Discours du Ministre des
Affaires Étrangères
Felipe Pérez Roque

 

  

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 Allocution du Ministre Felipe Pérez Roque à la réunion du Comité sur la Palestine du MNOAL. La Havane, 13 Septembre 2006

Honorables ministres,

Qu’il me soit permis tout d’abord d’exprimer ma reconnaissance au travail accompli par le gouvernement de Malaisie à la tête du Comité sur la Palestine du Mouvement des pays non alignés.

Le mandat de ce Comité est devenu aujourd’hui plus actuel et important que jamais. Notre objectif est de travailler de concert avec vous pour adopter des mesures visant à renforcer la solidarité permanente du Mouvement avec la cause palestinienne.

Honorables ministres,

On arrivera bientôt au cinquantième anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution 181 (ii) qui a reconnu la partition de la Palestine et recommandé l'établissement de deux États indépendants qui devaient coexister en paix et harmonie. Malgré le temps écoulé et les efforts consentis, l’établissement d’un État souverain de Palestine demeure en suspens.

Aujourd’hui, les nombreuses résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité établissant le retrait d’Israël des territoires palestiniens et des autres territoires arabes occupés ne sont pas appliquées, alors que la puissance occupante impose de nouvelles politiques qui, loin de contribuer à l’instauration d’une paix juste et durable dans la région, perpétuent le statu quo et minent les efforts que consent le peuple palestinien pour exercer son droit à l’autodétermination.

Si Israël a agi en toute impunité, c’est grâce notamment à la protection que lui offre le gouvernement des États-Unis et au fait qu’au Conseil de sécurité la superpuissance s’est servi à trente reprises de son droit de veto et d’innombrables menaces de recourir à ce privilège antidémocratique et caduc pour empêcher que les crimes commis par le gouvernement d’Israël dans les territoires occupés ne soient débattus à fonds au sein de cet organe. Cela s’explique d’autre part par l'appui matériel et financier accordé par Washington à la puissance occupante, qui comprend la fourniture d’armes, ce qui renforce l'arsenal nucléaire de celle-ci.

L’agression permanente, l'occupation de terres, les exécutions extrajudiciaires, l'asphyxie économique, la construction d'établissements illégaux dans les territoires palestiniens et les violations flagrantes, massives et systématiques des droits de l'homme de ce peuple de la part de la puissance occupante constituent des actes de terrorisme d’État, aggravés ces derniers mois.

Le panorama actuel des territoires occupés se caractérise par la réitération de graves violations du droit international et, en particulier, du droit international humanitaire. Les punitions collectives, la construction de l’illégal mur de séparation, la fermeture de frontières et les graves limitations à la circulation de personnes et marchandises, la destruction de logements et de sites religieux, éducationnels, culturels et historiques constituent une constante de l’occupation d’Israël. Cela a provoqué une détérioration marquée des conditions de vie du peuple palestinien, perpétuant ainsi une grave crise humanitaire sur tout le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

Le 25 janvier dernier, le peuple palestinien a voté en faveur de son actuel gouvernement dans le cadre d’élections libres, transparentes et démocratiques, dans l’exercice de son droit souverain d'élire ses représentants. Néanmoins, Israël, les États-Unis et l'Europe, en se basant sur l’habituelle morale à deux vitesses, ont nié la validité de ce processus et opté pour imposer un cruel chantage financier au peuple palestinien.

Pour exercer une pression politique, au milieu des tensions et difficultés économiques, sociales et humanitaires croissantes que rencontre le peuple palestinien, ils ont suspendu l’aide humanitaire.

Plus récemment, à un moment où le monde était concentré sur la brutale agression d'Israël contre le Liban, la machine de guerre israélienne massacrait la population palestinienne, démantelait son gouvernement et son parlement et arrêtait massivement des figures du gouvernement et des membres du Conseil législatif palestinien, action incompatible avec les efforts déployés pour instaurer la paix et la stabilité dans la région.

Honorables ministres,

Devant ce sombre panorama, le Mouvement des pays non alignés doit prendre des mesures visant à soutenir plus fermement et résolument les frères palestiniens. La violation flagrante, massive et systématique des droits de l’homme de son peuple, y compris le droit à la vie et à l'autodétermination, doit cesser.

Le Mouvement doit continuer de dénoncer les crimes commis contre les peuples arabes, en particulier contre le peuple palestinien et il doit continuer d’exhorter à régler le différend d’une manière juste et définitive.

Une juste et durable ne pourra être instaurée au Moyen-Orient que lorsque l’occupation illégale israélienne cessera et que le peuple palestinien pourra exercer ses droits légitimes.

D'autre part, la paix ne sera instaurée que lorsque les territoires arabes occupés en juin 1967 seront restitués ; que les agressions israéliennes contre le peuple libanais cesseront ; que le retour des réfugiés palestiniens sera garanti ; et que les illégaux établissements israéliens seront éliminés.

Pour conclure, honorables ministres, je tiens à ratifier l’engagement inébranlable du peuple et du gouvernement de Cuba à lutter en faveur des droits inaliénables du peuple palestinien et de tous les peuples arabes et à réitérer notre ferme conviction que plus tôt que tard l’établissement d’un État de Palestine souverain et indépendant, avec Jérusalem-Est comme sa capitale, sera une réalité.

Notre peuple, soumis pendant plus de 45 ans à un blocus génocide imposé par le gouvernement des États-Unis, est convaincu qu’aucun mur, qu’aucun encerclement ou qu’aucune répression, aussi violente soit-elle, ne pourra briser la soif d’indépendance et de justice du peuple palestinien.

Je vous remercie

(Cubanoal) 13-09-2006


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