Discours du Ministre des
Affaires Étrangères
Felipe Pérez Roque

 

  

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 Conférence donnée par le ministre des Affaires étrangères de Cuba, M. Felipe Pérez Roque, au théâtre Teresa Carreño. République bolivarienne du Venezuela, le 11 août 2005, « Année de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques »

Compañeros qui président aux débats;

Délégués au festival ;

Compañeras et compañeros ;

Jeunes vénézuéliens, hôtes de cette merveilleuse fête ;

Compatriotes cubains qui représentent dignement la jeunesse de notre pays au festival :

C’est avec le regret de n’être seulement qu’invités et de ne plus pouvoir être délégués, que nous avons suivis avec une grande attention, à Cuba et dans les autres pays, le déroulement de cette manifestation qui approfondi et renforce la tradition de la célébration des festivals mondiaux, au cours desquels les étudiants du monde entier, la jeunesse progressiste et révolutionnaire, débattent des problèmes du monde et des voies à prendre pour trouver des solutions.

Nous sommes particulièrement fiers de pouvoir assister à ce festival qui se tient dans la patrie des libertadores, dans la patrie de Bolivar, dans la patrie du commandant Hugo Chávez, sur la terre d’un peuple auquel l’Amérique latine doit de s’être libéré du colonialisme ; le peuple qui a traversé les Andes, qui a livré des batailles dans toute notre Amérique afin de mettre au monde un bouquet de républiques indépendantes, mais non encore unies, comme cela était le rêve du Libertador et de José Martí.

Le débat auquel nous avons été invités a pour thème « L’Amérique latine ouvre le débat, la stratégie de la lutte anti-impérialiste ». Sur cette question, nous voulons vous vous faire part, modestement, de certains points de vue, d’une approche qui a pour but d’inciter à la réflexion les participants, jeunes dans leur immense majorité, qui nous accompagnent aujourd’hui.

Nous aimerions approfondir huit idées clés :


Première idée. Comme le disait, il ya quelques jours, le compañero Fidel à la délégation cubaine qui se préparait à assister au festival, nous croyons que l’Amérique latine est aujourd’hui le théâtre décisif de l’affrontement contre l’impérialisme au niveau mondial.

Cela n’a pas toujours été le cas. Mais aujourd’hui, bien que les forces révolutionnaires, progressistes et démocratiques combattent l’impérialisme dans le monde entier, c’est en Amérique latine, en raison de la conjoncture historique, de l’addition d’un ensemble de particularités du moment et du destin historique de notre région, que se produisent des évènements qui ont des conséquences décisives dans la lutte contre l’impérialisme au niveau mondial. Pour autant, ce débat, auquel vous nous conviez, est un débat qui est au cœur du présent et de l’avenir, non seulement de l’Amérique latine mais du monde entier.

Ceci étant dit, j’aimerais préciser un point. Nous croyons que la lutte contre l’impérialisme n’est pas la lutte contre le peuple des Etats-Unis, victime également des politiques impérialistes et allié potentiel de la lutte contre l’impérialisme au niveau mondial.

Dans le public il doit y avoir des jeunes des Etats-Unis, qui représentent le meilleur de la jeunesse de ce pays et ils ne doivent penser en aucun cas que nos paroles, nécessairement dures et franches, visent à culpabiliser ou à responsabiliser le peuple des Etats-Unis.

Souvenons-nous que c’est le peuple des Etats-Unis qui, à plus de 80%, s’est prononcé en faveur du retour de l’enfant Elian González à Cuba. Sans son soutient, l’enfant n’aurait pas pu retrouver sa famille, son père, Juan Miguel González, qui se trouve aujourd’hui parmi nous.

Souvenons-nous tout particulièrement que plus de 90% de la population des Etats-Unis a soutenu la bataille livrée par notre peuple, ainsi que par toutes les personnes de bonne volonté dans le monde, en faveur du retour de l’enfant Elian González à Cuba.

Malgré la campagne de tergiversation, malgré tous les mensonges dont ont fait l’objet nos cinq jeunes héros, combattants anti-terroristes, le peuple des Etats-Unis, tous les américains honnêtes qui connaissent l’infâme sort qui leur a été réservé jusqu’à présent, se sont joints à la lutte pour le retour de ces cinq jeunes dans leur patrie. Et c’est aujourd’hui l’occasion pour moi de remercier non seulement tous ceux qui sont présents ici, mais également, et tout particulièrement, le peuple et la jeunesse des Etats-Unis.

C’est pourquoi nous croyons que la lutte contre l’impérialisme est la lutte contre le gouvernement impérial des Etats-Unis et contre ses alliés dans le monde, parce que le gouvernement des Etats-Unis est le leader des forces réactionnaires qui agissent dans nos pays, des foyers réactionnaires, oligarchiques, alliés de l’impérialisme et qui ont besoin de sa puissance militaire et de son agressivité pour maintenir leurs privilèges. Il est également le leader de tous les secteurs qui, au niveau mondial, tirent profit de l’ordre actuel imposé à nos peuples et dans lequel règnent l’exclusion, l’exploitation et l’oppression. C’est ma première considération.

De notre point de vue, l’Amérique latine est le théâtre d’évènements décisifs dans le combat contre l’impérialisme. Le festival a lieu au cœur de ce combat et nous croyons que ce dernier n’est pas mené contre le peuple des Etats-Unis mais contre le gouvernement réactionnaire qui a tenté d’imposer au monde une dictature fasciste, a déclenché des guerres de rapine, a menti, a occulté la vérité et a utilisé son immense pouvoir pour imposer ses intérêts au autres peuples, pour imposer une véritable dictature.

La deuxième idée que j’aimerais développer ici est la suivante : nous ne pouvons pas faire preuve d’ingénuité et croire que la lutte anti-impérialiste en Amérique latine est facile ou qu’elle réclame peu d’efforts. Nous devons reconnaître, et les jeunes en particulier doivent reconnaître, car dans quelques années ils assumeront davantage de responsabilités dans cette lutte, que l’impérialisme des Etats-Unis est parvenu à construire, pendant plus d’un siècle, un système de domination en l’Amérique latine, surtout après la disparition de l’Union soviétique, après la disparition du camp socialiste et après l’énorme vague réactionnaire qui a balayé les idées progressistes et de gauche. La lutte anti-impérialiste en Amérique latine ne peut se faire aujourd’hui qu’en démantelant et en mettant fin au système de domination qui existe déjà, qui ne doit pas lutter pour s’implanter mais qui l’est déjà.

Quelle est la situation dont héritent les jeunes qui sont ici aujourd’hui et les millions de jeunes qui vivent dans notre région ?

Tout d’abord, l’impérialisme est parvenu à imposer dans cette région un système politique qui a valeur de dogme et qui s’est traduit au Venezuela par le pacte de Punto Fino. Un système politique conçu pour assurer uniquement l’alternance au pouvoir des divers groupes issus de l’oligarchie locale, un système politique corrompu et corrupteur, fondé sur l’argent et sur le mensonge, sur l’achat des votes, sur l’utilisation de l’argent pour décider du résultat et dans lequel de très nombreuses personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales.

Des millions de latino-américains ne sont pas inscrits sur les listes électorales, donc ne peuvent pas légalement voter. Au Venezuela, avant le référendum, 5 millions de personnes ont reçu leur carte électorale. En Bolivie, plus de la moitié de la population en âge de voter n’est inscrite sur aucune liste, n’a pas de carte électorale et dans des pays où devraient voter 7 millions de personnes seulement 2 millions peuvent le faire et dans d’autres où devraient voter 15 millions de personnes seulement 4 millions le font.

Un système dans lequel les élus n’ont aucun compte à rendre aux électeurs. Enfin, un système politique qui ne répond pas aux besoins de la majorité, qui ne répond pas aux besoins du peuple, qui ne se base pas sur le principe selon lequel il ne peut y avoir de démocratie s’il n’y a pas de justice sociale et s’il n’y a pas d’égalité des chances ; qui n’est ni juste ni égalitaire, bien que les principes de justice et d’égalité soient énoncés dans la Constitution et dans les lois, car, en réalité, l’accès aux droits, à commencer par le droit à l’éducation, n’est pas assuré ; un système politique qui se désintéresse totalement des presque 50 millions de latino-américains analphabètes et des centaines de millions de latino-américains qui sont illettrés.

Pou autant, l’impérialisme a réussi à implanter un système politique qui sert sa domination car il divise les sociétés, les fragmente et empêche les peuples d’agir selon leur volonté.

Bien sûr, au milieu de ce système et malgré ce système, les forces populaires ont triomphé au Venezuela menées par le président Hugo Chávez dont le charisme, la capacité à conduire le peuple, à être un leader, ne font aucun doute. Mais nous ne devons pas accepter ce système politique dogmatique imposé, ce système où règnent les apparences, qui est fondé sur la division de la société en classes et sur l’exclusion et qui est conçu pour favoriser une minorité privilégiée, dépendante et qui défend les intérêts des Etats-Unis.

Second élément de ce système de domination : l’impérialisme est parvenu à implanter un ensemble d’institutions et d’outils légaux qui assurent son contrôle et lui permettent d’exclure ceux qui ne respectent pas les règles du jeu. L’Organisation des Etats Américains, la Charte Démocratique Interaméricaine, la Zone de libre-échange des Amériques, les pratiques par lesquelles le gouvernement des Etats-Unis atteste de la « bonne conduite » de certains gouvernements d’Amérique latine ou nie à d’autres, dans le but de les punir, l’accès à des financements ou à des aides, la soi-disant coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues, sont des instruments qui lui permettent d’assurer sa domination, qui permettent aux Etats-Unis d’imposer leurs intérêts. Nous ne devons pas sous-estimer la capacité de l’impérialisme dans notre région à s’opposer à notre lutte.

Troisième élément de ce système de domination : le fait que l’Amérique latine soit hautement dépendante économiquement des Etats-Unis.

Les Etats-Unis réalisent 56% du total des investissements en Amérique latine, 43% des importations des pays d’Amérique latine proviennent des Etats-Unis, 55% des exportations des pays d’Amérique latine se font vers les Etats-Unis. Il existe donc un haut niveau de dépendance économique ainsi que des outils pour refuser à un pays l’accès à un marché, l’accord d’un crédit, la réalisation d’un investissement ; outils qui sont utilisés pour faire pression sur les gouvernements qui se laissent faire.

Bien sûr, il y a la Révolution cubaine qui a été punie car elle a refusé de se rendre, qui a résisté pendant 45 ans et qui n’accepte pas les pressions. Cette situation à conduit notre peuple à devoir résister au blocus, aux agressions, aux attaques terroristes, à plus de 600 plans d’assassinat de Fidel, aux campagnes médiatiques financées par l’empire.

La Révolution bolivarienne résiste, a défait l’empire et ne se soumet pas aux pressions que ce dernier lui fait subir ; mais d’autres non pas pu faire la même chose, ils ont cédé, ils n’ont pas pu résister à la pression de l’empire, à ses mesures économiques étant donnés les hauts niveaux de dépendance existants.
En quatrième lieu- j’ai déjà signalé trois éléments de ce système de domination yankee sur la région- : le système politique implanté dans nos pays qui nous fragmente, nous divise, empêche que nous luttions, unis, en faveur des priorités nationales.

J’ai déjà fait référence aux outils du système interaméricain que sont l’OEA, la ZLEA et la Charte Démocratique Interaméricaine.

J’ai mentionné, comme troisièmement élément, le haut niveau de dépendance économique. Le quatrième élément qui compose ce système de domination hégémonique de l’impérialisme en Amérique latine est constitué par le fait que les Etats-Unis sont parvenus, avec succès, à empêcher, pendant plus de 100 ans, la construction d’une authentique union latino-américaine et de la Caraïbe.

Alors qu’en Europe la construction de l’Union Européenne avançait, alors qu’en Afrique, l’Union Africaine réalisait des progrès, alors que dans le sud-est asiatique, l’Organisation des pays du sud-est asiatique faisait de même, en Amérique latine une authentique intégration latino-américaine n’a pu voir le jour car les Etats-Unis ont toujours encouragé les guerres entre les pays, les conflits frontaliers et les divisions pour faire échouer ces tentatives d’union. Et nous, les latino-américains et les habitants de la Caraïbe, qui vivont dans 33 pays, membres des Nations-Unies, qui rassemblent 550 millions d’habitants et dont le Produit Interne Brut équivaut à 2 millions de millions, nous ne sommes toujours pas unis. Nous commençons à peine à faire les premiers pas vers l’intégration et parfois ces pas se font en à partant de la fausse idée selon laquelle le libre commerce signifie l’intégration.

L’intégration doit se baser les principes de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques et doit être défendue avec des paroles et des actes, comme le fait le président Chávez.

Ces quatre éléments démontrent que l’impérialisme a consolidé un système de domination en Amérique latine ; mais bon, alors, que faut-il faire ? Se mettre à pleurer ? Non, se battre. Il ne doit pas y avoir de place pour le découragement, il ne doit pas y avoir de place pour le découragement !, parce que – et c’est la quatrième idée que j’aimerais vous transmettre- nous croyons qu’il existe des possibilités et des facteurs positifs. Je vais vous les mentionner.

Premièrement : il existe une tradition révolutionnaire, libératrice, une pensée anti-impérialiste, le message des fondateurs de notre indépendance en faveur de l’intégration, une pensée sociale avancée en Amérique latine, vraiment, une des plus riches au monde ; il existe une tradition, la pensée de Bolivar, de José Marti, la pensée du Che Guevara, l’action des mouvements progressistes de gauche. Il existe une tradition, nous disposons de sources auxquelles nous abreuver, de racines à partir desquelles nous pouvons nous développer.

Nous ne sommes pas, nous les peuples d’Amérique latine, des peuples sans histoire, des peuples sans héros, des peuples sans gloire passée. Nous sommes une génération de latino-américains et d’habitants de la Caraïbe issus d’une tradition glorieuse, qui se réincarne, s’actualise et nous encourage à mener les combats d’aujourd’hui.

C’est le premier facteur : nous ne sommes pas des peuples condamnés à ne pas pouvoir réaliser le rêve historique et l’objectif des fondateurs.

Deuxièmement : nous avons de notre côté le fait que l’Amérique latine doit faire face à la pire crise économique et sociale de son histoire et cette crise entretient un esprit de rébellion chez les peuples, contribue à leur faire prendre conscience, à rendre plus forte et active la mobilisation populaire et, alors que la crise est terrible, qu’elle touche des centaines de millions de latino-américains, elle encourage, dans le même temps, la rébellion, l’esprit de mobilisation, elle encourage les peuples à descendre dans la rue pour défendre leurs droits, pour défendre l’idée qu’un autre monde meilleur est possible et ceci constitue une chance pour la lutte anti-impérialiste en Amérique latine.

Quelle est la situation en Amérique latine ? Je sais parfaitement que cette réunion et que ce festival ne se tiennent pas dans l’objectif de décrire la situation mais de débattre des moyens qu’il faut mettre en œuvre pour la transformer, pour la changer, pour battre nos adversaires, pour mettre fin à l’apathie, pour mobiliser, pour croire que nous pouvons y parvenir, pour croire que l’on peut conquérir un monde meilleur pour nos enfants. Mais il faut évoquer brièvement la situation qui existe en Amérique latine. La pauvreté ne diminue pas, au contraire, elle augmente. Presque la moitié de la population latino-américaine-224 millions, d’après la CEPAL- vit en dessous du seuil de pauvreté ; 96 millions de latino-américains vivent dans l’indigence. Vous savez que toutes ces statistiques sont conservatrices et que la réalité est toujours plus grave que ne le disent les chiffres.

La moitié de la population latino-américaine gagne sa vie en exerçant un emploi informel, sans syndicat, sans protection sociale, sans sécurité sociale, sans aucun type de garantie en matière de travail ; la moitié. Chaque fois que 10 nouveaux emplois sont créés en Amérique latine, sept d’entre eux le sont dans le secteur informel de l’économie, où l’exploitation est plus grande que dans le secteur formel.

Quatre-vingt millions de latino-américains ne disposent pas d’eau potable ; 127 millions de latino-américains vivent dans des conditions insalubres.

C’est la réalité latino-américaine. L’Amérique latine est la région du monde qui présente les plus fortes inégalités. Les 10% les plus riches de la population reçoivent 40% du revenu total. La situation est pire que lorsque le Che Guevara a sacrifié sa vie à la tête d’un groupe d’hommes décidés à transformer cette réalité. La situation est pire en ce qui concerne les conditions de vie, l’exclusion, la pauvreté mais elle s’est améliorée en ce qui concerne l’état d’esprit et l’engagement des nouvelles générations de latino-américains de continuer à brandir ce drapeau, de continuer à lutter pour transformer cette réalité et c’est à cela que contribue ce festival, que vous organisez avec sérieux et enthousiasme.

La dette externe constitue un des principaux outils que le pouvoir impérial utilise en Amérique latine. Nous fêtons ces jours-ci le 20ème anniversaire du début de la lutte menée par Fidel contre la dette externe.

En 1985, alors que le Festival Mondial de la Jeunesse se tenait à Moscou, dans une Union soviétique dont personne ne pensait qu’elle allait disparaître un jour, dans le contexte d’un monde bipolaire qui, bien sûr, présentait des problèmes, connaissait des difficultés – mais le monde d’aujourd’hui est pire que celui d’hier, c’est un monde unipolaire dominé par une seule superpuissance avec toute son pouvoir militaire, technologique, économique et médiatique- pendant le festival, donc, avaient lieu à La Havane des réunions journalières au cours desquelles Fidel appelait à prendre conscience que cette dette était impayable.

Que c’est-il passé au cours de ces 20 dernières années ? En août 1985, lorsqu’à La Havane, Fidel affirmait que la dette externe était un mécanisme d’expoliation, la dette des 33 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe s’élevait à 300.000 millions de dollars. Maintenant elle est 780.000 millions, c'est-à-dire plus du double qu’alors et au cours de toutes ces années le montant qui était du initialement a été payé plus de 6 fois : 1,8 millions de millions, presque 2 millions de millions de dollars ont été payés. Comment est-il possible de payer presque 6 fois le montant que l’on doit et de devoir, au bout de 20 ans, le double de ce que l’on devait au départ ? A cause de ce mécanisme infernal.

Pourquoi la pauvreté existe-t-elle en Amérique latine ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’écoles ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’eau potable ? Pourquoi n’y a-t-il pas de logement ? Pourquoi n’y a-t-il pas de travail digne ? Pourquoi le droit à l’alimentation n’est-il pas reconnu ? Pourquoi les soins médicaux gratuits et universels n’existent-ils pas ? Pourquoi la majorité de la population latino-américaine n’a-t-elle pas droit à une vie digne ?

En Amérique latine, près de 40 enfants pour mille nés vivants meurent avant l’âge de cinq ans. Quelle honte ! Mais, en plus, beaucoup d’enfants meurent sans être enregistrés et même sans savoir leur nom. Il y a plus de 50 millions de personnes analphabètes, nous l’avons déjà dit. Voilà la crise, et la crise entraîne aujourd’hui plus de mobilisation populaire, plus de résistance sociale, plus d’organisation, plus de lutte et, par conséquent, devient d’une certaine façon en encouragement à la lutte contre l’impérialisme et sa domination dans la région.

Voilà un deuxième facteur. Le premier, comme je l’avais dit, c’est notre tradition historique, notre pensée révolutionnaire, anti-impérialiste ; le deuxième, c’est la situation actuelle.

La troisième opportunité, un élément positif que nous constatons, c’est la crise de crédibilité du néo-libéralisme. Même les défenseurs acharnés du néo-libéralisme en Amérique latine ne le défendent plus ; ceux qui disaient que l’Etat était un obstacle, que ce qu’il fallait faire c’était de privatiser même les parcs et les cimetières ; ceux qui ont privatisé et vendu les entreprises publiques qui étaient le résultat de l’effort et du sacrifice de plusieurs générations, qui étaient le patrimoine du peuple, et les ont vendu en réalisant des opérations frauduleuses et en acceptant des pots-de-vin ; même ceux qui ont défendu l’idée d’après laquelle l’Etat ne devait pas s’occuper de l’éducation, ni de la santé, ni de l’égalité, ceux qui disaient que les lois sauvages du marché devaient régner, ne le disent plus, se cachent et n’ont pas le courage de défendre leurs idées en public.

Le néo-libéralisme est en crise dans le débat théorique, dans la vie quotidienne des peuples ; les néolibéraux doivent dire qu’ils ne vont pas être néolibéraux -même si après ils le sont, quand ils sont au gouvernement— pour occulter la vérité aux masses.

Les peuples d’Amérique latine et les forces de gauche ont dépassé le moment initial de stupeur logique et d’embarras dans lequel ils se sont trouvés après la désintégration de l’Union soviétique et la disparition de la communauté socialiste, quand les porte-parole impériaux ont proclamé la fin de l’histoire, quand ils ont dit que le socialisme était mort, que sa durée de vie n’était que de 70 ans, et que continuer la discussion sur ce thème n’avait plus de sens ; quand ils ont proclamé que le capitalisme, l’impérialisme, le néo-libéralisme étaient la fin de l’histoire.

Ces moments appartiennent au passé. 14 ans seulement après la proclamation par l’impérialisme de sa victoire, les peuples luttent une fois de plus, nous luttons une fois de plus, avec plus d’optimisme et plus d’espoir que jamais dans la victoire, et la Révolution cubaine est toujours là, se proclame toujours socialiste, et n’a pas renoncé à ses principes.

Il y a ici aujourd’hui des jeunes de Chine, du Vietnam, du Laos, de la Corée, dont les pays construisent le socialisme, avec leurs particularités, leurs caractéristiques, et défendent le drapeau du socialisme. Aujourd’hui, le Président Chavez nous invite à discuter, à construire et à défendre le socialisme du XXIème siècle. Les drapeaux ondoient une fois de plus.

On pourrait répéter aux fossoyeurs du socialisme qui ont proclamé leur victoire quand nous avons vu avec douleur la désintégration de l’Union soviétique, quand nous avons vu les évènements tragiques qui ont conduit le monde jusqu’ici ; à ceux qui ont proclamé la victoire, nous ont condamné à mort et ont dit qu’il ne nous restait que quelques jours, nous pourrions leur répéter la phrase qui dit que « les morts que vous avez enterrés sont en bonne santé », et nous sommes ici pour défendre nous idées et pour défendre le choix du socialisme.

Il y a donc une crise profonde de crédibilité du néo-libéralisme qui devient une opportunité pour notre lutte.

J’ai dit trois choses positives : la tradition historique de notre pensée, la crise profonde existante en Amérique latine, la crise du néo-libéralisme en tant que doctrine.

Quatrièmement, je crois que la résistance de la Révolution cubaine est une opportunité et un élément positif ; c’est le cas aussi de la consolidation victorieuse et du renforcement de la Révolution bolivarienne ; de la naissance de forces populaires et de partis de gauche ayant des perspectives de réussite dans plusieurs pays de l’Amérique latine ; de la capacité renouvelée de mobilisation des peuples de l’Amérique latine qui ont renversé des gouvernements marqués par leur corruption, néolibéraux et traîtres, dans notre région.

Un cinquième élément positif, à notre avis, c’est le traditionnel sens d’indépendance des pays de la Caraïbe. 14 de ces pays intègrent la Communauté de la Caraïbe, le CARICOM, qui est représentée par quelques délégués qui sont ici parmi nous. Des pays petits mais qui ont un grand sens de la dignité nationale, un grand sens de l’indépendance, qui n’ont jamais attaqué le Venezuela bolivarien ou la Cuba socialiste, qui ont affronté les tentatives impériales même à l’OEA. Ce sentiment d’indépendance des pays de la Caraïbe et l’existence d’un nouveau rapport de forces en Amérique latine, avec le triomphe de gouvernements progressistes et de gauche dans plusieurs pays, a changé le rapport de forces dans la région. Nous en avons pour preuve le fait que les Etats-Unis n’ont pas pu imposer récemment leurs intérêts, même dans des forums où ils dominent tels que l’OEA, où ils n’ont pas pu imposer une condamnation à Cuba l’année dernière et n’ont pas pu imposer cette année leurs manœuvres contre la Révolution bolivarienne.

Le rapport de forces a changé, les anciens alliés néolibéraux de l’impérialisme sont en déroute, des forces nouvelles et de nouveaux leaderships surgissent au milieu d’une vague de mobilisation populaire et de résistance aux effets de la crise et du renforcement du néolibéralisme dans la région.

Ce sont cinq aspects que nous considérons positifs et qui font contrepoids aux éléments négatifs dont j’ai parlé ci-dessus. A mon avis, ils constituent des éléments en faveur de la lutte anti-impérialiste.

Or, la lutte est-elle viable ? Peut-on vaincre l’impérialisme au niveau mondial ? Oui, s’il est vaincu dans notre région. Est-il possible de le faire ? Oui, c’est possible. C’est facile ? Non, ce n’est pas facile, mais c’est possible.

Oui, c’est possible ! C’est possible si nous essayons tous ensemble, si nous nous unissons, si nous luttons avec désintéressement et honnêteté pour ces objectifs qui vont vraiment au-delà de tous les autres objectifs poursuivis par notre génération.

Quatrième idée clé. La lutte contre l’impérialisme dans le domaine des idées est particulièrement décisive. La bataille des idées et le succès dans le domaine des idées doivent être à la base de la mobilisation populaire et de l’activisme politique. Or, les idées n’impliquent pas la répétition d’un mot d’ordre vide, mais l’analyse pour arriver à la vérité et contribuer à la répandre.

A notre avis, quels sont les éléments pour faire un programme de lutte contre l’impérialisme ? Je vais mentionner quelques uns d’entre eux.

Premièrement, nous croyons qu’il faut mettre en cause, dans le débat des idées, le capitalisme comme système et le culte de l’individualisme, de la société de consommation et de l’égoïsme en tant que méthodes pour encourager et faire agir les êtres humains. Il n’est pas possible d’essayer de détruire l’impérialisme en acceptant le capitalisme comme système.

Il faut revendiquer le socialisme comme système, adapté, évidement, aux conditions, aux caractéristiques de chaque pays, sans le copier, sans le répéter de façon mimétique, avec création en fonction des conditions de chaque pays.

Il faut revendiquer les principes de solidarité, de coopération, comme expression d’un nouveau type de relations à l’intérieur des nations et entre les nations. L’idée que les hommes ne sont motivés que par des sentiments d’égoïsme, par un désir de consommation, va à l’encontre de notre vision selon laquelle les hommes sont motivés par des sentiments beaucoup plus altruistes.

Ce n’est pour gagner de l’argent que 350 mille Cubains sont allés volontairement en Afrique dans le but de mettre fin à l’apartheid. Ils y sont allées parce qu’ils croyaient aux idées.

Il y a des exemples qui prouvent que le chemin à suivre c’est celui de la solidarité et de la coopération.

Des centaines de milliers d’habitants de l’Amérique latine et de la Caraïbe qui conserveront ou récupéreront leur vision –la vue, quelque chose de si important—au cours des 12 prochains mois, grâce à la Mission Miracle, sont la preuve des potentialités de l’intégration basé sur les principes de l’ALBA ; une intégration solidaire, basé sur les principes de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques. Des principes proclamés par le Président Chavez. Voilà le chemin à suivre, le chemin de la coopération.

Notre pays l’a également prouvé, de façon modeste, et peut-être je ne devrais pas citer cet exemple, mais c’est quelque chose de si noble que je ne peux pas le passer sous silence. 43 mille jeunes de 120 pays se sont diplômés à Cuba au cours de plus de quatre décennies. En ce moment, presque 17 mille jeunes de plus de 100 pays étudient en qualité de boursiers dans notre pays.

Le pays agressé, victime d’un blocus, harcelé, a des dizaines de milliers de ses citoyens qui travaillent dans d’autres pays. Et l’empire, qui peut lancer une attaque nucléaire, ne peut pas envoyer 20 mille médecins ailleurs pour sauver des vies. Les hommes doivent agir sur la base d’autres principes.

Par conséquent, pour quoi devons-nous lutter ? Premièrement, il faut remettre en cause le capitalisme en tant que système. Il faut remettre en question, dans le débat d’idées, le principe selon lequel c’est l’égoïsme qui motive les gens. Il n’est pas possible, je le répète, d’affronter et de vaincre l’impérialisme si l’on croit que le capitalisme est le système qu’il faut adopter.

Il faut comprendre, bien sûr, que la construction du socialisme est un processus historique, qu’il ne s’agit pas de signer un document du jour au lendemain ; ce n’est pas un dogme, ce n’est pas un corset : c’est un objectif.

Deuxièmement –c’est notre opinion respectueuse, je vais exprimer maintenant notre opinion, de façon respectueuse, bien sûr, des points de vue différents et ouverts au débat--, nous croyons qu’il faut remettre en cause la démocratie bourgeoise et le pluripartisme comme modèle dogmatique, comme l’unique modèle de démocratie qui existe.

Nous croyons, et je vais le dire clairement :

• Qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans justice sociale.
• Qu’il n’y a pas de liberté possible sans accès à l’éducation et à la culture.
• Qu’une personne analphabète n’est pas vraiment libre.
• Qu’il n’y a pas de vrais droits humains sans égalité et sans équité.
• Que les pauvres et les riches n’auront jamais les mêmes droits dans la vie réelle, même si ces droits sont proclamés…

Bon, le vice-président de la République bolivarienne du Venezuela vient de nous rejoindre.

Vient de nous rejoindre José-Vicente Rangel, vice-président de la République bolivarienne du Venezuela, un jeune combattant pour la justice et contre l’impérialisme depuis des décennies.

José-Vicente, nous t’accueillons en tant que maître, mais aussi en tant que jeune camarade de combat, et nous t’exprimons notre fierté de partager ces journées avec le Président Chavez et avec toi.

Je crois que pour les hommes et les femmes de ta génération, le festival est d’une certaine manière une récompense et un hommage à ceux qui sont tombées et ne sont pas là aujourd’hui, à ceux qui ont lutté avec vous et n’ont pas pu vivre ce moment.

Je disais que dans le débat des idées, dans la lutte contre l’impérialisme, il faut proclamer avec courage que les pauvres et les riches n’auront jamais les mêmes droits dans la vie réelle, même si ces droits ont été proclamés et reconnus, et figurent sur un papier. Qu’il ne peut pas y avoir de démocratie s’il n’y a pas de justice sociale. Qu’il ne peut pas y avoir de liberté si ce n’est pas sur la base de l’accès à la culture et à l’éducation. Aux Etats-Unis, être élu comme sénateur coûte au moins 8 millions de dollars.

Est-ce qu’un pauvre qui est au chômage, sans abri ; est-ce que l’un de ces 40 millions de nord-américains qui n’ont même pas d’accès aux services de santé peut devenir sénateur ? D’après la Constitution et les lois, oui, il le peut, d’après le papier, oui ; mais, dans la vie réelle, il ne peut pas.

Est-ce qu’une personne pauvre et analphabète d’Amérique latine peut devenir député dans un parlement d’Amérique latine ? Non.

Uniquement avec le triomphe de la révolution, uniquement avec le triomphe d’un processus populaire mettant enfin la destinée du pays entre les mains de ceux qui ont toujours été exclus, comme ici dans le Venezuela bolivarien.

Les pauvres ont maintenant, au Venezuela, des possibilités réelles ; mais, les avaient-ils dans la démocratie du Pacte de Punto Fijo ?

Est-ce qu’ils peuvent prendre part à la destinée de leur pays dans les sociétés où la moitié des personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales, et où seulement la moitié des personnes inscrites participe aux élections, c'est-à-dire, à peine 20% de la population ? Ce n’est pas possible, parce qu’il faut de l’argent, parce qu’il faut avoir à son service la machine électorale et bénéficier de privilèges qui ne sont pas à la portée des majorités pauvres.

Troisièmement, nous croyons qu’il faut revendiquer le droit des peuples à leur libre détermination, il faut défendre le droit de chaque peuple de choisir son système politique, ses institutions, ses lois.

Il faut proclamer l’idée qu’il n’existe pas un modèle unique, un dogme, et que chaque peuple a le droit, qui lui est accordé par le Droit international et la Charte des Nations unies, d’exercer sa libre détermination.

Personne ne peut venir de l’extérieur pour juger ce que nous faisons dans notre pays, personne ne peut venir de l’extérieur pour proclamer dans mon pays ce qui incombe exclusivement aux citoyens de mon pays. C’est le principe que nous avons défendu à Cuba, et nous ne nous sommes pas rendus, nous n’avons pas accepté des pressions, nous avons affronté les campagnes de mensonges et, pour être politiquement corrects, nous n’avons pas fait des changements apparents pour nous adapter aux règles du jeu que l’empire veut nous imposer.

Nous défendons notre droit, de la même façon que nous défendons celui des autres, mais nous ne disons pas que notre modèle est le modèle à suivre. Nous avons le notre, celui que nous avons conçu, qui est le fruit d’un processus historique authentique, démocratique, pour lequel ont donné leur vie les meilleurs enfants de notre peuple, et c’est celui qui nous a permis d’affronter l’agression féroce de l’empire. Nous ne l’exportons pas, mais nous réclamons et nous revendiquons le droit de chaque peuple à choisir son système.

Quatrièmement, nous devons récupérer les drapeaux de la démocratie et des droits de l’homme. L’impérialisme s’est emparé d’eux de façon hypocrite et en a fait des armes contre les peuples. Pour atteindre cet objectif, il a fait appel aux medias sous son contrôle et à sa capacité de faire pression sur les autres pays.

Il faut le dire clairement : l’impérialisme est la plus importante force antidémocratique et violatrice des droits de l’homme du monde.

Nous devons rappeler que l’impérialisme viole ses propres règles, et par contre, les impose aux autres s’ils l’estime convenable.

Rappelons que l’impérialisme a organisé le coup d’Etat contre le Président Allende, qui avait été élu selon les règles du système.

Rappelons qu’il n’a pas invoqué la Charte démocratique interaméricaine lors du coup d’Etat contre la Révolution bolivarienne ; il n’a rien dit, il attendu pour voir s’il pouvait triompher et si ces forces-là se consolidaient, qui ont été balayées par la suite grâce à la mobilisation du peuple bolivarien.

Il ne faut pas être naïf et accepter les règles du jeu de l’impérialisme, parce qu’il les viole. C’est pour quoi il a soutenu, organisé, financé et armé les dictatures militaires en Amérique latine, qui ont fait disparaître et ont assassiné des centaines de milliers de latino-américains.

L’impérialisme ne se trompe jamais quand il identifie son ennemi et l’attaque, et nous ne devons pas nous tromper jamais et, comme disait le Che, on ne peut pas lui donner la moindre opportunité. Par conséquent, la revendication du droit des peuples à leur libre détermination constitue aujourd’hui un élément essentiel de la bataille contre l’impérialisme en Amérique latine dans le domaine des idées.

Cinquièmement, il faut faire face au néo-libéralisme et à l’unipolarisme. Il faut défendre la démocratie non pas seulement à l’intérieur des pays, mais également dans les relations entre les pays ; il faut défendre la démocratisation des relations internationales.

Nous sommes témoins aujourd’hui de la tentative d’imposer une dictature au niveau planétaire avec la menace d’agression de 60 pays ou plus que le Président Bush a qualifié « des coins obscurs du monde ».

L’actuel ordre mondial empêche plus de 130 pays de se développer, indépendamment de ce que ces pays fassent pour se développer.

Un système économique basé sur l’exploitation de nos pays, basé sur un commerce où nous achetons de plus en plus cher ce que nous devons acheter et vendons de moins en moins cher ce que nous devons vendre ; un système de commerce international injuste, où nos pays n’ont pas d’accès aux marchés, aux technologies, aux flux financiers, où les institutions internationales imposent des règles aux pauvres qu’elles n’imposent pas aux pays riches et développés. Dans ce système, nos pays ne peuvent pas se développer. Il faut défendre la nécessité de démocratiser les relations internationales. Il faut revendiquer une intégration de l’Amérique latine et de la Caraïbe autochtone, une alternative au modèle de subordination établi par les Etats-Unis.

Il faut reconnaître la nécessité –comme l’a proclamé le Président Chavez—de construire, maintenant ou jamais, une union de l’Amérique latine et la Caraïbe authentique, où commencent à apparaître avec succès des institutions telles que l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, Petroamérica, Petroandina, Petrocaribe, des embryons d’une future intégration authentique de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

Maintenant, une cinquième idée. Dans le domaine de la lutte politique et de la mobilisation populaire, nous croyons que la première priorité de la lutte anti-impérialiste aujourd’hui en Amérique latine c’est la défense de la Révolution bolivarienne, qui est un patrimoine stratégique de tous ceux qui en Amérique latine luttent contre l’impérialisme et pour un monde meilleur.

La défaite de la Révolution bolivarienne signifierait cent ans de retard dans nos luttes, la région de l’Amérique latine et de la Caraïbe serait dans uns situation extrêmement dangereuse si l’impérialisme envahissait le Venezuela bolivarien, mais l’empire à l’affût, accumule des forces, élabore des plans, alimente des ambitions dans le but de renverser la Révolution bolivarienne.

La Révolution bolivarienne est aujourd’hui un des nos triomphes et elle sert de tremplin pour continuer à développer la lutte en Amérique latine. Sa défense est actuellement la priorité principale de toutes les forces démocratiques, révolutionnaires, progressistes, de gauche et anti-impérialistes d’Amérique latine et du monde.
Nous le disons en exprimant notre reconnaissance la plus profonde et en sachant la grande valeur qu’a la solidarité internationale parce que, pendant des décennies, et surtout au cours des quinze dernières années, la Révolution cubaine, n’a pu se nourrir que de la foi et de la passion de ses fils, de la solidarité des peuples et des forces progressistes du monde.
Nous sommes reconnaissants de la solidarité reçue dans notre lutte ; mais nous sommes convaincus que maintenant –et nous continuerons de résister jusqu’à la défaite du blocus et de la subversion contre Cuba–, le Festival doit être une tribune pour lancer l’appel le plus fervent à redoubler d’efforts solidaires envers la Révolution bolivarienne, le peuple noble et généreux du Venezuela, le président Hugo Chavez, le gouvernement bolivarien qu’il préside et l’œuvre transformatrice et créative qu’ils ont entrepris dans ce pays. C’est la priorité principale.
En deuxième lieu, il est également prioritaire de développer l’Alternative bolivarienne pour les Amériques et de de faire échouer la ZLEA et de toutes les autres formules qui sont, en quelque sorte, la ZLEA dissimulée, fabriquée comme un casse-tête, par morceaux : les traités de libre échange que les Etats-Unis ont imposés progressivement à d’autres pays et qui lui permettent de construire un réseau qui remplace d’une manière ou d’une autre la ZLEA qu’ils n’ont pas réussi à imposer.
Il faut s’opposer aux mécanismes de domination impériale dans la région. Voilà la troisième priorité. Il faut faire exploser en morceaux l’OEA. Pourquoi faut-il accepter que l’OEA soit le forum d’intégration de l’Amérique latine et la Caraïbe ?
Il faut créer une organisation latino-américaine et caribéenne d’Etats. Cuba ferait partie de cette organisation qui serait indépendante, qui ne serait pas manipulée par les Etats-Unis. Mais il faut dire que c’est vrai que l’OEA actuelle est aussi un territoire de confrontation et un espace de lutte –comme je le disais tout-à-l’heure– ; ce n’est pas la même OEA qui a accepté docilement d’écarter Cuba au début des années soixante. C’est l’OEA où, l’autre jour, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas pu imposer ses desseins ténébreux contre la Révolution bolivarienne et ses mécanismes de contrôle. Mais, de toute façon, elle n’est pas l’organisation que Bolivar voulait créer au Congrès des députés. Ce n’est pas la concrétisation du rêve de Bolivar et Marti. C’est l’Amérique de Monroe ; ce n’est pas l’Amérique de Bolivar et Marti. Et l’OEA ne pourra jamais être le forum que les Latino-américains et les Caribéens accepteront comme mécanisme d’intégration et de discussion de leurs problèmes.
Il faut s’opposer à la Charte Démocratique Interaméricaine, un instrument d’ingérence et d’intervention qui n’a pas été cependant invoquée lors du coup d’Etat contre la Révolution bolivarienne.
La quatrième priorité est de s’opposer aux bases militaires nord-américaines en Amérique latine et dans la Caraïbe. Il faut dénoncer et combattre les plans d’agression de l’empire.
Contre qui sont dirigés actuellement les plans militaires des Etats-Unis dans la région ? Contre qui combattent les soldats latino-américains ? Contre qui sont élaborés des plans ? Qui est l’ennemi ? Contre qui se préparent les soldats ? Contre qui sont créées de nouvelles bases ? Ce sont des plans dirigés contre la Révolution bolivarienne, contre Cuba, contre tout pays qui ose défier le pouvoir de l’empire et léser ses intérêts. Voilà la vérité qui est ici, au cœur de cette discussion.
En cinquième lieu, il faut réclamer l’abolition de la dette extérieure que nous avons payée déjà six fois au cours des 20 dernières années. Il faut réclamer notre droit à recevoir des conditions favorables de financement.
D’où provient l’argent utilisé pour attaquer nos pays ? Annuellement, les dépenses militaires représentent un million de millions de dollars dont 500 000 millions sont dépensés seulement par les Etats-Unis. Un million de millions est dépensé en publicité commerciale. 300 000 millions sont dépensés pour subventionner les productions agricoles des pays riches. Ils nous font payer des tarifs douaniers qui s’élèvent à 100 000 millions de dollars annuellement pour permettre que nos produits aient accès à leurs marchés. Voilà où va l’argent, et l’argent qui s’enfuit à cause d’un système financier international chaotique qui a transformé l’économie et les finances internationales en un casino. Voilà où va l’argent. Les pays développés doivent honorer leurs engagements, qui étaient déjà assez bas et modestes, contractés auprès de l’aide officielle au développement. Il y a de l’argent. Ce sont les riches qui l’ont, qui le gaspillent, qui le dilapident dans un excès de consumérisme, 1 milliard de personnes dans le monde sont analphabètes, 900 millions sont affamées et 2 milliards de personnes savent pas ce qu’est l’électricité.
Oui, il y a de l’argent. Ce qui manque c’est la volonté politique pour permettre à nos pauvres d’accéder à une vie convenable et digne.
Il faut revendiquer la souveraineté de nos peuples sur les ressources naturelles. Il faut défendre notre droit à une utilisation durable de ces ressources, qui respecte et protège l’environnement, face au gaspillage et à la spoliation des multinationales. Voilà la sixième priorité.
Pourquoi faut-il accepter, si un gouvernement progressiste arrive au pouvoir, une privatisation frauduleuse réalisée un gouvernement antérieur ? Pourquoi ne pouvons-nous pas récupérer la richesse du peuple ? La Révolution bolivarienne vient d’augmenter les impôts des sociétés. C’est son droit légitime. Elle a établi le contrôle de l’Etat sur l’utilisation des ressources. Les ressources naturelles sont le patrimoine des peuples.
Ils menacent de punir celui qui oserait réviser un pacte précédent, bien qu’il lèse les intérêts du pays. Selon ce critère, nous devrions accepter la base navale nord-américaine de Guantanamo, parce qu’un gouvernement cubain, menotté, sans volonté, fantoche, a accepté de signer un papier au gouvernement des Etats-Unis. Le gouvernement des Etats-Unis nous envoie encore, chaque année, le chèque de 4 000 dollars pour payer les 117 kilomètres carrés qu’il occupe. Evidemment, nous ne l’acceptons pas et nous le mettons dans un tiroir jusqu’au jour où nous récupérerons notre territoire et hisserons notre drapeau là-bas.
Lutter aujourd’hui contre l’impérialisme en Amérique consiste à dénoncer clairement la responsabilité des Etats-Unis, qui consomme le quart du carburant utilisé dans le monde. Les Etats-Unis consomment un des quatre barils consommés chaque jour dans le monde. Et il faut dire que les Etats-Unis et le Nord qui gaspillent tellement, sont les responsables de la hausse des prix du pétrole.
Il faut leur dire la vérité. Il ne faut pas accepter leur discours démagogique et, d’autre part, il faut travailler afin d’élaborer des alternatives d’approvisionnement en énergie pour nos pays et, de cette manière, leur permettre de supporter la situation actuelle. C’est pour cela qu’il faut soutenir Petroamerica, Petroandina, Petrocaribe, une initiative généreuse, sans équivalente dans l’histoire mondiale, parce que c’est combattre aujourd’hui l’impérialisme sur le terrain des idées et de la lutte politique.
Il faut s’opposer à la mise en œuvre des programmes du Fonds monétaire international. Les peuples ont le droit à se rebeller contre les programmes qui leur apportent plus de misère, plus d’exclusion, plus de faim, plus de chômage. La mobilisation populaire et la lutte contre les programmes d’ajustement du Fonds monétaire international sont légitimes.
Sixième idée : nous devons lutter pour faire connaître notre vérité et c’est quelque chose de primordial.
Fidel a consacré il y a quelques jours, une bonne partie de sa rencontre avec les jeunes cubains qui venaient à Caracas à débattre sur ce thème. Il leur disait qu’il fallait chercher constamment la vérité et la divulguer parce que l’ennemi a volé la vérité, a présenté les faits de la manière qui lui convient. Il faut aider les peuples à trouver la vérité pour qu’ils puissent se libérer du joug. Il faut livrer et gagner, disait Fidel, la bataille de la vérité. Il faut lutter contre le pouvoir médiatique de l’impérialisme ; il faut le faire avec créativité, ténacité, passion, en étant convaincu que nous avons raison. Et en ce sens, la création de Telesur est fondamentale, de même que l’apparition de sites alternatifs tels que Rebelión et d’autres sites qui constituent des espaces nouveaux où peut s’exprimer la voix des peuples.
Or, et c’est la septième idée : en quoi consiste la lutte anti-impérialiste qui se livre aujourd’hui en Amérique latine? C’est la lutte des forces révolutionnaires et progressistes afin d’obtenir le pouvoir. Il faut arriver au pouvoir, et c’est au pouvoir que l’on peut réellement lancer l’œuvre de transformation ultérieure. Il ne s’agit pas de se fixer comme but d’arriver au pouvoir. On arrive au pouvoir pour en faire un instrument de transformation révolutionnaire, un instrument destiné à provoquer le changement profond dont ont besoin les sociétés de l’Amérique latine. Et la lutte anti-impérialiste est aussi, au cas où l’on ne serait pas encore arrivé au pouvoir, la lutte et la mobilisation populaire contre les guerres de pillage, contre le néolibéralisme, contre l’exploitation.
Si nous échouons dans la tentative d’arriver au pouvoir, cela ne veut pas dire que nous allons renoncer à la lutte. C’est la mobilisation constante, les forces nouvelles qu’on trouve, les leçons tirées des revers ce qui nous motiveront à recommencer et à recommence toujours.
Mais il faut préciser que c’est au pouvoir que le peuple peut faire ce qu’il fait maintenant au Venezuela, ce que la Révolution cubaine a fait. C’est le peuple au pouvoir qui donne la terre aux paysans, qui fait la réforme agraire, qui apprend à la personne analphabète à lire, qui accorde l’accès à l’éducation et à la santé, qui protège et proclame les droits de la femme et des enfants.
L’objectif est que le peuple arrive au pouvoir et non le pouvoir comme but, comme une fin en soi. C’est arriver au pouvoir pour le transformer en instrument de changement et de transformation, parce que si détenir le pouvoir devient un but et non un moyen pour développer la lutte en faveur des peuples, on court le risque de négocier avec l’empire en échange de rester au pouvoir, de céder dans les programmes, de céder dans les objectifs à atteindre, de renoncer aux idées qu’on défendait auparavant afin de se maintenir au pouvoir.
Il faut arriver au pouvoir et, avec le soutien du peuple, commencer la transformation, qui devra faire face inévitablement à l’empire et ses alliés, mais engendrera un soutien plus grand du peuple.
C’est ce qui est arrivé au Venezuela, un processus authentique de transformation populaire, révolutionnaire et démocratique. Mais il faut savoir que la mise en œuvre de ce programme en faveur des intérêts nationaux entraînera, sans aucun doute, la confrontation avec la réaction de l’empire et ses alliés.

Parlons maintenant des voies pour arriver au pouvoir. Les élections peuvent-elles être une voie ? Oui, nous le reconnaissons, si les conditions, comme c’est arrivé au Venezuela, le permettent. Ce que nous n’acceptons pas est l’idée selon laquelle les peuples peuvent seulement suivre la voie des élections dans leur lutte pour arriver au pouvoir. Et dans ce sens, la Révolution cubaine revendique le droit des peuples à toutes les formes de lutte révolutionnaire et à la mobilisation populaire contre le néolibéralisme, contre l’exploitation et le sous-développement.

Nous le disons avec l’autorité d’un peuple qui a fait une révolution armée, un peuple qui, avec moins de 300 guérilleros, a défait, lors d’une offensive militaire, une armée de 10 000 hommes, soutenus et armés par les Etats-Unis. Et, à la fin d’une guerre intense, alors que des combats avaient lieu tous les jours, les 80 000 soldats de la tyrannie sanglante, soutenue par les Etats-Unis n’ont pas pu vaincre l’Armée rebelle, qui comptait moins de 5 000 combattants mais bénéficiait du soutien populaire.

Voilà notre expérience. Nous ne l’exportons pas, nous n’appelons pas à l’imiter, nous comprenons les changements survenus sur la scène mondiale ; mais nous revendiquons le droit de chaque peuple à utiliser toute forme de lutte pour arriver au pouvoir, de même que l’ennemi utilise tous les moyens à sa portée pour renverser les gouvernements démocratiques qui ne se subordonnent pas à eux, pour faire face à la lutte des peuples pour la démocratie et le développement.

Par conséquent, l’arrivée du peuple au pouvoir entraîne un défi : il faut briser le système hégémonique de domination impériale. Autrement, on termine par négocier avec lui ou par être vaincu. On ne peut pas faire une révolution sans léser les intérêts des structures oligarchiques nationales qui sont les alliées de l’impérialisme et qui en ont besoin pour garantir leurs privilèges.

Un processus révolutionnaire anti-impérialiste se heurtera inévitablement à l’impérialisme ; l’impérialisme n’abandonne pas son pouvoir pacifiquement. C’est pour cela que je me rappelle de Che qui disait : « On ne peut pas lui donner la moindre opportunité » C’est la leçon que nous avons apprise.

C‘est pour cela que la Révolution bolivarienne est d’autant plus légitime pour son peuple quand elle se prépare pour se défendre et engendre davantage de soutien et d’engagement chez le peuple qui a déjà savouré le miel de la victoire et de ce que signifie gouverner et diriger avec indépendance l’avenir d’un pays.

Maintenant, la huitième idée : nous croyons qu’au niveau mondial il s’avère indispensable de défendre le droit des peuples à la paix, mais à une paix digne et accompagnée de la justice. La Révolution cubaine ne considère pas que l’on obtienne la paix en enlevant aux peuples le droit d’utiliser les armes pour défendre leur autodétermination ou pour se défendre de l’agression. Notre préparation pour nous défendre d’une agression est qualifiée de terrorisme, et un jour, on va appeler terrorisme l’emploi que fera le peuple vénézuélien des armes pour défendre sa Patrie.

Nous revendiquons et soutenons votre droit à armer votre peuple : un peuple armé, uni et vigilant ne pourra jamais être vaincu !

Enfin, il faudrait se demander, si nous poursuivons une chimère. Est-ce que ce sont de folles idées, des idées de fous qui rêvent sans comprendre qu’il n’est pas possible de transformer la réalité ? Nous croyons que non, et nous le croyons à partir de la conviction d’avoir vu que des rêves qui semblaient impossible ont été réalisés et dépassés.

Il semblait impossible de vaincre la puissante et brave armée espagnole en Amérique latine, et les llaneros vénézuéliens sous les ordres de Bolivar, les peuples de notre Amérique, l’ont fait.

Il semblait qu’il était impossible d’arriver à Cuba dans le yacht de loisirs Granma, d’une capacité de 17 voyageurs. Et pourtant, 82 hommes armés l’ont fait.

Il semblait qu’il était impossible de vaincre à Cuba l’armée soutenue par les Etats-Unis, et elle a été vaincue.

Il semblait impossible que la Révolution cubaine se maintienne après la disparition de l’Union soviétique, qui nous avait permis de nous protéger du blocus et de l’agression, et nous voici plus optimistes, plus sûrs et plus forts que jamais.

Il semblait impossible et lointaine la possibilité pour un jeune homme comme Chavez, un ancien militaire, qui avait conduit un soulèvement révolutionnaire d’officiers honnêtes et engagés comme lui un 4 février, ici, au Venezuela, qui est arrivé à Cuba après deux ans de prison, d’être le leader d’une révolution triomphante, le leader d’un processus d’intégration de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

Il semblait qu’il était impossible d’alphabétiser au Venezuela un million et demi de personnes analphabètes, et aujourd’hui elles savent lire et écrire, et beaucoup d’entre elles continuent à suivre des cours pour terminer l’enseignement primaire.

Il semblait qu’il était impossible de vaincre l’apartheid, dont le système avait une armée puissante soutenue par les Etats-Unis et les plus importantes puissances occidentales, et là-bas, à 10 mille kilomètres de notre patrie, des dizaines de milliers de combattants cubains –à un moment donné il y en avait 55 mille—avec des soldats angolais et guérilleros namibiens ont permis la victoire de Cuito Cuanavale, l’avancée par le sud-ouest d’Angola, et le régime de l’apartheid a dû s’asseoir pour négocier, a dû conclure un pacte acceptant sa défaite, et l’Angola a été préservée, et la Namibie a été libre et indépendante. Il doit y avoir ici des délégués namibiens qui savent que le sang de nos combattants n’a pas coulé en vain, qu’ils ont pu un jour hisser leur drapeau. Et Mandela a été libéré alors tout indiquait qu’il allait mourir en prison.

Il semblait impossible que l’enfant Elian Gonzalez retournerait un jour à Cuba, et il y est retourné. Il semblait impossible que nos cinq jeunes héros retourneraient dans notre patrie, et nous pensons qu’ils y retourneront un jour et peut-être les inviterez-vous un jour au Festival Mondial de la Jeunesse.

Nous croyons donc que ce sont des chimères qu’on ne peut pas atteindre, des rêves impossibles. Nos rêves d’aujourd’hui seront les réalités de demain si nous luttons, si nous avons l’état d’esprit, la conviction, le dévouement, l’engagement ; si nous reconnaissons que l’heure de la lutte est arrivée, l’heure de marcher unis comme l’argent dans les racines des Andes, comme disait José Marti. Si nous le faisons, nous remporterons la victoire, nous créerons en Amérique latine et dans la Caraïbe une confédération de peuples libres et unis qui jouera un rôle dans la construction d’un monde meilleur.

Aujourd’hui, la Révolution bolivarienne éclaire ce chemin ; la Révolution cubaine reste un bastion de résistance et de dignité.

Je peux vous assurer ici, au nom de notre peuple, qui dans notre petite île rêve, combat, crée et travaille chaque jour, que notre résistance ne sera pas vaincue, que la Révolution cubaine ne pourra pas être vaincue.

L’impérialisme fonde sa victoire sur l’idée que lorsque la génération qui a fait la Révolution conduite par Fidel ne sera plus là, lorsque Fidel ne sera plus là, lorsque Raúl, le deuxième chef de la Révolution, ne sera plus là, lorsque les hommes et les femmes qui ont rendu possible ce qui semblait un miracle ne seront plus là, les nouvelles générations n’auront pas la force, n’auront pas la conviction et la passion de leurs parents pour défendre la Révolution. Mais la présence au Venezuela de quelques milliers de nos jeunes, qui sont nés quand la Révolution était déjà faite et avait été protégée des premières attaques et qui sont ici aujourd’hui en tant que médecins internationalistes, entraîneurs sportifs, professeurs et qui font preuve des valeurs que cette Révolution nous a inculquées.

Lorsque nous voyons les jeunes vénézuéliens descendre dans les rues, lorsque nous voyons les jeunes garçons et les jeunes filles du Venezuela descendre dans les rues, solidaires, lorsqu’ils accueillent le meilleur de la jeunesse mondiale, cela nous renforce dans notre conviction d’avoir raison, que nous allons la faire valoir et que la construction d’un monde meilleur est possible.

Jusqu’à la victoire toujours !
Nous vaincrons !

(Minrex)


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