qualifie l'organisation terroriste de
paramilitaire et expose les déclarations de son
chef, qui ouvertement proclame l'intention
d'éliminer par la force militaire et les méthodes
terroristes le président cubain. Ils s'entraînent,
ils ont un campement là-bas, dans le sud de la
Floride, et se sentent stimulés en ce nouveau
moment des relations pour accroître leur activité
terroriste et violente contre Cuba.
C'est ce qui s'est
passé depuis que le gouvernement nord-américain,
tout spécialement ces derniers mois, a décidé
d'intensifier son escalade agressive contre notre
pays.
Mais qu'a fait Cuba
durant cette période, qu'avons-nous fait,
conscients que la majorité du peuple
nord-américain n'a pas une position hostile envers
Cuba; conscients qu'il existe aux États-Unis un
courant croissant d'amitié, de sympathie envers
Cuba; conscients que l'immense majorité du peuple
nord-américain a appuyé le retour de l'enfant
cubain que l'on prétendait séquestrer en Floride;
animés, en outre, d'un authentique sentiment de
respect, d'amitié, pour le peuple des
États-Unis?
Pendant tous ces
événements, après l'action terroriste du 11
septembre, que Cuba a condamnée en exprimant ses
condoléances au peuple nord-américain, rejetant le
terrorisme comme pratique, offrant notre espace
aérien, nos aéroports, proposant une assistance
médicale, des institutions cubaines pour soigner
les victimes de l'attentat; après avoir offert, en
outre, des médicaments pour lutter contre
l'anthrax aux États-Unis —nous avons proposé au
gouvernement des États-Unis de produire 100
millions de tablettes, sans rien gagner en
échange—, sans recevoir pratiquement aucune
réponse; exprimant notre disposition à fournir des
équipements médicaux produits dans le pays, du
matériel scientifique qui permettait, à un moment
de véritable terreur aux États-Unis, de contribuer
aux recherches pour faire face à l'anthrax; le 29
novembre 2001 nous avons remis une note au chef de
la Section des Intérêts nord-américains à La
Havane, présentant officiellement les projets
d'accord pour une collaboration bilatérale en
matière de lutte contre le trafic de drogues, de
lutte contre le terrorisme, ainsi que de
coopération pour éliminer la contrebande d'êtres
humains et l'émigration illégale, que nous avions
présentés antérieurement et qu'après nous avons
réitéré, recevant un refus pour toute
réponse.
Pourquoi le
gouvernement des États-Unis n'est-il pas intéressé
à collaborer avec Cuba en matière de lutte contre
le trafic de drogue, de lutte contre l'émigration
illégale, les détournements d'avions et
d'embarcations, le trafic d'êtres humains ou la
lutte contre le terrorisme? Pourquoi cela ne
l'intéresse-t-il pas? Ce sont pourtant des sujets
qui intéressent la société
nord-américaine.
Le 20 décembre 2001,
nous avons adopté notre Loi contre les actes de
terrorisme, dans le cadre de laquelle nous avons
même établi des pénalités pour ceux qui utilisent
le territoire cubain pour organiser ou financer
des actions dirigées contre d'autres pays, y
compris les États-Unis.
Lorsque les nouvelles
sur le virus du Nil ont déferlé, nous avons offert
au gouvernement des États-Unis de collaborer à la
recherche scientifique.
Mais pendant ce
temps, que se passait-il là-bas? On accusait Cuba,
faussement et injustement, d'être un pays qui
parraine le terrorisme, d'être un pays qui possède
un programme de développement d'armes biologiques
et chimiques, des allégations que nous avons dû
démentir à un moment donné; on a prétendu
boycotter la venue de l'ex-président Carter à
Cuba, car ces accusations coïncidaient avec sa
visite dans notre pays.
Nous avons néanmoins
maintenu notre lutte contre le terrorisme, nous
avons condamné des trafiquants de drogue à des
peines sévères, nous avons combattu pour que la
drogue ne passe pas près de Cuba, pour que le
territoire cubain ne soit pas utilisé pour
introduire des drogues aux États-Unis.
Le peuple
nord-américain a reçu de larges preuves du respect
de Cuba à son égard, mis en évidence lors de la
visite de centaines d'agriculteurs
nord-américains, qui ont défendu leur droit; et
alors que précisément ils défendaient leurs
droits, plus d'un million de tonnes d'aliments ont
été achetées aux États-Unis, près de 250 millions
de dollars, une chose importante pour les
agriculteurs nord-américains.
Au milieu de tout
ceci, et alors que Cuba a donné des preuves
solides de sa bonne volonté, on assiste de
l'autre côté à toute cette politique de
harcèlement et de provocations contre
Cuba.
Mais je dois
maintenant procéder à une brève chronologie des
journées qui ont précédé les procédures pénales,
que nous expliquerons tout à l'heure.
Le 24 février de
cette année, le chef de la Section des Intérêts
nord-américains à La Havane, lors d'une réunion
qu'il avait lui-même organisée avec un groupe de
ces mercenaires qui, financés et organisés par le
gouvernement des États-Unis, collaborent avec la
puissance qui agresse leur pays, M. Cason a fait
d'insolites déclarations, prononçant des paroles
que n'a jamais prononcées aucun diplomate dans
aucune partie du monde, des paroles blessantes et
qui violaient les normes élémentaires de la
conduite diplomatique, interventionnistes,
provocatrices, contre le gouvernement et le peuple
de Cuba. Ce fut le 24 février.
Le 6 mars le
président du Conseil d'État de Cuba, le commandant
en chef Fidel Castro Ruz, dans un discours devant
l'Assemblée Nationale, a donné la réponse
opportune à ces provocations, qualifiant ces
paroles de «provocation éhontée et arrogante», et
suggérant que peut-être les nombreux
fonctionnaires des services de renseignements qui
travaillent à la SINA pourraient expliquer à M.
Cason que «Cuba peut se passer tranquillement de
la Section des Intérêts nord-américains à La
Havane»; un avertissement, un message on ne peut
plus clair signifiant qu'ils doivent cesser leurs
provocations, qu'ils doivent tempérer leur
conduite, réellement intolérable pour les
autorités et l'opinion publique à Cuba.
Le 7 mars le
Département d'État confirme que depuis 9 jours les
cinq Cubains prisonniers politiques aux États-Unis
se trouvent dans des cellules
punitives.
Le 10 mars, nous
remettons à M. Cason une note diplomatique, la
note 365, où nous répondons aux déclarations qu'il
a formulées le 24 février, lui demandons une
nouvelle fois de mettre un terme à son
comportement franchement provocateur et
interventionniste à Cuba, et lui communiquons les
décisions que nous avons prises concernant ses
mouvements subversifs, qui violent les lois
cubaines dans notre pays. C'était là ce qui
semblait devoir être notre dernier avertissement,
notre dernier effort de persuasion quant à la
conduite irresponsable et ouvertement provocatrice
de M. Cason.
Le 12 mars,
c'est-à-dire deux jours après notre note,
semble-t-il comme réponse à notre appel, à notre
note diplomatique, M. Cason organise une nouvelle
réunion de conspiration dans sa propre résidence,
sur les lieux où il vit, établissant un nouveau
record, ne donnant plus seulement les bureaux,
mais aussi sa propre maison.
Le 14 mars, deux
jours plus tard, ils organisent une nouvelle
réunion —avec précipitation, et avec la volonté
évidente de provoquer les autorités cubaines— qui
commence à 10H, et se termine à 17H.
Nous avons été
patients. Je relate toute cette histoire pour
montrer que nous avons été patients, que nous
avons été tolérants; mais, réellement, la décision
de M. Cason de convertir pratiquement la Section
des Intérêts nord-américains à La Havane et sa
résidence en quartier général de la subversion
contre Cuba —ce qui transmet à tous ces mercenaire
un message, qui est celui de croire qu'ils peuvent
jouir de l'impunité, qu'ils sont protégés par un
allié puissant qui les stimule, les finance, les
organise, les dirige—, cette situation créée par
M. Cason, qui applique jusqu'à des degrés
insoupçonnés la politique agressive de son
gouvernement contre Cuba, nous a alors obligés à
appliquer nos lois, et il faut comprendre ces
procédures judiciaires comme la réaction de Cuba
qui n'a plus d'autre alternative face à la voie de
confrontation et de provocations que le
gouvernement des États-Unis a choisie pour sa
relation avec Cuba et dans laquelle le chef de sa
Section diplomatique à La Havane a joué un rôle de
premier plan.
Notre patience ne se
justifiait plus; notre tolérance ne se justifiait
plus, les choses avaient atteint un degré
insoutenable pour notre pays, qui est soumis à
l'agression, au harcèlement, au blocus, qui a des
lois pour se défendre et qui a fait un usage
souverain de sa législation pour protéger sa
souveraineté, pour punir ceux qui coopèrent avec
la puissance qui tente d'entraîner le pays dans la
subversion, qui tente d'écraser et d'enlever aux
Cubains le droit de jouir de l'indépendance et de
la libre détermination de son peuple.
Notre patience a été
mise à bout par M. Cason et sa conduite
irresponsable. C'est lui le principal responsable
de ce qui s'est produit.
Alors, au vu de tout
cela, la décision est prise le 18 mars d'arrêter
un groupe de mercenaires qui s'étaient rendus à
ses réunions les 24 décembre, 12 et 14 mars. 32
mercenaires ont été arrêtés ce jour-là.
Le jour suivant, 19
mars, on a arrêté 33 autres mercenaires qui
avaient participé et qui ont participé et reçu de
l'argent et fourni de l'information dénaturée pour
que la Loi Helms-Burton puisse être appliquée,
pour que le blocus puisse être appliqué; qui ont
contribué à la politique des États-Unis visant à
condamner Cuba à Genève pour légitimer le blocus,
pour justifier le blocus condamné par la
communauté internationale.
Toujours le 19, dans
la nuit, l'avion DC-3 est détourné, conséquence
d'années de tolérance, d'incitation aux
détournements d'appareils, d'accueillir là-bas en
héros ceux qui commettaient des délits violents
pour émigrer illégalement vers les
États-Unis.
Et je veux souligner
ce point, parce que, lorsque je dis que cela a été
le 18 et le 19 mars, il faut que l'on sache que
cette décision a été prise et que ces arrestations
se sont produites avant le début de la guerre en
Irak et avant les détournements des deux avions et
de l'embarcation; c'est avant qu'a été prise la
décision et que se sont produites les
arrestations, conséquence de la situation
insoutenable dans laquelle nous avions été placés
par les provocations et l'attitude irresponsable
de M. Cason.
Après le détournement
de l'avion DC-3, l'arrivée des pirates de l'air
aux États-Unis et la confiscation de l'avion, la
nouvelle a filtré dans la presse qu'on se
préparait à octroyer aux pirates de l'air la
liberté conditionnelle, la liberté sous caution
—qui ne semble pas se matérialiser, mais cela a
filtré dans la presse, et «il n'y a pas de fumée
sans feu»—, tout cela a entraîné de nouvelles
stimulations, comme nous l'avions annoncé, et
alors, le 31 mars, se produit un nouveau
détournement, celui du AN-24; et le 2 avril se
produit le détournement de l'embarcation.
Curieusement, pour le détournement de
l'embarcation, il s'est produit un changement dans
le modèle de conduite que suivaient jusqu'alors
les autorités nord-américaines, parce qu'en vertu
des accords migratoires ils interceptaient en mer
les embarcations qui tentaient d'atteindre les
États-Unis, ils arrêtaient les embarcations et ils
s'étaient engagés à rapatrier à Cuba ceux qui
tentaient d'arriver illégalement. Ils ne les
renvoyaient pas tous, 10% à 12% de ceux qui
étaient interceptés étaient finalement conduits
aux États-Unis, sous un prétexte ou un autre; mais
bon, près de 90% revenaient.
Le jour du
détournement de l'embarcation, ils ont déclaré que
non, qu'ils n'étaient pas disposés cette fois à
agir comme ils l'avaient toujours fait, alors nous
avons agi et nous avons résolu le
problème.
C'est-à-dire qu'il y
a eu, en plus, une série de détournements
d'avions, une tentative d'utiliser l'émigration
illégale pour déstabiliser le pays, pour créer à
Cuba une situation réellement complexe. Les procès
commencent donc le 3 avril.
Maintenant que j'ai
parlé de la question migratoire, je veux donner
ici une information qui me semble importante pour
ce que je veux dire. Je veux dire que devant
l'augmentation des détournements —comme je l'ai
dit, sept détournements en sept mois—, en
utilisant des armes à feu, des armes blanches, la
violence contre les passagers, des grenades, nous
considérons que ces détournements, ces plans
continus de détournements, d'émigration illégale
vers les États-Unis, obéissent réellement à un
plan conscient pour stimuler les sorties illégales
de Cuba, pour stimuler les actes de terrorisme
dans les embarcations, les avions qui volent vers
Cuba et partent de Cuba; pour stimuler le
détournement d'embarcations, le détournement
d'avions cubains, pour créer les conditions qui
permettent de se débarrasser de l'accord
migratoire.
Nous croyons qu'il y
a un plan conscient dont le but final est de se
débarrasser des accords migratoires qui ont
fonctionné entre les deux pays pendant presque dix
ans et de concrétiser le grand rêve des groupes
extrémistes d'origine cubaine, de la mafia
terroriste d'origine cubaine qui vit en Floride,
qui s'est toujours opposée à ces accords et qui a
fait continuellement pression sur le gouvernement
des États-Unis pour rompre ces accords.
Il est important
maintenant de commenter brièvement le texte et les
engagements de cet accord. Voici le Communiqué
conjoint du 9 septembre 1994, signé par les deux
gouvernements, et qui dit que «les migrants sauvés
en mer qui tenteront de rentrer aux États-Unis ne
seront pas autorisés à entrer aux États-Unis»; qui
dit que «les deux pays se sont engagés à coopérer
pour entreprendre des actions opportunes et
effectives pour empêcher le transport illicite de
personnes vers les États-Unis» —cela est signé—;
qui dit que «les deux gouvernements prendront les
mesures qui s'imposent pour s'opposer et empêcher
l'usage de la violence de la part de toute
personne qui tente d'arriver ou qui arrive aux
États-Unis depuis Cuba, par le biais de
détournement d'avions et d'embarcations» —ceci est
un engagement signé par le gouvernement des
États-Unis—; qui dit que «les États-Unis assurent
que la migration légale vers les États-Unis depuis
Cuba sera au minimum de 20 000 Cubains chaque
année».
Je vais commenter
maintenant le graphique que vous voyez ici: un
minimum de 20 000 visas par an accordés aux
Cubains pour qu'ils émigrent, tel est l'engagement
pris par le gouvernement des États-Unis —sans
compter les proches de citoyens nord-américains,
sans compter cela, pas moins de 20 000.
Ce graphique illustre
leur comportement, au bout de cinq mois de la
neuvième année de l'accord. Chaque année de
l'accord commence le 1er octobre.
Entre le 1er octobre
et le 28 février, dans les cinq premiers mois de
cette année, où les États-Unis ne doivent pas
accorder moins de 20 000 visas, au bout de cinq
mois, ils ont accordé 505 visas; l'an dernier il y
en avait eu 7 237; en 2001 il y en avait eu plus
de 8 300; en 2000, 10 860; en 1999, à cette date,
presque 11 600 Cubains avaient obtenu des visas et
émigraient aux États-Unis au bout de cinq
mois.
Que signifie cette
réduction abrupte des visas en franche violation
de l'Accord migratoire? Pourquoi le gouvernement
des États-Unis ne respecte-t-il pas ses
engagements? Pourquoi au bout de cinq mois
n'approchons-nous pas du chiffre de 10 000 Cubains
en possession de visas et pourquoi n'ont-ils
accordé que 2,5% du chiffre de visas
établi?
Une violation s'était
déjà produite l'an dernier, en 2002 il n'y a pas
eu 20 000 visas. Il y a eu presque 2 000 visas qui
n'ont pas été accordés, ils en ont accordé un peu
plus de 18 000, c'était déjà un non respect de
l'accord pour l'année dernière, qui s'est terminée
le 30 septembre.
Mais bon, du 1er
octobre jusqu'à aujourd'hui, regardez la courbe
(Il montre le graphique). Nous nous trouvons
devant quoi, devant un plan délibéré pour porter
au désespoir ceux qui veulent émigrer, pour qu'ils
n'aient pas d'autre alternative que l'émigration
illégale? Pourquoi l'accord n'est-il pas respecté?
Pourquoi la Section des Intérêts, qui dispose à La
Havane d'un très large appareil consulaire et de
toutes les facilités pour travailler, n'a-t-il
accordé que 505 visas? Au mois de mars, au bout de
six mois, c'est la même situation.
Si le rythme actuel
se maintient, il y aura donc une flagrante
violation de l'Accord migratoire qui oblige le
gouvernement des États-Unis à accorder au moins 20
000 visas, et on peut constater qu'il existe un
plan prémédité pour stimuler l'émigration
illégale, pour ne pas laisser à ceux qui veulent
émigrer aux États-Unis d'autre option —et nous,
nous voulons que cela se fasse de manière légale
et ordonnée— que le détournement d'embarcations,
le détournement d'avions.
Il y a des personnes
qui souhaitent se débarrasser des accords
migratoires. Il y a une liste de personnes que
nous connaissons bien, qui voudraient qu'il n'y
ait pas d'accords migratoires, qui veulent créer
un incident entre Cuba et les États-Unis, qui
poussent le gouvernement des États-Unis à
l'agression contre Cuba.
Par conséquent, je
crois que le moment est venu d'alerter l'opinion
sur ces actions de provocation et
confrontation.
Le 2 mai 1995, les
deux gouvernements ont émis une Déclaration
conjointe, qui s'ajoute au communiqué antérieur et
qui dit:
«Dès ce moment, les
émigrants cubains qui seront interceptés en haute
mer par les États-Unis seront renvoyés à
Cuba.
»Les deux parties
réaffirment leur engagement conjoint de prendre
des mesures pour empêcher les sorties dangereuses
de Cuba qui pourraient signifier un risque de
pertes de vies humaines, et de s'opposer aux actes
de violence associés à l'émigration
illégale».
Voilà l'accord en
vigueur entre nos pays, et nous pouvons constater
de quelle manière, avec les dangers que cela
comporte, l'Accord migratoire n'est pas respecté
et comment l'on accorde un nombre réellement
infime de visas pour émigrer légalement de
Cuba.
Bien, je vais
maintenant donner des informations sur les
procédures pénales, maintenant qu'ont été vus tous
ces antécédents et qu'ont été expliquées les
causes et les circonstances qui nous ont amenés à
cette situation.
29 procès ont eu lieu
à Cuba, pratiquement dans toutes les provinces du
pays. 75 personnes ont été accusées, parmi
lesquelles 74 hommes, et les tribunaux
correspondants ont imposé des peines allant de 6 à
28 ans d'emprisonnement. Il est donc faux de dire
qu'il y a eu des peines de condamnation à mort; il
est faux de dire qu'il y a eu des peines, pour les
cas présents, de prison à vie, prévues dans la
loi, et je dois dire que les conduites de certains
accusés auraient pu leur valoir des peines plus
importantes même que celles qui leur ont été
infligées, comme cela est prévu aussi dans les
législations du monde entier.
Les procès
judiciaires ont fait l'objet d'une procédure
sommaire en vertu de la Loi No.5 de 1977, Loi de
procédure pénale. Et je veux faire ici une
remarque.
Le jugement sommaire
est une institution qui n'est pas, tant s'en faut,
une création de Cuba, et employée seulement à
Cuba. Elle se trouve pratiquement dans les
législations de plus de 100 pays dans le monde, y
compris les États-Unis, et elle est arrivée à
Cuba, elle a été apportée par le gouvernement
colonial espagnol. Le jugement sommaire à Cuba
n'est pas apparu avec la Révolution, il date de la
Loi de jugement criminel de 1888, donc ceux qui
l'ont introduit à Cuba ce sont les colonisateurs
espagnols, le gouvernement colonial espagnol. La
Loi de jugement criminel de 1888 a été en vigueur
à Cuba, comme la loi de procédure, jusqu'en 1973,
où ont été adoptées de nouvelles réglementations
qui s'en inspiraient beaucoup. De même que le Code
du commerce de Cuba d'aujourd'hui est encore
l'espagnol de la colonie. Et le jugement sommaire
a été utilisé par le gouvernement militaire
d'intervention nord-américain de 1900 à 1902. Nous
avons donc hérité de cette institution qui est
d'ailleurs adoptée universellement.
Jugement sommaire,
cela signifie: Pouvoir du président du Tribunal
suprême pour réduire les délais d'exécution du
procès; mais, en aucun cas, limitation des
garanties. Je ne peux donc accepter que l'on dise
qu'un jugement sommaire est un jugement sans
garanties, ou qu'un jugement sommaire est une
institution créée par Cuba.
Dans la
pseudo-République, durant les tyrannies sanglantes
de Machado et de Batista que les gouvernements des
États-Unis appuyaient et finançaient, auxquels ils
apportaient appui militaire et politique, les
jugements sommaires existaient également, mais ce
n'était pas la seule mesure, parce qu'ils
adoptaient des solutions plus expéditives, comme
l'assassinat, la disparition et le crime contre
les opposants.
En Amérique latine,
les dictatures militaires soutenues par les
États-Unis, qui ont fait disparaître et qui ont
assassiné des centaines de milliers de personnes,
ont aussi utilisé des procédures plus expéditives,
comme l'assassinat, la disparition, ce qu'on ne
peut en aucun cas imputer à la Révolution cubaine.
On ne peut et on ne pourra pas présenter le nom
d'un disparu à Cuba, le nom d'une personne
assassinée, le nom de quelqu'un arrêté pendant la
nuit, masqué, disparu à jamais, et des centaines
de milliers de cas de ces listes n'ont toujours
pas été résolus aujourd'hui en Amérique latine. On
ne peut rien imputer de similaire à Cuba. Comme on
ne peut nous imputer de nouvelles modalités de la
législation nord-américaine, comme les tribunaux
civils secrets.
Je soutiens donc que
la procédure a été réalisée dans les règles, que
les garanties de tous les accusés ont été
respectées, en vertu de la législation cubaine et
en vertu de principes généralement reconnus et
acceptés dans le monde.
Je vais vous citer
six exemples.
Tout d'abord, tous
les accusés ont été informés des accusations qui
leur étaient imputées et ils ont eu la possibilité
d'y apporter des précisions avant le déroulement
du procès; de faire toutes les observations qu'ils
jugeaient pertinentes. Il est faux de dire qu'ils
en ont été informés lors du procès; ils en ont été
informés au préalable, et ils ont eu la
possibilité, comme tout accusé à Cuba, d'apporter
leur avis, leurs arguments sur
l'accusation.
Deuxièmement, tous
les accusés ont exercé leur droit à la défense,
leur droit à compter sur un avocat qui, selon la
législation cubaine, peut être choisi par l'accusé
ou à défaut, nommé d'office par le
tribunal.
Il vous faut savoir
que 54 avocats sont intervenus dans les 29 procès;
certains avocats ont eu plus d'un
client.
54 sont
intervenus: 44 d'entre eux désignés par les
accusés et leurs familles. Je ne peux accepter que
l'on dise que l'un des accusés n'a pas pu
bénéficier d'une défense appropriée au procès,
c'est faux. Ceux qui ont dit cela mentent. Sur les
54 avocats de la défense, 44, 80% ont été désignés
par les accusés; 10 ont été nommés d'office par
les tribunaux.
Troisièmement, tous
les accusés ont exercé leur droit à être entendus
par des tribunaux préalablement constitués. Aucun
tribunal spécial ad hoc n'a été créé pour les
juger. Ils ne sont pas allés à une Cour militaire
d'urgence, c'est faux. Ils ont comparu devant des
tribunaux provinciaux, préalablement établis,
selon ce qui est prescrit par notre Loi, et devant
des juges qui avaient été nommés avant les
accusations, des juges qui appartenaient déjà à
ces tribunaux. Il n'y a pas eu non plus de
nomination de juges d'urgence ni de tribunaux
créés spécifiquement, cela est faux.
Chacun d'eux a donc
bénéficié du droit à être entendu en audience
orale par des tribunaux et des juges déjà établis;
il y a eu une audience orale au cours de laquelle
l'accusé est intervenu, où il a exercé son droit
d'intervention, où il a répondu aux
questions de la défense et du ministère public, en
présence de témoins, d'experts; où les avocats de
la défense ont interrogé des témoins, des experts.
Il y a eu une audience orale, parce que notre loi
n'accepte pas la décision d'un tribunal, comme la
législation nord-américaine et celle d'autres pays
où, sans audience orale, si l'accusé se déclare
coupable ou si l'on parvient à un arrangement, la
sentence peut être prononcée. Ici à Cuba,
l'audience orale est obligatoire, et il y en a eu
une. C'est-à-dire que personne n'a été jugé sur
papier et sans qu'on n'ait entendu son avis, ses
déclarations et celles de son avocat.
L'audience n'a pas
été seulement orale mais publique. Je n'accepte
pas que l'on parle de procès secrets. 100
personnes en moyenne ont assisté à chaque procès.
Près de 3 000 personnes ont assisté aux procès,
essentiellement des membres des familles, sans
compter les témoins, experts —des centaines de
témoins, experts—, et en moyenne une centaine de
personnes par procès, presque 3 000 pour les 29
procès. Je n'accepte donc pas que l'on parle
d'accusés soumis à un procès dans un lieu sans
garanties et sans que personne ne soit présent,
cette information est fausse.
L'audience est non
seulement orale mais publique... Et maintenant il
me faut préciser la chose suivante: On a dit: «Les
diplomates accrédités à La Havane» —certains
diplomates étrangers qui ont manifesté de
l'intérêt, je dois dire une minorité de pays, un
petit nombre de pays, intéressés tout
spécialement, je ne sais pourquoi, par ces
questions— «n'ont pas assisté aux procès», on a
donné cela comme un exemple de manque de
garantie.
Qui a dit qu'un
diplomate étranger a le droit d'assister à un
jugement où n'est pas jugé un ressortissant de son
pays? S'il y avait eu un ressortissant de son
pays, le procès ne se serait pas déroulé sans la
présence du représentant diplomatique. C'est ce
qui se passe à Cuba dans les cas où nous avons à
juger dans notre pays des étrangers pour des
délits commis à Cuba, trafic de drogue, délits de
terrorisme et autres, la représentation
diplomatique et consulaire du pays d'origine a
toujours accès à l'audience dans ces
cas-là.
Pourquoi un diplomate
étranger doit-il assister à un procès où sont
jugés des Cubains, par un tribunal cubain, des
accusateurs cubains, des avocats de la défense
cubains et devant la famille cubaine? Quel travail
de supervision doit-il y faire? Celui qui souhaite
obtenir de l'information peut la demander au
ministère de l'Extérieur et c'est à nous de
décider quelle est l'information que nous
donnerons. Il revient aux tribunaux de décider qui
vient et qui ne vient pas.
Je veux insister sur
le fait que nous n'avons pas violé une prérogative
de certains diplomates étrangers à La Havane; les
diplomates étrangers n'ont pas de raison
d'assister à un procès où n'est pas jugé un
ressortissant de leur pays.
Les tribunaux
correspondants ont décidé de ne pas laisser entrer
la presse, c'est leur prérogative, que nous
respectons; ils ont décidé, pour des raisons de
sécurité, d'organisation, d'éviter tout type
d'incident, de limiter également l'accès à des
centaines de milliers et de millions de
révolutionnaires qui, indignés par l'attitude
antipatriotique et mercenaire de ces individus,
auraient voulu assister aux procès et eux non plus
n'ont pas pu entrer. Et les procès se sont
déroulés avec toutes les garanties nécessaires à
l'intégrité physique et morale des accusés, avec
ordre et dans le respect, comme il se doit, des
familles et de tous les participants.
J'insiste sur le fait
que ces audiences ont été orales, publiques et
contradictoires, conformes au droit qui établit le
travail de la défense et la possibilité de
jugements opposés. Je ne peux donc accepter que
l'on parle d'un jugement pour lequel il n'y avait
pas de garanties.
Quatrièmement, tous
les accusés et leurs avocats ont exercé le droit
d'apporter les preuves qu'ils estimaient à leur
décharge, en sus de celles présentées par
l'instruction de la police, par le ministère
public; de présenter leurs témoins; les avocats de
la défense ont présenté 28 témoins, qui n'avaient
pas été préalablement présentés par le ministère
public, parmi lesquels 22, l'immense majorité, ont
été immédiatement autorisés par les tribunaux à
témoigner.
Tous les avocats de
la défense ont eu accès préalablement au dossier
de l'accusation. Il ne s'est pas produit ici la
même chose que pour les avocats des cinq Cubains
injustement condamnés à Miami, qui aujourd'hui
encore, après tant de temps écoulé depuis le
procès, n'ont pu accéder à 80% de la documentation
présentée par le ministère public, parce que le
gouvernement des États-Unis l'a décrétée secrète.
Cela ne s'est pas produit ici.
Les accusés n'ont pas
non plus été empêchés de lire ce dont on les
accusait, pour préparer leurs plaidoiries. Cela ne
s'est pas produit, pas plus que l'obligation pour
les avocats d'intervenir sans connaître 80% des
éléments de l'accusation du ministère public. Cela
ne s'est pas produit.
Et aucune des
personnes accusées à Cuba n'a été soumise non plus
à l'isolement dans des cellules punitives, afin de
les empêcher de se préparer au procès.
Cinquièmement, tous
ont le droit, et cela leur a été notifié au
procès, de présenter un recours en appel de la
sentence devant un tribunal supérieur, dans le cas
présent le Tribunal suprême, c'est un droit dont
ils bénéficient et que la législation cubaine
respecte scrupuleusement.
Et sixièmement —j'ai
dit que j'allais donner six arguments—, la
sécurité physique, l'intégrité physique et morale
de chacun des accusés ont été respectées
scrupuleusement et avec une transparence absolue
dans toutes les étapes de la procédure, il n'y a
pas ici la plus minime évidence, le moindre doute,
on ne peut nous imputer l'emploi de la coercition,
de la pression, de la menace ou du chantage, parce
que nous avons de l'éthique, parce que nous
croyons en des valeurs et c'est ce qui nous a
permis d'arriver jusqu'ici et notre peuple le
sait.
Je vais présenter à
ce sujet l'opinion d'un des accusés dans un procès
qui s'est déroulé hier, sur cette question des
garanties.
(Présentation d'un
film vidéo)
Président du
Tribunal: ... déclarer ou vous abstenir de le
faire, vous souhaitez déclarer?
Accusé : Oui, je
souhaite déclarer.
Président du
tribunal: Librement?
Accusé: Oui,
librement.
Président du
tribunal: Nous vous écoutons.
Accusé: Je suggère
que vous posiez les questions, comme à Miguel, que
le tribunal me pose les
questions.
Président du
Tribunal: C'est librement, vous souhaitez... Je
vous dis donc la même chose, s'il y a une question
à laquelle vous ne voulez pas répondre,
signalez-le aux membres du tribunal, c'est un
droit que vous avez.
JACQUES
De la pag.
44-78 (por Jacques)
Accusé. Je tiens à
dire devant ce tribunal que nous avons reçu un
traitement correct de la part des autorités de la
Sécurité de l'Etat pendant l'instruction, un
traitement juste, que nous n'avons pas été
molestés, ni maltraités à aucun moment.
Je dois dire que le traitement que nous avons reçu
de la part des officiers et des hauts gradés
de Villa Marista, et de tout le personnel dedans,
des gardiens et de tout le personnel de service, a
été le meilleur envers nous, en tout cas envers
moi. Je dois rectifier, parce que je n'ai pas eu
de contact avec les autres accusés. Remercier
parce que ce traitement a été correct, que nous
avons reçu une attention médicale parfaite trois
fois par jour, et que devant toute douleur, devant
tout problème de santé, les médecins venaient nous
voir dans la cellule, des problèmes de tension, ou
alors de comprimés à l'heure, des maux de dent,
n'importe quoi, les médecins étaient
là.
Nous avons pu recevoir des visites de notre
famille, un quart d'heure, vingt, vingt-cinq
minutes. Nous en sommes reconnaissants, en tout
cas, moi, j'en suis reconnaissant. La visite de
notre famille a été ouverte, devant l'instructeur,
bien entendu, mais ouverte, nous avons pu causer
largement. Et le contact avec nos avocats aussi a
été large, nous avons eu tout le temps pour parler
avec eux.
Je tiens à dire que les rumeurs au sujet de la
conduite des autorités d'instruction policière à
Villa Marista sont fausses, qu'on n'y maltraite
personne, qu'on n'y moleste personne, qu'on n'y
réprime personne.
Felipe Pérez Roque. J'ai encore des
précisions à faire. On raconte que trente-sept
accusés ont censément exercé comme
« journalistes indépendants ». J'ai vu
des publications qui affirment que nous avons
arrêté les principaux journalistes cubains, que
nous avons arrêté l'intelligentsia cubaine. C'est
du délire, c'est vraiment une approche si
superficielle qu'elle sidère.
Des trente-sept accusés qui se sont dit pendant
des années des « journalistes
indépendants », alors qu'ils exerçaient leur
métier d'agents du gouvernement nord-américain à
Cuba, seuls quatre ont fait des études de
journalisme et ont été une fois journalistes.
Quatre de trente-sept, c'est entendu ?
Et le BT de journalisme n'existe pas à Cuba, pas
plus que dans le reste du monde. Seuls quatre ont
fait des études de journalisme à l'université et
ont travaillé un jour comme journalistes. Et des
trente-sept, seuls quatorze ont fait des études
universitaires. Je vous dis tout ça pour que vous
nous aidiez à rétablir la vérité vis-à-vis de ceux
qui ont eu de mauvaises informations. Je ne parle
pas de mauvaise foi,
Aidez-nous aussi à faire savoir qu'à Cuba, en plus
des cent cinquante-sept correspondants travaillant
pour des médias étrangers, - certains étrangers,
d'autres Cubains, autrement dit vous, dont une
bonne partie est ici-même – il existe 2 175
journalistes, possédant le titre de licencié en
journalisme délivré par nos universités au terme
de cinq années d'études, dont beaucoup ont ensuite
fait de hautes études universitaires à Cuba
ou à l'étranger. Précisez donc que les
journalistes, c'est vous, et eux, les 2 175
journalistes cubains travaillant dans 548 organes.
548 ! Radio, télévision, presse écrite, dont
237 possèdent des versions numériques. Voilà la
presse cubaine, pas les mercenaires qui publient
dans le Miami Herald ce que leurs patrons leur
demandent d'écrire, comme nous le verrons ensuite.
Parce que nous avons d'autres informations à vous
donner.
Je le répète, pour voir si la vérité parvient à se
frayer un passage : des 37, seuls 4 ont été