le rôle du Groupe des pays non alignés
au Conseil de sécurité. Je dois reconnaître que des progrès
ont été faits dans ce sens ces derniers temps et que les
réunions et d’activités conjointes déjà organisées, si nous
parvenons à les stabiliser, favoriseront les intérêts du
Mouvement dans son ensemble.
•
Nous devons chercher des moyens de mieux tirer profit de
notre diversité et de ne pas permettre que les différences
entre nos pays sur des points tels que l’élargissement des
membres du Conseil de sécurité influent négativement sur
notre capacité d’adopter et de défendre des positions
communes sur des point vitaux pour l’avenir et la survie
même des Nations Unies, dont dépendra l’exercice des droits
de nos peuples à la paix, au développement et au bien-être.
• Il
faut continuer d’avancer vers un profil d’action de plus en
plus proactif et moins réactif. Nous devons maintenir et
accroître notre capacité à présenter des résolutions au nom
du Mouvement devant les diverses commissions principales de
l’Assemblée générale sur des points intéressant en commun
les pays non alignés. Nous pourrions par exemple présenter
de nouvelles initiatives nous permettant d’agir comme
Mouvement à la Quatrième Commission de l’Assemblée générale,
profitant du fait que nous avons atteint des positions
conjointes sur plusieurs des questions importantes qu’elle
aborde.
•
Compte tenu de l’importance acquise par la coopération en
matière de droits de l’homme dans l’ordre du jour
international, le Mouvement doit proposer des actions
concrètes pour maintenir et renforcer sa présence dans les
débats en cours aux différentes instances, en particulier le
Conseil des droits de l’homme et la Troisième Commission de
l’Assemblée générale. Nous devons constituer un front uni
pour contrecarrer les tentatives de nous imposer une
approche sélective, discriminatoire et antagoniste des
droits de l’homme à l’échelle internationale.
• Le
Mouvement doit réclamer son droit à participer activement,
de droit et de fait, à la lutte contre le terrorisme
international, en défendant le principe que celle-ci ne peut
se faire que par une coopération internationale légitime et
concertée dans le cadre des Nations Unies. Ni ce problème
mondial ni d’autres ne peuvent se régler par la force, la
violence, l’agression ou l’action militaire qui ne font que
multiplier les victimes innocentes et les lourdes pertes de
toute sorte, et qui violent en plus des principes
fondamentaux de la Charte des Nations Unies et du droit
international.
•
Nous devons maintenir notre unité d’action avec le Groupe
des 77 à travers le Comité de coordination conjointe à
l’occasion des débats et négociations sur des points clefs
de la réforme de l’ONU. Nous devons serrer les rangs pour
éviter que les propositions soumises, loin de contribuer à
la démocratisation et à la réforme qu’exige l’ONU, servent à
attiser le feu de la sélectivité, de l’exclusion et des
privilèges en faveur des vues hégémoniques et des intérêts
de quelques pays développés.
•
Nous devons tenir les autres réunions de haut niveau prévues
dans le Plan d’action du Mouvement pour 2008 : Réunion des
ministres de la Santé dans le cadre de la soixante et unième
Session de l’Assemblée mondiale de la santé (Genève, mai
2008) ; Réunion des ministres du Travail dans le cadre de la
quatre-vingt-dix-septième Conférence internationale du
travail (Genève, juin 2008) ; Septième Réunion des ministres
de l’Information (Venezuela, 2-4 juin 2008) ; Réunion
ministérielle du Bureau de coordination dans le cadre du
Segment de haut niveau de la soixante-troisième Assemblée
générale (New York, septembre 2008).
Chers ambassadeurs, respectables délègues :
La
profondeur et la portée des discussions que nous
soutiendrons à notre prochaine Conférence ministérielle
seront décisives pour l’avenir du Mouvement.
Nous
vous assurons, depuis la présidence du Mouvement, que nous
ferons l’impossible pour que la Quinzième Conférence
ministérielle nous permette de réaffirmer les intérêts
légitimes des peuples que nous représentons, de nous
concerter toujours mieux pour nous colleter avec les
problèmes anciens et nouveaux, et pour continuer de lutter
pour le monde meilleur que nous estimons possible si nous
nous unissons pour défendre le droit légitime de nos peuples
au bien-être, à la paix et au développement.
Cuba, actuelle présidente du Mouvement, s’est engagée à
lutter pour atteindre de si nobles objectifs. Nous pouvons
compter sur votre soutien et sur celui des pays que vous
représentez, ainsi que sur votre présence engagée et active
dans le cadre de la concertation et de l’adoption de
décisions. Nous vous attendons à Téhéran.
Je
vous remercie.
Minrex 28-02-2008 |