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La rencontre informative du samedi 16 septembre
a commencé par un exposé succinct de Felipe
Pérez Roque, Ministre des Affaires étrangères de
laRépublique de Cuba, autour des aspects
généraux du développement du XIVe Sommet du
MNOAL et les progrès notables des
négociationsqui devront s’achever à la fin de
cette journée par l’adoption de tous les
documents préalablement annoncés.
Parmi d’autres aspects, le Ministre des Affaires
étrangères a signalé :
·
On peut affirmer que ce Sommet constitue une
réussite du Mouvement des pays non alignés-
·
Le Sommet de La Havane contribuera au
renforcement et à l’élargissement du rôle
principal joué par le Mouvement des pays non
alignés.Le MNOAL acquiert la capacité de
travailler de façon plus ferme et cohérente pour
la défense de ses positions collectives dans ce
qui doit constituer sa tâche principale : la
défense du Droit International, la défense du
multilatéralisme, la préservation de la Charte
des Nations Unies, la lutte pour le droit à la
paix avec justice et au développement de nos
peuples.
·
56 chefs d'État ou de Gouvernement et 90
ministres des affaires étrangères sont présents,
parmi d’autres dirigeants et hauts
fonctionnaires, à ce Sommet,Jusqu’à présent 84
délégations, les délégations des pays
observateurs, qui ont droit à la parole, y
comprises, se sont inscrites pour participer aux
débats.
·
Le climat d’unité et de cohésion sans précédents
qui a été la dominante tout le long su Sommet,
l’ample représentation de hauts fonctionnaires
et le niveau de participation politique; la
profondeur et la projection des documents qui
seront adoptés cette soirée, nous permettent
d’affirmer que le MNOAL a été virtuellement
relancé à La Havane.
·
À La Havane on a créé les conditions pour une
nouvelle étape de travail du Mouvement qui devra
se caractériser par un rôle de premier rang et
un effort plus grand pour que notre voix soit
écoutée sur la scène internationale.
·
Le Mouvement qui a surgi comme une alternative à
l’existence de deux blocs antagoniques qui se
sont affrontés pendant la Guerre Froide, révèle
(et le Sommet de La Havane l’a ainsi démontré)
un contenu et, des objectifs qui ont été
actualisés et qui expriment la lutte en faveur
du multilatéralisme, contre les hégémonies,
contre les actions unilatérales, contre les
violations du Droit International, et qui fait
en même temps un appel au respect du droit de
tous les pays indépendamment de leurs
dimensions, du niveau de leur développement ou
du degré de leur puissance, un appel au
renforcement du rôle des organisations
internationales, ainsi que de leur réforme et
démocratisation.
·
Tous les pays ont travaillé de façon réussie
pour parvenir à un consensus même sur les sujets
les plus délicats et controversés.
·
Hier les hauts fonctionnaires ont achevé la
négociation des thèmes restants et les ministres
des affaires étrangères les ont approuvés par
consensus.À présent il n’y a pas de sujet qui
manque de consensus parmi les documents qui ont
été négociés.Tous les documents seront adoptés
par consensus, sans votation.Ceci est une preuve
significative et sans précédents du climat
d’unité et de compréhension qui a régné pendant
ce Sommet.
·
Dans tous les sujets concernant les Non-alignés
et qui relèvent de leur intérêt, on trouve des
formulations de consensus.C’est le résultat
principal de la Réunion Ministérielle qui s’est
achevée hier soir par l’adoption des projets de
documents que nous présenterons aujourd’hui aux
chefs d’État.Ceci constitue un jalon du point de
vue politique dans la projection et les travaux
du Mouvement des pays non alignés.
·
Les projets des cinq documents que le Sommet
doit approuver sont déjà prêts pour leur
adoption.A savoir :
1. Déclaration sur les objectifs et les
principes et le rôle du Mouvement dans le
contexte international actuel.Parmi
tous ceux qui seront approuvés, c’est le
document de plus large portée.Du point de vue
conceptuel, théorique et politique, il constitue
une actualisation et en même temps une
confirmation des principes du Mouvement des pays
non alignés.Il incorpore aussi d’autres propos
et principes qui sont devenus ces dernières
années un guide pour les travaux du Mouvement
comme résultat de la modification de la
situation internationale.Cette déclaration
ratifie le Mouvement comme forum de concertation
et de coordination politique des pays du Sud
pour promouvoir leurs intérêts, pour développer
la solidarité, l'unité et la coopération entre
ses membres.Cette déclaration sera le guide
fondamental des travaux de la présidence cubaine
pour les trois années à venir.
2. Document sur la méthodologie
C’est un document très important qui permet de
ratifier et d’institutionnaliser des pratiques
et des procédures dans les méthodes de travail
que le Mouvement a employées au cours des années
mais qui étaient des pratiques dispersées,
adoptées à des moments différents et qui ne
constituaient pas de règlement. D’autre part, il
incorpore de nouveaux événements.C’est un
document qui permettra d’organiser les travaux,
de leur conférer une plus grande cohérence et
une plus grande organisation
§
Dans le cadre du document sur la Méthodologie,
on adoptera la création à New York d’une Cellule
d’ Appui à la Présidence, ce qui permettra de
résoudre le manque actuel de Secrétariat du
Mouvement et d’avoir et d’institutionnaliser une
cellule sans bureaucratie, petite, souple, qui
conserve la mémoire historique qui facilite la
préparation les réunions et à donner une
continuité aux travaux.
§
Pareillement, on formalisera le Forum des Ex
présidents y on institutionnalisera le mécanisme
de la troïka, conformée actuellement par Cuba,
la Malaisie et l’Egypte.
3. Document final.
Il contient tous les sujets d’intérêt pour les
Non-alignés.Il est plus concis que certains
documents similaires qui l’ont précédéCe qu’il y
a de nouveau dans ce Document Final par rapport
à d’autres textes, c’est qu’il s’oriente vers
l’action. Il contient un certain nombre de
mesures pour l’action. Parmi les nombreux thèmes
abordés par ce document on trouve :
- L’appui au peuple et au gouvernement de la
Bolivie ;
- L’appui au gouvernement constitutionnel du
Venezuela;
- L’appui à Cuba, en exhortant le gouvernement
des États-Unis à lever définitivement le
blocus économique, commercial et financier
contre ce pays et en rejetant son caractère
international croissant et la recrudescence
des nouvelles mesures ; il appelle aussi le
gouvernement des Etats-Unis à rendre à Cuba le
territoire actuellement occupé par la base
navale de Guantanamo et à arrêter les
émissions de télévision et de radio contre
Cuba.;
- L’appui à la demande d’extradition présentée
par le Venezuela au gouvernement des
Etats-Unis pour traduire en justice tous les
responsables de l’attaque terroriste d'octobre
1976 contre un avion de l’agence Cubana de
Aviación, qui a causé la mort de 73 civils
innocents. À ce sujet ils ont rejeté la
protection offerte aux individus accusés de
consommer des activités terroristes au
Venezuela, ce qui empêche les autorités
vénézuéliennes de les traduire en justice ;
- La réitération de ce que la démocratie est
une valeur universelle, basée sur la volonté
du peuple, librement exprimée, de déterminer
son propre régime politique, économique, social
et culturel et sur sa participation pleine
dans tous les aspects de sa vie ; en même
temps on affirme que même si toutes les
démocraties ont des caractéristiques communes,
il n’existe pas de modèle unique de démocratie
et que celle-ci n’est pas le patrimoine
exclusif d’un pays ou d’une région quelconque.
Les Non-alignés n’acceptent pas la thèse qui
voudrait que les guerres préventives, les
prisons secrètes, les vols illégaux, les
invasions et les changements de régime
ouvriraient le chemin de la démocratie;
- La réaffirmation du besoin de respect absolu
pour la souveraineté et pour le droit à la
libre détermination ;
- La condamnation énergique à l’agression
contre le Liban et les violations consommées
par le gouvernement israélien; il exprime sa
solidarité et son appui au peuple et au
gouvernement du Liban en même temps qu’il
exige le respect de son intégrité
territoriale;
- Sur les sujets sociaux et concernant le
développement, on fait un diagnostic réussi
sur la situation économique internationale
et en particulier de nos pays et l'on
confirme les positions du Mouvement autour
des thèmes tels le commerce, la coopération,
les relations monétaires et financières ; la
lute contre le racisme et la discrimination,
le progrès social de la femme; les problèmes
particuliers des pays autochtones, la
situation des pays moins développés sans
littoral; etc.
Dans le Document Final on trouve aussi une
déclaration sur la promotion et la préservation
du multilatéralisme, on l’on réaffirme que les
Nations Unies, sa Charte et le Droit
International sont toujours indispensables.
4.
Déclaration sur la Palestine.
Dans cette déclaration on réaffirme la
solidarité avec la cause du peuple
palestinien.
5. Déclaration sur la question nucléaire dans
la République islamique d’Iran.
Elle ratifie le texte qui avait été déjà adopté
par les Ministres des Affaires Étrangères lors
de la rencontre de Putrajaya, Malaisie, en mai
2006. Dans cette déclaration on réaffirme le
droit fondamental et inaliénable de tous les
états à développer la recherche, la production
et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des
fins pacifiques. On y rejette le monopole sur la
technologie nucléaire, l’hypocrisie, la
politique de deux poids deux mesures ; on
rejette le fait que ceux qui possèdent des
armements nucléaires les perfectionnent et les
élargissent tandis qu’ils interdissent aux
autres l'usage de l'énergie nucléaire à des fins
pacifiques. On accepte l'utilisation de
l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans
discrimination et suivant les obligations
juridiques respectives. On affirme dans la
Déclaration que l’Organisation Internationale de
l’Énergie Atomique est la seule autorité
compétente pour vérifier le respect des
obligations acceptées en fonction des accordes
de sauvegarde. On met l'accent sur le fait qu'il
ne faut pas qu'il y ait des pressions ou
d'intervention indue dans les activités de
l'organisation que mettent en danger son
efficacité ’t sa crédibilité. Il faut protéger
l’OIEA des pressions des chantages des menaces
que le gouvernement des Etats-Unis et quelques
uns parmi leurs alliés ont exercé sur cet
organisation internationale.
- La présidence cubaine du MNOAL consacrera ses
efforts pour faire avancer dans la réalisation
des objectifs et les propos qui seront proclamés
dans les documents ci-dessous adoptés par le
Sommet.
- Le débat a produit l’idée que le Mouvement des
pays non alignés doit passer de la phase de
déclarations à la phase de l’action politique et
diplomatique dans les réunions
internationales.
- Le Plan d’Action de la présidence cubaine
surgira de l’ensemble des mesures d'action
contenues dans le Document Final.
- Le Sommet marche vers une heureuse conclusion.
- Le Mouvement assiste a une renaissance de sa
projection et de son activité. Il y a des
raisons pour espérer que le Mouvement assumera
un rôle principal; d'autre part, les pays
membres considèrent que Cuba, avec son
expérience au sein du gouvernement en tant que
pays fondateur, son autorité internationale, sa
responsabilité, son prestige, ses relations avec
tous les autres pays membres, sera capable de
guider les travaux du Mouvement pendant ces
trois années et qu'elle continuera à développer
le travail réussi entrepris par la Malaisie
pendant sa présidence.
- Le XVe Sommet du Mouvement des pays non
alignés se tiendra en 2009 en Egypte.
Plus tard, les journalistes accrédités au Sommet
du MNOAL ont montre de l'intérêt pour d'autres
thèmes tels que la participation du Mexique au
sein du Mouvement, la publication des documents
qui seront adoptés par le Sommet, l'appui que le
MNOAL peut accorder à la Bolivie, les références
aux États Unis dans les documents qui seront
adoptés, ce que Cuba devra faire pour faire
valoir le nombre et l'unité du Mouvement, les
formulations sur le terrorisme, ainsi que
d'autres sujets liés à la collaboration
économique.
Ont participé à cette rencontre 126 journalistes
de 95 agences de presse de 48 pays ainsi que des
journalistes de 34 publications cubaines.
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Résumé élargi des réponses offertes par M.Felipe
Pérez Roque, ministre cubain des Relations
extérieures, durant la conférence de presse
offerte le samedi 16 septembre 2006
Centre de Presse international de la Quatorzième
Conférence au sommet du Mouvement des pays non
alignés. La Havane
Radio 13 (Mexico).
Je voudrais vous interroger au sujet du rôle du
Mexique dans le Mouvement des pays non alignés.
Et surtout à partir de ce Sommet. Le
gouvernement cubain va-t-il adresser une
invitation en tant que président du Mouvement au
Mexique pour le rejoindre, et pour rétablir des
relations avec le nouveau président élu ?
Felipe Pérez Roque.
Le Mexique fait partie de quinze pays
observateurs et il a été représenté à cette
conférence par son ambassadeur à La Havane. À ce
titre, il a droit de participer aux réunions et
d’intervenir, mais sans droit de vote. Et si un
pays veut devenir membre de plein droit, il
existe une procédure, qui consiste à en faire la
demande au Bureau de coordination du Mouvement à
New York. De fait, avant la Conférence, quatre
pays ont fait cette demande et ont été acceptés
; il y a juste des principes et des règles à
respecter.
Radio 13 (Mexico).
Y a-t-il un intérêt...
(la suite est inintelligible) ?
Felipe Pérez Roque.
Bon, c'est une autre question, qui n'a pas fait
partie des discussions de la conférence ni de
ses travaux.
TV Globo (Brésil).
(Avant que le journaliste pose sa question, le
ministre cubain fait une remarque.)
Felipe Pérez Roque.
Le Brésil est lui aussi observateur, le ministre
Amorio est venu.
TV Globo (Brésil).
Nous aimerions que les documents que vous avez
signalés soit divulgués au plus tôt pour que
nous puissions le faire passer aux journaux de
la nuit.
Felipe Pérez Roque.
Nous allons essayer. Rappelez-vous qu’il s’agit
encore de projets, adoptés par consensus à la
réunion ministérielle et qu'ils ne seront
définitifs qu'une fois adoptés par les chefs
d'Etat ou de gouvernement.
TV Globo (Brésil).
J’ai deux questions. Qui a proposé le paragraphe
d’appui à la Bolivie ? Que signifie ce soutien ?
Ma seconde question concerne Raúl Castro. Le
monde, avec ce Sommet, a découvert un peu qui
est Raúl Castro, on ne connaissait pas sa voix
et on sait maintenant qu'il a beaucoup de voix.
J'aimerais que vous nous parliez un peu de lui,
puisque vous le connaissez personnellement. On
dit à l'étranger qu'il est très pragmatique. Au
Brésil, ça veut dire le contraire d'un
idéologue, la personne qui fait ce qu’elle doit
faire et parfois laisse l’idéal pour après. Raúl
est comme ça ?
Felipe Pérez Roque.
Première question : le paragraphe sur la Bolivie
est le résultat de négociations à la Commission
politique qui se déroulent à huis clos. Je ne
peux donc que vous confirmer le résultat final,
autrement dit que ce paragraphe a été adopté par
consensus, ce qui signifie dans la pratique un
soutien au gouvernement, au peuple bolivien, un
signe de solidarité aux moments où des forces
extérieures prétendent désintégrer le pays,
déstabiliser ses institutions et mettre en
danger sa démocratie. Autrement dit, il vise les
forces occultes derrière les conspirations, les
émeutes et les plans contre le gouvernement
d’Evo Morales.
Deuxième question. Ta question est la preuve de
la désinformation qui règne sur Cuba, parce que,
pour les Cubains, savoir qui est Raúl n’est pas
du tout une surprise. Les Cubains ont entendu sa
voix, et depuis longtemps. Le problème, c’est
qu’on ignore bien souvent dans le monde les
événements de Cuba, la vérité de Cuba. La
réalité de Cuba est dénaturée, ce qui obéit au
fait que parmi les armes utilisées contre nous,
en plus du blocus économique, de l'agression, il
y a une campagne médiatique intense et bien
financée depuis les USA, de plus de deux mille
cinq cents heures hebdomadaires de radio
illégale, qui violent notre espace
radiophonique, violent les règlements de l'Union
internationale des télécommunications. Il faut
entendre ce qu'on dit depuis Miami contre Cuba,
comment on encourage les sabotages économiques,
les incendies d’usines, l'assassinat des
dirigeants de la Révolution. Oui, une énorme
dénaturation de ce qui se passe à Cuba, on fait
silence sur la réalité cubaine, on la
caricature.
L'expérience de travailler avec Raúl, pour tous
ceux qui ont eu le privilège de le faire, et ils
sont nombreux, parce que Raúl ne cesse de
travailler, en contact avec ses subordonnés,
avec ses collaborateurs, de visiter le pays, non
seulement en tant que ministre des Forces armées
révolutionnaires, mais aussi comme second
secrétaire de notre parti et comme le second
personnage de l'Etat et du gouvernement durant
toutes ces années. Raúl est toujours en contact
avec la population, et ses méthodes, comme
celles de Fidel, reposent sur la collaboration,
l'incitation à la discussion, la participation
de son équipe ; il travaille en équipe. Raúl, ne
l'oublions pas, s'est formé aux côtés de Fidel,
de la Révolution, comme les autres chefs,
d'ailleurs, dont certains sont encore parmi nous
et d'autres, hélas, non. Et je crois que cette
histoire de pragmatique ou pas, est une simple
étiquette, le résultat d’un approche
superficielle. Ce que je peux te dire, c’est que
Raúl est un militant communiste comme nous tous
et qui croit comme nous tous dans le socialisme
comme système pour notre pays, et que c’est un
soldat engagé de la Révolution et de Fidel. Il
n'y a pas un iota de différence entre la pensée
politique de Fidel et celle de Raúl, pas plus
qu’il n’y en a dans l’engagement, dans la
décision et dans la volonté de donner sa vie
pour la Révolution à laquelle ils ont consacré
plus d'un demi-siècle. Le reste, ce sont des
spéculations superficielles, et parfois la main
occulte des ennemis qui tentent d'utiliser tout
ceci pour jeter le discrédit. Les récents
événements ont été une leçon pour ceux qui
croyaient que quand Fidel ne serait pas là
activement, comme il n’a pas pu l’être ces
jours-ci à la tête de ses responsabilités
habituelles, nous allions nous retrouver ici
comme devant Jéricho, que les trompettes
allaient retentir et les murailles s'effondrer.
Et ici, rien ne s'est effondré, tout comme rien
ne s’est effondré quand le pape est venu. Les
augures ont échoué, et la preuve a été faite que
notre peuple est mûr et attaché à ses
institutions, à sa Révolution, au projet de pays
que la Révolution incarne. Où sont donc et à
quoi se consacrent ceux qui sont contre notre
projet et reçoivent de l'argent de l'ennemi ? Au
seul endroit où ils peuvent être : cachés sous
leur lit ou se rendant à la Section des intérêts
des USA pour y recevoir des instructions. Le
peuple, lui, est serein, ferme. Avec des
dizaines de milliers de gens mobilisés et prêts,
et les autres vigilants et en vie. Voilà
pourquoi nous sommes un peuple invincible, et
voilà pourquoi nous avons résisté aux agressions
et aux pressions. Pour le peuple, rien de tout
ça n’est surprenant. Le peuple savait que si
Fidel n’était pas là, Raúl serait là, lui, et
qu'il y sera jusqu'à ce que Fidel se rétablisse
totalement. Et Fidel a gagné une autre bataille
contre les démons et se remet.
Reuters.
Dans le premier projet de déclaration, il y
avait de fortes références aux USA. Tous ces
jours-ci, nous avons parlé avec des délégués,
avec des gens qui participaient au Sommet et qui
ne considèrent pas forcément les USA comme la
cause de tous les problèmes de ce monde. A-t-il
fallu rabaisser le ton de la Déclaration ? Les
deux tiers ou presque des voix à l'Assemblée
générale des Nations Unies peuvent être quelque
chose de mathématique, mais au moment du vote,
il va sûrement surgir des différences. Que pense
faire Cuba pour utiliser effectivement ce
pouvoir de vote ? Je vous donne l'exemple des
candidatures du Guatemala et du Venezuela au
Conseil de sécurité, un point sur lequel
l'Amérique latine et le monde semblent divisés.
Felipe Pérez Roque.
Personne au Mouvement des pays non alignés ne
croit que les USA sont responsables de tous les
problèmes ; beaucoup en revanche, croient qu'ils
le sont d'un certain nombre. Pas le peuple, mais
le gouvernement, parce qu’en ce qui concerne le
peuple, en tout cas c'est le cas de Cuba, il
existe des sentiments de respect, de sympathie.
Le peuple cubain n’oublie jamais que si Elián
González vit ici comme un enfant heureux aux
côtés de son père et de sa famille et des ses
camarades de classe, c’est dans une bonne mesure
non seulement grâce à la bataille de notre
peuple et au soutien international qu'il a su
obtenir, mais aussi grâce au soutien de
l'opinion publique des USA, de larges secteurs
de la communauté cubaine qui vit aux USA, qui se
sont opposés à la manipulation de cette
question, à ce crime inouï. Le peuple étasunien
refuse toujours plus le blocus, refuse qu'on lui
interdise de voyager à Cuba ou qu'il n’y ait pas
un commerce normal ou des échanges entre
familles. Bref, nous autres, nous n'accusons pas
le peuple étasunien, pas plus que nous accusons
la majorité de la communauté qui vit aux USA.
Moreno me dit (il s'agit du vice-ministre
cubain) qu'aucune allusion aux Etats-Unis n’a
été éliminée au cours des négociations ; celles
que l’on y trouve y étaient depuis le début, il
y en a beaucoup qui résultent d'un consensus et
on les a répétées de sommets précédents des
Non-alignés. Or, le Mouvement exprime ses
vérités et il y a des fois où il faut mentionner
certains pays en fonction du thème et pour que
nos opinions soient clairement et objectivement
exposées.
Sur le thème des candidatures du Mouvement, il
ne prend pas position, ce n'est pas l'objectif
de cette réunion. Les pays votent au suffrage
secret pour élire leurs représentants aux
organismes électifs. Votre question frappe
justement là où le bât blesse. C’est vrai que
très souvent le Mouvement s’est fractionné,
s’est divisé, on l’a reconnu au cours de nos
débats. Nous avons fait de nouveau des vœux pour
essayer de concerter nos positions et Cuba
essaiera de le faire avec la participation de
tous. On essaiera d’aller ensemble. Nous savons
aussi les pressions énormes que beaucoup de pays
subissent, nous en sommes témoins ; nous savons
qu’ils contactent les fonctionnaires de certains
pays et qu’ils leurs disent que l’appui
financier pourrait être supprimé, ils menacent
brutalement, ils essaient de diviser le
Mouvement. Le Sommet de La Havane a analysé tout
cela et a renouvelé l’engagement des pays de
travailler auprès de Cuba depuis la présidence.
ITAR – TASS Il n’y a pas de texte consacré à la
collaboration économique entre les pays du
Mouvement ?
Felipe Pérez Roque
: Si, il y a une vaste section du document final
consacré aux thèmes de coopération et de
collaboration ; je ne les ai pas abordés par
manque de temps; vous pourrez les connaître en
lisant le document.
ITAR –TASS Je voudrais connaître votre opinion
sur le message du président russe aux délégués
du Sommet, et aussi sur les possibilités de
collaboration entre la Russie et le Mouvement
non aligné.
Felipe Pérez Roque
: Nous accueillons très positivement le message
du président Poutine. Il y a des points de
coïncidence entre la Russie et le Mouvement des
pays non alignés. Notre présidence travaillera à
maintenir les relations et les échanges qu’il y
a eus entre le Mouvement et la Russie. Mais il y
a un autre dialogue entre le Mouvement des pays
non alignés et l’Union européenne, que la
présidence cubaine doit faire aller au-delà des
nos relations bilatérales avec elle ; notre
responsabilité comme président nous impose de
diriger le troïka du Mouvement. Ainsi, le 21
septembre à New York, quand nous participerons à
l'Assemblée générale des Nations Unies, il y
aura le dialogue habituel entre notre troïka à
nous et celle de l'Union européenne. Et Cuba y a
participé toutes ces années-ci, parce qu'elle
était membre de la troïka. Il existe aussi le
Groupe des 77, un mécanisme de coordination
entre le Mouvement et le G-77.
RNS Radio (Colombie).
Comment la question du terrorisme a-t-elle été
abordée ?
Felipe Pérez Roque.
Le Mouvement a une position antérieure sur le
terrorisme : l’opposition au terrorisme sous
toutes ses formes et manifestations, à la
sélectivité dans son approche, la défense de
l'idée qu'il faut absolument distinguer entre le
terrorisme et la lutte d'un peuple contre
l'occupation étrangère, entre le terrorisme et
la lutte d’un peuple pour son autodétermination.
(Cubanoal) 16-09-2006
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