|
Professeurs, constructeurs, travailleurs, étudiants, parents et
invités,
Nous allons voir comment se déroule ce rassemblement, car les
rassemblements dans les stades ou autres endroits semblables à celui-ci, comme
les gradins de ce colisée, sont toujours compliqués. Il y ceux qui sont
derrière, d’autres sur les côtés et lorsque il y a quelqu’un qui dit: "On
n’entend pas", ça commence à devenir tragique.
Hier (Exclamations de: "Ici, on n’entend pas")...Bon, je m’en
vais et je vous parle à la télévision (Exclamations de: "Non"). Faites un petit
effort. Vous, qui semblez être les plus affectés, ayez un peu de patience et
contribuez à ce qu’il y ait de l’ordre (Exclamations de: "Ça s’entend, ça se
sent, Fidel est présent").
J’allais vous dire qu’hier était une journée tranquille. Nous
nous préparions pour deux événements importants: tout d’abord, la réinauguration
de l’école et du cours scolaire énormément important qui commençait avec cette
masse d’étudiants. Par ailleurs, nombreux étaient les compatriotes qui
attendaient les nouvelles des résultats du prix Granmy, auquel participait une
nombreuse délégation d’artistes cubains.
Notre seule préoccupation, lorsque nous sommes partis tard hier
soir, était s’il allait ou non pleuvoir à l’école au moment de l’inauguration,
car ces jours derniers se sont caractérisés par les fortes averses plus ou moins
à cette heure-ci. Nous avons donc pris la précaution de prévoir un autre endroit
pour inaugurer, de toute façon, le cours et réinaugurer l’école.
Tout était prévu et heureusement que nous l’avons fait, car
dans la zone de l’école avec tout ce qu’il a plu aujourd’hui, elle doit être
inondée d’eau et de boue, même si un endroit spécial avait était préparé pour ce
rassemblement avec mille deux cents personnes des élèves, parents, invités,
travailleurs et voisins de la zone.
Bien, alors que nous nous reposions à peine, des nouvelles
commençaient à arriver sur des faits graves qui se produisaient aux Etats-Unis
–à part cela, un jour bien couvert et pluvieux ici- ; ces nouvelles avaient et
ont une grande importance. La première mesure fut de demander à l’ICRT de
transmettre, de manière rigoureusement exacte, en utilisant les programmes des
chaînes nord-américaines elles-mêmes, les nouvelles de tout ce qui se passait,
et ensuite d'attendre.
Nous ne pensions, ni ne pouvions annuler ce rassemblement,
malgré la tension internationale créée par les événements. Je suppose que vous
les connaissez, mais, en essence, vers 9h 00 du matin, un Boeing s’est écrasé
directement contre l’un des immeubles des célèbres tours de New York, un des
immeubles les plus hauts du monde, formé par deux tours. Naturellement, cette
tour s’incendie avec le combustible de ce grand avion. Des scènes terribles sont
passées, et 18 minutes plus tard un autre avion, d’une compagnie
nord-américaine, attaque et se précipite directement contre l’autre tour.
Presque simultanément, quelques minutes plus tard, un autre
avion s’écrase contre le Pentagone. Les nouvelles commencent à arriver, au
milieu d’une certaine confusion, d’une autre bombe face au Département d’Etat et
d'autres faits alarmants. Bien sûr, je n’ai mentionné que les plus
importants.
De toute évidence, le pays avait été victime d’une attaque
violente et par surprise, d’une attaque inattendue, inusitée, quelque chose de
vraiment insolite, qui a donné lieu à des scènes impressionnantes, surtout
lorsque les tours étaient en feu et, ensuite, lorsqu’elles se sont écroulées,
avec leurs 100 étages, sur des immeubles proches, en sachant que des dizaines de
milliers de personnes y travaillaient dans des bureaux qui représentaient de
nombreuses compagnies de différents pays.
Il est logique que ces événements aient provoqué une commotion
aux Etats-Unis et dans le monde. Les bourses ont commencé à s’écrouler et, étant
donné l’importance politique, économique, technologique et le pouvoir des
Etats-Unis, le monde était aujourd’hui bouleversé par ces événements qu’il a
fallu suivre de près toute la journée, alors que pour notre part nous
maintenions l’attention sur les conditions et les circonstances dans lesquelles
allaient se tenir ce rassemblement.
Par conséquent, il y avait deux sujets: l’école et son
important cours, et la catastrophe politique et humaine qui s’est produite,
spécialement à New York.
Je parlerai d’abord de l’école.
Je dois tout d’abord dire que les constructeurs ont fait un
effort énorme et ont pratiquement reconstruit l’école, en quelques mois. Jamais
une tâche de cette ampleur n’avait été faite en un temps si bref.
La directrice a expliqué que cette école s’était énormément
détériorée. Elle a souffert toute la période spéciale et ensuite elle s’est
convertie en gîte de centaines de familles. Je l’ai visitée un jour et elle ne
ressemblait en rien à l’école que nous avions inaugurée le 5 décembre 1974 en
tant qu’école de formation d’instituteurs du primaire pour la capitale. Durant
les quatorze ans qu’elle a fonctionné comme telle, elle a formé des dizaines de
milliers d’instituteurs. Elle a ensuite joué d’autres rôles importants de
formation, elle fut convertie en faculté d’enseignement supérieur, mais la
période spéciale est survenue et avec elle, toutes les difficultés.
La situation de l’enseignement primaire dans la capitale ne
connaissait pas alors la pénurie d’instituteurs qu’elle connaît actuellement.
Une crise vraiment sérieuse, que nous pouvons définir ou signaler par le fait
que cette année il n’y a eu que 37 instituteurs diplômés.
La capitale connaissait la pire situation dans le pays, de
manière que 80 p. 100 des élèves étudiaient dans des classes de 30, 35, 40, 45
et quelquefois jusqu’à 50 élèves. Il y avait près de 400 classes de 40
élèves.
Comme il est logique cela se reflétait dans l’enseignement. La
capitale était bien au-dessous de certaines provinces comme Santiago de Cuba et
autres. La situation était réellement grave. Il n’y avait plus de vocation, la
vocation pour devenir instituteurs n’existait plus dans notre capitale.
L’état des écoles aussi était critique après 10 ans de période
spéciale et de pénurie de ressources. Les parents conseillaient leurs enfants à
ne pas devenir instituteurs. Les diplômés des Instituts pédagogiques, une fois
leurs études terminées, lorsqu’on leur demandait qu’est-ce-qu’ils voulaient
étudier, choisissaient une autre spécialité; pas instituteurs: moins de 5 sur
100 élèves. Et les autres préféraient être professeurs d'histoire, des
mathématiques, de littérature, de géographie, en fin, près de 12 ou 14 carrières
différentes, mais pas celle d’instituteur.
Cela ne répondait pas aux besoins. Presque tous les élèves de
la Faculté pédagogique de la capitale donnaient des cours dans les écoles
secondaires. Elles pouvaient fonctionner grâce à l’appui des centres
d’enseignement supérieur, et à l’idée surgie, il y a à peine deux ans, de la
collaboration de nombreux étudiants pour y enseigner différentes matières.
Nous étions tombé sous le mythe des vocations et il était
impossible de concevoir un programme d’études où il manquait quelquefois un,
deux ou trois professeurs, ou alors un professeur devait donner des cours à
quatre groupes de 40 ou 50 élèves, je dis quatre, mais quelquefois c’était cinq
ou six, et je connais une excellente directrice d’école qui, à un certain
moment, donnait des cours d’histoire aux 13 groupes de son école.
C’est un sujet important, c’est un défi que nous devons gagner,
que nous avons presque gagné, une bataille que nous avons entrepris en ce qui
concerne le primaire. Maintenant, la bataille est de former, avec les
connaissances appropriées et de manière urgente, des milliers d’instituteurs du
primaire pour la capitale de la République et de réduire le nombre d’élèves par
classe au maximum à 20. Cette question a été abordée le premier septembre, il y
a à peine un an, et il a été accordé de la résoudre au mois de septembre 2002.
Cela semblait impossible.
La question fut analysée en profondeur. On a visité les 8 080
instituteurs qui durant la période spéciale, conjointement aux quelques nouveaux
instituteurs diplômés, ont supporté héroïquement le poids de l’éducation
primaire dans notre capitale.
Les établissements étaient, comme je l’ai dit, dans une
situation terrible et, dans la mesure où nous examinions le problème à fond,
nous avons compris la nécessité de procéder et de concevoir un programme urgent,
en vue de réparer les 659 écoles primaires et secondaires de la capitale. Nous
pensions que cette tâche prendrait au moins trois ans, mais quelques mois après
nous inaugurions la 100ème école. A ce moment, nous pensions qu’il nous fallait
deux ans encore pour réparer les autres, mais très prochainement nous
inaugurerons la 200ème, alors que plus de 100 écoles sont en phase de
restauration.
Je ne veux pas employer du temps à m’étendre sur ces détails,
car nous en aurons l’occasion au moment de la reinauguration de la 200ème école.
Ce qui est important c’est que en septembre prochain les 659 écoles seront
entièrement restaurées, comme elles ne l’ont jamais été, pas même avant la
période spéciale, ni en tout autre période, car elles seront restaurées et
remises à neuf toutes ensemble. Les problèmes d’eau courante seront résolus.
Nombreuses sont celles qui avaient de grands problèmes, certaines n’avaient pas
d’eau courante ce qui était terrible pour les toilettes et pratiquement aucun
appareil de réfrigération ne fonctionnait. En fin, je ne veux pas répéter, tout
le poids de la période spéciale et de nos pénuries retombait sur ces écoles et
un effort exceptionnel était nécessaire.
J’ose vous assurer ici qu’en septembre prochain les 659 écoles
seront restaurées. Il s’agit d’un travail sérieux, mais tout ce qui a déjà été
fait avec une grande discrétion, allait de pair avec la création de capacités
pour 20 000 jeunes étudiants dans cette province et dans d’autres, des capacités
pour former tous les instituteurs; pour la formation de 7000 travailleurs
sociaux –parmi les cours importants- ; pour la préparation des professeurs
d’informatique pour les élèves du primaire. Ceux qui allaient faire ces cours
dans le secondaire se trouvaient en phase de préparation au moment où nous avons
pris la décision, bien méditée, d’introduire l’enseignement de l’informatique
depuis l’âge de 5 ans, c’est-à-dire depuis la maternelle.
Il y a d’autres écoles importantes que je ne mentionne pas. Un
effort énorme a été consenti avec peu ou aucune publicité, en vertu de la
nouvelle méthode, --disons, peu de promesses et beaucoup de faits-- pour
inaugurer les installations. Quelquefois une école est inaugurée en
représentation de 15 autres, comme ce fut le cas de l’école d’instructeurs d’art
inaugurée à Santa Clara, alors que ces écoles fonctionnaient déjà dans tout le
pays avec 4 000 élèves.
Voilà de grands efforts faits en cette période de la bataille
d’idées, justement quand cette lutte est commencée il y a plus de 21 mois lors
de l’enlèvement du petit Elian Gonzalez.
Le mérite des ouvriers est grand. Un bon nombre d’entre eux
sont venus d’autres provinces de l’est du pays, de Camagüey, de toutes parts.
Ils ont travaillé sans trêve avec le maximum de qualité possible, même si nous
savons tous que lorsqu’un ouvrage est fini et utilisé immédiatement, parce que
nous n’avons pas de temps à perdre, il reste toujours des bricoles à faire, une
tuyauterie qui ne résiste pas, un toit qui filtre. C’est pourquoi il a été
établi que dès qu’il y ait un détail, une filtration, un problème quelconque,
celui-ci doit être réparé immédiatement. Tout cela a été conçu et organisé
ainsi.
Il se peut qu’à l’école on doive encore faire certaines
réparations, et je sais que vous êtes déjà en train d'en faire quelques unes
suite aux fortes pluies mais le cours devait commencer sans perte de
temps.....Bon, nous avons perdu quelques jours, nous avons perdu sept jours!
Mais nombreux élèves sont déjà installés à l’école, mais n’ayez crainte, ne
désespérez pas car un bon nombre d’ouvriers vont rester précisément pour se
charger des petits problèmes qui puissent surgir, et de tous les détails qui
restent encore à faire dans cette école et dans toutes les autres. Aujourd’hui
nous inaugurons celle-ci –et je dis celle-ci parce que je pense que nous sommes
là-bas, à l’école- et une autre pour la formation urgente de 1 000 infirmières
sera inaugurée dans quelques jours, car nous avons aussi un déficit
d’infirmières dans notre capitale. Il faut résoudre ce problème et le résoudre
bien.
La tâche des infirmières est dure, surtout lorsqu’il faut faire
des gardes de nuit.
Quelle est la signification de ces écoles, de ces cours?
Conjointement aux deux cours pour la formation d'instituteurs à l’école de
Melena, qui ont été un exemple exceptionnel de pédagogie, car chacun des cours
comptait 501 élèves et il n’y a pas eu une seule désertion, ni dans le premier
ni dans le deuxième. Dans le premier cours, deux élèves ne réunissaient pas les
connaissances et l’expérience nécessaire pour réussir, mais tous les élèves ont
passé le deuxième cours. L’école a acquis un grand prestige et maintenant tout
le monde veut y aller. Cette fois-ci il a fallu ajouter quelques lits pour
augmenter la capacité d'accueil, car il n’y avait pas manière de refuser un
groupe de huit ou neuf élèves qui voulaient à tout prix y étudier.
Les méthodes qu'on y a utilisé avec les jeunes sont, à mon
avis, correctes. Il faut parler avec eux, discuter, les écouter, connaître leurs
problèmes, essayer de savoir quelles sont leurs besoins et leurs désirs dans la
mesure du possible. Chacun de ces cours, nouveaux et variés, formera ces élèves
pour travailler, s’il s’agit d’un instituteur, aux côtés d’un autre diplômé
jouissant d’une grande expérience, et dans le cas d’une infirmière, aux côtés
d’une diplômée.
Chacun de ces jeunes aura un professeur et après il entrera
automatiquement à l’université, pourra choisir une carrière. Il aura un choix de
huit, neuf, dix ou quinze carrières différentes et des possibilités réelles,
mais ces jeunes sont éduqués dans la conscience des nécessités du pays au moment
de choisir. J’ai connu un nombre de jeunes qui ne pensaient pas devenir
instituteur et cependant à partir des possibilités qu'ils ont et leurs
familiarités avec différentes spécialités ils ont changé d'avis. D'où le nombre
de ceux qui choisissent définitivement cette carrière s’est énormément
accru.
Le 6 septembre dernier, nous avons longuement débattu si
l’engagement pour cinq ans était suffisant, mais nous ne demanderons et
n'accepterons pas que les élèves des deux premiers cours d’instituteurs
s’engagent pour huit ans. Nous avions dit cinq ans, et ce sera cinq. Nous
tiendrons notre parole. S’il faut procéder à un changement, et nous avons fait
des modifications, nous le ferons avec les nouveaux élèves.
Les études vont être intenses, car si un jeune choisit une
autre carrière complémentaire, et il peut le faire depuis ce mois de septembre
–nombreux sont déjà inscrits-, cela leur demandera un effort spécial, car s’il
étudie par exemple sociologie, ce jeune doit acquérir plus de connaissances
pédagogiques, au moins durant trois ans, il bénéficiera d’un professeur
particulier comme tuteur et en même temps il enseignera. Donc chaque jour il
aura plus d’expériences et de connaissances.
L’organisation des jeunes travaille déjà pour un engagement de
huit ans au total, indépendamment de l'autre carrière que vous choisirez. Vous
enseigneriez donc pendant huit ans, bien que vous seriez diplômés dans la
carrière choisie en cinq ans. Vous continueriez si vous voulez approfondir les
études et faire une maîtrise, par exemple. Vous enseignerez huit ans au lieu de
cinq. C'est indispensable pour ce que nous voulons faire.
Je sais que vous avez manifesté une excellente volonté, mais
nous tenons chaque engagement que nous prenons avec un jeune, et nous respectons
toutes les possibilités que nous leur offrons. Le sérieux et l’accomplissement
de notre parole est une question d’honneur. C’est une pratique que nous devons
suivre car souvent nous demandons une coopération pour 20 jours et ensuite nous
disons qu'il faut cinq jours de plus, et encore cinq.
Il y a quelques semaines, plus de 5 000 étudiants, organisés en
Brigades universitaires de travail social, ont visité pratiquement toutes les
familles de la capitale pour mener une enquête sociale et d’intérêt pour la
communauté, allant des services de l’hôpital, à la pharmacie et à l’école. Ils
étaient ouverts à tout autre thème. Nous n’en avons pas encore parlé, mais ils
ont fait un travail excellent, extraordinaire. D'ailleurs on a aussi travaillé
dans d'autres axes, car nous n'avons pas encore suffisamment de travailleurs
sociaux. Nous ne disposons pas des milliers et il serait bon de dire, des
dizaines de milliers dont nous avons besoin, mais ne parlons pas de tout cela
maintenant car chaque chose en son temps, et nous en parlerons lorsque nous
aurons plus de temps.
Nous avons vu chez ces jeunes une force, un enthousiasme, une
discipline et un esprit comme nous n’avions jamais constaté auparavant.
Pour ces 3 500 élèves,–certains chiffres précisaient 3 500 et
d’autres 3 599, c’est une petite différence que l’école pourra assumer--, se
sera, selon ce qui est prévu jusqu’à présent, le dernier cours de formation
d’instituteurs émergents, comme on les appelle. Le 6 septembre dernier, jour de
l’ouverture officielle de l'année scolaire, la qualité de ces instituteurs de
formation émergente a été évidente. Ils ont répondu, avec une éloquence que je
n’avais jamais vue chez des si jeunes gens, à la crainte de ne pas avoir la
capacité suffisante pour s'acquitter de leur tâche qu'ils n'ont pas laissé des
doutes sur leur capacité d’accomplir leurs devoirs en tant qu’étudiants et
instituteurs. Il faut attribuer cela aux cours reçus, au niveau culturel et
politique de notre population, et à tout ce qu’ils ont appris durant ces 21 mois
de bataille d’idées.
Il est impressionnant et presque impossible d’imaginer ce que
seront les jeunes, de ce même âge et avec ce même niveau à l’avenir, avec tous
les cours qui il y a dans le pays! Dans la capitale, chaque salle de classe aura
son poste de télévision, et dans trois municipalités de la capitale, --des
municipalités peuplées d’ouvriers pour la plupart-- : Diez de Octubre, Arroyo
Naranjo et San Miguel del Padrón on a déjà introduit l’enseignement de
l’informatique. Les autres vont tarder un peu plus. Dans les trois municipalités
mentionnées il y aura 149 professeurs des Joven Club venus de différentes
provinces. En ce moment, 1 250 jeunes se préparent pour recevoir 800 heures de
cours, --près de trois fois plus d'heures dont ils ont besoin-- mais ce qui nous
intéresse c’est la discipline et la conscience qu'ils prendront à l’école. Ils
seront prêts en mars. Le 1er mars nous aurons tous ces jeunes professeurs,
pleins d’enthousiasme, qui pourront ensuite suivre une des trois carrières
relatives à l’informatique. C’est pour cette raison que La Havane sera la
dernière ville à avoir cent pour cent des élèves du primaire suivant des cours
d’informatique.
Il y a beaucoup d’idées sur ce point, beaucoup de programmes,
beaucoup de plans, associés à un niveau d’enseignement et de préparation
incomparablement supérieur, et disposant des moyens techniques les plus
modernes, qui situeront notre pays, en matière d’éducation primaire, secondaire,
comme le pays le plus avancé du monde et l’éducation est très importante.
L’éducation c’est l’avenir.
Ensuite, lorsque ce cours-ci aura terminé, nous avons des
programmes ambitieux relatifs à un renouveau de l’enseignement secondaire, et
ces programmes nous les appliquerons dans l’école que nous réinaugurons
aujourd’hui avec une capacité totale de 4 500 élèves.
Durant cette étape, nous avons eu le privilège de connaître un
nombre incroyable de personnes d'une grande valeur, compétentes, patriotiques,
des gens de parole, qui contribuent à expliquer comment ce pays a résisté plus
de quarente ans de blocus et, surtout comment il a résisté avec tant d’héroïsme,
tant d’honneur et tant de patriotisme les dix terribles années de la période
spéciale que nous avons vaincu, mais que nous n’avons pas encore entièrement
vaincu.
Il est merveilleux et encourageant de voir tout ce qui peut se
faire et ce que notre peuple pourra faire à l’avenir, - ce qu’il fait déjà- et
non seulement dans le domaine de l’éducation, mais aussi dans celui de la
culture, dans le social, en développant des méthodes et formant des
professionnels pour réaliser ce travail énorme.
J’ai fini la partie cubaine. J’ai essayé d’être bref, car je
suis obligé d’employer le temps qui me reste pour parler de la situation
internationale qui s’est déclenchée au cours des dernières heures.
Aujourd’hui est un jour tragique pour les Etats-Unis. Vous
savez parfaitement qu’ici nous n’avons jamais semé la haine contre le peuple
nord-américain. C’est peut être précisément par sa culture et par son manque de
complexes que Cuba se sent entièrement libre, une patrie sans maître, le pays où
l’on traite avec le plus de respect les citoyens nord-américains. Nous n’avons
jamais prêché aucune sorte de haine nationale, ni rien de semblable au
fanatisme, c’est pour cela que nous sommes si forts, car notre conduite est
fondée sur des principes et des idées, et nous traitons avec grand respect –et
ils s’en rendent compte- tous les citoyens nord-américains qui visitent notre
pays.
Nous n’oublions pas le peuple nord-américain qui mit fin à la
guerre du Vietnam en s’opposant à cette guerre génocide. Nous n’oublions pas le
peuple nord-américain qui, en un nombre supérieur à 80 p. 1000, appuya le retour
du petit Elian à notre pays. Nous n’oublions pas combien d’idéalisme, souvent
perturbé par la tromperie, car, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises,
pour mener un Nord-américain à soutenir une cause injuste, une guerre injuste,
il faut d’abord le tromper et la méthode classique utilisée au niveau de la
politique internationale de cet énorme pays est celle de tromper d’abord pour
compter ensuite sur l’appui de la population. Lorsque l’inverse se produit et le
peuple découvre une injustice, de par sa tradition d’idéalisme, il s’oppose à
tout ce qu’il a appuyé, bien souvent des causes très injustes, convaincu qu’il
soutenait une cause juste.
C’est pourquoi –bien que ne sachant pas le nombre exact, mais
ayant vu des scènes impressionnantes de souffrance et de possibles victimes-
nous avons ressenti une douleur et une tristesse profondes à l’égard du peuple
nord-américain, fidèles à la ligne que nous avons toujours suivi.
Nous n’adulons pas les gouvernements, nous ne demandons pas
pardon, ni faveurs, nous n'hébergeons pas un seul atome de crainte dans nos
poitrines. L’histoire de la révolution a prouvé combien elle est capable de
relever un défi, combien elle est capable de lutter, combien elle est capable de
résister ce qu’elle ait à résister, ce qui nous a converti en un peuple
invincible. Ce sont là nos principes, une Révolution basée sur des idées, sur la
persuasion et non sur la force. J’espère qu’il n’y ait pas un fou dans ce monde
capable de dire que 1 200 000 citoyens ont défilé le 26 juillet dernier obligés,
par la force.
Cela a été notre réaction et nous avons voulu que notre peuple
voit les scènes et la tragédie. Nous n’avons pas hésité à exprimer publiquement
nos sentiments. J’ai ici une déclaration qui a été remise à la presse
internationale aux environs de 15h00, élaborée aussitôt les faits connus, tandis
que notre chaîne de télévision diffusait les événements. Elle sera communiquée à
notre peuple aux informations de ce soir.
Je vais vous l’avancer de quelques minutes, et vous lire la
Déclaration officielle du gouvernement de Cuba, face aux événements qui ont eu
lieu aux Etats-Unis.
"Le gouvernement de la République de Cuba a appris avec douleur
et tristesse les nouvelles sur les attaques violentes et par surprise réalisées
ce matin contre des installations civiles et officielles à New York et à
Washington et qui ont causé de nombreuses victimes.
"La position de Cuba contre toute action terroriste est bien
connue" –notre histoire le prouve, et tous ceux qui connaissent l’histoire de
nos luttes révolutionnaires le savent parfaitement. "Il ne faut pas oublier que
notre peuple a été victime, durant plus de 40 ans, de telles actions,
encouragées depuis le territoire même des Etats-Unis.
"Aussi bien pour des raisons historiques que par des principes
éthiques, le gouvernement de notre pays refuse et condamne énergiquement les
attaques commises contre ces installations et exprime ses condoléances les plus
sincères au peuple nord-américain pour les pertes, douloureuses et
injustifiables, de vies humaines que ces attaques ont provoqué.
"En cette heure amère pour le peuple nord-américain, notre
peuple se solidarise avec le peuple des Etats-Unis et exprime sa totale
disposition à coopérer, dans la mesure de ses modestes possibilités, avec les
institutions sanitaires et avec toute autre institution à caractère médical ou
humanitaire de ce pays, aux soins et à la réhabilitation des victimes causées
par les faits qui ont eu lieu ce matin".
Cette déclaration a été non seulement rendue publique, mais
elle a été transmise par voie officielle cet après-midi, spécialement lorsqu’on
a calculé un nombre impressionnant de possibles victimes et lorsque nous avons
appris que les hôpitaux étaient pleins de blessés.
Même si l’on ne sait pas encore si les victimes sont au nombre
de 5 000, 10 000, 15 000, 20 000, l’on sait que seulement dans les avions qui se
sont écrasés contre les tours et contre le Pentagone, il y avait des centaines
de passagers, et nous avons offert ce que nous pouvons en cas de besoin.
Il s’agit d’un pays avec un grand développement scientifique,
médical, qui dispose de ressources, mais il est possible qu’à un moment donné
ils aient besoin de sang d’un certain groupe, de plasma – ou tout autre produit
que nous puissions donner, nous le ferions avec plaisir-, ou alors un appui
médical ou du personnel paramédical, car nous savons que de nombreux hôpitaux
ont un déficit déterminé de techniciens et de professionnels. Enfin, ce que nous
voulions c’était exprimer notre attitude et notre disposition face à ces
événements tragiques.
Tout cela a certains antécédents, car je vous ai mentionné que
nous avions supporté le terrorisme durant plus de quarente ans. Il y a plus,
nous avons publié qu’en certaines occasions nous avons transmis au gouvernement
des Etats-Unis les risques importants que couraient la vie d’un citoyen
nord-américain. J’ai ici un exemple, d'une page et quart.
Dans les jours suivants les attaques terroristes perpétrées
contre nos hôtels par la mafia résidant en Floride, qui organisait et payait
aussi les attaques terroristes contre Cuba, ainsi que les dizaines de plans
d’attentats contre moi chaque fois que je devais voyager à l’étranger, un groupe
de mercenaires avait déjà été capturé au moment d’entrer dans notre territoire
avec le matériel correspondant. Ce groupe était dirigé par le monstrueux Posada
Carriles, et certains de ses complices, mercenaires étrangers qui projetaient
d’utiliser le procédé sophistiqué des bombes qu’ils devraient poser dans les
hôtels ou dans les endroits visités par les touristes étrangers, tels que le
restaurant "La Bodeguita del Medio". Ces bombes pouvaient exploser 99 heures
après avoir été placées. Elles étaient idéales pour les utiliser dans des
avions. Ils pouvaient voyager, poser la bombe dans l’avion, faire la fête
pendant trois jours et rentrer chez-eux avant que la bombe n’explose. Il y a eu
le cas de ce mercenaire salvadorien qui visait de placer cinq bombes dans des
hôtels et des lieux publics de la capitale pour les faire exploser presque
simultanément, l’une après l’autre. Voyez où nous en étions arrivés.
Plus d’une fois nous avons communiqué par voies confidentielles
avec le gouvernement des Etats-Unis et il y a ici un des messages directs au
président du pays à ce moment-là –messages par voies confidentielles, nous
n’allons pas dire comment, par le biais des personnes de toute notre confiance,
qui sont nos amis et qui étaient aussi les siens, auxquelles nous expliquions
exactement ce que nous voulions communiquer. Nous avons déjà utilisé une partie
de ce document, mais je vais citer textuellement un exemple:
"Une question importante.
Numéro Un: Des plans d’actions terroristes contre Cuba se
maintiennent, payés par la Fondation nationale cubano-américaine en utilisant
des mercenaires centre-américains. Deux nouvelles tentatives de faire exploser
des bombes dans nos centres touristiques, avant et après la visite du Pape, ont
eu lieu.
"Dans le premier cas les responsables ont réussi à s’échapper,
en retournant par avion en Amérique centrale, sans parvenir à leurs objectifs et
en laissant derrière eux les moyens techniques et les explosifs, qui furent
confisqués.
"Trois mercenaires ont été arrêtés lors de la deuxième
tentative. Les explosifs et autres moyens ont été confisqués. Ils sont de
nationalité guatémaltèque. Ils devaient recevoir 1 500 dollars pour chacune des
quatre bombes qui devaient exploser" –ils ont été les premiers capturés, mais
ils ne sont pas ceux qui avaient posé le plus grand nombre de bombes.
"Dans les deux cas, ces mercenaires ont été engagés et
recevaient tous les moyens des agents du réseau créé par la Fondation nationale
cubano-américaine. Maintenant ils se préparent pour faire exploser des bombes
dans des avions des compagnies aériennes cubaines ou d’autres pays qui
transportent à Cuba des touristes depuis l'Amérique latine.
"La méthode est similaire: déposer le dispositif de petite
taille dans un endroit caché de l’avion, un explosif puissant, dont le
détonateur est contrôlé par une montre digitale qui peut être programmée 99
heures à l’avance, quitter l’avion normalement à sa destination et l’explosion
se produirait postérieurement à terre ou en plein vol. Des procédés
véritablement diaboliques: des mécanismes faciles à monter, des composants
pratiquement impossibles de découvrir, et un entraînement minimum, une impunité
quasi totale. C'est extrêmement dangereux pour les lignes aériennes, les
installations touristiques ou de tout autre type; des instruments utilisés pour
commettre des crimes très graves.
"Si l'on rend publique ces procédés" –nous nous opposions à la
divulgation de la technologie utilisée- "ils peuvent devenir une épidémie, comme
il est arrivé il y a quelques temps avec les détournements d’avions. D’autres
groupes extrémistes d’origine cubaine, installés aux Etats-Unis, commencent à
agir dans cette direction.
"Les agences de polices et des renseignements des Etats-Unis
possèdent suffisantes informations dignes de foi sur les principaux
responsables, si elles le souhaitent elles peuvent faire avorter à temps cette
nouvelle forme de terrorisme. Il serait impossible de la freiner si les
Etats-Unis ne s'acquittent pas du devoir élémentaire de la combattre. Cette
responsabilité ne peut retomber uniquement sur Cuba. N’importe quel pays du
monde pourrait être très bientôt victime de tels actes".
Cela nous l’avons informé. Ils y ont prêté attention, à tel
point qu’ils nous ont consulté s’il était opportun d’envoyer un texte au nom du
gouvernement nord-américain aux compagnies aériennes.
Ils ont envoyé un texte dans lequel ils communiquaient aux
compagnies aériennes:
"Nous avons reçu une information non confirmée au sujet d’un
complot visant à placer des explosifs à bord d’avions civils qui opèrent sur
Cuba et sur des pays latino-américains. Les personnes impliquées prévoient poser
un explosif à bord....", enfin, ils expliquent tout ce que nous leur avions
communiqué.
"Nous ne pouvons exclure la possibilité que cette menace puisse
inclure des opérations de fret aérien international depuis les Etats-Unis.
"Le gouvernement des Etats-Unis continue de chercher d'autres
informations pour éclaircir, vérifier ou réfuter cette menace"
Nous leur avons manifesté que nous étions contre la publication
de cet avis, car l’un des objectifs que ces individus poursuivaient, était de
semer la panique, et nous leur avons fait savoir qu’il existait d’autres
procédés, comme ceux que nous utilisons: monter les gardes pertinentes partout
où il y a un risque de placer une de ces bombes, contrôler et identifier qui
pouvait les poser et les personnes qui étaient impliquées à ces plans. Nous
avons surveillé, c’est ce qu’il faut faire si l’on ne veut pas semer la panique,
créer un scandale ou faciliter aux auteurs leurs objectifs; c’est-à-dire
affecter l’économie du pays et semer la terreur.
De toute façon, ils ont publié l’information. Bien, nous avions
déjà renforcé les mécanismes pour capturer les individus et depuis lors ils
n’ont plus pu poser une autre bombe, et l'on maintient la surveillance là où
c'est nécessaire. Lorsqu’ils ont voulu faire l’attentat à Panama, nous en
savions plus qu'eux-mêmes sur ce qu’ils pensaient faire. C’est clair.
La mafia de Miami est là, elle fait des efforts pour libérer
les terroristes surpris in fraganti et arrêtés à Panama. Ils ont déjà
planifié comment le faire, en se faisant passer par des malades, à travers quel
pays ils vont les évacuer et comment.. Ils reçoivent librement des visites de
Miami et ont même participé, il y a quelques mois, à l’envoi d’une infiltration
armée à Cuba par Santa Clara.
Grâce aux nombreux amis que nous avons partout et aux hommes
comme ceux qui sont là (il se réfère aux patriotes cubains prisonniers à Miami
parce qu’ils cherchaient des informations sur les plans terroristes contre
Cuba), le pays a pu se défendre de ce terrorisme.
Je le signale parce qu’il existe une réalité. J’ai par là
d'autres papiers et des notes. Quelquefois nous avons envoyé des messages
verbaux, et en d’autres occasions nous l’avons fait par écrit, et l’un des
arguments que nous avons utilisé est un argument irréfutable: Les Etats-Unis est
le pays qui a le plus grand nombre de groupes extrémistes organisés et dont 400
sont armés.
Les détournements d’avions, méthode inventée contre Cuba,
devinrent un véritable fléau universel, et ce fut Cuba qui en fin de compte mit
fin à ce problème, lorsqu’après l’avoir averti à plusieurs reprises nous avons
rendu aux Etats-Unis deux auteurs de détournements d’avions. C’est douloureux.
Il s’agissait de citoyens cubains, mais nous l’avions averti. Ils sont venus et
nous les avons rendus. Nous avons tenu notre parole. Et ensuite jamais plus nous
n’avons eu de leurs nouvelles, même pas pour leur famille. Ils ont leur façon
d’agir. Qui sait? Je sais qu’ils ont été condamnés à quarent ans de prison, et
c’est ce qui mit fin aux détournements d’avions.
Mais, ils ont 800 groupes extrémistes. Quelquefois ils se sont
enfermés dans un endroit pour une raison quelconque, ils mettent le feu, et tous
sont morts. Il s’agit de groupes qui, pour une raison ou autre, souvent pour des
raisons politiques, quelquefois pour des raisons religieuses, utilisent la
violence. Ils sont partisans de l’emploi de la force ou de la préparation de
poisons pour agir contre les autorités nord-américaines elles-mêmes. Je ne parle
pas de la mafia, je parle de centaines de groupes extrémistes organisés qui
agissent à l’intérieur même des Etats-Unis. Il n’y a pas si longtemps ils ont
fait sauter l’immeuble d’Oklahoma.
Les Etats-Unis sont le pays le plus vulnérable au terrorisme.
Ils sont le pays qui a le plus d’avions, qui dépend le plus de ressources
techniques, de voies électriques, de gazoducs, etc. Les membres de ces groupes
sont souvent des fascistes. Ils n’hésitent pas à tuer. Mentalement ils doivent
être beaucoup plus près de la folie que d’une intelligence équilibrée. Nous
avons dit aux autorités nord-américaines qu’il fallait éviter de diffuser ces
méthodes –nous avons utilisés cet argument-, "elles sont faciles à utiliser,
c’est un danger pour vous".
Au moment même que je suis arrivé ici, il n’y avait aucun
élément permettant d’affirmer qui avait pu perpétrer ces actions, car cela peut
être une action organisée et perpétrée par un de ces groupes, comme à Oklahoma,
ou par des groupes de l’extérieur. Ce qui est évident, d’après les détails que
nous avons, c’est que tout cela a été organisé avec suffisamment d’efficacité et
de synchronisation, propre des personnes qui connaissent, qui ont une
préparation, qui sont capables de piloter des Boeing, qui ont coordonné les
heures exactes à laquelle elles allaient intervenir. Ces personnes ont sans
aucun doute séquestré l’avion dans lequel elles voyageaient, et parmi les
passagers se trouvaient les pilotes capables d'écraser ces avions directement
contre une tour ou un autre objectif à quelques minutes près, et presque en même
temps, lancer un autre avion contre le Pentagone.
Il s’agit de personnes qui ont un certain niveau de préparation
technique, une organisation. Il ne s’agit pas nécessairement de grands groupes.
Vous ne pouvez pas imaginer les dommages que peuvent provoquer des petits
groupes de 20, 25 ou 30 personnes fanatiques ou engagées avec certaines idées.
Et l’endroit où ils peuvent faire le plus de mal c’est aux Etats-Unis. Ils ont
bien étudié l’heure à laquelle il y avait plus de monde dans les bureaux, près
de 9h00, et ils ont bien calculé les dégâts et les milliers de victimes qu’ils
pouvaient causer.
En effet, il faudra chercher des pistes, car ce fait revêt des
caractéristiques spéciales. A mon avis, le plus grand défis que les dirigeants
des Etats-Unis doivent relever c'est la lutte contre le terrorisme, et en bonne
partie, ces tragédies ne sont que la conséquence de l'application des méthodes
terroristes. Dans le cas de Cuba, depuis de longues années, et dans d’autres
pays aussi. Parce que l’idée du terrorisme s'est propagée, et actuellement il
n’existe aucun pouvoir au monde, aussi grand soit-il, qui puisse éviter des
faits de cette nature, car ils sont perpétrés par des personnes fanatiques,
totalement indifférentes à la mort. Donc la lutte contre ces méthodes devient
très difficile.
Nous pouvons en tirer une leçon: aucun des problèmes actuels du
monde ne peut être résolu par la force, il n'y a pas de pouvoir global, de
pouvoir technologique, ni militaire que puisse garantir l’immunité totale contre
des faits de cette nature car ils peuvent être perpétrés par des petits groupes,
difficiles de découvrir, et le plus compliqué, menés par des suicides. D'où
l’effort général de la communauté internationale doit être diriger à mettre fin
à toute une série de conflits dans le monde; à mettre fin au terrorisme mondial;
à créer une conscience mondiale contre le terrorisme. Je vous parle au nom d’un
pays qui a vécu plus de quarent ans de révolution et a acquis une vaste
expérience, d’un pays uni et avec a un bon niveau culturel. Il ne s’agit pas
d’un peuple fanatique, notre peuple n’a jamais semé le fanatisme, mais des
idées, des convictions, des principes.
Nous serions en meilleure mesure de nous défendre, et nous
l’avons prouvé. Combien de vies ont été sauvées, par rapport à tant d’argent et
tant de ressources utilisés pour semer le terrorisme dans notre patrie! Nous
avons quarent ans d’expérience, nous sommes dix fois mieux préparés que les
Etats-Unis pour prévenir de tels actes.
Il est très important de savoir quelle sera la réaction du
gouvernement des Etats-Unis. Des jours dangereux s’annoncent pour le monde, je
ne parle pas de Cuba. Cuba est le pays le plus tranquille au monde, pour
différentes raisons: par notre politique, par notre forme de lutte, par notre
doctrine, par notre morale et, aussi, camarades, par l’absence totale de
crainte.
Rien ne nous inquiète, rien de nous intimide. Il serait très
difficile de monter une calomnie contre Cuba, même pas celui qui l’inventerait y
croirait, c’est très difficile. Cuba n’est pas peu de chose dans le monde, elle
jouit d'une très grande position morale et d'une position politique très solide.
Il ne me vient pas même à l'esprit l’idée...même si un imbécile de la mafia
essaie de fabriquer une intrigue, et je crois qu’il a même essayé d'impliquer le
Venezuela et Cuba dans cette affaire... Il s’agit d’un des nombreux charlatans
méprisables de la mafia. Personne ne va y prêter attention.
Mais il y aura des situations de tensions et de risques, selon
les décisions que prendra le gouvernement des Etats-Unis. Les jours prochains
seront d’une grande tension dans et hors les Etats-Unis. Tout le monde
commencera à émettre des opinions.
Quand une tragédie comme celle-ci se produit, aussi difficile
qu'elle soit d'éviter, et s’il m'est permis de faire une suggestion à
l’adversaire –un adversaire qui a été dur avec nous durant de longues années,
mais qui sait que nous le sommes aussi, qui sait que nous résistons, qui sait
que nous ne sommes pas bêtes, à un adversaire qui peut même ressentir un peu de
respect à l’égard de notre pays-; certes, il existe des problèmes partout, mais
s’il est correct de suggérer quelque chose à l’adversaire, en vue du bien-être
du peuple nord-américain et en utilisant les arguments exposés; nous
suggérerions à ceux qui dirigent le puissant empire de garder leur sérénité,
d’agir avec équanimité, de ne pas se laisser porter par la haine, de ne pas se
lancer à la chasse de personnes en lançant des bombes partout. Je ne vois pas
d'autre voie.
Je réitère qu’aucun des problèmes que confronte le monde, même
pas celui du terrorisme ne peut être résolu par la force, et chaque action de
force, chaque recours irrationnel à la force, où que ce soit, ne ferait
qu’aggraver les problèmes du monde.
La voie à suivre n’est ni la force ni la guerre. Je le dis ici,
autorisé par le fait d’avoir toujours parlé avec honnêteté, de posséder des
convictions solides et d’avoir vécu l’expérience et les années de lutte qu’a
connu Cuba. Seule la raison, la politique intelligente de chercher la force du
consensus et l’opinion publique internationale peuvent mettre fin à ce problème.
Je pense que ce fait insolite devrait servir pour favoriser la lutte
internationale contre le terrorisme. Mais, la lutte internationale contre le
terrorisme ne signifie pas d’éliminer un terroriste ici et un autre là-bas; de
tuer ici et là en employant des méthodes similaires et en sacrifiant des vies
innocentes. Elle signifie, entre autres, de mettre fin au terrorisme d’Etat et
autres formes répulsives de tuer, de mettre fin aux génocides, tout en suivant
loyalement une politique de paix et de respect aux normes morales et légales qui
sont inéluctables. Le monde ne pourra être sauvé que s’il suit une politique de
paix et de coopération internationale.
Que personne ne pense que nous cherchons à acheter une tonne
d’un produit quelconque sur le marché des Etats-Unis. Nous avons largement
prouvé que nous pouvons survivre, vivre et aller de l’avant. Et tout nos
résultats aujourd’hui sont l’expression d’un progrès sans égal dans l’histoire.
L’on n'avance uniquement pas en produisant des voitures, l’on progresse en
développant de l'intelligence, en apportant des connaissances, en créant la
culture, en s'occupant êtres humains comme il faut. C’est là le secret de
l’énorme force de notre Révolution.
Le monde ne pourra être sauvé par d’autres voies, et je me
réfère dans ce cas à la violence. Il faut chercher la paix partout pour protéger
les peuples contre le fléau du terrorisme, qui est un des fléaux, car il existe
aujourd’hui un terrible fléau: le SIDA , il existe d’autres terribles fléaux qui
tuent des dizaines de millions d’enfants, d’adolescents et de personnes dans le
monde: la faim, les maladies, le manque d’assistance médicale et de
médicaments.
Du point de vue politique, il existe des idées absolutistes,
une pensée unique que l’on essaie d’imposer au monde et qui ne provoque que la
rébellion et l’irritation.
Le monde ne pourra être sauvé –et cela n’a plus rien à voir
avec le terrorisme- si l’on continue à développer et à appliquer cet ordre
économique et social injuste qui nous mène vers la catastrophe, vers un chemin
dont ne pourraient échapper les 6,2 milliards habitants de la planète, ni leurs
futurs enfants. Un monde qui va droit à la destruction, à la pauvreté, au
chômage, à la faim et au désespoir. À Seattle, au Québec, à Washington, à Gênes,
des villes déjà historiques, les masses l’ont démontré.
Les leaders les plus puissants de l’économie et de la politique
mondiale ne peuvent pratiquement plus se réunir. Les gens ont chaque jour moins
peur et se soulèvent. Nous l’avons apprécié partout. Je reviens de Durban et j’y
ai vu des milliers de personnes qui appartiennent à des Organisations non
gouvernementales; j’ai pu apprécier que le mécontentement augmente de plus en
plus dans le monde.
Et puisque j’ai parlé de fléaux, il est juste d’en mentionner
un autre. Et les leaders des pays les plus influents sont obligés à trouver une
solution à une situation qui s’aggrave de jour en jour. Il existe une crise
économique sérieuse qui touche maintenant toute la planète. Elle affecte
sérieusement les Etats-Unis, l’Europe, le Japon, les pays industriels du sud-est
asiatique, à l’exception pratiquement de la Chine qui a réussi à maintenir dans
ses réformes économiques, des formes de distribution qui empêchent la faim dans
un pays ayant le plus grand nombre d’habitants sur la Terre et qui n'a que 5 p.
100 de la superficie agricole mondiale. Ce qui prouve que le monde peut encore
être sauvé.
La crise est profonde. Ce sont des nouvelles que nous lisons
tous les jours: sur le fonctionnement des bourses, sur les fluctuations des
monnaies, sur l’accroissement du chômage, sur la réduction de la croissance
économique. Pratiquement personne n’y échappe, sauf le cas mentionné, et il se
peut qu’il y en ait un autre, dû à des circonstances très spéciales.
La crise est profonde. Elle pourrait être pire que celle de
1929. Parce que on a abusé plus qu’en 1929, de la spéculation; des richesses
quasiment infinies mais artificielles ont été créées; la cote des actions en
bourse a été faussée. Il y ceux qui ont investi 1 000 dollars dans une ou
plusieurs actions, et au bout de huit ou neuf ans ces mêmes actions valaient 800
000 dollars. C’est de l’argent imaginaire, et les industries dont les actions
ont rapidement monté ont déjà perdu la moitié de leur valeur.
Nous observons comment les théoriciens et les analystes
inventent des choses, des remèdes vieux et nouveaux pour pallier la crise, mais
ces remèdes ne produisent aucun effet, et reçoivent chaque jour de nouvelles et
de nouvelles surprises. Personne ne peut prédire, mais je vous assure que la
situation est bien complexe pour l’économie mondiale, pour le néolibéralisme,
pour la mondialisation néo-libérale.
Le pouvoir des grandes transnationales est chaque jour plus
grand. Elles sont chaque jour plus indépendantes, elles font ce qui leur plaît
et le pouvoir des gouvernements s’avère chaque jour plus faible pour les
combattre et leur opposer une résistance.
Vous ne pouvez imaginer comment la situation a changé en quatre
mois seulement, depuis le dernier trimestre de l’année dernière jusqu’à ce
mois-ci. Et durant cette année il y a eu des périodes de vent en poupe pour
l’Europe, mais il n’y a plus de vent, le vent ne souffle plus en Europe, il y a
beaucoup de calme ou plutôt une régression due à certains courants marins.
Prenez par exemple le Japon, un pays qui a été capable de se
développer, dont les acquis durant des décennies ont été qualifiés de miraculeux
, confronte à présent des problèmes croissants.
Personne ne peut prédire avec précision ce qui va se passer et
comment ça se passera, même si les faits se produisent de manière quasiment
mathématique. L’économie n’est pas une science exacte, les tendances sont,
cependant, claires et irréfutables. Les prix des produits de base sont
extrêmement bas ce qui crée des situations chaque jour plus complexes. Ils le
savent, et les Européens et leurs stratèges économiques le savent aussi.
Le taux d’intérêt aux Etats-Unis a baissé six fois au cours des
dernières semaines. Il s’agit d’un des mécanismes utilisés pour voir s’il y a
plus d’argent et si les gens achètent plus, pour que les industries produisent
aussi davantage, même si les ressources sont gaspillées.
Il s’agit d’une économie qui nécessite que les gens gaspillent
chaque jour plus d’argent pour survivre. Il ne s’agit pas d’une économie pour
l’homme, mais d’une économie pour soi-même et pour les propriétaires
d’entreprises gigantesques et non pas pour les peuples.
Pour nous qui devons lutter chaque jour avec tous ces
problèmes: savoir si le prix du pétrole a augmenté ou a baissé, si le prix du
sucre a chuté encore un peu plus, est nécessaire. Nous devons avoir une
information quotidienne et détaillée de ce qui se passe dans le monde. C’est
pourquoi nous suivons chaque jour la situation de près.
Très bientôt, au mois de novembre, se tiendra ici une réunion
de nombreuses Organisations non gouvernementales et de représentants des
syndicats pour discuter sur la ZLEA. En décembre, nous tiendrons le Forum de Sao
Paolo, qui réunit des centaines de leaders politiques d’Amérique latine, des
représentants d’organisations chaque jour plus radicales. En janvier, se tiendra
à Rio Grande do Sul un forum international sur la mondialisation néo-libérale,
auquel participeront des dizaines de milliers de personnes. En février, comme
nous le faisons tous les ans, et après la réunion de Rio Grande do Sul, nous
tiendrons notre réunion annuelle des économistes, provenants de différentes
parties du monde.
Nous sommes en contact avec des personnes qui ont une grande
connaissance et qui sont le reflet de l'amertume, du mécontentement et du
désespoir dont je vous ai parlé.
Nous avons beaucoup à faire, et nous le ferons dans la
situation privilégiée que nous avons aujourd’hui. Notre population va recevoir
un million de téléviseurs couleur dans les 24 mois qui suivent. On a déjà
commencé à les distribuer, en accordant la priorité à ceux qui n’en ont aucun.
Le programme "Université pour tous" se perfectionne. Les cours d’informatique,
comme je l’ai dit, se généralisent. Vous verrez l’an prochain que pour un enfant
de six ans l’informatique ne sera pas quelque chose de bizarre, et personne ne
manie mieux la petite souris qu’un enfant de cinq ans, il peut dessiner, faire
des calculs, prendre part à des jeux éducatifs et développer ses
connaissances.
Chaque salle de classe disposera –je vous ai parlé seulement de
La Havane- dans tout le pays d’un téléviseur, et près de 1 000 villages qui ne
sont pas électrifiés auront une salle avec un poste de télévision et une cellule
photoélectrique qui fournira l’énergie nécessaire pour 10 heures par jour,
durant lesquelles les habitants pourront bénéficier des programmes "Université
pour tous", des informations sportives, des nouvelles, des tables rondes, des
tribunes ouvertes. Et tout cela à un coût insignifiant, surtout, si on le
compare aux énormes ressources que le pays doit consacrer aujourd’hui à la
consommation d’énergie, à l’acquisition de l’énergie. C’est aussi pour cette
raison que nous travaillons rapidement sur nos propres zones pétrolières pour
chercher plus de pétrole et plus de gaz.
Plus de 1 000 villages! Il ne restera pas un seul citoyen sans
accès à la télévision, grâce à l’énergie solaire. Il ne restera pas une seule
des 1 944 écoles qui n’ont pas encore d’électricité sans suffisante énergie
solaire pour les ordinateurs. Qui viendra nous parler de justice, dans un pays
qui, malgré le blocus et les crimes commis contre lui, est capable d’avoir dans
toutes ses écoles, quelle ait 20, 5 ou 1 seul élèves –car il y a 21 écoles d'un
élève- un instituteur, deux panneaux solaires et des cours à la télévision et
d'informatique. Les ordinateurs servent à beaucoup de choses, entre autres, à
acquérir et à retenir les connaissances avec une plus grande efficacité.
Il y a une matière dans laquelle nous avons des problèmes:
l’orthographe. Tous les élèves le savent, les élèves du secondaire le savent
lorsqu’ils se présentent à des examens. Mais nos chercheurs pédagogiques ont
développé des programmes pour résoudre le problème de l'orthographe. Il s’agit
d’un CD qui contient tous les détails sur la manière d’éliminer les fautes
d'orthographe et comment apprendre à écrire sans fautes.
De quelle justice parle-t-on dans le monde, de quelle liberté,
de quelle démocratie alors qu’on ne pose aucune question au citoyen, alors qu’un
pays peut être vendu sans consulter le congrès, ou alors qu’un ministre peut
l’hypothéquer pour cent ans sans consulter un seul citoyen?
Comment peut-il y avoir de démocratie s’il n’y a pas de
culture, s’il n’y a pas d’éducation? Et n’allez pas croire que les pays riches
ont une éducation élevée. Les pays riches ont beaucoup d’argent, un peu plus de
connaissances que les pays du tiers monde, qui peuvent avoir 20, 25 ou 30 p. 100
d’analphabétisme réel par rapport aux autres qui enregistrent des chiffres
similaires d’analphabétisme fonctionnel. Ce serait le même cas chez-nous dans
dix ans pour un citoyen diplômé universitaire, s’il n'aurait pas accès à la
culture générale intégrale dont nous avons parlé et en faveur de laquelle nous
travaillons et dont nous pouvons déjà constater des résultats visibles et
impressionnants. Ces résultats nous les mesurons au centimètre près avec une
règle, car nous recevons chaque jour des milliers d’opinions spontanées sur
chaque thème, et nous comparons ce que dit un citoyen 21 mois après avoir
commencé la bataille d’idées. Qui veulent-ils tromper ? Dans quel coin du monde,
où sont bien connus les programmes sociaux que nous développons avec plus de
vigueur que jamais et qui seront un énorme bond dans la Révolution, pourront-
ils le faire?
Le destin a voulu, nos voisins du nord ont voulu avec leur
blocus et leurs crimes contre Cuba, que ce peuple soit devenu ce qu’il est: un
exemple. Ils ne s'y attendaient pas. Oui, un exemple. Ils peuvent envoyer leurs
philosophes ou ceux qu’ils voudront, et alors nous verrons s’ils peuvent
discuter et soutenir que les caricatures créées pour exploiter l’homme, pour
l’humilier, pour en faire l’ennemi des propres hommes, constituent des sociétés
plus justes, plus libres, plus démocratiques que la société que notre peuple a
créée avec tant de sacrifices et après 132 ans de lutte, depuis ses luttes
contre la société coloniale et esclavagiste. Il n’y a pas de concurrence
possible, ils sont incapables de faire 20 p. 100 des choses que nous faisons et
que nous sommes en train de faire. Que personne n’en doute.
Je vous exhorte à observer, à réfléchir. J’invite surtout les
jeunes qui étudient dans ces nouvelles écoles créées en cette étape, des écoles
avec des caractéristiques spéciales et qui se dresseront comme un bastion pour
faire ce que nous devons: étudier au maximum et être des exemples.
Nous suivrons de près les études des 3 500 étudiants qui
commencent aujourd’hui leurs cours.
Même les voisins de l’école sont heureux, car la polyclinique
qui appartenait à l'école prendra maintenant soin des 26 000 citoyens. Nombreux
sont ceux qui n’habitaient pas encore là lorsque l’école a été créée. La
polyclinique se trouvait dans un état lamentable, maintenant elle a été remise à
neuf et soignera fondamentalement les voisins, puisque l’école dispose, pour ses
travailleurs, ses instituteurs et ses élèves, d'une infirmerie très compétente,
où il y a même des appareils de rayons X et tout ce dont ils peuvent avoir
besoin. Nous avons appelé cet endroit infirmerie, je ne sais pas s’ils devront
un jour à aller à la polyclinique. Les médecins ont été très bien choisis afin
d'aider les jeunes qui ont souvent des problèmes que nous ignorons.
L’ensemble des professeurs est excellent. Il y a une directrice
et une sous-directrice qui ont déjà passé leur preuve et qui jouissent d’un
grand prestige et d’une vaste expérience.
J’aimerais que Maria Teresa, qui a été la directrice de la
célèbre école de Melena et qui a maintenant la responsabilité de l’éducation des
3 500 élèves qui commencent aujourd’hui ici, écrive un jour la méthode qu'elle a
utilisé pour qu’aucun élève des deux premiers groupes de 501 ne déserte pas.
Surtout des jeunes à cet âge-là.
S’il reste encore quelque chose à dire, c’est d'engager les
parents à coopérer chaque jour davantage avec l’école où étudient leurs enfants,
qui sont voués à un avenir brillant, à une profession digne et à des
connaissances que n'aurons pas, ailleurs, les autres professionnels.
L’un des secrets du succès a justement été la coopération des
parents, absolument rien n’a été fait sans la coopération des parents, et nous
savons l’influence décisive de tout cela.
Ce que je peux vous dire de plus objectif, c’est que nous, qui
avons connu une autre époque, nous vous envions. Je donnerai dix vies pour être
assis à la place d’un de vous.
La patrie ou la mort!
Nous vaincrons!
|