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A CUBA, LE RENDEMENT DE L’ENERGIE SOLAIRE EST DE
5 KWH AU METRE CARRE
PAR GABRIEL MOLINA
EMIR Madruga, le gérant d’Ecosol, voit dans
l’énergie solaire l’élément stratégique
fondamental du développement durable.
«Chaque mètre carré de sol cubain reçoit
quotidiennement une quantité d’énergie solaire
équivalant à un demi kilogramme de combustible
fossile, soit 5 KWh d’énergie électrique. Cette
quantité est pratiquement invariable tout au
long de l’année et sur tout le territoire
national», a-t-il déclaré à Granma
international.
«Grâce à l’expérience acquise lors des
installations montées à titre de démonstration,
mais aussi à l’infrastructure créée par
Copextel pour le design, le montage et
l’entretien et aux efforts consentis par
l’industrie électronique dans la production de
panneaux, le pays a pu répondre à des besoins
pressants d’électrification concernant des
objectifs sociaux et économiques situés dans des
lieux non reliés par le réseau.»
«Le Programme d’électrification photovoltaïque a
été appliqué aux logements-consultations des
médecins des familles dans les montagnes et les
zones rurales profondes (plus de 400
installations fonctionnent actuellement), mais
aussi aux hôpitaux de montagne, aux écoles en
régime d’internat, aux cercles sociaux et aux 2
364 écoles primaires dotées d’abord de
téléviseurs et de magnétoscopes dans le cadre du
Programme d’enseignement audiovisuel et de la
Bataille des idées, puis d’ordinateurs, enfin à
plus de 1860 salles collectives de télévision,
véritables centres d’universalisation de la
culture, et aux écoles secondaires. Tous les
bénéficiaires confirment l’efficacité de cette
formule d’électrification.»
«D’autres applications récentes occupent une
place prépondérante au niveau international»,
ajoute Madruga.
«On enregistre des progrès dans
l’électrification d’environ 200 logements dans
des zones très isolées de Yateras et de San
Antonio del Sur, dans la province de
Guantanamo.»
Le spécialiste d’ECOSOL confirme que «les
systèmes photovoltaïques sont très compétitifs
dans les lieux qui ne sont pas reliés au Système
électro-énergétique national (SEN). Les
avantages fondamentaux de ce système sont son
autonomie et sa grande fiabilité de
fonctionnement.
«La transformation directe de la radiation
solaire en électricité par conversion
photovoltaïque est sans doute son mode
d’utilisation le plus fréquent. Son
développement international soutenu affiche une
croissance de 33% par an sur les cinq dernières
années. Fin 2004, plus de 2510 MW installés,
dont près de 90% dans les pays industrialisés.
Dans des conditions spécifiques, on commence à
monter rapidement des systèmes reliés au réseau.
La préoccupation généralisée pour la protection
de l’environnement commence à peser sur les
législations énergétiques des pays
industrialisés, et la connexion au réseau de
systèmes photovoltaïques devient de plus en plus
fréquente. Dans un premier temps, on a monté des
centrales photovoltaïques de grandes dimensions.
Avec le développement de l’électronique on a
conçu des systèmes de plus en plus petits et
faciles à manier, qui fonctionnent comme de
petites centrales domestiques, totalement
adaptables à des logements électrifiés de
manière conventionnelle. Les coûts
d’investissements et de fonctionnement sont
ainsi réduits et le rendement augmente.
«Comme en Allemagne, au Japon et ailleurs, les
injections au réseau pourraient compléter
efficacement le système électrique national et
en assurer la stabilité, à partir d’un programme
qui développerait cette application de manière
accélérée dans le pays. Compte tenu des
perspectives qu’ils offrent, à moyen terme les
systèmes de connexion au réseau devraient
constituer le secteur où la demande de panneaux
photovoltaïques sera la plus grande.
« Les systèmes hybrides s’utilisent de plus en
plus en raison de leur haute fiabilité, de
l’entretien qui est minimal, de la demande
infime ou nulle de combustible et de la
réduction du nombre de batteries requises. Une
autre combinaison acquiert de l’importance:
l’énergie éolienne-photovoltaïque-Diésel. Les
«systèmes intelligents» de contrôle (qui ont
beaucoup évolué) trouvent un large champ
d’applications dans ces systèmes hybrides.
«Enfin, et ceci est de la plus haute importance,
l’énergie solaire a aussi son mot à dire dans le
transport, et en particulier les autobus, avec
l’utilisation de l’hydrogène produit par des
panneaux solaires et des cellules combustibles.
L’ENERGIE SOLAIRE PEUT ETRE INJECTEE AU RESEAU NATIONAL
Un autre épisode d’électrification de logements
a débuté à la fin de 2003, lorsque Jean-Paul
Roblès, gérant de Total à Cuba, dînait avec des
amis paysans de Viñales. La nuit tomba et comme
il n’y avait pas d’électricité, le repas
s’acheva à la lumière de bougies.
Il raconte à Granma international: «C’est
là qu’il m’est venu à l’esprit que dans ces
conditions, une énergie alternative comme
l’énergie solaire, dans le contexte du
développement durable et des énergies
renouvelables, conviendrait parfaitement aux
logements assez isolés de la région de Viñales.
La région a été déclarée Patrimoine culturel de
l’humanité, et le paysage aurait à souffrir de
la pose de câbles connectés au Système national.
« Total a donné des modules pour une valeur de
43 500 euros. Il a aussi pris en charge les
transports pour les situer au port de La Havane,
selon l’accord avec le PNUD, qui a apporté une
contribution de 24 769 euros, tandis que le
gouvernement de Cuba en versait 7000.
«Le 21 janvier 2006 a été inaugurée la première
phase du projet, qui était déjà opérationnelle
depuis novembre 2005. J’ai alors annoncé au
public présent que mon entreprise, Total, était
d’accord pour travailler à une deuxième phase de
52 maisons. Je me suis adressé à mon entreprise,
mais aussi à la firme financière française Oseor
et à Bouygues, qui fait tou sles hôtels dans mon
pays; c’est ainsi que pour cette deuxième phase
j’ai pu réunir 15 000 dollars.
«Nous sommes maintenant en mesure de lancer le
projet: nous disposons du budget, qui est
d’environ 105 000 dollars, nous avons dressé la
liste des maisons, il ne reste plus qu’à
commencer. S’il n’y a pas de problèmes de
logistique, ce devrait être terminé pour la fin
2006.»
Dans le processus de révolution énergétique que
vit Cuba, les énergies alternatives sont de la
plus haute importance: non seulement elles
permettent d’économiser des hydrocarbures au
moment où les prix montent sur le marché
mondial, mais l’énergie solaire constitue en
outre une source inépuisable et très abondante
sous les tropiques.
Dans le but de connaître des opinions
internationales sur la question de l’énergie
solaire, Granma international est allé
interviewer le gérant de Total:
«L’énergie solaire peut être utilisée de
plusieurs manières, explique Roblès: elle est la
seule source d’énergie dans les endroits non
électrifiés, et elle s’associe aux réseaux
existants ailleurs. Autrement dit, l’énergie
solaire peut alimenter le réseau de distribution
normal, elle peut être un appoint, un renfort
aux heures de pointe.»
«On peut emmagasiner l’énergie et la «verser» au
réseau normal de distribution quand le besoin
s’en fait sentir, ou même alimenter
quotidiennement le réseau normal.»
«Il y a aussi des lieux où le système classique
est difficile à mettre en place et où le coût du
kilowatt devient très élevé. Dans ce cas, on
calcule les besoins réels et on crée la capacité
correspondante. C’est ce qui a été fait à la
Martinique. Il existe un accord en vertu duquel
Total vend à l’Electricité de France de
l’énergie solaire, qui à la Martinique revient
moins cher que l’énergie normale. Cela se fait
en France et ailleurs. On calcule les besoins,
et on crée les capacités.»
Roblès estime que l’énergie solaire peut être
mise à contribution en cas de cyclones et de
coupures prolongées du système classique.
L’énergie s’accumule, les panneaux sont faciles
à monter et à démonter, on peut produire de
l’électricité avant et après le passage du
cyclone sans danger.
Par exemple, vous alimentez avec de l’énergie
solaire les ampoules de tout un immeuble, ou un
hôpital avec tout l’équipement requis dans ces
institutions en cas de première urgence.
«Sans aucun doute, un hôpital entier peut
fonctionner à l’énergie solaire. Il faut faire
les calculs et multiplier le nombre de panneaux
en fonction des besoins de consommation pour
être en mesure de les couvrir, de fournir toute
la puissance requise.»
En ce qui concerne les coûts, le représentant de
Total signale que par rapport à l’alimentation
électrique à base de pétrole, l’investissement
initial est plus élevé, mais il n’y a pas de
problèmes d’entretien, ni de panne, ni surtout
de combustible qui est toujours disponible. Le
soleil, c’est la source la plus sûre et la plus
pure. Dans le cas de Viñales, il a signalé qu’en
alimentant l’éclairage, les moyens modernes de
communications, le téléviseur et le récepteur de
radio, l’investissement a été de 1 925 USD par
logement.
Les systèmes photovoltaïques connectés au réseau
UN système photovoltaïque connecté au réseau
consiste essentiellement dans un générateur
photovoltaïque couplé à un inverseur qui opère
parallèlement au réseau électrique
conventionnel. L’injection au réseau a un large
éventail d’applications, depuis les petits
systèmes de quelques kilowatts de puissance
installée à des centrales de plusieurs
mégawatts. Le générateur photovoltaïque capte la
radiation solaire et la transforme en énergie
électrique; au lieu de l’emmagasiner dans des
batteries, comme dans les systèmes isolés ou
hybrides, on la «verse» directement au réseau de
distribution. Ces deux fonctions sont réalisées
par un inverseur de courant direct à courant
alternatif spécialement conçu pour cette
application. Le générateur photovoltaïque ou les
panneaux peuvent être fixés aux toits ou aux
façades des immeubles, ou encore à des
structures spéciales.
Voici quelques-uns des avantages de ces
systèmes:
La génération et la consommation se produisant
au même endroit, on élimine les pertes de
transmission (de 8 à 12 %) et de distribution
(de 16 à 22%) de l’énergie électrique.
L’installation est facile et rapide, sur tout
immeuble ou aire bien exposée aux rayons
solaires, sans obstacles ni ombres projetées par
d’autres constructions, sans consommer plus
d’espace que n’en consomme déjà l’immeuble en
milieu urbain.
Il n’y a ni contamination ni effets nocifs.
Les modules permettent de procéder à un
investissement progressif.
Les coûts d’opération et d’entretien sont
infimes par rapport à ceux des centrales
thermoélectriques.
La plupart des panneaux photovoltaïques produits
aujourd’hui sont connectés au réseau, depuis des
toits et des façades solaires, avec des
puissances allant de quelques kWp à des dizaines
de MWp. Cela suppose un énorme potentiel pour
l’industrie énergétique.
(Granma) 14-07-2006
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