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Votre excellence M. Mahmoud Ahmadinejad,
Président de la République islamique de l’Iran ;
Mesdames et messieurs les Ministres et les Chefs
des délégations des pays Membres et des
Observateurs du Mouvement des pays non alignés ;
Honorables délégués et invités,
Au nom de la Présidence du Mouvement des pays
non alignés, nous voudrions exprimer notre
reconnaissance à la République islamique de
l’Iran pour sa disponibilité à organiser cette
réunion Ministérielle, dont la tenue a été
décidée par le XXIVe Sommet de La Havane, il y a
à peu près un an.
Nous y passerons en revue des questions de la
plus haute importance, d’autant qu’en ce moment
il est plus nécessaire que jamais de travailler
avec acharnement afin de préserver les cultures
et les identités de nos peuples, et de conjuguer
nos efforts pour la défense de la diversité
culturelle et de nos droits culturels.
Voilà devant nous une occasion unique d’échanger
des expériences, des idées et des projets, et
d’évaluer l’action du Mouvement des pays non
alignés face aux défis auxquels nous sommes
confrontés et qui relèvent des domaines des
droits de l’homme et de la diversité culturelle.
La culture est un composant essentiel de la
souveraineté. Ainsi l’a-t-il dit, le président
Fidel Castro, voici vuelques années : « Qu’est-ce
que la Patrie, si ce n’est que la culture à soi
? ».
Aujourd’hui, le patrimoine culturel de nos
nations est en péril et nous nous devons de
lutter, avec intelligence et ténacité, pour la
défense du droit de nos peuples de préserver,
pour les générations à venir, l’héritage de
notre histoire et de notre culture.
L’application du principe selon lequel la
meilleure façon de soumettre un peuple est la
destruction de sa mémoire historique et
culturelle et de ses symboles patrimoniaux,
rentre dans la stratégie de domination et
d’hégémonie qu’imposent les puissants à niveau
international. Promouvoir le respect de la
culture, de l’histoire, des diverses religions,
et de l’idiosyncrasie de chaque nation est un
droit fondamental de l’homme. Inculquer le
respect de la diversité culturelle est notre
devoir et notre droit.
Le néolibéralisme, dans une planète mondialisée,
a imposé la mercantilisation et la privatisation
de la majorité de la production culturelle.
L’art authentique, pour se faire une place, se
bat contre l’irruption écrasante des
multinationales et du marché.
La culture devenue marchandise et l’avancée de
la banalité enjôleuse versus l’art qui fait
réfléchir ; la mediocrité homogénéisante versus
la diversité culturelle.
Voilà le résultat de l’action ravageuse du
« puissant chevalier Sieur Argent ».
Ce n’est pas le fruit du hasard, mais d’un plan.
On prétend que la consommation privilégiée et
parasite d’une élite est le synonime du
développement. Ils veulent nous faire avouer la
faute de la pauvreté et du sous-développement
qui tenaillent nos pays.
Ils cherchent à briser notre résistance devant
un modèle de consommation qui rend impossible la
survie de notre espèce, qui pollue, détériore et
épuise les ressources naturelles afin qu’une
minorité les gaspille au prix de la souffrance
des quatre cinquièmes de la population mondiale.
L’hégémonie unipolaire qu’exerce la puissance la
plus puissante et riche de l’histoire des
relations économiques, politiques et militaires
internationales, tente d’imposer une culture
unique à l’échelle mondiale.
On veut nous persuader de croire au mirage,
d’accepter un modèle colonisateur, éblouissant
et ravissant en toute intention, déguisé en
culture mondiale.
Devant cette préocupante réalité, il est
impératif de défendre les valeurs éthiques et
esthétiques auxquelles s’oppose la médiocrité du
marché; au profit du lien qui existe entre la
culture et la sauvegarde de l’identité de chaque
peuple et la préservation de l’espèce humaine.
Le rôle des Nations unies est crucial pour la
protection et la promotion des différentes
cultures et pour la coopération internationale
dans ce domaine.
Le total respect de la diversité politique,
economique, culturelle, sociale et religieuse,
conformément aux buts et principes de la Charte
des Nations unies est décisif.
Nous pouvons et nous devons lutter !
Ce n’est pas une bataille perdue d’avance, et
s’il nous en faut une preuve récente, voilà
l’entrée en vigueur de la nouvelle Convention de
l’UNESCO sur la protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles, adoptée
par 148 pays, et à laquelle seuls les Etats-Unis
et l’Israel se sont opposés.
C’est un fait marquant de notre lutte commune
pour préserver l’important droit humain à la
diversité.
Mais ce n’est qu’un début.
La Convention en a identifié les objectifs. À
nous maintenant de la transformer en résultats
concrets et d’éviter qu’elle ne devienne de la
lettre morte. Nous devons être plus actifs au
sein de l’UNESCO, où nous avons d’ailleurs
relancé, en mars dernier, le travail du
Mouvement.
Rappelons-nous qu’en 2005, grâce à notre lutte
au sein de la Commission des droits de l’homme,
et alors qu’atteinte par le discrédit et la
politisation, elle s’est vue dans l’obligation
de proclamer que les « droits culturels font
partie intégrante des droits de l’homme, et
qu’ils sont universels, indivisibles et
interdépendants ».
Actuellement, nous sommes en pleine phase finale
de construction institutionnelle du nouveau
Conseil des Droits de l’homme. Jusqu’ici nous
avons empêché les puissants de toujours
d’arriver à leurs fins. Ils n’ont pas réussi à
nous empêcher d’avancer dans la construction
d’un Conseil où il n’y ait plus de place pour
les pratiques corrompues et usées de l’ancienne
Commission. Par contre, il est clair qu’ils
préparent déjà la revanche, qu’ils donneront une
nouvelle bourrade à l’Assemblée générale. Nous
devons rester alertes.
Nous devons oeuvrer dès maintenant pour que le
Conseil des droits de l’homme proclame la
reconnaissance internationale du droit humain à
la diversité culturelle. En notre faveur, nous
avons, en plus, la résolution relative à cette
question qui a été adoptée en décembre par
l’Assemblée générale des nations unies, qui
évoque « l’importance pour tous les peuples et
nations de maintenir, développer, et préserver
leur patrimoine culturel et leurs traditions ».
Excellences,
De Cuba, ma Patrie, qui est sous le blocus et
l’agression depuis plus d’un demi siècle, je
n’en dirai qu’elle y a résisté et résiste et
qu’elle vaincra, car elle a proclamé dans la
voix de Fidel que « sans culture aucune liberté
n’est possible » ; car la Révolution a dit au
peuple : « nous ne te prions pas de croire, mais
de lire ». Car nous avons compris que notre
Patrie est l’Humanité ; et car nous avons
défendu la nation dans un rapport étroit et
indispensable avec l’universel.
Conjuguons nos efforts pour sauver la culture
universelle qui est fondée sur l’authenticité et
la diversité de l’expression la plus élevée de
la création spirituelle et artistique de nos
peuples.
Défendons la mondialisation de la diversité.
Réclamons le respect des droits des minorités,
des exclus, des marginalisés.
Condamnons manifestement l’irrespect de la
diversité culturelle et les conceptions racistes,
discriminatoires et xénophobes portant sur la
supériorité de races, cultures et nations, qui
ont fait les causes essentielles de coûteux
conflits tout au long de l’histoire, et dont la
réapparition nous devons éviter.
Promouvons le dialogue des cultures et des
civilisations, et opposons-nous énergiquement au
prétexte du prétendu « choc des civilisations »,
auquel font appel ceux qui menacent la paix et
la sécurité de nos peuples.
Travaillons en vue de mettre en oeuvre des
politiques culturelles qui défendent nos
identités nationales et qui protègent notre
patrimoine.
Cuba comprend que le défi que nous avons devant
nous est grand, et que des efforts et, notamment,
de l’engagement politique seront nécessaires
pour pouvoir mener à bout des actions concrètes
qui apportent la teneur des dispositions que
nous prendront à cette réunion Ministérielle.
Mais nous sommes optimistes, et nous faisons
confiance à la force de l’unité, à la richesse
de notre diversité, et à la volonté commune de
nous battre pour notre droit à un monde de paix
et de justice pour tous.
Défendre aujourd’hui la diversité culturelle
équivaut à défendre notre droit à assurer
l’avenir de l’humanité.
Dans cette lutte, comme dans bien d’autres qui
poursuivent la revendication des aspirations des
peuples du Sud, le Mouvement des pays non
alignés peut compter sur Cuba.
Je vous remercie
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