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Honorables ministres,
Qu’il
me soit permis tout d’abord d’exprimer ma
reconnaissance au travail accompli par le
gouvernement de Malaisie à la tête du Comité sur
la Palestine du Mouvement des pays non alignés.
Le mandat de ce Comité est devenu aujourd’hui
plus actuel et important que jamais. Notre
objectif est de travailler de concert avec vous
pour adopter des mesures visant à renforcer la
solidarité permanente du Mouvement avec la cause
palestinienne.
Honorables ministres,
On arrivera bientôt au cinquantième anniversaire
de l’adoption par l’Assemblée générale des
Nations Unies de la résolution 181 (ii) qui a
reconnu la partition de la Palestine et
recommandé l'établissement de deux États
indépendants qui devaient coexister en paix et
harmonie. Malgré le temps écoulé et les efforts
consentis, l’établissement d’un État souverain
de Palestine demeure en suspens.
Aujourd’hui, les nombreuses résolutions de
l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité
établissant le retrait d’Israël des territoires
palestiniens et des autres territoires arabes
occupés ne sont pas appliquées, alors que la
puissance occupante impose de nouvelles
politiques qui, loin de contribuer à
l’instauration d’une paix juste et durable dans
la région, perpétuent le statu quo et minent les
efforts que consent le peuple palestinien pour
exercer son droit à l’autodétermination.
Si Israël a agi en toute impunité, c’est grâce
notamment à la protection que lui offre le
gouvernement des États-Unis et au fait qu’au
Conseil de sécurité la superpuissance s’est
servi à trente reprises de son droit de veto et
d’innombrables menaces de recourir à ce
privilège antidémocratique et caduc pour
empêcher que les crimes commis par le
gouvernement d’Israël dans les territoires
occupés ne soient débattus à fonds au sein de
cet organe. Cela s’explique d’autre part par
l'appui matériel et financier accordé par
Washington à la puissance occupante, qui
comprend la fourniture d’armes, ce qui renforce
l'arsenal nucléaire de celle-ci.
L’agression permanente, l'occupation de terres,
les exécutions extrajudiciaires, l'asphyxie
économique, la construction d'établissements
illégaux dans les territoires palestiniens et
les violations flagrantes, massives et
systématiques des droits de l'homme de ce peuple
de la part de la puissance occupante constituent
des actes de terrorisme d’État, aggravés ces
derniers mois.
Le panorama actuel des territoires occupés se
caractérise par la réitération de graves
violations du droit international et, en
particulier, du droit international humanitaire.
Les punitions collectives, la construction de
l’illégal mur de séparation, la fermeture de
frontières et les graves limitations à la
circulation de personnes et marchandises, la
destruction de logements et de sites religieux,
éducationnels, culturels et historiques
constituent une constante de l’occupation
d’Israël. Cela a provoqué une détérioration
marquée des conditions de vie du peuple
palestinien, perpétuant ainsi une grave crise
humanitaire sur tout le territoire palestinien
occupé, y compris Jérusalem-Est.
Le 25 janvier dernier, le peuple palestinien a
voté en faveur de son actuel gouvernement dans
le cadre d’élections libres, transparentes et
démocratiques, dans l’exercice de son droit
souverain d'élire ses représentants. Néanmoins,
Israël, les États-Unis et l'Europe, en se basant
sur l’habituelle morale à deux vitesses, ont nié
la validité de ce processus et opté pour imposer
un cruel chantage financier au peuple
palestinien.
Pour exercer une pression politique, au milieu
des tensions et difficultés économiques,
sociales et humanitaires croissantes que
rencontre le peuple palestinien, ils ont
suspendu l’aide humanitaire.
Plus récemment, à un moment où le monde était
concentré sur la brutale agression d'Israël
contre le Liban, la machine de guerre
israélienne massacrait la population
palestinienne, démantelait son gouvernement et
son parlement et arrêtait massivement des
figures du gouvernement et des membres du
Conseil législatif palestinien, action
incompatible avec les efforts déployés pour
instaurer la paix et la stabilité dans la
région.
Honorables ministres,
Devant ce sombre panorama, le Mouvement des pays
non alignés doit prendre des mesures visant à
soutenir plus fermement et résolument les frères
palestiniens. La violation flagrante, massive et
systématique des droits de l’homme de son
peuple, y compris le droit à la vie et à
l'autodétermination, doit cesser.
Le Mouvement doit continuer de dénoncer les
crimes commis contre les peuples arabes, en
particulier contre le peuple palestinien et il
doit continuer d’exhorter à régler le différend
d’une manière juste et définitive.
Une juste et durable ne pourra être instaurée au
Moyen-Orient que lorsque l’occupation illégale
israélienne cessera et que le peuple palestinien
pourra exercer ses droits légitimes.
D'autre part, la paix ne sera instaurée que
lorsque les territoires arabes occupés en juin
1967 seront restitués ; que les agressions
israéliennes contre le peuple libanais cesseront
; que le retour des réfugiés palestiniens sera
garanti ; et que les illégaux établissements
israéliens seront éliminés.
Pour conclure, honorables ministres, je tiens à
ratifier l’engagement inébranlable du peuple et
du gouvernement de Cuba à lutter en faveur des
droits inaliénables du peuple palestinien et de
tous les peuples arabes et à réitérer notre
ferme conviction que plus tôt que tard
l’établissement d’un État de Palestine souverain
et indépendant, avec Jérusalem-Est comme sa
capitale, sera une réalité.
Notre peuple, soumis pendant plus de 45 ans à un
blocus génocide imposé par le gouvernement des
États-Unis, est convaincu qu’aucun mur, qu’aucun
encerclement ou qu’aucune répression, aussi
violente soit-elle, ne pourra briser la soif
d’indépendance et de justice du peuple
palestinien.
Je vous remercie
(Cubanoal) 13-09-2006
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