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Compañeros qui
président aux débats;
Délégués au
festival ;
Compañeras et
compañeros ;
Jeunes
vénézuéliens, hôtes de cette merveilleuse fête ;
Compatriotes
cubains qui représentent dignement la jeunesse de
notre pays au festival :
C’est avec le
regret de n’être seulement qu’invités et de ne
plus pouvoir être délégués, que nous avons suivis
avec une grande attention, à Cuba et dans les
autres pays, le déroulement de cette manifestation
qui approfondi et renforce la tradition de la
célébration des festivals mondiaux, au cours
desquels les étudiants du monde entier, la
jeunesse progressiste et révolutionnaire,
débattent des problèmes du monde et des voies à
prendre pour trouver des solutions.
Nous sommes
particulièrement fiers de pouvoir assister à ce
festival qui se tient dans la patrie des
libertadores, dans la patrie de Bolivar, dans la
patrie du commandant Hugo Chávez, sur la terre
d’un peuple auquel l’Amérique latine doit de
s’être libéré du colonialisme ; le peuple qui a
traversé les Andes, qui a livré des batailles dans
toute notre Amérique afin de mettre au monde un
bouquet de républiques indépendantes, mais non
encore unies, comme cela était le rêve du
Libertador et de José Martí.
Le débat auquel
nous avons été invités a pour thème « L’Amérique
latine ouvre le débat, la stratégie de la lutte
anti-impérialiste ». Sur cette question, nous
voulons vous vous faire part, modestement, de
certains points de vue, d’une approche qui a pour
but d’inciter à la réflexion les participants,
jeunes dans leur immense majorité, qui nous
accompagnent aujourd’hui.
Nous aimerions
approfondir huit idées clés :
Première idée. Comme le disait, il ya quelques
jours, le compañero Fidel à la délégation cubaine
qui se préparait à assister au festival, nous
croyons que l’Amérique latine est aujourd’hui le
théâtre décisif de l’affrontement contre
l’impérialisme au niveau mondial.
Cela n’a pas
toujours été le cas. Mais aujourd’hui, bien que
les forces révolutionnaires, progressistes et
démocratiques combattent l’impérialisme dans le
monde entier, c’est en Amérique latine, en raison
de la conjoncture historique, de l’addition d’un
ensemble de particularités du moment et du destin
historique de notre région, que se produisent des
évènements qui ont des conséquences décisives dans
la lutte contre l’impérialisme au niveau mondial.
Pour autant, ce débat, auquel vous nous conviez,
est un débat qui est au cœur du présent et de
l’avenir, non seulement de l’Amérique latine mais
du monde entier.
Ceci étant dit,
j’aimerais préciser un point. Nous croyons que la
lutte contre l’impérialisme n’est pas la lutte
contre le peuple des Etats-Unis, victime également
des politiques impérialistes et allié potentiel de
la lutte contre l’impérialisme au niveau mondial.
Dans le public
il doit y avoir des jeunes des Etats-Unis, qui
représentent le meilleur de la jeunesse de ce pays
et ils ne doivent penser en aucun cas que nos
paroles, nécessairement dures et franches, visent
à culpabiliser ou à responsabiliser le peuple des
Etats-Unis.
Souvenons-nous
que c’est le peuple des Etats-Unis qui, à plus de
80%, s’est prononcé en faveur du retour de
l’enfant Elian González à Cuba. Sans son soutient,
l’enfant n’aurait pas pu retrouver sa famille, son
père, Juan Miguel González, qui se trouve
aujourd’hui parmi nous.
Souvenons-nous
tout particulièrement que plus de 90% de la
population des Etats-Unis a soutenu la bataille
livrée par notre peuple, ainsi que par toutes les
personnes de bonne volonté dans le monde, en
faveur du retour de l’enfant Elian González à
Cuba.
Malgré la
campagne de tergiversation, malgré tous les
mensonges dont ont fait l’objet nos cinq jeunes
héros, combattants anti-terroristes, le peuple des
Etats-Unis, tous les américains honnêtes qui
connaissent l’infâme sort qui leur a été réservé
jusqu’à présent, se sont joints à la lutte pour le
retour de ces cinq jeunes dans leur patrie. Et
c’est aujourd’hui l’occasion pour moi de remercier
non seulement tous ceux qui sont présents ici,
mais également, et tout particulièrement, le
peuple et la jeunesse des Etats-Unis.
C’est pourquoi
nous croyons que la lutte contre l’impérialisme
est la lutte contre le gouvernement impérial des
Etats-Unis et contre ses alliés dans le monde,
parce que le gouvernement des Etats-Unis est le
leader des forces réactionnaires qui agissent dans
nos pays, des foyers réactionnaires,
oligarchiques, alliés de l’impérialisme et qui ont
besoin de sa puissance militaire et de son
agressivité pour maintenir leurs privilèges. Il
est également le leader de tous les secteurs qui,
au niveau mondial, tirent profit de l’ordre actuel
imposé à nos peuples et dans lequel règnent
l’exclusion, l’exploitation et l’oppression. C’est
ma première considération.
De notre point
de vue, l’Amérique latine est le théâtre
d’évènements décisifs dans le combat contre
l’impérialisme. Le festival a lieu au cœur de ce
combat et nous croyons que ce dernier n’est pas
mené contre le peuple des Etats-Unis mais contre
le gouvernement réactionnaire qui a tenté
d’imposer au monde une dictature fasciste, a
déclenché des guerres de rapine, a menti, a
occulté la vérité et a utilisé son immense pouvoir
pour imposer ses intérêts au autres peuples, pour
imposer une véritable dictature.
La deuxième idée
que j’aimerais développer ici est la suivante :
nous ne pouvons pas faire preuve d’ingénuité et
croire que la lutte anti-impérialiste en Amérique
latine est facile ou qu’elle réclame peu
d’efforts. Nous devons reconnaître, et les jeunes
en particulier doivent reconnaître, car dans
quelques années ils assumeront davantage de
responsabilités dans cette lutte, que
l’impérialisme des Etats-Unis est parvenu à
construire, pendant plus d’un siècle, un système
de domination en l’Amérique latine, surtout après
la disparition de l’Union soviétique, après la
disparition du camp socialiste et après l’énorme
vague réactionnaire qui a balayé les idées
progressistes et de gauche. La lutte
anti-impérialiste en Amérique latine ne peut se
faire aujourd’hui qu’en démantelant et en mettant
fin au système de domination qui existe déjà, qui
ne doit pas lutter pour s’implanter mais qui l’est
déjà.
Quelle est la
situation dont héritent les jeunes qui sont ici
aujourd’hui et les millions de jeunes qui vivent
dans notre région ?
Tout d’abord, l’impérialisme est parvenu à imposer
dans cette région un système politique qui a
valeur de dogme et qui s’est traduit au Venezuela
par le pacte de Punto Fino. Un système politique
conçu pour assurer uniquement l’alternance au
pouvoir des divers groupes issus de l’oligarchie
locale, un système politique corrompu et
corrupteur, fondé sur l’argent et sur le mensonge,
sur l’achat des votes, sur l’utilisation de
l’argent pour décider du résultat et dans lequel
de très nombreuses personnes ne sont pas inscrites
sur les listes électorales.
Des millions de
latino-américains ne sont pas inscrits sur les
listes électorales, donc ne peuvent pas légalement
voter. Au Venezuela, avant le référendum, 5
millions de personnes ont reçu leur carte
électorale. En Bolivie, plus de la moitié de la
population en âge de voter n’est inscrite sur
aucune liste, n’a pas de carte électorale et dans
des pays où devraient voter 7 millions de
personnes seulement 2 millions peuvent le faire et
dans d’autres où devraient voter 15 millions de
personnes seulement 4 millions le font.
Un système dans
lequel les élus n’ont aucun compte à rendre aux
électeurs. Enfin, un système politique qui ne
répond pas aux besoins de la majorité, qui ne
répond pas aux besoins du peuple, qui ne se base
pas sur le principe selon lequel il ne peut y
avoir de démocratie s’il n’y a pas de justice
sociale et s’il n’y a pas d’égalité des chances ;
qui n’est ni juste ni égalitaire, bien que les
principes de justice et d’égalité soient énoncés
dans la Constitution et dans les lois, car, en
réalité, l’accès aux droits, à commencer par le
droit à l’éducation, n’est pas assuré ; un système
politique qui se désintéresse totalement des
presque 50 millions de latino-américains
analphabètes et des centaines de millions de
latino-américains qui sont illettrés.
Pou autant,
l’impérialisme a réussi à implanter un système
politique qui sert sa domination car il divise les
sociétés, les fragmente et empêche les peuples
d’agir selon leur volonté.
Bien sûr, au
milieu de ce système et malgré ce système, les
forces populaires ont triomphé au Venezuela menées
par le président Hugo Chávez dont le charisme, la
capacité à conduire le peuple, à être un leader,
ne font aucun doute. Mais nous ne devons pas
accepter ce système politique dogmatique imposé,
ce système où règnent les apparences, qui est
fondé sur la division de la société en classes et
sur l’exclusion et qui est conçu pour favoriser
une minorité privilégiée, dépendante et qui défend
les intérêts des Etats-Unis.
Second élément
de ce système de domination : l’impérialisme est
parvenu à implanter un ensemble d’institutions et
d’outils légaux qui assurent son contrôle et lui
permettent d’exclure ceux qui ne respectent pas
les règles du jeu. L’Organisation des Etats
Américains, la Charte Démocratique
Interaméricaine, la Zone de libre-échange des
Amériques, les pratiques par lesquelles le
gouvernement des Etats-Unis atteste de la « bonne
conduite » de certains gouvernements d’Amérique
latine ou nie à d’autres, dans le but de les
punir, l’accès à des financements ou à des aides,
la soi-disant coopération dans le domaine de la
lutte contre le terrorisme et le trafic de
drogues, sont des instruments qui lui permettent
d’assurer sa domination, qui permettent aux
Etats-Unis d’imposer leurs intérêts. Nous ne
devons pas sous-estimer la capacité de
l’impérialisme dans notre région à s’opposer à
notre lutte.
Troisième
élément de ce système de domination : le fait que
l’Amérique latine soit hautement dépendante
économiquement des Etats-Unis.
Les Etats-Unis
réalisent 56% du total des investissements en
Amérique latine, 43% des importations des pays
d’Amérique latine proviennent des Etats-Unis, 55%
des exportations des pays d’Amérique latine se
font vers les Etats-Unis. Il existe donc un haut
niveau de dépendance économique ainsi que des
outils pour refuser à un pays l’accès à un marché,
l’accord d’un crédit, la réalisation d’un
investissement ; outils qui sont utilisés pour
faire pression sur les gouvernements qui se
laissent faire.
Bien sûr, il y a
la Révolution cubaine qui a été punie car elle a
refusé de se rendre, qui a résisté pendant 45 ans
et qui n’accepte pas les pressions. Cette
situation à conduit notre peuple à devoir résister
au blocus, aux agressions, aux attaques
terroristes, à plus de 600 plans d’assassinat de
Fidel, aux campagnes médiatiques financées par
l’empire.
La Révolution
bolivarienne résiste, a défait l’empire et ne se
soumet pas aux pressions que ce dernier lui fait
subir ; mais d’autres non pas pu faire la même
chose, ils ont cédé, ils n’ont pas pu résister à
la pression de l’empire, à ses mesures économiques
étant donnés les hauts niveaux de dépendance
existants.
En quatrième lieu- j’ai déjà signalé trois
éléments de ce système de domination yankee sur la
région- : le système politique implanté dans nos
pays qui nous fragmente, nous divise, empêche que
nous luttions, unis, en faveur des priorités
nationales.
J’ai déjà fait
référence aux outils du système interaméricain que
sont l’OEA, la ZLEA et la Charte Démocratique
Interaméricaine.
J’ai mentionné,
comme troisièmement élément, le haut niveau de
dépendance économique. Le quatrième élément qui
compose ce système de domination hégémonique de
l’impérialisme en Amérique latine est constitué
par le fait que les Etats-Unis sont parvenus, avec
succès, à empêcher, pendant plus de 100 ans, la
construction d’une authentique union
latino-américaine et de la Caraïbe.
Alors qu’en
Europe la construction de l’Union Européenne
avançait, alors qu’en Afrique, l’Union Africaine
réalisait des progrès, alors que dans le sud-est
asiatique, l’Organisation des pays du sud-est
asiatique faisait de même, en Amérique latine une
authentique intégration latino-américaine n’a pu
voir le jour car les Etats-Unis ont toujours
encouragé les guerres entre les pays, les conflits
frontaliers et les divisions pour faire échouer
ces tentatives d’union. Et nous, les
latino-américains et les habitants de la Caraïbe,
qui vivont dans 33 pays, membres des
Nations-Unies, qui rassemblent 550 millions
d’habitants et dont le Produit Interne Brut
équivaut à 2 millions de millions, nous ne sommes
toujours pas unis. Nous commençons à peine à faire
les premiers pas vers l’intégration et parfois ces
pas se font en à partant de la fausse idée selon
laquelle le libre commerce signifie l’intégration.
L’intégration
doit se baser les principes de l’Alternative
Bolivarienne pour les Amériques et doit être
défendue avec des paroles et des actes, comme le
fait le président Chávez.
Ces quatre
éléments démontrent que l’impérialisme a consolidé
un système de domination en Amérique latine ; mais
bon, alors, que faut-il faire ? Se mettre à
pleurer ? Non, se battre. Il ne doit pas y avoir
de place pour le découragement, il ne doit pas y
avoir de place pour le découragement !, parce que
– et c’est la quatrième idée que j’aimerais vous
transmettre- nous croyons qu’il existe des
possibilités et des facteurs positifs. Je vais
vous les mentionner.
Premièrement :
il existe une tradition révolutionnaire,
libératrice, une pensée anti-impérialiste, le
message des fondateurs de notre indépendance en
faveur de l’intégration, une pensée sociale
avancée en Amérique latine, vraiment, une des plus
riches au monde ; il existe une tradition, la
pensée de Bolivar, de José Marti, la pensée du Che
Guevara, l’action des mouvements progressistes de
gauche. Il existe une tradition, nous disposons de
sources auxquelles nous abreuver, de racines à
partir desquelles nous pouvons nous développer.
Nous ne sommes
pas, nous les peuples d’Amérique latine, des
peuples sans histoire, des peuples sans héros, des
peuples sans gloire passée. Nous sommes une
génération de latino-américains et d’habitants de
la Caraïbe issus d’une tradition glorieuse, qui se
réincarne, s’actualise et nous encourage à mener
les combats d’aujourd’hui.
C’est le premier
facteur : nous ne sommes pas des peuples condamnés
à ne pas pouvoir réaliser le rêve historique et
l’objectif des fondateurs.
Deuxièmement :
nous avons de notre côté le fait que l’Amérique
latine doit faire face à la pire crise économique
et sociale de son histoire et cette crise
entretient un esprit de rébellion chez les
peuples, contribue à leur faire prendre
conscience, à rendre plus forte et active la
mobilisation populaire et, alors que la crise est
terrible, qu’elle touche des centaines de millions
de latino-américains, elle encourage, dans le même
temps, la rébellion, l’esprit de mobilisation,
elle encourage les peuples à descendre dans la rue
pour défendre leurs droits, pour défendre l’idée
qu’un autre monde meilleur est possible et ceci
constitue une chance pour la lutte
anti-impérialiste en Amérique latine.
Quelle est la
situation en Amérique latine ? Je sais
parfaitement que cette réunion et que ce festival
ne se tiennent pas dans l’objectif de décrire la
situation mais de débattre des moyens qu’il faut
mettre en œuvre pour la transformer, pour la
changer, pour battre nos adversaires, pour mettre
fin à l’apathie, pour mobiliser, pour croire que
nous pouvons y parvenir, pour croire que l’on peut
conquérir un monde meilleur pour nos enfants. Mais
il faut évoquer brièvement la situation qui existe
en Amérique latine. La pauvreté ne diminue pas, au
contraire, elle augmente. Presque la moitié de la
population latino-américaine-224 millions, d’après
la CEPAL- vit en dessous du seuil de pauvreté ; 96
millions de latino-américains vivent dans
l’indigence. Vous savez que toutes ces
statistiques sont conservatrices et que la réalité
est toujours plus grave que ne le disent les
chiffres.
La moitié de la
population latino-américaine gagne sa vie en
exerçant un emploi informel, sans syndicat, sans
protection sociale, sans sécurité sociale, sans
aucun type de garantie en matière de travail ; la
moitié. Chaque fois que 10 nouveaux emplois sont
créés en Amérique latine, sept d’entre eux le sont
dans le secteur informel de l’économie, où
l’exploitation est plus grande que dans le secteur
formel.
Quatre-vingt millions de latino-américains ne
disposent pas d’eau potable ; 127 millions de
latino-américains vivent dans des conditions
insalubres.
C’est la réalité
latino-américaine. L’Amérique latine est la région
du monde qui présente les plus fortes inégalités.
Les 10% les plus riches de la population reçoivent
40% du revenu total. La situation est pire que
lorsque le Che Guevara a sacrifié sa vie à la tête
d’un groupe d’hommes décidés à transformer cette
réalité. La situation est pire en ce qui concerne
les conditions de vie, l’exclusion, la pauvreté
mais elle s’est améliorée en ce qui concerne
l’état d’esprit et l’engagement des nouvelles
générations de latino-américains de continuer à
brandir ce drapeau, de continuer à lutter pour
transformer cette réalité et c’est à cela que
contribue ce festival, que vous organisez avec
sérieux et enthousiasme.
La dette externe
constitue un des principaux outils que le pouvoir
impérial utilise en Amérique latine. Nous fêtons
ces jours-ci le 20ème anniversaire du début de la
lutte menée par Fidel contre la dette externe.
En 1985, alors
que le Festival Mondial de la Jeunesse se tenait à
Moscou, dans une Union soviétique dont personne ne
pensait qu’elle allait disparaître un jour, dans
le contexte d’un monde bipolaire qui, bien sûr,
présentait des problèmes, connaissait des
difficultés – mais le monde d’aujourd’hui est pire
que celui d’hier, c’est un monde unipolaire dominé
par une seule superpuissance avec toute son
pouvoir militaire, technologique, économique et
médiatique- pendant le festival, donc, avaient
lieu à La Havane des réunions journalières au
cours desquelles Fidel appelait à prendre
conscience que cette dette était impayable.
Que c’est-il
passé au cours de ces 20 dernières années ? En
août 1985, lorsqu’à La Havane, Fidel affirmait que
la dette externe était un mécanisme d’expoliation,
la dette des 33 pays d’Amérique latine et de la
Caraïbe s’élevait à 300.000 millions de dollars.
Maintenant elle est 780.000 millions, c'est-à-dire
plus du double qu’alors et au cours de toutes ces
années le montant qui était du initialement a été
payé plus de 6 fois : 1,8 millions de millions,
presque 2 millions de millions de dollars ont été
payés. Comment est-il possible de payer presque 6
fois le montant que l’on doit et de devoir, au
bout de 20 ans, le double de ce que l’on devait au
départ ? A cause de ce mécanisme infernal.
Pourquoi la
pauvreté existe-t-elle en Amérique latine ?
Pourquoi n’y a-t-il pas d’écoles ? Pourquoi n’y
a-t-il pas d’eau potable ? Pourquoi n’y a-t-il pas
de logement ? Pourquoi n’y a-t-il pas de travail
digne ? Pourquoi le droit à l’alimentation
n’est-il pas reconnu ? Pourquoi les soins médicaux
gratuits et universels n’existent-ils pas ?
Pourquoi la majorité de la population
latino-américaine n’a-t-elle pas droit à une vie
digne ?
En Amérique
latine, près de 40 enfants pour mille nés vivants
meurent avant l’âge de cinq ans. Quelle honte !
Mais, en plus, beaucoup d’enfants meurent sans
être enregistrés et même sans savoir leur nom. Il
y a plus de 50 millions de personnes analphabètes,
nous l’avons déjà dit. Voilà la crise, et la crise
entraîne aujourd’hui plus de mobilisation
populaire, plus de résistance sociale, plus
d’organisation, plus de lutte et, par conséquent,
devient d’une certaine façon en encouragement à la
lutte contre l’impérialisme et sa domination dans
la région.
Voilà un
deuxième facteur. Le premier, comme je l’avais
dit, c’est notre tradition historique, notre
pensée révolutionnaire, anti-impérialiste ; le
deuxième, c’est la situation actuelle.
La troisième
opportunité, un élément positif que nous
constatons, c’est la crise de crédibilité du
néo-libéralisme. Même les défenseurs acharnés du
néo-libéralisme en Amérique latine ne le défendent
plus ; ceux qui disaient que l’Etat était un
obstacle, que ce qu’il fallait faire c’était de
privatiser même les parcs et les cimetières ; ceux
qui ont privatisé et vendu les entreprises
publiques qui étaient le résultat de l’effort et
du sacrifice de plusieurs générations, qui étaient
le patrimoine du peuple, et les ont vendu en
réalisant des opérations frauduleuses et en
acceptant des pots-de-vin ; même ceux qui ont
défendu l’idée d’après laquelle l’Etat ne devait
pas s’occuper de l’éducation, ni de la santé, ni
de l’égalité, ceux qui disaient que les lois
sauvages du marché devaient régner, ne le disent
plus, se cachent et n’ont pas le courage de
défendre leurs idées en public.
Le
néo-libéralisme est en crise dans le débat
théorique, dans la vie quotidienne des peuples ;
les néolibéraux doivent dire qu’ils ne vont pas
être néolibéraux -même si après ils le sont, quand
ils sont au gouvernement— pour occulter la vérité
aux masses.
Les peuples
d’Amérique latine et les forces de gauche ont
dépassé le moment initial de stupeur logique et
d’embarras dans lequel ils se sont trouvés après
la désintégration de l’Union soviétique et la
disparition de la communauté socialiste, quand les
porte-parole impériaux ont proclamé la fin de
l’histoire, quand ils ont dit que le socialisme
était mort, que sa durée de vie n’était que de 70
ans, et que continuer la discussion sur ce thème
n’avait plus de sens ; quand ils ont proclamé que
le capitalisme, l’impérialisme, le néo-libéralisme
étaient la fin de l’histoire.
Ces moments
appartiennent au passé. 14 ans seulement après la
proclamation par l’impérialisme de sa victoire,
les peuples luttent une fois de plus, nous luttons
une fois de plus, avec plus d’optimisme et plus
d’espoir que jamais dans la victoire, et la
Révolution cubaine est toujours là, se proclame
toujours socialiste, et n’a pas renoncé à ses
principes.
Il y a ici
aujourd’hui des jeunes de Chine, du Vietnam, du
Laos, de la Corée, dont les pays construisent le
socialisme, avec leurs particularités, leurs
caractéristiques, et défendent le drapeau du
socialisme. Aujourd’hui, le Président Chavez nous
invite à discuter, à construire et à défendre le
socialisme du XXIème siècle. Les drapeaux ondoient
une fois de plus.
On pourrait
répéter aux fossoyeurs du socialisme qui ont
proclamé leur victoire quand nous avons vu avec
douleur la désintégration de l’Union soviétique,
quand nous avons vu les évènements tragiques qui
ont conduit le monde jusqu’ici ; à ceux qui ont
proclamé la victoire, nous ont condamné à mort et
ont dit qu’il ne nous restait que quelques jours,
nous pourrions leur répéter la phrase qui dit que
« les morts que vous avez enterrés sont en bonne
santé », et nous sommes ici pour défendre nous
idées et pour défendre le choix du socialisme.
Il y a donc une
crise profonde de crédibilité du néo-libéralisme
qui devient une opportunité pour notre lutte.
J’ai dit trois
choses positives : la tradition historique de
notre pensée, la crise profonde existante en
Amérique latine, la crise du néo-libéralisme en
tant que doctrine.
Quatrièmement,
je crois que la résistance de la Révolution
cubaine est une opportunité et un élément positif
; c’est le cas aussi de la consolidation
victorieuse et du renforcement de la Révolution
bolivarienne ; de la naissance de forces
populaires et de partis de gauche ayant des
perspectives de réussite dans plusieurs pays de
l’Amérique latine ; de la capacité renouvelée de
mobilisation des peuples de l’Amérique latine qui
ont renversé des gouvernements marqués par leur
corruption, néolibéraux et traîtres, dans notre
région.
Un cinquième
élément positif, à notre avis, c’est le
traditionnel sens d’indépendance des pays de la
Caraïbe. 14 de ces pays intègrent la Communauté de
la Caraïbe, le CARICOM, qui est représentée par
quelques délégués qui sont ici parmi nous. Des
pays petits mais qui ont un grand sens de la
dignité nationale, un grand sens de
l’indépendance, qui n’ont jamais attaqué le
Venezuela bolivarien ou la Cuba socialiste, qui
ont affronté les tentatives impériales même à
l’OEA. Ce sentiment d’indépendance des pays de la
Caraïbe et l’existence d’un nouveau rapport de
forces en Amérique latine, avec le triomphe de
gouvernements progressistes et de gauche dans
plusieurs pays, a changé le rapport de forces dans
la région. Nous en avons pour preuve le fait que
les Etats-Unis n’ont pas pu imposer récemment
leurs intérêts, même dans des forums où ils
dominent tels que l’OEA, où ils n’ont pas pu
imposer une condamnation à Cuba l’année dernière
et n’ont pas pu imposer cette année leurs
manœuvres contre la Révolution bolivarienne.
Le rapport de
forces a changé, les anciens alliés néolibéraux de
l’impérialisme sont en déroute, des forces
nouvelles et de nouveaux leaderships surgissent au
milieu d’une vague de mobilisation populaire et de
résistance aux effets de la crise et du
renforcement du néolibéralisme dans la région.
Ce sont cinq
aspects que nous considérons positifs et qui font
contrepoids aux éléments négatifs dont j’ai parlé
ci-dessus. A mon avis, ils constituent des
éléments en faveur de la lutte anti-impérialiste.
Or, la lutte
est-elle viable ? Peut-on vaincre l’impérialisme
au niveau mondial ? Oui, s’il est vaincu dans
notre région. Est-il possible de le faire ? Oui,
c’est possible. C’est facile ? Non, ce n’est pas
facile, mais c’est possible.
Oui, c’est
possible ! C’est possible si nous essayons tous
ensemble, si nous nous unissons, si nous luttons
avec désintéressement et honnêteté pour ces
objectifs qui vont vraiment au-delà de tous les
autres objectifs poursuivis par notre génération.
Quatrième idée
clé. La lutte contre l’impérialisme dans le
domaine des idées est particulièrement décisive.
La bataille des idées et le succès dans le domaine
des idées doivent être à la base de la
mobilisation populaire et de l’activisme
politique. Or, les idées n’impliquent pas la
répétition d’un mot d’ordre vide, mais l’analyse
pour arriver à la vérité et contribuer à la
répandre.
A notre avis,
quels sont les éléments pour faire un programme de
lutte contre l’impérialisme ? Je vais mentionner
quelques uns d’entre eux.
Premièrement,
nous croyons qu’il faut mettre en cause, dans le
débat des idées, le capitalisme comme système et
le culte de l’individualisme, de la société de
consommation et de l’égoïsme en tant que méthodes
pour encourager et faire agir les êtres humains.
Il n’est pas possible d’essayer de détruire
l’impérialisme en acceptant le capitalisme comme
système.
Il faut
revendiquer le socialisme comme système, adapté,
évidement, aux conditions, aux caractéristiques de
chaque pays, sans le copier, sans le répéter de
façon mimétique, avec création en fonction des
conditions de chaque pays.
Il faut
revendiquer les principes de solidarité, de
coopération, comme expression d’un nouveau type de
relations à l’intérieur des nations et entre les
nations. L’idée que les hommes ne sont motivés que
par des sentiments d’égoïsme, par un désir de
consommation, va à l’encontre de notre vision
selon laquelle les hommes sont motivés par des
sentiments beaucoup plus altruistes.
Ce n’est pour
gagner de l’argent que 350 mille Cubains sont
allés volontairement en Afrique dans le but de
mettre fin à l’apartheid. Ils y sont allées parce
qu’ils croyaient aux idées.
Il y a des
exemples qui prouvent que le chemin à suivre c’est
celui de la solidarité et de la coopération.
Des centaines de
milliers d’habitants de l’Amérique latine et de la
Caraïbe qui conserveront ou récupéreront leur
vision –la vue, quelque chose de si important—au
cours des 12 prochains mois, grâce à la Mission
Miracle, sont la preuve des potentialités de
l’intégration basé sur les principes de l’ALBA ;
une intégration solidaire, basé sur les principes
de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques.
Des principes proclamés par le Président Chavez.
Voilà le chemin à suivre, le chemin de la
coopération.
Notre pays l’a
également prouvé, de façon modeste, et peut-être
je ne devrais pas citer cet exemple, mais c’est
quelque chose de si noble que je ne peux pas le
passer sous silence. 43 mille jeunes de 120 pays
se sont diplômés à Cuba au cours de plus de quatre
décennies. En ce moment, presque 17 mille jeunes
de plus de 100 pays étudient en qualité de
boursiers dans notre pays.
Le pays agressé,
victime d’un blocus, harcelé, a des dizaines de
milliers de ses citoyens qui travaillent dans
d’autres pays. Et l’empire, qui peut lancer une
attaque nucléaire, ne peut pas envoyer 20 mille
médecins ailleurs pour sauver des vies. Les hommes
doivent agir sur la base d’autres principes.
Par conséquent,
pour quoi devons-nous lutter ? Premièrement, il
faut remettre en cause le capitalisme en tant que
système. Il faut remettre en question, dans le
débat d’idées, le principe selon lequel c’est
l’égoïsme qui motive les gens. Il n’est pas
possible, je le répète, d’affronter et de vaincre
l’impérialisme si l’on croit que le capitalisme
est le système qu’il faut adopter.
Il faut
comprendre, bien sûr, que la construction du
socialisme est un processus historique, qu’il ne
s’agit pas de signer un document du jour au
lendemain ; ce n’est pas un dogme, ce n’est pas un
corset : c’est un objectif.
Deuxièmement
–c’est notre opinion respectueuse, je vais
exprimer maintenant notre opinion, de façon
respectueuse, bien sûr, des points de vue
différents et ouverts au débat--, nous croyons
qu’il faut remettre en cause la démocratie
bourgeoise et le pluripartisme comme modèle
dogmatique, comme l’unique modèle de démocratie
qui existe.
Nous croyons, et
je vais le dire clairement :
• Qu’il ne peut
pas y avoir de démocratie sans justice sociale.
• Qu’il n’y a pas de liberté possible sans accès à
l’éducation et à la culture.
• Qu’une personne analphabète n’est pas vraiment
libre.
• Qu’il n’y a pas de vrais droits humains sans
égalité et sans équité.
• Que les pauvres et les riches n’auront jamais
les mêmes droits dans la vie réelle, même si ces
droits sont proclamés…
Bon, le
vice-président de la République bolivarienne du
Venezuela vient de nous rejoindre.
Vient de nous
rejoindre José-Vicente Rangel, vice-président de
la République bolivarienne du Venezuela, un jeune
combattant pour la justice et contre
l’impérialisme depuis des décennies.
José-Vicente,
nous t’accueillons en tant que maître, mais aussi
en tant que jeune camarade de combat, et nous
t’exprimons notre fierté de partager ces journées
avec le Président Chavez et avec toi.
Je crois que
pour les hommes et les femmes de ta génération, le
festival est d’une certaine manière une récompense
et un hommage à ceux qui sont tombées et ne sont
pas là aujourd’hui, à ceux qui ont lutté avec vous
et n’ont pas pu vivre ce moment.
Je disais que
dans le débat des idées, dans la lutte contre
l’impérialisme, il faut proclamer avec courage que
les pauvres et les riches n’auront jamais les
mêmes droits dans la vie réelle, même si ces
droits ont été proclamés et reconnus, et figurent
sur un papier. Qu’il ne peut pas y avoir de
démocratie s’il n’y a pas de justice sociale.
Qu’il ne peut pas y avoir de liberté si ce n’est
pas sur la base de l’accès à la culture et à
l’éducation. Aux Etats-Unis, être élu comme
sénateur coûte au moins 8 millions de dollars.
Est-ce qu’un
pauvre qui est au chômage, sans abri ; est-ce que
l’un de ces 40 millions de nord-américains qui
n’ont même pas d’accès aux services de santé peut
devenir sénateur ? D’après la Constitution et les
lois, oui, il le peut, d’après le papier, oui ;
mais, dans la vie réelle, il ne peut pas.
Est-ce qu’une
personne pauvre et analphabète d’Amérique latine
peut devenir député dans un parlement d’Amérique
latine ? Non.
Uniquement avec
le triomphe de la révolution, uniquement avec le
triomphe d’un processus populaire mettant enfin la
destinée du pays entre les mains de ceux qui ont
toujours été exclus, comme ici dans le Venezuela
bolivarien.
Les pauvres ont
maintenant, au Venezuela, des possibilités réelles
; mais, les avaient-ils dans la démocratie du
Pacte de Punto Fijo ?
Est-ce qu’ils
peuvent prendre part à la destinée de leur pays
dans les sociétés où la moitié des personnes ne
sont pas inscrites sur les listes électorales, et
où seulement la moitié des personnes inscrites
participe aux élections, c'est-à-dire, à peine 20%
de la population ? Ce n’est pas possible, parce
qu’il faut de l’argent, parce qu’il faut avoir à
son service la machine électorale et bénéficier de
privilèges qui ne sont pas à la portée des
majorités pauvres.
Troisièmement,
nous croyons qu’il faut revendiquer le droit des
peuples à leur libre détermination, il faut
défendre le droit de chaque peuple de choisir son
système politique, ses institutions, ses lois.
Il faut
proclamer l’idée qu’il n’existe pas un modèle
unique, un dogme, et que chaque peuple a le droit,
qui lui est accordé par le Droit international et
la Charte des Nations unies, d’exercer sa libre
détermination.
Personne ne peut
venir de l’extérieur pour juger ce que nous
faisons dans notre pays, personne ne peut venir de
l’extérieur pour proclamer dans mon pays ce qui
incombe exclusivement aux citoyens de mon pays.
C’est le principe que nous avons défendu à Cuba,
et nous ne nous sommes pas rendus, nous n’avons
pas accepté des pressions, nous avons affronté les
campagnes de mensonges et, pour être politiquement
corrects, nous n’avons pas fait des changements
apparents pour nous adapter aux règles du jeu que
l’empire veut nous imposer.
Nous défendons
notre droit, de la même façon que nous défendons
celui des autres, mais nous ne disons pas que
notre modèle est le modèle à suivre. Nous avons le
notre, celui que nous avons conçu, qui est le
fruit d’un processus historique authentique,
démocratique, pour lequel ont donné leur vie les
meilleurs enfants de notre peuple, et c’est celui
qui nous a permis d’affronter l’agression féroce
de l’empire. Nous ne l’exportons pas, mais nous
réclamons et nous revendiquons le droit de chaque
peuple à choisir son système.
Quatrièmement,
nous devons récupérer les drapeaux de la
démocratie et des droits de l’homme.
L’impérialisme s’est emparé d’eux de façon
hypocrite et en a fait des armes contre les
peuples. Pour atteindre cet objectif, il a fait
appel aux medias sous son contrôle et à sa
capacité de faire pression sur les autres pays.
Il faut le dire
clairement : l’impérialisme est la plus importante
force antidémocratique et violatrice des droits de
l’homme du monde.
Nous devons
rappeler que l’impérialisme viole ses propres
règles, et par contre, les impose aux autres s’ils
l’estime convenable.
Rappelons que
l’impérialisme a organisé le coup d’Etat contre le
Président Allende, qui avait été élu selon les
règles du système.
Rappelons qu’il
n’a pas invoqué la Charte démocratique
interaméricaine lors du coup d’Etat contre la
Révolution bolivarienne ; il n’a rien dit, il
attendu pour voir s’il pouvait triompher et si ces
forces-là se consolidaient, qui ont été balayées
par la suite grâce à la mobilisation du peuple
bolivarien.
Il ne faut pas
être naïf et accepter les règles du jeu de
l’impérialisme, parce qu’il les viole. C’est pour
quoi il a soutenu, organisé, financé et armé les
dictatures militaires en Amérique latine, qui ont
fait disparaître et ont assassiné des centaines de
milliers de latino-américains.
L’impérialisme
ne se trompe jamais quand il identifie son ennemi
et l’attaque, et nous ne devons pas nous tromper
jamais et, comme disait le Che, on ne peut pas lui
donner la moindre opportunité. Par conséquent, la
revendication du droit des peuples à leur libre
détermination constitue aujourd’hui un élément
essentiel de la bataille contre l’impérialisme en
Amérique latine dans le domaine des idées.
Cinquièmement,
il faut faire face au néo-libéralisme et à
l’unipolarisme. Il faut défendre la démocratie non
pas seulement à l’intérieur des pays, mais
également dans les relations entre les pays ; il
faut défendre la démocratisation des relations
internationales.
Nous sommes
témoins aujourd’hui de la tentative d’imposer une
dictature au niveau planétaire avec la menace
d’agression de 60 pays ou plus que le Président
Bush a qualifié « des coins obscurs du monde ».
L’actuel ordre
mondial empêche plus de 130 pays de se développer,
indépendamment de ce que ces pays fassent pour se
développer.
Un système
économique basé sur l’exploitation de nos pays,
basé sur un commerce où nous achetons de plus en
plus cher ce que nous devons acheter et vendons de
moins en moins cher ce que nous devons vendre ; un
système de commerce international injuste, où nos
pays n’ont pas d’accès aux marchés, aux
technologies, aux flux financiers, où les
institutions internationales imposent des règles
aux pauvres qu’elles n’imposent pas aux pays
riches et développés. Dans ce système, nos pays ne
peuvent pas se développer. Il faut défendre la
nécessité de démocratiser les relations
internationales. Il faut revendiquer une
intégration de l’Amérique latine et de la Caraïbe
autochtone, une alternative au modèle de
subordination établi par les Etats-Unis.
Il faut
reconnaître la nécessité –comme l’a proclamé le
Président Chavez—de construire, maintenant ou
jamais, une union de l’Amérique latine et la
Caraïbe authentique, où commencent à apparaître
avec succès des institutions telles que
l’Alternative bolivarienne pour les Amériques,
Petroamérica, Petroandina, Petrocaribe, des
embryons d’une future intégration authentique de
l’Amérique latine et de la Caraïbe.
Maintenant, une
cinquième idée. Dans le domaine de la lutte
politique et de la mobilisation populaire, nous
croyons que la première priorité de la lutte
anti-impérialiste aujourd’hui en Amérique latine
c’est la défense de la Révolution bolivarienne,
qui est un patrimoine stratégique de tous ceux qui
en Amérique latine luttent contre l’impérialisme
et pour un monde meilleur.
La défaite de la
Révolution bolivarienne signifierait cent ans de
retard dans nos luttes, la région de l’Amérique
latine et de la Caraïbe serait dans uns situation
extrêmement dangereuse si l’impérialisme
envahissait le Venezuela bolivarien, mais l’empire
à l’affût, accumule des forces, élabore des plans,
alimente des ambitions dans le but de renverser la
Révolution bolivarienne.
La Révolution
bolivarienne est aujourd’hui un des nos triomphes
et elle sert de tremplin pour continuer à
développer la lutte en Amérique latine. Sa défense
est actuellement la priorité principale de toutes
les forces démocratiques, révolutionnaires,
progressistes, de gauche et anti-impérialistes
d’Amérique latine et du monde.
Nous le disons en exprimant notre reconnaissance
la plus profonde et en sachant la grande valeur
qu’a la solidarité internationale parce que,
pendant des décennies, et surtout au cours des
quinze dernières années, la Révolution cubaine,
n’a pu se nourrir que de la foi et de la passion
de ses fils, de la solidarité des peuples et des
forces progressistes du monde.
Nous sommes reconnaissants de la solidarité reçue
dans notre lutte ; mais nous sommes convaincus que
maintenant –et nous continuerons de résister
jusqu’à la défaite du blocus et de la subversion
contre Cuba–, le Festival doit être une tribune
pour lancer l’appel le plus fervent à redoubler
d’efforts solidaires envers la Révolution
bolivarienne, le peuple noble et généreux du
Venezuela, le président Hugo Chavez, le
gouvernement bolivarien qu’il préside et l’œuvre
transformatrice et créative qu’ils ont entrepris
dans ce pays. C’est la priorité principale.
En deuxième lieu, il est également prioritaire de
développer l’Alternative bolivarienne pour les
Amériques et de de faire échouer la ZLEA et de
toutes les autres formules qui sont, en quelque
sorte, la ZLEA dissimulée, fabriquée comme un
casse-tête, par morceaux : les traités de libre
échange que les Etats-Unis ont imposés
progressivement à d’autres pays et qui lui
permettent de construire un réseau qui remplace
d’une manière ou d’une autre la ZLEA qu’ils n’ont
pas réussi à imposer.
Il faut s’opposer aux mécanismes de domination
impériale dans la région. Voilà la troisième
priorité. Il faut faire exploser en morceaux
l’OEA. Pourquoi faut-il accepter que l’OEA soit le
forum d’intégration de l’Amérique latine et la
Caraïbe ?
Il faut créer une organisation latino-américaine
et caribéenne d’Etats. Cuba ferait partie de cette
organisation qui serait indépendante, qui ne
serait pas manipulée par les Etats-Unis. Mais il
faut dire que c’est vrai que l’OEA actuelle est
aussi un territoire de confrontation et un espace
de lutte –comme je le disais tout-à-l’heure– ; ce
n’est pas la même OEA qui a accepté docilement
d’écarter Cuba au début des années soixante. C’est
l’OEA où, l’autre jour, le gouvernement des
Etats-Unis n’a pas pu imposer ses desseins
ténébreux contre la Révolution bolivarienne et ses
mécanismes de contrôle. Mais, de toute façon, elle
n’est pas l’organisation que Bolivar voulait créer
au Congrès des députés. Ce n’est pas la
concrétisation du rêve de Bolivar et Marti. C’est
l’Amérique de Monroe ; ce n’est pas l’Amérique de
Bolivar et Marti. Et l’OEA ne pourra jamais être
le forum que les Latino-américains et les
Caribéens accepteront comme mécanisme
d’intégration et de discussion de leurs problèmes.
Il faut s’opposer à la Charte Démocratique
Interaméricaine, un instrument d’ingérence et
d’intervention qui n’a pas été cependant invoquée
lors du coup d’Etat contre la Révolution
bolivarienne.
La quatrième priorité est de s’opposer aux bases
militaires nord-américaines en Amérique latine et
dans la Caraïbe. Il faut dénoncer et combattre les
plans d’agression de l’empire.
Contre qui sont dirigés actuellement les plans
militaires des Etats-Unis dans la région ? Contre
qui combattent les soldats latino-américains ?
Contre qui sont élaborés des plans ? Qui est
l’ennemi ? Contre qui se préparent les soldats ?
Contre qui sont créées de nouvelles bases ? Ce
sont des plans dirigés contre la Révolution
bolivarienne, contre Cuba, contre tout pays qui
ose défier le pouvoir de l’empire et léser ses
intérêts. Voilà la vérité qui est ici, au cœur de
cette discussion.
En cinquième lieu, il faut réclamer l’abolition de
la dette extérieure que nous avons payée déjà six
fois au cours des 20 dernières années. Il faut
réclamer notre droit à recevoir des conditions
favorables de financement.
D’où provient l’argent utilisé pour attaquer nos
pays ? Annuellement, les dépenses militaires
représentent un million de millions de dollars
dont 500 000 millions sont dépensés seulement par
les Etats-Unis. Un million de millions est dépensé
en publicité commerciale. 300 000 millions sont
dépensés pour subventionner les productions
agricoles des pays riches. Ils nous font payer des
tarifs douaniers qui s’élèvent à 100 000 millions
de dollars annuellement pour permettre que nos
produits aient accès à leurs marchés. Voilà où va
l’argent, et l’argent qui s’enfuit à cause d’un
système financier international chaotique qui a
transformé l’économie et les finances
internationales en un casino. Voilà où va
l’argent. Les pays développés doivent honorer
leurs engagements, qui étaient déjà assez bas et
modestes, contractés auprès de l’aide officielle
au développement. Il y a de l’argent. Ce sont les
riches qui l’ont, qui le gaspillent, qui le
dilapident dans un excès de consumérisme, 1
milliard de personnes dans le monde sont
analphabètes, 900 millions sont affamées et 2
milliards de personnes savent pas ce qu’est
l’électricité.
Oui, il y a de l’argent. Ce qui manque c’est la
volonté politique pour permettre à nos pauvres
d’accéder à une vie convenable et digne.
Il faut revendiquer la souveraineté de nos peuples
sur les ressources naturelles. Il faut défendre
notre droit à une utilisation durable de ces
ressources, qui respecte et protège
l’environnement, face au gaspillage et à la
spoliation des multinationales. Voilà la sixième
priorité.
Pourquoi faut-il accepter, si un gouvernement
progressiste arrive au pouvoir, une privatisation
frauduleuse réalisée un gouvernement antérieur ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas récupérer la richesse
du peuple ? La Révolution bolivarienne vient
d’augmenter les impôts des sociétés. C’est son
droit légitime. Elle a établi le contrôle de
l’Etat sur l’utilisation des ressources. Les
ressources naturelles sont le patrimoine des
peuples.
Ils menacent de punir celui qui oserait réviser un
pacte précédent, bien qu’il lèse les intérêts du
pays. Selon ce critère, nous devrions accepter la
base navale nord-américaine de Guantanamo, parce
qu’un gouvernement cubain, menotté, sans volonté,
fantoche, a accepté de signer un papier au
gouvernement des Etats-Unis. Le gouvernement des
Etats-Unis nous envoie encore, chaque année, le
chèque de 4 000 dollars pour payer les 117
kilomètres carrés qu’il occupe. Evidemment, nous
ne l’acceptons pas et nous le mettons dans un
tiroir jusqu’au jour où nous récupérerons notre
territoire et hisserons notre drapeau là-bas.
Lutter aujourd’hui contre l’impérialisme en
Amérique consiste à dénoncer clairement la
responsabilité des Etats-Unis, qui consomme le
quart du carburant utilisé dans le monde. Les
Etats-Unis consomment un des quatre barils
consommés chaque jour dans le monde. Et il faut
dire que les Etats-Unis et le Nord qui gaspillent
tellement, sont les responsables de la hausse des
prix du pétrole.
Il faut leur dire la vérité. Il ne faut pas
accepter leur discours démagogique et, d’autre
part, il faut travailler afin d’élaborer des
alternatives d’approvisionnement en énergie pour
nos pays et, de cette manière, leur permettre de
supporter la situation actuelle. C’est pour cela
qu’il faut soutenir Petroamerica, Petroandina,
Petrocaribe, une initiative généreuse, sans
équivalente dans l’histoire mondiale, parce que
c’est combattre aujourd’hui l’impérialisme sur le
terrain des idées et de la lutte politique.
Il faut s’opposer à la mise en œuvre des
programmes du Fonds monétaire international. Les
peuples ont le droit à se rebeller contre les
programmes qui leur apportent plus de misère, plus
d’exclusion, plus de faim, plus de chômage. La
mobilisation populaire et la lutte contre les
programmes d’ajustement du Fonds monétaire
international sont légitimes.
Sixième idée : nous devons lutter pour faire
connaître notre vérité et c’est quelque chose de
primordial.
Fidel a consacré il y a quelques jours, une bonne
partie de sa rencontre avec les jeunes cubains qui
venaient à Caracas à débattre sur ce thème. Il
leur disait qu’il fallait chercher constamment la
vérité et la divulguer parce que l’ennemi a volé
la vérité, a présenté les faits de la manière qui
lui convient. Il faut aider les peuples à trouver
la vérité pour qu’ils puissent se libérer du joug.
Il faut livrer et gagner, disait Fidel, la
bataille de la vérité. Il faut lutter contre le
pouvoir médiatique de l’impérialisme ; il faut le
faire avec créativité, ténacité, passion, en étant
convaincu que nous avons raison. Et en ce sens, la
création de Telesur est fondamentale, de même que
l’apparition de sites alternatifs tels que
Rebelión et d’autres sites qui constituent des
espaces nouveaux où peut s’exprimer la voix des
peuples.
Or, et c’est la septième idée : en quoi consiste
la lutte anti-impérialiste qui se livre
aujourd’hui en Amérique latine? C’est la lutte des
forces révolutionnaires et progressistes afin
d’obtenir le pouvoir. Il faut arriver au pouvoir,
et c’est au pouvoir que l’on peut réellement
lancer l’œuvre de transformation ultérieure. Il ne
s’agit pas de se fixer comme but d’arriver au
pouvoir. On arrive au pouvoir pour en faire un
instrument de transformation révolutionnaire, un
instrument destiné à provoquer le changement
profond dont ont besoin les sociétés de l’Amérique
latine. Et la lutte anti-impérialiste est aussi,
au cas où l’on ne serait pas encore arrivé au
pouvoir, la lutte et la mobilisation populaire
contre les guerres de pillage, contre le
néolibéralisme, contre l’exploitation.
Si nous échouons dans la tentative d’arriver au
pouvoir, cela ne veut pas dire que nous allons
renoncer à la lutte. C’est la mobilisation
constante, les forces nouvelles qu’on trouve, les
leçons tirées des revers ce qui nous motiveront à
recommencer et à recommence toujours.
Mais il faut préciser que c’est au pouvoir que le
peuple peut faire ce qu’il fait maintenant au
Venezuela, ce que la Révolution cubaine a fait.
C’est le peuple au pouvoir qui donne la terre aux
paysans, qui fait la réforme agraire, qui apprend
à la personne analphabète à lire, qui accorde
l’accès à l’éducation et à la santé, qui protège
et proclame les droits de la femme et des enfants.
L’objectif est que le peuple arrive au pouvoir et
non le pouvoir comme but, comme une fin en soi.
C’est arriver au pouvoir pour le transformer en
instrument de changement et de transformation,
parce que si détenir le pouvoir devient un but et
non un moyen pour développer la lutte en faveur
des peuples, on court le risque de négocier avec
l’empire en échange de rester au pouvoir, de céder
dans les programmes, de céder dans les objectifs à
atteindre, de renoncer aux idées qu’on défendait
auparavant afin de se maintenir au pouvoir.
Il faut arriver au pouvoir et, avec le soutien du
peuple, commencer la transformation, qui devra
faire face inévitablement à l’empire et ses
alliés, mais engendrera un soutien plus grand du
peuple.
C’est ce qui est arrivé au Venezuela, un processus
authentique de transformation populaire,
révolutionnaire et démocratique. Mais il faut
savoir que la mise en œuvre de ce programme en
faveur des intérêts nationaux entraînera, sans
aucun doute, la confrontation avec la réaction de
l’empire et ses alliés.
Parlons
maintenant des voies pour arriver au pouvoir. Les
élections peuvent-elles être une voie ? Oui, nous
le reconnaissons, si les conditions, comme c’est
arrivé au Venezuela, le permettent. Ce que nous
n’acceptons pas est l’idée selon laquelle les
peuples peuvent seulement suivre la voie des
élections dans leur lutte pour arriver au pouvoir.
Et dans ce sens, la Révolution cubaine revendique
le droit des peuples à toutes les formes de lutte
révolutionnaire et à la mobilisation populaire
contre le néolibéralisme, contre l’exploitation et
le sous-développement.
Nous le disons
avec l’autorité d’un peuple qui a fait une
révolution armée, un peuple qui, avec moins de 300
guérilleros, a défait, lors d’une offensive
militaire, une armée de 10 000 hommes, soutenus et
armés par les Etats-Unis. Et, à la fin d’une
guerre intense, alors que des combats avaient lieu
tous les jours, les 80 000 soldats de la tyrannie
sanglante, soutenue par les Etats-Unis n’ont pas
pu vaincre l’Armée rebelle, qui comptait moins de
5 000 combattants mais bénéficiait du soutien
populaire.
Voilà notre
expérience. Nous ne l’exportons pas, nous
n’appelons pas à l’imiter, nous comprenons les
changements survenus sur la scène mondiale ; mais
nous revendiquons le droit de chaque peuple à
utiliser toute forme de lutte pour arriver au
pouvoir, de même que l’ennemi utilise tous les
moyens à sa portée pour renverser les
gouvernements démocratiques qui ne se subordonnent
pas à eux, pour faire face à la lutte des peuples
pour la démocratie et le développement.
Par conséquent,
l’arrivée du peuple au pouvoir entraîne un défi :
il faut briser le système hégémonique de
domination impériale. Autrement, on termine par
négocier avec lui ou par être vaincu. On ne peut
pas faire une révolution sans léser les intérêts
des structures oligarchiques nationales qui sont
les alliées de l’impérialisme et qui en ont besoin
pour garantir leurs privilèges.
Un processus
révolutionnaire anti-impérialiste se heurtera
inévitablement à l’impérialisme ; l’impérialisme
n’abandonne pas son pouvoir pacifiquement. C’est
pour cela que je me rappelle de Che qui disait : «
On ne peut pas lui donner la moindre opportunité »
C’est la leçon que nous avons apprise.
C‘est pour cela
que la Révolution bolivarienne est d’autant plus
légitime pour son peuple quand elle se prépare
pour se défendre et engendre davantage de soutien
et d’engagement chez le peuple qui a déjà savouré
le miel de la victoire et de ce que signifie
gouverner et diriger avec indépendance l’avenir
d’un pays.
Maintenant, la
huitième idée : nous croyons qu’au niveau mondial
il s’avère indispensable de défendre le droit des
peuples à la paix, mais à une paix digne et
accompagnée de la justice. La Révolution cubaine
ne considère pas que l’on obtienne la paix en
enlevant aux peuples le droit d’utiliser les armes
pour défendre leur autodétermination ou pour se
défendre de l’agression. Notre préparation pour
nous défendre d’une agression est qualifiée de
terrorisme, et un jour, on va appeler terrorisme
l’emploi que fera le peuple vénézuélien des armes
pour défendre sa Patrie.
Nous
revendiquons et soutenons votre droit à armer
votre peuple : un peuple armé, uni et vigilant ne
pourra jamais être vaincu !
Enfin, il
faudrait se demander, si nous poursuivons une
chimère. Est-ce que ce sont de folles idées, des
idées de fous qui rêvent sans comprendre qu’il
n’est pas possible de transformer la réalité ?
Nous croyons que non, et nous le croyons à partir
de la conviction d’avoir vu que des rêves qui
semblaient impossible ont été réalisés et
dépassés.
Il semblait
impossible de vaincre la puissante et brave armée
espagnole en Amérique latine, et les llaneros
vénézuéliens sous les ordres de Bolivar, les
peuples de notre Amérique, l’ont fait.
Il semblait
qu’il était impossible d’arriver à Cuba dans le
yacht de loisirs Granma, d’une capacité de 17
voyageurs. Et pourtant, 82 hommes armés l’ont
fait.
Il semblait
qu’il était impossible de vaincre à Cuba l’armée
soutenue par les Etats-Unis, et elle a été
vaincue.
Il semblait
impossible que la Révolution cubaine se maintienne
après la disparition de l’Union soviétique, qui
nous avait permis de nous protéger du blocus et de
l’agression, et nous voici plus optimistes, plus
sûrs et plus forts que jamais.
Il semblait
impossible et lointaine la possibilité pour un
jeune homme comme Chavez, un ancien militaire, qui
avait conduit un soulèvement révolutionnaire
d’officiers honnêtes et engagés comme lui un 4
février, ici, au Venezuela, qui est arrivé à Cuba
après deux ans de prison, d’être le leader d’une
révolution triomphante, le leader d’un processus
d’intégration de l’Amérique latine et de la
Caraïbe.
Il semblait
qu’il était impossible d’alphabétiser au Venezuela
un million et demi de personnes analphabètes, et
aujourd’hui elles savent lire et écrire, et
beaucoup d’entre elles continuent à suivre des
cours pour terminer l’enseignement primaire.
Il semblait
qu’il était impossible de vaincre l’apartheid,
dont le système avait une armée puissante soutenue
par les Etats-Unis et les plus importantes
puissances occidentales, et là-bas, à 10 mille
kilomètres de notre patrie, des dizaines de
milliers de combattants cubains –à un moment donné
il y en avait 55 mille—avec des soldats angolais
et guérilleros namibiens ont permis la victoire de
Cuito Cuanavale, l’avancée par le sud-ouest
d’Angola, et le régime de l’apartheid a dû
s’asseoir pour négocier, a dû conclure un pacte
acceptant sa défaite, et l’Angola a été préservée,
et la Namibie a été libre et indépendante. Il doit
y avoir ici des délégués namibiens qui savent que
le sang de nos combattants n’a pas coulé en vain,
qu’ils ont pu un jour hisser leur drapeau. Et
Mandela a été libéré alors tout indiquait qu’il
allait mourir en prison.
Il semblait
impossible que l’enfant Elian Gonzalez
retournerait un jour à Cuba, et il y est retourné.
Il semblait impossible que nos cinq jeunes héros
retourneraient dans notre patrie, et nous pensons
qu’ils y retourneront un jour et peut-être les
inviterez-vous un jour au Festival Mondial de la
Jeunesse.
Nous croyons
donc que ce sont des chimères qu’on ne peut pas
atteindre, des rêves impossibles. Nos rêves
d’aujourd’hui seront les réalités de demain si
nous luttons, si nous avons l’état d’esprit, la
conviction, le dévouement, l’engagement ; si nous
reconnaissons que l’heure de la lutte est arrivée,
l’heure de marcher unis comme l’argent dans les
racines des Andes, comme disait José Marti. Si
nous le faisons, nous remporterons la victoire,
nous créerons en Amérique latine et dans la
Caraïbe une confédération de peuples libres et
unis qui jouera un rôle dans la construction d’un
monde meilleur.
Aujourd’hui, la
Révolution bolivarienne éclaire ce chemin ; la
Révolution cubaine reste un bastion de résistance
et de dignité.
Je peux vous
assurer ici, au nom de notre peuple, qui dans
notre petite île rêve, combat, crée et travaille
chaque jour, que notre résistance ne sera pas
vaincue, que la Révolution cubaine ne pourra pas
être vaincue.
L’impérialisme
fonde sa victoire sur l’idée que lorsque la
génération qui a fait la Révolution conduite par
Fidel ne sera plus là, lorsque Fidel ne sera plus
là, lorsque Raúl, le deuxième chef de la
Révolution, ne sera plus là, lorsque les hommes et
les femmes qui ont rendu possible ce qui semblait
un miracle ne seront plus là, les nouvelles
générations n’auront pas la force, n’auront pas la
conviction et la passion de leurs parents pour
défendre la Révolution. Mais la présence au
Venezuela de quelques milliers de nos jeunes, qui
sont nés quand la Révolution était déjà faite et
avait été protégée des premières attaques et qui
sont ici aujourd’hui en tant que médecins
internationalistes, entraîneurs sportifs,
professeurs et qui font preuve des valeurs que
cette Révolution nous a inculquées.
Lorsque nous
voyons les jeunes vénézuéliens descendre dans les
rues, lorsque nous voyons les jeunes garçons et
les jeunes filles du Venezuela descendre dans les
rues, solidaires, lorsqu’ils accueillent le
meilleur de la jeunesse mondiale, cela nous
renforce dans notre conviction d’avoir raison, que
nous allons la faire valoir et que la construction
d’un monde meilleur est possible.
Jusqu’à la
victoire toujours !
Nous vaincrons !
(Minrex)
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