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Citoyen
député Nicolás Maduro Moro… De quoi ris-tu ? Je viens d’apprendre que tu
es Moro. Ça arrive quand quelqu’un occupe un poste élevé, n’est-ce pas ?
Donc, Nicolás Maduro Moro, président de l’Assemblée nationale et grand
ami ;
Citoyen
député Ricardo Gutiérrez, premier vice-président de l’Assemblée
nationale ;
Citoyen
député Pedro Carreño Escobar, second vice-président de l’Assemblée
nationale ;
Députés
et députées de notre Assemblée ;
Excellences
messieurs et mesdames les ambassadeurs ;
Chargés
d’affaires et représentants d’organismes internationaux accrédités auprès de
notre gouvernement ;
Citoyen
maître Iván Rincón Urdaneta, président du Tribunal suprême ;
Citoyen
maître Germán Mundaraín, président du Conseil moral républicain et Défenseur du
peuple ;
Citoyen
maître Oscar Bataglini, recteur principal du Conseil national électoral ;
Citoyen
José Vicente Rangel, vice-président exécutif de la République ;
Citoyens
ministres du cabinet exécutif ;
Citoyenne
maître Marisol Plaza, procureure générale de la République ;
Citoyen
Juan Barreto, maire de Caracas ;
Citoyens
gouverneurs présents à cette cérémonie ;
Citoyen
Freddy Bernal, maire de la municipalité Libertador ;
Maires ;
José
Vicente Rangel Ávalos, maire de Sucre, dans l’Etat de Miranda :;
Citoyens
vice-ministres ;
Citoyenne
Orieta Caponi, recteure de l’Université bolivarienne du Venezuela, et autres autorités ;
Universitaires ;
Citoyen
vice-amiral Orlando Moniglia Ferreira, inspecteur général des forces armées
nationales ;
Officiers,
généraux et amiraux de notre haut commandement militaire ;
Citoyens
présidents et citoyennes présidentes d’instituts autonomes et de sociétés
publiques ;
Personnalités
spécialement invitées à cette cérémonie ; journalistes, photographes,
opérateurs du Venezuela et du monde ;
Amies
et amis ;
Peuple
vénézuélien tout entier,
Nous
sommes le 14 janvier, jour de la Divina
Pastora. Divine bergère, bergère divine. Je tiens à commencer en invoquant
cette bergère qui nous appartient, son symbolisme, sa bonté, son caractère de
femme paysanne, de jeune travailleuse qui distribuait et continue de distribuer
de la bonté, de l’amour et de l’affection à tous, parce que la Divina Pastora est, nous le savons, la
patronne de Barquisimeto, la patronne de l’Etat de Lara, et sa bonté, son
éclat, sa sagesse, sa force et sa lumière se sont étendus à tout le Venezuela.
Ainsi
donc, tout en invoquant la Divine Bergère, tout en félicitant la population de
l’Etat de Lara et son gouverneur, je commence par invoquer Dieu le
Tout-Puissant, créateur de l’univers, le Christ, rédempteur des peuples,
militant illustre et plus grand martyr des siècles, et je demande de la clarté
pour ce message que j’adresse non seulement à vous, monsieur le président,
compatriotes, députés et députées, mais, à travers vous et de cette tribune, à
l’ensemble du peuple vénézuélien et, par extension, et à travers vous, illustrissimes
et excellentissimes ambassadeurs accrédités devant notre gouvernement, au
peuple du monde. Un message d’amitié, de réflexion.
Je
vais commencer par rappeler l’un des hommes illustres que cette terre-ci a
engendrés, qui sont passés par ce Venezuela et cette Amérique, un martyr
d’Amérique lui aussi, martyr lui aussi des luttes pour l’égalité, pour la
liberté, pour la justice, comme le Christ l’a été, un autre don Quichotte de
ces terres-ci. Et quand je dis Don Quichotte, je me rappelle que nous sommes
entrés dans l’année qui marque le quatrième centenaire de la publication par le Manchot de Lépante, par
l’immortel Cervantes, de cette œuvre monumentale non seulement de la
littérature espagnole, mais encore de la littérature universelle, Don Quichotte de La Manche.
Bolívar a été un Don Quichotte, sans
aucun doute, tout comme l’a été celui que je rappelle en particulier
aujourd’hui, martyr, l’Abel de Colombie, a affirmé Bolívar quand il a appris sa
mort à Berruecos. Il n’avait que trente-cinq ans, et en trente-cinq ans à peine
il avait obtenu les titres les plus élevés dans le domaine militaire et dans le
domaine politique, Grand Maréchal d’Ayacucho, un des libérateurs de l’Amérique
du Sud, président et fondateur de la Bolivie, cette nation toujours aimée et
sœur : Antonio José de Sucre. Vous savez de qui je veux parler (applaudissements).
Eh
bien, au cours de ses réflexions bolivienne, en plein accouchement sur ces
terres sœurs et chères, là-bas où Bolivar est arrivé un jour, flanqué d’un côté
de Sucre justement et de l’autre de ce merveilleux Vénézuélien,
Latino-Américain, illustre professeur et révolutionnaire, le Robinson
d’Amérique, Simón Rodríguez, là-bas où Simón Rodríguez s’est écrié :
« L’utopie de Thomas More est ici, elle est ici dans notre Amérique, soit
nous inventons soit nous errons ! », eh bien, donc, là-bas, dans les
réflexions sur cet accouchement, l’accouchement de la Bolivie, Sucre a lancé un
jour cette phrase que nous devons continuer aujourd’hui de récolter, de
replanter, de relancer, nous tous les Vénézuéliens, nous, tous les
Latino-Américains, les Caribéens, tous les Américains, ceux du Nord, ceux du
Centre, ceux du Sud, et au-delà, le monde comme un tout, pour que la face
ténébreuse du monde commence vraiment à changer et pour que ce siècle-ci, le
XXIe, soit le siècle de la vertu, le siècle de la paix, des
retrouvailles des êtres humains, Sucre a donc lancé cette phrase :
« Quand l’Amérique espagnole est allé sur le champ de bataille guerroyer
pour sa libération, pour son indépendance, elle a compris qu’elle le faisait
aussi pour la liberté et l’égalité, sœurs toutes deux inséparables. » La
première, l’indépendance, n’aurait pas de sens sans la seconde, l’égalité.
Cette égalité, cette indépendance, cette liberté pleine, cette justice –
Bolívar disait qu’elle devait être la reine de toutes les vertus républicaines
– doivent être toujours plus les drapeaux de lutte de tout le peuple
vénézuélien. Ce sont les drapeaux de lutte du gouvernement que je m’honore de
présider et elles doivent être chaque jour plus.
Monsieur
le vice-président, messieurs et mesdames les ministres et hauts serviteurs de
la République, messieurs les généraux, amiraux et soldats, la liberté,
l’égalité, la justice doivent être les drapeaux qui guident chacune de nos journées,
depuis la sonnerie de la diane jusqu’à l’extinction des feux, depuis le chant
du coq jusqu’au lever de la Lune.
Et
encore plus loin, elles doivent être nos drapeaux encore et encore, à jamais,
monsieur le président, messieurs et mesdames les députés, messieurs et mesdames
les ambassadeurs : liberté et égalité, vieux drapeaux, drapeaux
renouvelés.
Voilà
le cœur même des sentiments qui nous poussent, voilà la plus grande angoisse
qui nous déplace, la force la plus grande qui nous motive, la force la plus
grande qui nous a motivés tout le long de l’année 2004, du 1er
janvier à la dernière seconde du 31 décembre passé.
Comme
tous les ans, vous le savez, j’apporte mon rapport par écrit, fruit du travail
intense que nous avons fait jusqu’à très tard hier, en coordination avec le
vice-président, avec le ministre de la Planification, avec messieurs et
mesdames les ministres, avec l’équipe de gouvernement, mais je vais vous
épargner un discours lu, bourré de chiffres, qui pourrait devenir à cette heure
de la journée une délicieuse torture.
J’ai
toutefois structuré mon rapport sur la gestion 2004 selon les aspects
politiques du gouvernement, les aspects économique, sociaux, territoriaux,
internationaux, en vue de faire un examen des principaux aspects. Il m’en restera
sûrement encore d’autres, parce qu’il y a tant de détails, tant de programmes,
tant de projets, tant d’avancées, que j’en laisserai, et à la fin de mon
discours, monsieur le président, je vous remettrai le texte original de mon
rapport, et nous en enverrons assez d’exemplaires à chaque député pour qu’il
puisse le réviser, et le ministre de la Communication est chargé de publier une
brochure qui sera divulgué dans les rues, parce que ce rapport n’est pas
seulement pour l’Assemblée nationale, il est pour tout les pays.
C’est
mon sixième rapport à la nation – rapport où je rends compte, veux-je dire –
parce que j’en ai fait bien d’autres au cours de ces six années de
gouvernement. Ma première réflexion sera la suivante.
L’année
2004 marque la fin de notre sixième année de gouvernement, en deux périodes,
nous le savons : la première, de deux ans, qui a été coupée par décision
de l’Assemblée nationale constituante, qui était absolument souveraine, et
ensuite ces quatre ans de la seconde période, soit six ans.
Le
temps et l’espace sont des facteurs clefs pour comprendre la vie, pour
comprendre n’importe quelle stratégie, n’importe quel projet de développement
d’une ligne stratégique. Il n’y a pas de vie sans espace, il n’y a pas de vie
sans temps.
Je
me souviens de l’époque où j’étais dans l’opposition, avant même de mener une
vie politique. Le mécanisme politique qui existait ici m’avait toujours étonné,
un mécanisme qui assurait ce qu’on appelait l’alternance au gouvernement, et
qu’on présentait comme un trait essentiel de la démocratie, avec des
gouvernements de cinq ans. La première année, généralement, pour se
familiariser, pour apprendre, pas seulement le président, mais les différentes
équipes, les différents ministères, pour assurer les relèves qu’il y avait à
assurer – et ici ça concernait généralement tout le monde – à tous les niveaux
et sur tous les fronts.
La
première année se passait à ce genre de tâches, qui sont naturelles, finir par
connaître, par comprendre même, et la dernière année était une année
électorale, de sorte que ces présidents-là commençaient sûrement la dernière
année à perdre une bonne partie de leurs capacités de gouvernement, si tant est
qu’ils l’aient jamais eues, eux, comme dirigeants politiques, comme leaders.
J’ai toujours pensé que c’était là quelque chose de néfaste. Il n’y a pas de
raison que cette alternance au gouvernement soit une norme essentielle de la
démocratie, parfois irrationnelle.
Une
fois, en Allemagne, j’avais demandé au gouverneur du Brandebourg - nous visitions la campagne près de Potsdam –
qui m’avait très bien compris et qui me parlait avec beaucoup de connaissances
de son Etat, de l’économie, de l’histoire, des plans, des projets, de la façon
de gouverner, des communautés organisées…
J’offre
mes excuses, parce que je n’avais pas regardé de ce côté-ci et je n’avais pas
salué monsieur le procureur général de la République et monsieur le contrôleur
général de la République, qui sont ici mais que je n’avais pas vus. Je les
salue, tout comme je salue les compagnons du haut commandement militaire.
Donc,
cet homme m’expliquait tout ça, et il m’a étonné par son niveau de
connaissance, de familiarité avec sa région, avec sa population, et je lui ai
demandé : « Monsieur le gouverneur, depuis combien de temps êtes-vous
gouverneur ? » Il m’a dit depuis vingt-deux ans en gros.
« Et combien d’années de plus pouvez-vous l’être ? » Il m’a
dit : « Je pourrais l’être vingt-deux ans de plus. » Autrement
dit, ça dépend de la population. Demandons donc au peuple : « Le
peuple veut-il qu’un dirigeant reste ? »
Je
réfléchissais voilà quelques jours avec une bonne amie, Rosinés, au sujet du
temps, et je lui disais à elle et à d’autres amis et parents : « Par
ce processus révolutionnaire, j’aurais déjà remis le gouvernement, mon passage
aurait été fugace. » Il aurait pu être encore plus fugace, mais le peuple
ne l’a pas voulu.
C’est
donc une réflexion qui s’inscrit dans ce qu’établit notre Constitution
bolivarienne, la possibilité de réélection immédiate, ce qui est bien mieux que
le mécanisme qu’établissait la Constitution de 1961 et dont l’application et
les résultats ont été néfastes pour la République, pour le pays.
Six
ans se sont écoulés. Il en reste encore deux pour cette période, et très
probablement, si Dieu le veut, et la Divine Bergère aussi, six de plus de la
prochaine période (applaudissements).
Ça
n’a rien à voir, comme certains continuent de le dire, et je ne sais si
certains de ceux qui continuent de le dire pourront s’arranger, avec une soif
de pouvoir personnelle. Non, pas du tout. C’est la preuve d’une volonté et de
beaucoup de volontés, de millions de volontés individuelles et d’une grande
volonté collective, en vue d’impulser durant ces années la construction que
nous avons entreprise, de poser les fondements, le plancher de ce projet de
longue haleine. C’est un projet pour deux cents ans (applaudissements).
Un
projet pour deux cents ans, parce que nous devons et nous devrons le semer sur
un solide terrain moral, politique, social, économique, territorial, intégral.
C’est notre tâche, c’est notre tâche, et toujours avec ce principe du
Christ : l’homme, l’être humain, car l’homme, la femme, la fillette, le
garçonnet, doivent toujours être pour nous l’alpha et l’oméga, le principe et
la fin. L’être humain.
Notre
sixième année de gouvernement a donc pris fin, la quatrième du second mandat
constitutionnel et de la première période de la Ve République, et
aussi de ce nouveau siècle. Et quand on regarde le chemin que nous avons fait,
eh bien, nous pourrions chanter ce vers que nous avons chanté depuis bien des
années : « Le chemin se fait en marchant. »
Nous
avons fait des chemins, et on pourrait maintenant – ce n’est pas la première
fois que je présente ça de cette manière – signaler chaque année d’une manière
particulière et spécifique, chaque année de six dernières années de vie
républicaine, de vie nationale.
On
pourrait appeler 1999 l’Année de l’Assemblée nationale constituante et de la
naissance de la République bolivarienne. Ça semble le signe qui restera gravé à
jamais pour l’année 1999.
L’an
2000 a été l’Année de la nouvelle légitimation de tous les pouvoirs et l’année
de la naissance de la Ve République.
L’année
2001 a été celle des lois exécutives qui ont marqué cette époque et qui ont
marqué durablement les années suivantes, ces lois ayant découlé du mandat
souverain du peuple à travers la Constituante originaire de 1999, mais 2001 a
été aussi celle de la naissance de la contre-révolution, ou du début de la
contre-révolution, ou du lancement de la contre-révolution.
Je
crois avoir dit une fois que 2002 a été l’année de vivre ou de mourir, et Dieu
a voulu que nous vivions, et pas seulement moi sur le plan individuel,
personnel, mais sur le plan politique, et que la République vive et la patrie
aussi.
L’année
2002 a été l’année de l’agression impérialiste contre le Venezuela, mais aussi
l’année merveilleuse de la riposte révolutionnaire, populaire, civile et
militaire, profondément démocratique (applaudissements).
Et
2003 est arrivé, année de la contre-offensive nationale, après que nous avions
été, qui pourrait le nier ?, contre les cordes durant une bonne partie de
2002, voire durant toute l’année 2002, et même après un knock down dont nous avons pu nous relever rapidement. En tout cas,
nous n’avons pas pu reprendre l’offensive immédiatement, et ce jusqu’en
décembre 2002.
Donc,
2003 a été l’année de la contre-offensive nationale tous azimuts, de la
naissance des Missions sociales dans le cadre de cette offensive nationale
politique et économique. Oui, 2003 restera
comme l’année de la naissance des Missions sociales en faveur de
l’inclusion, de la justice.
Et
nous sommes arrivés à 2004. Il va falloir que j’y arrête plus longuement. Elle
a été, pour ainsi dire, tout d’abord, l’Année de la victoire de la nouvelle
démocratie, d’une grande victoire politique nationale, une victoire de la
nation, de la République, de la Constitution, pas seulement d’un secteur
politique du pays, mais de tous. Je demande même à Dieu que ceux qui refusent
encore de reconnaître 2004 comme la grande victoire de la nation, la grande
victoire du Venezuela tout entier, finissent par le reconnaître au fil du
temps. Je crois que certaines personnes, et même bien des personnes communes et
courantes ont fini par le reconnaître. Je crois que certains dirigeants de
l’opposition ont commencé aussi à le reconnaître. 2004 a donc été l’année de la
grande victoire de la démocratie.
Par
ailleurs, 2004 a été aussi l’année de la naissance et du décollage d’un nouveau
cycle économique, sur une plate-forme assez solide, auquel nous aspirions et
pour lequel nous travaillerons très dur. Et je lance un appel à la nation toute
entière, indépendamment de l’obédience politique, du secteur social, du secteur
religieux : profitons de cette base solide et du décollage d’un nouveau cycle
d’expansion et de croissance pour briser le cercle vicieux des cycles expansifs
et récessifs auquel le système économique qui engendre d’une part des richesses
pour des minorités, mais de la pauvreté et de la misère pour les majorités,
d’autre part du développement pour un petit groupe de nations, mais le
sous-développement et le plongeon dans la misère et la dépendance pour la
majorité des nations du monde, a condamné notre économie pendant bien
longtemps, ainsi que les économies dépendantes et sous-développées.
Faisons
tous un effort pour briser ce cercle vicieux (applaudissements). Nous pouvons le faire. Le Venezuela peut le
faire avec le soutien de nombreuses nations du monde, de nombreux gouvernements
du monde, de nombreux investisseurs des secteurs privés, nationaux et
étrangers. Le plan économique est là, il n’y a rien de caché. Ici, nous sommes
transparents, il n’y a rien de caché. Le plan politique est là, et le plan
économique, et le plan social aussi, la vision du monde est là. Tel est le plan.
Je
tiens à saluer d’une manière toute spéciale, et vous pouvez me croire que je le
fais avec beaucoup de sincérité, de foi et d’espoir, Albis Muñoz, présidente de
la chambre patronale FEDECAMARAS. Bienvenue ! (Applaudissements.) Sa présence ici mérite notre respect, notre
reconnaissance et notre affection. Personne ne va la conspuer. Nous
l’applaudissons et nous l’étreignons comme compatriote (applaudissements).
Je
tiens aussi à faire remarquer la présence du gouverneur de l’Etat de Nueva
Esparta, Morel Rodríguez (applaudissements).
Bienvenue, gouverneur, quel plaisir de vous voir ! Il est assis auprès du
maire de Sucre, du maire de Caracas, du gouverneur de l’Etat de Bolívar.
Parfait,
nous allons travailler ensemble. Vous avez gagné les élections, vous êtes le
gouverneur. Mon engagement, et le vôtre, concerne tout le pays, avec Nueva
Esparta – comme nous l’aimons, cette terre ! – avec Zulia – comme nous
l’aimons, cette terre ! J’ai parlé voilà quelques jours avec le gouverneur
de l’Etat de Zulia, Manuel Rosales, et je lui ai dit pareil :
« Gouverneur, nous allons travailler, vous pouvez compter sur tout mon
soutien. Nous allons travailler ensemble à récupérer les terres, à lutter
contre le latifundio, à lutter contre le trafic de drogues, contre l’insécurité
aux frontières, contre la pénétration, et bien souvent contre la violation de
la souveraineté nationale par des groupes armés ou non armés d’autres pays,
surtout à cette frontière-là. C’est une tâche commune, la lutte contre la
corruption, tout le projet national.
Aussi,
quelle bonne nouvelle vient de me donner le président Nicolás Maduro
Moro : hier, à l’unanimité, l’Assemblée, avec les voix de tous les
facteurs de l’opposition politique, a voté la déclaration décrétant la société
VENEPAL d’utilité publique (applaudissements),
ce qui va permettre au gouvernement de l’exproprier au profit de ses
travailleurs (applaudissements).
Comment
va-t-on permettre qu’une entreprise ne tiennent pas promesse avec ses
travailleurs, que certains partent du pays, que d’autres restent ici, qu’on
ferme l’entreprise et que des centaines, des milliers de personnes soient
touchées et qu’on ne paie pas de prestations aux travailleurs et qu’on ne leur
reconnaisse pas leurs droits professionnels ? Ça viole la Constitution et
l’état de droit, de justice… Nous ne pouvons pas le permettre.
Le
fait saillant dans ce cas, j’insiste là-dessus, c’est que toute l’opposition
représentée à ce parlement a voté cette déclaration. C’est bon signe pour tout
le monde dans le pays (applaudissements).
Je
salue aussi la présence de certains députés de l’opposition.
C’est
quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre, mais j’espère que les choses
reprendront peu à peu leur cours naturel.
Imaginez
un peu que la commission de l’Assemblée nationale qui est venu voilà quelques
jours, s’en tenant au mandat constitutionnel, m’informer en tant que chef
d’Etat de l’ouverture des séances parlementaires… Il est juste que deux députés
social-chrétiens en aient fait partie, et j’ai salué tout spécialement leur présence
au palais présidentiel et je leur ai serré la main avec autant d’affection que
j’ai serré celles de Nicolás Maduro et de tous les autres députés bolivariens.
Ce sont des Vénézuéliens, ce sont des députés.
Alors,
supposez que j’ai dit aux services de sécurité : « Interdisez
l’entrée des députés. » Je ne serai pas digne d’être le chef d’Etat.
Alors, le jour viendra – peut-être dans mon quatorzième message, qui sait – (applaudissements)… peut-être pas si loin, pas vrai ?
espérons alors que ce soit au septième… Il n’y a pas de raison, monsieur le
vice-président Carreño, de tant attendre… Espérons donc que l’an prochain, tous
les députés de l’opposition soient ici, car c’est en plus une obligation :
ils doivent venir écouter ce message pour ensuite le critiquer ou non. S’ils y
trouvent quelque chose de bon, eh bien, qu’ils l’analysent, et tout ce qu’il
peut y avoir de négatif dans la gestion de 2004, ils sont obligés, après avoir
analysé le discours et les documents que nous vous avons fait parvenir aujourd’hui,
de donner des appréciations. Espérons que ce soient des appréciations
objectives, et pas seulement motivées par la politique, par le fait politique
qu’ils soient dans l’opposition ou non.
Bref,
nous avons vu naître et décoller un nouveau cycle économique d’expansion, de
croissance et de redistribution du revenu national. Nous allons tous pousser
dur à la roue pour ne jamais plus retomber dans un cycle de récession, pour
profiter cette impulsion d’une croissance économique record dans l’histoire nationale
et l’une des plus élevées au monde ces cent dernières années. Et c’est une
croissance réelle, soutenue (applaudissements).
L’année
2004 a été aussi en troisième lieu, en plus de la victoire de la nouvelle
démocratie et de la naissance et du décollage d’un nouveau cycle économique de
croissance et d’expansion, l’année de la consolidation et de l’expansion des
missions d’insertion sociale (applaudissements).
L’avancée
que nous avons enregistré par ces missions sociales a été merveilleuse. Nous en
verrons quelques chiffres. Je ne vais pas vous en bourrer, mais je suis obligé
d’en donner quelques-unes, n’est-ce pas, monsieur le vice-président ? Pas
tous ceux que tu m’as envoyés, j’en ai choisi peut-être 10 p. 100 des chiffres
de la croissance économique et de la croissance et du développement social,
parce que l’un sans l’autre n’aurait pas de sens. C’est là en effet, chers amis
ambassadeurs, un des dilemmes auxquels nous nous heurtons. J’en ai fait le
commentaire aux derniers sommets en Amérique du Sud et au cours des derniers
voyages que j’ai faits en Europe et en Asie, mais surtout ici en Amérique
latine lors des réunions avec les collèges présidents de notre Amérique.
Je
n’oublierai jamais le discours de l’ex-président et bon ami Fernando Enrique
Cardoso, son discours d’adieu quand il était sur le point de transmettre la
présidence de la République fédérative du Brésil au compagnon président Lula Da
Silva. C’était en République dominicaine, au dernier Sommet ibéro-américain.
Cardoso était sur le point de passer la présidence et il a prononcé quelques
mots qui lui venaient du fond du cœur, et il a dit entre autres une phrase que
je n’oublierai jamais, parce que je l’ai utilisée pour faire une intervention
presque aussitôt. Il a dit : « J’ai gouverné le Brésil pendant huit
ans, une des nations les plus grandes du monde, le Brésil, et durant toute
cette période, l’économie du Brésil n’a pas cessé de croître. » Mais il a
dit aussi, écoutez bien : « La pauvreté n’a pas cessé de croître non
plus. »
Il
s’agit du modèle économique. La croissance économique ne suffit pas. Il s’agit
de tout un modèle qui doit tenir compte en priorité de la distribution du
revenu national, de la juste distribution du revenu national. Et c’est ce que
nous avons commencé à faire ici en 2004, en une année de surgissement et de
décollage d’un nouveau cycle économique d’expansion et de croissance,
accompagné en même temps d’une redistribution du revenu national, surtout, à
travers les missions sociales, afin d’orienter une part très importantes des
ressources vers cette grande quantité de Vénézuéliens qui n’ont presque jamais
rien reçu des plans publics, sauf des miettes, si tant qu’ils en aient reçu.
Des changements structurels.
Je
vous invite à lire – et nous devons le divulguer, monsieur le ministre de la
Communication par tous les voies possibles – vous les compatriotes, les députés
et députées, les gouverneurs, les maires, la dernière enquête du Latinobarómetro en Amérique latine, à
l’analyser, une enquête qui n’a rien à voir avec les élections ou les
candidatures. Il s’agit d’une enquête structurelle sur ce que pensent les
peuples latino-américains et caribéens.
On
y reconnaît entre autres qu’un vrai changement culturel est en marche au
Venezuela, que les enquêteurs ont pu mesurer ces dernières années, ce qui veut
dire que c’est pas conjoncturel. Oui, un
changement structurel, même sur le plan culturel, là où se trouve le cœur même
des vrais changements.
Quatrièmement,
l’année 2004 a été l’année du démarrage du modèle de développement endogène
territorial. Le mot endogène n’était pas très populaire, pour ainsi dire, dans
le jargon national, il était plutôt réservé aux milieux techniques, et encore
pas tellement. Maintenant, il s’est popularisé. Une fillette des llanos de Barinas m’a dit voilà quelques
jours : « Ici, Chávez, nous sommes endogènes. » Elle est donc
endogène. Et en plus elle sait l’expliquer. Je lui ai
demandé : « Et qu’est-ce que ça veut dire endogène ? »
Elle ne m’a dit que deux petits mots : c’est ce qui vient du dedans, qui
naît du dedans. « Je suis endogène. » Qu’une fillette sente ça et
soit en plus capable de l’expliquer, quelle merveille ! (Applaudissements.)
Donc,
le modèle de développement endogène territorial a vu le jour et a commencé à se
répandre d’un bout à l’autre du territoire, et pas seulement du territoire, ce
qui est encore plus important : dans l’âme des gens, des semailles qui
sont encore plus importantes que les semailles territoriales.
Cinquièmement,
2004 a été l’année du début de la contre-offensive internationale. Le
Venezuela, le gouvernement vénézuélien a entrepris, surtout dans la dernière
partie de l’année, une offensive internationale puissante et forte, obtenant
des résultats très importants que le pays connaît déjà. En partie seulement,
d’ailleurs, parce que bon nombre de ces résultats ont un impact, non pas
immédiat, mais sur le court terme ou le moyen terme, voire pour certains sur le
long terme.
Hier
soir, par exemple, j’ai conversé pendant plusieurs heures avec une délégation
de très haut niveau de la République islamique d’Iran, conduite par le
vice-ministre du Pétrole, avec des directeurs de sociétés pétrolières, de
sociétés de gaz, des hommes d’affaires de la pétrochimie, et nous avons pris
hier soir un premier train de décisions. C’est le fruit de notre voyage à
Téhéran, voilà à peine un mois, et de ma nouvelle rencontre avec le président
Khatami et son gouvernement, avec les dirigeants les plus importants de cette
République sœur, et hier soir, je le répète, nous avons pris une première série
de décisions en vue de travailler dur durant le mois qui reste avant la visite
au Venezuela du président Khatami, qui revient ici, qui va bientôt céder le
gouvernement, il y a des élections en Iran, lui il a déjà gouverné durant deux
périodes, il y aura des élection au milieu de l’année et il m’a dit :
« Avant d’abandonner le gouvernement, Chávez, je veux te rendre visite de
nouveau, et rendre visite au peuple vénézuélien, et en plus faire progresser
les relations bilatérales. » Nous avons parlé hier soir, soit dit en
passant, du pôle pétrochimique de Paranaguá.
Nous
allons construire à Paranaguá, si Dieu nous aide, un puissant pôle, pas
seulement pétrochimique et industriel, mais encore commercial, touristique, et
nous avons parlé de ce projet avec les Iraniens.
Donc,
des impacts sur le court terme : nous nous préparons à accueillir dans
quelques jours le vice-président chinois, qui sera accompagné d’un bon groupe
de dirigeants du gouvernement, du parti et d’hommes d’affaires. Le Venezuela
est devenu ces trois dernières années le premier destinataire des
investissements chinois en Amérique latine et dans les Caraïbes, et nous sommes
en train de formaliser une série de projets. Je ne vais pas en dire plus, parce
que ce sera l’objet de mon Rapport de cette année-ci… En tout cas, une
contre-offensive internationale.
Sixièmement,
2004 a été l’année du big bang
politique qui a engendré le lancement de la nouvelle étape. Nous sommes entrés
dans une nouvelle étape qui est le fruit de profondes réflexions et analyses de
mon équipe, car j’ai lancé dix grands objectifs stratégiques pour la nouvelle
étape 2005-2006, afin de, en nous engageant sur ces dix rails stratégiques,
arriver à la fin de 2006 dans des conditions optimales pour poursuivre la
marche durant la prochaine période jusqu’en 2013 (applaudissements).
Je
n’ai passé que deux feuilles, il m’en manque une quarantaine… Mais maintenant
ça va être plus rapide.
Donc,
voilà en gros la vision que j’ai essayé de vous transmettre au sujet des années
qui se sont écoulées. Maintenant, je vais diriger les projecteur sur 2004.
Tout
d’abord, quelques réflexions sur le premier grand acquis de 2004, la victoire
de la nouvelle démocratie. J’en ai déjà fait quelques-unes, mais je veux juste
réfléchir un peu plus sur d’autres points qui me semblent importants, monsieur
le président, messieurs les députés.
Nous
savons tous ce que nous avons vécu : 2002, 2003, la tentative de liquider
la Constitution, coup d’Etat, terrorisme, déstabilisation économique, agression
impérialiste, tentative d’utiliser des organismes internationaux contre le
Venezuela, ce qui continue toujours d’ailleurs, mais ceux qui prétendent
poursuivre sur cette voie doivent se rendre compte de la force du Venezuela.
Hier
soir, par exemple, sur CNN – heureusement que TV-Sur est sur le point de voir
le jour (applaudissements) – on
interviewait un monsieur qui préside une commission interaméricaine des droits
de l’homme, et ce monsieur, en toute irresponsabilité, continuait de s’en
prendre à la vérité, de s’en prendre à cette institution-ci, l’Assemblée
nationale du Venezuela,s’en prenant à notre souveraineté, s’en prenant à notre
gouvernement sans le moindre scrupule. On lui demandait ce qu’il pensait des
droits de l’homme en Amérique. Ah, il n’a parlé que l’Amérique latine, il n’a
pas osé parler des Etats-Unis, non, ça alors, pas question d’y toucher !
Il parle aussi de Cuba, bien entendu, il s’en prend au peuple cubain et au
gouvernement cubain – nous ne pouvions pas ne pas avoir l’honneur d’accompagner
Cuba – affirmant qu’il était inquiétant qu’un projet autoritaire continue
d’avancer au Venezuela et que l’Assemblée nationale avait voté des lois, comme
la loi des Médias – comme ils l’appellent – qui violent la liberté
d’expression. Quelle immoralité ! Quel écoeurement ! Oui, mais ce que
des millions de personnes voient et entendent dans le monde, du fait du pouvoir
des médias.
Une
fois, regardant CNN, je n’ai pas pu me retenir, j’étais indigné, et j’ai
demandé qu’on téléphone aux studios de CNN, parce que c’était en direct. On
parlait du Venezuela. On décroche, et à ma première question, paff, ils ont
coupé la voix du président vénézuélien. Ça ne les intéresse pas que le
président vénézuélien donne une version différente de celle qu’ils donnent,
eux, bafouant la liberté d’expression, bafouant des tas de gens.
Eduardo
Galeano continue d’avoir raison : « Jamais si peu de gens en ont
trompé tant tant de temps. » La dictature médiatique qui s’exerce sur le
monde est ténébreuses, terrible. Alors, quelle tristesse – non pour la CNN – de
voir que la Conférence épiscopale a repris ses vieilles habitudes et affirme
pareil que CNN, autrement dit que nous violons la liberté d’expression.
J’appelle
les évêques vénézuéliens à se mettre la main sur le cœur et à faire
photographier avec le Christ Rédempteur (applaudissements).
Oui, il faut le dire à tout le monde, parce que qui ne dit mot consent.
Je
ne me contente pas des petites tapes dans le dos de quelqu’un qui me
dirait : « Nous, tu sais, on a une autre opinion. » Non, la
petite tape ne suffit pas, qui ne dit mot consent.
Bref,
nous savons comment on a prétendu convertir le Venezuela en un Etat confié à la
tutelle d’organismes internationaux, comment on a prétendu intervenir au
Venezuela, comment on a prétendu organiser ce prétendu référendum consultatif à
caractère révocatoire, le tout dans le cadre des pressions internationales
illimitées et obscènes. Nous le savons très bien.
Le
secrétaire général de l’OEA s’est installé ici, et j’ai même dû lui dire à un
moment donné : « Vous vous croyez donc un proconsul ? »
J’ai même dû lui dire : « Ecoutez bien, si vous continuez d’agir
comme ça, je suis sur le point de vous déclarer persona non grata et de vous demander d’abandonner mon
pays ! » (Applaudissements.)
Croyez-moi,
et je me souviens de mes conversations avec José Vicente, ce que nous avons
accepté alors, nous ne l’accepterons jamais plus. Jamais plus !
Mais
bon, indépendamment de tout ça, 2004 a représenté une grande victoire de la
nouvelle Constitution, de la nouvelle démocratie. Et après cette collecte
inédite de signatures, et bien que l’un des contes à dormir debout de
l’opposition et de l’offensive médiatique nationale et internationale et de
certains gouvernements du monde ait été que le président Chávez n’allait pas
accepter le référendum, que ce n’est pas quelqu’un de démocrate, que le Conseil
national électoral allait exécuter l’ordre de Chávez d’empêcher à tout prix la
consultation populaire, nous sommes arrivés au 15 août, et tout le monde a vu
de nouveau le géant : le géant s’est mis debout, le géant a bien des fois
attendu jusqu’à quatorze heures pour voter Oui ou non, le géant est rentré
ensuite chez lui, le géant a attendu la décision des institutions et le géant a
fini par triompher. Ce géant s’appelle peuple vénézuélien (applaudissements).
Ensuite,
le 31 octobre et votre triomphe, messieurs et mesdames les gouverneurs,
messieurs et mesdames les maires, messieurs des conseils législatifs régionaux,
dans une nouvelle preuve de foi en la démocratie, de foi en la Constitution.
C’est donc une grande victoire de la nouvelle démocratie, mais aussi de
processus politique, du référendum national, quelque chose dont il n’existe pas
de précédents ni ici au Venezuela ni sur ce continent, et peut-être même pas
dans le monde. La Constitution a été mise à l’épreuve et elle a fonctionné,
malgré toutes les conspirations contre elle.
En
plus de ça, la présence des institutions de la démocratie a commencé à se faire
sentir avec plus de force ; la nation a commencé à sentir qu’il existe
pour de bon des institutions pour administrer la justice comme elle doit être
administrée. On a vu commencer à apparaître des procureurs courageux, dont l’un
a été lâchement assassiné, et je tiens à rendre hommage à Danilo Anderson de
cette estrade, de ce théâtre, martyr de 2004 et de toujours (applaudissements), qui a payé de sa vie
d’avoir osé agir, rien que pour faire justice, rien que pour ça.
Ici,
il n’existe aucune sorte de persécution politique, comme certains continuent de
prétendre pour se défendre. De la persécution politique ? Non, ici la
justice commence juste à agir, et bien que je ne le présente pas comme une
victoire de mon gouvernement, ça fait partie de la victoire du géant, de la
victoire de la nouvelle démocratie.
L’Assemblée
nationale mérite une reconnaissance spéciale, monsieur le président, messieurs
et mesdames les députés, parce que, malgré la vague permanente de sabotages,
d’obstacles et d’entraves au fonctionnement normal de ce centre de débats
politiques national, de ce centre d’élaboration de lois pour faire aller de
l’avant le projet constitutionnel et pour répondre comme il se doit à la nature
des choses, comme disait Montesquieu, malgré tout, donc, l’Assemblée nationale
a conclu 2004 avec toutes les turbines allumées et fonctionnant à toute vapeur,
votant des lois, dont beaucoup ou certaines sont des dettes d’un demi-siècle,
comme l’extraordinaire Loi sur la responsabilité sociale de la radio et de la
télévision que vous avez votée pour le bien de la nation, pour le bien de la
République, pour le bien de la vérité (applaudissements),
ou la Loi du Tribunal suprême de justice, un autre des points que le monsieur
dont j’ai parlé s’est cru en droit de critiquer hier soir sur CNN.
Tribunal suprême de justice ? Nous savons
très bien ce qu’il s’y est passé pendant un siècle et ce qu’il nous est arrivé
à nous et à notre patrie dans les dernières années. Il suffit de rappeler cette
décision du vide de pouvoir et cette sentence selon laquelle il n’y avait pas
eu de coup d’Etat, mais que le président était parti en pique-nique, - à la
Orchila, je suppose, pour le week-end – et qu’il n’y avait donc pas à chercher
de coupables, qu’il n’y avait pas eu de crime… Heureusement que le président du
Tribunal suprême, Me Iván Rincón et huit autres magistrats ont sauvé
par leur vote l’honneur du tribunal maximum de la République (applaudissements).
Oui,
une grande victoire de la nouvelle démocratie. La Constitution, la démocratie
vénézuélienne ont été mises à l’épreuve, et quel baptême du feu ! Nous
avons passé l’épreuve et nous en sommes sortis plus forts que jamais. Merci à
Dieu et merci à notre peuple pour ce 2004 ! (Applaudissements.)
Deuxièmement,
j’ai dit que 2004 avait marqué la naissance et le décollage d’un nouveau cycle
économique. Voyons quelques chiffres que vous connaissez déjà, j’en suis sûr,
mais qui sont des points clefs de mon rapport, monsieur le président. La
croissance du Produit intérieur brut de l’économie vénézuélienne jusqu’au
troisième trimestre, car nous n’avons pas encore les chiffres officiels du
dernier trimestre, et il faudra donc attendre pour le dire officiellement, bien
que certains chiffres aient déjà été avancés… Ainsi, selon la CEPAL, la
croissance de l’économie vénézuélienne est la plus forte de tout le continent
américain en 2004, et c’est vrai. En tout cas, le cumul des trois premiers
trimestres de 2004, jusqu’en septembre, a été de 20,8 p. 100, un record mondial
en matière de croissance du PIB. Que je sache, aucune économie au monde n’a
enregistré un tel rythme de croissance ces cinquante dernières années, et tout
indique que le chiffre réel de l’année complète sera au pire de 15 p. 100 et au
mieux de près de 20 p. 100, autour de 18 p. 100. Et selon le pire des
scénarios, à supposer que la croissance du dernier trimestre soit nulle, ce qui
est impossible, l’année enregistrerait de toute manière une croissance de 14 p.
100. La croissance de 2004 sera donc de plus de 15 p. 100.
Et
ceci, citoyenne présidente de FEDECAMARAS, messieurs les hommes d’affaires
vénézuéliens, c’est positif pour tout le monde. Faisons en sorte qu’ensemble
l’année 2005 soit la poursuite expansive de cette croissance solide, durable,
au bénéfice de tout le pays !
Que
je me suis senti triste l’an dernier et l’avant-dernier quand j’ai présenté le
rapport économique, alors que l’économie vénézuélienne s’était effondrée à -8
p. 100, à -9 p. 100, alors que je savais que ce n’était pas à cause d’erreurs
du gouvernement, d’erreurs économiques, à cause d’une mauvaise application de
la politique économique. Non, nous savons tous ici, et jusqu’aux critiques les
plus sévères de mon gouvernement doivent le reconnaître, que le plan économique
de la Révolution fonctionnait depuis 1999, 2000, 2001, jusqu’au moment où à la
fin de cette année-là, on a vu se déclencher la folie sans aucune raison
réelle, sans la moindre raison réelle !, parce que ce gouvernement-ci se
sent le gouvernement de tous et pour tous, et qu’il veut écouter tout le monde
et tenir compte de tout le monde, depuis le plus riche jusqu’au plus pauvre, depuis
le plus noir jusqu’au plus blanc, en passant par les métis, les femmes, les
hommes, les paysans, les indigènes, les citadins, les jeunes, les moins jeunes,
les personnes âgées. Je me sens engagé auprès de tout le monde. Ceux qui ne le
croient pas, ceux qui ne me croient pas, je demande à Dieu qu’ils se rendent
compte un jour de la vérité.
L’amiral
Maniglia, inspecteur général des forces armées, me commentait hier qu’il était
en train de lire le discours qu’avait fait le président Kennedy quand il était
monté à la présidence, en 1961, voilà maintenant plus de quarante ans, et hier
dans la nuit, il m’a fait parvenir une copie de ce discours, ce dont je le
remercie : Kennedy parlait en 1961 d’une révolution de l’espoir, et il
disait que ceux qui fermaient la voie à la révolution pacifique ouvraient en
même temps la voie, peut-être sans s’en rendre compte, aux révolutions
violentes.
Quel
beau discours que ce discours de Kennedy en janvier 1961 ! Nous étions
presque tous des enfants, à quelques exceptions près. Certains d’ici étaient
sûrement en pleine adolescence, comme mon ami Santiago de León, qui était déjà
élève militaire, n’est-ce pas ? Tu l’étais cette année-là ? Quelle
année es-tu entré à l’école militaire ? En 1958. Vous voyez ? Tu étais
en quatrième année ou tu étais déjà diplômé. Je vais te recommander quelque
chose, parce que monsieur le député a fait une chute de cheval et s’est brisé
la jambe : demande la formule à mon frère Fidel qui s’est tout à fait
rétabli et trotte déjà.
Monsieur
l’ambassadeur, je vous prie de dire à Fidel Castro de donner la formule d’un
rétablissement rapide et totale à monsieur le député et colonel Santiago de
León (applaudissements). Il est tombé
de cheval. Bon, il dit lui que c’est le cheval qui est tombé (rires), et je crois que c’est vrai,
parce que c’est un très bon cavalier, je l’ai vu ; le cheval est tombé et
bien entendu, lui il est parti de côté.
Oui,
mais quel beau discours que celui de Kennedy : la révolution de l’espoir.
Et voyez un peu comment Kennedy a fini à Dallas quelque temps après…
Ainsi
donc, cette croissance économique n’est pas le succès du gouvernement, monsieur
le président, c’est celui des travailleurs, du secteur public et du secteur
privé, des vrais directeurs publics et privés, des hommes d’affaires privés et
publics, des investisseurs honnêtes qui sont la majorité. D’ici, ma
reconnaissance et mes applaudissements à tous (applaudissements).
Nous
avons fait une espèce de miracle, nous avons tiré l’économie du puits où elle
était tombée… J’avais pensé amener ici un écran et des diapos, mais non, nous
allons faire une meilleure brochure, l’ambiance ici n’est pas à une projection.
Mais
voyez un peu ces détails, ces chiffres. Ceux de la croissance de l’économie non
pétrolière, par exemple. Parce que certains pourraient dire : ah !
les cours du pétrole. Eh bien, l’activité non pétrolière a enregistré une
croissance supérieure à celle de l’activité pétrolière. Le secteur du bâtiment,
par exemple, a eu une croissance de 40,3 p. 100 – rappelez-vous qu’il ne s’agit
que de trois trimestres – les institutions financières, de 27,2 p. 100 ;
le transport et le stockage, de 25,5 p. 100 ; le commerce et les services,
de 24,8 p. 100 ; les manufactures, de 20,7 p. 100. Le secteur de la
manufacture privé, par exemple, - écoutez bien ce chiffre ! – :
fabrication de véhicules : 161,3 p. 100 ; production de bois :
132,3 p. 100 ; confection : 85,1 p. 100. Des chemises aussi belles
que celle que porte Juan Barreto, par exemple. Il en a offert une à Albis
Múñoz, s’il vous plaît, monsieur le maire, et je vous demande de m’en faire
parvenir une à moi aussi, des chemises de fabrication nationale.
Donc,
la confection, croissance de 85,1 p. 100 ; la fabrication de meubles, de
71,2 p. 100.
L’inflation
a été un peu inférieure - ce chiffre, oui, c’est celui de toute l’année,
chiffre officiel de la Banque centrale – à ce que nous avions calculé. Des
critiques, des économistes – qui devraient repasser leurs examens, parce qu’ils
ont des doctorats d’on ne sait où et des tas de doctorats – avaient même
déclaré sur tous les médias, au début de l’année, que le Venezuela allait tout
droit vers une hyper-inflation que personne ne pourrait freiner, que ce
gouvernement était insensé, etc. Eh bien, l’inflation a été de 19,2 p. 100.
Elle est encore élevée, mais il faut rappeler que nous étions arrivés à 12 p.
100 fin 2001 et que nous venions de plus de 30 p. 100. Sous le gouvernement
antérieure, elle avait atteint 100 p. 100, je crois que c’était en 1996, et
même plus de 100 p. 100. Nous venions donc de là, de ces « hauts de
hurlevent », et nous étions en train de la ramener à un seul chiffre. Ce
n’était pas un rêve, nous étions en train de la ramener à 10 p. 100 et à un
seul chiffre, mais la folie est arrivée, et nous sommes remontés à 30 p. 100.
Nous en sommes maintenant à 19,2 p. 100 cette année-ci, et l’inflation
continuera de baisser en 2005.
Je
lance un appel pour que nous travaillions tous dans ce sens.
Je
voudrais tout d’abord lancer un appel à la Banque centrale, avec tout le
respect que je lui dois : il me semble que la méthode qu’elle utilise pour
mesurer l’inflation n’est pas adéquate, parce qu’elle ne le fait qu’à Caracas.
Il devrait y avoir une méthode pour mesurer l’inflation dans les principales
villes du pays et dans les campagnes. Bien entendu, ça coûte plus cher, il
faudrait chercher plus de gens, mais ça veut dire plus d’emplois… Que fait donc
la Banque centrale ? Ses agents vont faire des achats dans un supermarché.
J’ai demandé récemment à quelqu’un de la Banque centrale : « Pourquoi
ne passez-vous donc pas à MERCAL et ne faites-vous pas des achats à
MERCAL ? » Car à MERCAL, nous allons le voir, l’inflation tout au
long de l’année a été nulle, parce que le prix d’aucun produit n’y a augmenté
d’un centime, zéro inflation (applaudissements).
Et MERCAL, ce ne sont pas quatre petites épiceries, MERCAL est aujourd’hui le
plus grand système de distribution d’aliments de tout le Venezuela, capable de
fournir des aliments bons et bon marché à presque dix millions de personnes, et
nous allons continuer d’augmenter en 2005.
Il
faut donc commencer à réviser la méthode de calcul de l’inflation, qui ne me
semble pas refléter la réalité du pays.
C’est comme si vous vouliez mesurer, par exemple, la qualité du sol dans l’Etat
de Lara, et que vous mesuriez uniquement à partir de Carora. Alors, vous
trouverez que l’Etat de Lara n’est pas fertile. Mais quelqu’un pourrait vous
rétorquer : « Pourquoi vous ne mesurez pas dans la vallée du Quibor
et dans celle du Turbio, et dans l’Apure ? » Si vous mesurez dans les
marais de Caribén, au sud du Capanaparo, il y a des terres très acides, mais en
revanche l’axe de San Fernando à Biruaca est extrêmement riche.
C’est
une réflexion très modeste que je me fais, parce que je ne suis pas un expert
en la matière, mais je l’ai faite à différentes occasions aux ministres du
cabinet économique et aussi à certains fonctionnaires de la Banque centrale.
Bon,
de toute façon, nous acceptons ce chiffre de 19,2 p. 100, mais je lance un
appel à tout le pays. Savez-vous pourquoi ? En premier lieu, dans la mesure où nous
augmenterons la production, nous nous attaquerons à l’une des causes
structurelles de l’inflation. En second lieu, il y a un autre facteur ici qui
influe beaucoup sur l’inflation et plus que ce qu’on imagine : la spéculation
dans les chaînes de distribution. Il y a des organisations ou des gens qui
achètent là-bas sur les bords du fleuve Guárico un kilo de tomates à tel prix,
et viennent le vendre ici à Caracas en payant très peu en frais de transport et
de stockage, et le revendent cinq fois plus cher. Spéculation.
Je
lance un appel à tout le monde, à messieurs les gouverneurs, aux maires,
surtout à partir du pouvoir exécutif, des organisations de contrôle, et à
partir de la morale nationale, afin que tout le monde apporte sa petite pierre
et qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette soif d’enrichissement
rapide, peu importe ce qui peut arriver au compagnon ou au frère.
En
tout cas, l’inflation va continuer de diminuer, tout comme le chômage. Et là,
c’est encore un chiffre réel d’accumulation dans l’année, et je suis très
heureux de le dire. Quelle tristesse les années précédentes de voir ce qu’il
s’était passé ! Après tout ce que nous avions fait pour réduire le chômage
jusqu’à 11 p. 100 en décembre 2001… Car le chômage a flambé de nouveau à la
suite des grèves terroristes, des lock-out, des fermetures d’entreprises, des
sabotages et de tout le reste, et il est remonté à plus de 20 p. 100, sans
compter le sous-emploi.
Le
chômage en décembre 2004 a été de 10,9 p. 100 (applaudissements), et c’est une autre grande avancée. Maintenant,
il nous faut descendre encore plus, et ramener le chômage à un seul chiffre,
comme pour l’inflation, et nous allons y arriver. Je demande l’union nationale
pour y arriver et nous allons y arriver en étant tous unis.
Quelques
autres chiffres de la gestion économique de mon gouvernement sont le fruit de
politiques très claires. Par exemple, la société Casa a refleuri, elle avait
été démantelée sous la IVe République. En 2004, elle a accru sa capacité
de silotage de 425 p. 100, et c’est maintenant qu’elle va commencer à donner
des fruits à la production nationale et à la justice, surtout, dans les
campagnes. Vous savez de quoi je veux parler. Une bonne partie des silos
étaient aux mains d’un groupe d’exploiteurs impitoyables qui payaient une
misère aux petits producteurs pour pouvoir favoriser ensuite les secteurs
monopolistiques, et nous avons maintenant récupéré à plus de 400 p. 100 les
capacités de silotage.
Les
programmes ou la mission MERCAL, des maisons d’alimentation, équipées dans tout
le pays, il y en a maintenant 1 047, et on ouvrira toujours plus. Et
MERCAL veut dire protection maximale. Maintenant, avec les gouverneurs réélus
et nouvellement élus – quel plaisir de voir ce bon compagnon de tant d’années,
le général de division Francisco Rangel dans cette salle, maintenant comme
gouverneur de l’Etat de Bolívar (applaudissements),
quel plaisir de te voir ici comme gouverneur ! Pour citer un seul cas,
j’avais parlé du gouverneur de Nueva Esparta, Morel Rodríguez, tous les
gouverneurs. Vous avez ici Johnny Yáñez Rangel, vous avez Tarek William Saab,
tout nouveau là-bas dans l’Etat d’Anzoátegui (applaudissements), vous avez Liborio Guarulla, qui n’a pas été
réélu, il n’y a eu d’élections en Amazonas, nous savons qu’il y a des élections
l’an prochain, des gouverneur, qui d’autre encore est là ? Les maires,
vous avez Antonia Muñoz, la gouverneure récemment réélue dans l’Etat de
Portuguesa (applaudissements). Nous
allons tous travailler à accélérer ce projet, ce programme de maisons
d’alimentation, qui vise, vous le savez, les enfants des rues, ceux qui vivent
dans la plus grande misère.
La
mission MERCAL a déjà vendu des aliments de qualité moins cher que le prix fixe
à neuf millions de personnes. En 2005,
nous visons dix millions de personnes.
MERCAL
a commencé en janvier 2004 par vendre 250 tonne d’aliments par jour. La
croissance a été vertigineuse, et nous en vendons maintenant 3 533 tonnes,
dans le cadre d’un effort logistique sans précédent au Venezuela qui a pu
compter, comme presque tous ces projets, sur le rôle fondamental de l’armée (applaudissements). Je demande une
reconnaissance spéciale pour mes compagnons des glorieuses Forces armées
bolivariennes du Venezuela, les forces armées nationales, et pour les
gouverneurs, les maires, les bénévoles et la participation populaire. Voilà le
chemin, l’union de tous et la participation de tous.
Des
secteurs privés ont aussi coopéré et ont favorisé cette mission. Au milieu de
l’année, j’ai autorisé MERCAL à faire des achats régionaux pour élargir l’offre
de produits, et quels sont ceux qui lui ont vendu ? Les producteurs privés
de toutes les régions du pays. Il y a même des MERCAL du côté de San Cristobal,
on vend des fleurs dans les supermercales
à Mérida ; on vend des produits en plus du panier de la ménagère, de
l’artisanat, il y a maintenant des projets pour vendre des vêtements dans
certains MERCAL, très bon marché et de bonne qualité. Et cela continuera de
s’agrandir en 2005 et dans les années à venir.
La
croissance des ventes à MERCAL a été de 631 p. 100 en 2004.
Les
semailles, l’agriculture… Je crie pour l’agriculture, afin que nous continuions
à mettre toute notre âme dans le projet agricole national, et nous avons
commencé l’année, vous le savez tous, à toute allure, parce qu’aucun projet
agricole n’aurait du succès au Venezuela si nous ne liquidons pas l’héritage
pervers du latifundio (applaudissements).
C’est une vraie faille structurelle.
En
2004, malgré cette faille structurelle, malgré cet obstacle gigantesque et bien
d’autres, la surface arable a augmenté de 10,4 p. 100, une bonne avancée.
La
production a augmenté comme suit, dans certains produits de cycle court avant
tout : haricot noir, 48,3 p. 100 ; maïs, 13,5 p. 100 ; coton,
73,6 p. 100, ce qui découle des décisions du gouvernement et du travail
coordonné avec les producteurs et les gouverneurs. Je rappelle le plan Coton,
comme on l’appelait, sur les rives de l’Orénoque et de l’Apure, où les
producteurs n’avaient pas de crédits, pas de machines, et nous avons commencé à
leur en donner, et ça a été un petit soutien. Non, ça n’a pas été grand-chose,
juste pour couvrir les besoins fondamentaux, et voyez le résultat, voyez
comment notre peuple répond, comment nos agriculteurs répondent. Croissance du
coton, donc, 73,6 p. 100.
Le
riz, 45,8 p. 100, et je tiens à féliciter en particulier les producteurs des
Etats de Guárico et de Portuguesa pour ce grand succès, et les gouverneurs
Manuit et Antonia Muñoz (applaudissements).
Les
haricots, 55,9 p. 100. Les pommes de terre, une modeste augmentation de 4,8 p.
100. Nous avons eu des problèmes avec les pommes de terre, mais il y a eu
pourtant une petite croissance.
Dans
ce nouveau cycle économique, il vaut la peine de citer le chiffre suivant,
surtout en rapport avec l’économie sociale : la Banque du peuple souverain
a donne un total de 5 368 crédits pour un montant de 21,7 milliards de
bolivars ; le Fonds de développement micro-financier a approuvé 6 186
crédits pour un total de 25 milliards de bolivars ; la Banque de la femme
a approuvé 12 045 microcrédits pour 10 277 000 000 de
bolivars ; la BANDES a octroyé 10 297 microcrédits pour 92,7
milliards de bolivars. C’est une politique de notre Révolution, la politique
des microcrédits aux plus pauvres, qui s’accompagne ou plutôt est précédée de
la formation, de l’organisation communautaire, pour que l’investissement soit
efficace, comme elle l’est.
On
a relancé treize systèmes d’irrigation à l’échelle nationale, ainsi que ceux
des fleuves Guárico et Tiznado et trois dans l’Etat d’Aragua.
La
production industrielle – ces données sont très importantes, parce qu’elles
s’inscrivent dans la relance de la Corporation vénézuélienne de Guyana et
d’autres zones de production industrielle du pays, et le gouverneur de l’Etat
de Bolívar et le président actuel de la CVG, Rafael Sánchez Márquez, ont un
grand mérite à ça.
La
production de la CVG-Alcaza, Aluminiums du Caroní, a augmenté en 2004 de 25 p.
100 ; on a battu des records de production à Venalum et à CVG-Proforca ;
la croissance de la production d’énergie de la CVG-EDELCA, Electrification du
Caroní, a été de 16 p. 100 ; les revenus globaux de la CVG ont été de 5,5
billions de bolivars et 251 entreprises ont été réindustrialisées dans tout le
pays. Et je veux ratifier mon message au secteur privé national. Comment
quelqu’un peut-il croire que nous voulons détruire une entreprise ? Aucune, absolument aucune ! Ce que nous voulons, c’est une action
coordonnée, concertée entre le gouvernement, l’Etat, le secteur privé et les
travailleurs pour poursuivre cette réindustrialisation du pays, cette
démocratisation économique, cette impulsion d’un modèle économique selon ce que
demande la Constitution souveraine, un modèle productif, diversifié, qui nous
permette d’engendrer assez de richesses pour la distribuer entre tous, pour
atteindre l’objectif que Bolívar nous a fixé voilà presque deux cents
ans : le plus grand niveau de bonheur possible pour tous.
Le
secteur financier, et ça c’est aussi très important, et il faut reconnaître ici
le travail coordonnée de la banque publique et de la banque privée, avec
quelques rares exceptions. La marge d’intermédiation financière – et c’est très
important pour le développement national, - a augmenté de 32,12 p. 100. C’est
bien le rôle essentiel de la banque, pas la spéculation ni la fuite de
capitaux.
On
a aussi créé, pour impulser encore plus le secteur financier public, le Fonds
de développement économique et social du pays. Vous devez vous rappeler combien
on s’est moqué de moi quand j’ai utilisé un mot de là-bas, un mot d’ailleurs,
le « millardo ». [terme admis
récemment en espagnol comme équivalent de « mil millones » ou
milliard français] Vous vous rappelez ? Le « millardito » de
Chávez. Eh bien, ce n’est pas un milliard, mais deux milliards en fin de compte
(rires). Qui ne demande rien…
(quelqu’un du public dit : « n’a rien »). Exact. Deux milliards
de dollars ! Ce n’est pas pour moi ni pour augmenter le salaire du
président et des ministres, de la bureaucratie, non. Tout ce fonds, que nous
avons finalement appelé FONDESPA – un nom qui ne m’a jamais plu, mais qui est
resté comme ça, Fonds de développement économique et social du pays – nous
l’avons créé à l’époque. Comme la Banque centrale n’en voulait absolument pas
et regimbait sans cesse, eh bien, pour ne pas continuer de me disputer avec mon
ami Diego Luis Castellanos que je remercie beaucoup de ses démarches à la tête
de la Banque centrale, parce que je désignerai sou peu un nouveau président de
la Banque centrale (applaudissements),
j’enverrai dans quelques jours ma décision à cette Assemblée afin qu’elle
l’analyse, comme le demande la Constitution, Diego Luis a fait son temps de
service, c’est un bon ami, savez-vous ? je l’apprécie beaucoup. D’ici, mon
salut, avec tout mon respect, tout ce que j’ai toujours dit c’est avec tout mon
respect.
Nous
sommes arrivés à un accord avec la Banque centrale, parce que la Constitution
stipule qu’il doit y avoir un accord entre le gouvernement et la Banque
central, et celle-ci a finalement accepté à cette condition : ne pas utiliser
les réserves internationales, mais n’utiliser qu’une partie des revenus
pétroliers, au lieu de continuer d’accumuler des réserves, nous avons créé le
Fonds jusqu’à hauteur de deux milliards de dollars. On a commencé à le remplir
de nouveau, parce que nous avons déjà distribué les deux milliards de départ,
mais c’est destiné à des projets aussi importants pour tout le pays que, par
exemple, la centrale hydraulique La Vueltosa, qui est l’un des projets. Je n’ai
pas la liste sous les yeux, mais l’autre est l’autoroute vers l’Est. Un autre
projet : des assignations spéciales pour accélérer les travaux des métros,
le métro de Los Teques, par exemple, que j’aspire à inaugurer… Quand est-ce
qu’on nous a dit, Carrizales ? Nous l’inaugurerons en 2006, si Dieu le
veut. Un fantastique métro d’ici à Los Teques, dix minutes, quelle
merveille !
Nous
avons assigné des fonds à une autre centrale thermique au centre du pays ;
la ligne aérienne Conviasa a commencé à voler grâce à ce fonds (applaudissements) ; la
construction de la sucrerie Ezequiel Zamora, à Barinas, qui avançait très
lentement faute de ressources, s’est accélérée, et ce sera une des meilleurs d’Amérique latine
et des Caraïbes.
Bref,
de vraies semailles du pétrole. Et je reprends cette phrase d’Arturo Uslar
Pietri, si respecté, qui, comme nous le savons tous, quand nous n’étions pas
encore nés, dans les années 40, quand
c’est mon général Isaías Medina qui dirigeait notre pays, avait parlé des
semailles du pétrole. De plus, nous avons constitué vingt-neuf fonds
d’assignation spéciale pour le Banque de développement économique et social.
Le
contrôle des changes a fait preuve en 2004 d’efficacité, d’efficience et de
rapidité pour répondre aux demandes des importateurs et de l’économie
vénézuélienne. Nous avons même dépassé les 10 milliards de dollars
d’assignation en 2004, un contrôle des changes bien adapté aux besoins du
pays ; la diminution du taux d’intérêt à 15,6%, et ça aussi est très
important ; le risque/pays est descendu à 379 points de base ; les
réserves internationales sont remontés à un record historique et atteignaient
24 milliards de dollars à la fin de l’année. Le Venezuela est l’un des rares
pays au monde qui pourrait payer toute sa dette extérieure, presque toute, avec
ses réserves internationales, un vrai record.
Le
taux de royalties à 20%, ça aussi c’est très important, à 16,6%. Nous avons
commencé cette année à récupérer notre pleine souveraineté pétrolière. Vous
savez que les gouvernements antérieurs avaient signé des accords vraiment
nocifs à l’intérêt national, et l’un d’entre eux était la prétendue ouverture
pétrolière, par le biais duquel on a signé des contrats au nom desquels les
sociétés étrangères qui travaillent avec nous et nous travaillons bien avec
toutes, eh ! bien ne paient pratiquement aucun royaltie. À peine 1 p. 100,
autrement dit zéro. Des royalties de 1 p. 100,
dans quelle partie du monde !
Même pas en Irak, malgré tout ce qui s’y passe et que nous regrettons
tant. Et tout ça s’est fait en violant la Constitution de 1961 et en violant la
vieille loi des Hydrocarbures. Nous avons donc pris la décision d’appliquer ce
que dit la loi, et même la loi antérieure qui a été dérogée, et nous avons
appliqué des royalties de 16,6 p. 100. C’est un premier pas dans la
récupération de notre pleine souveraineté nationale en matière de pétrole.
Le
secteur financier, pour continuer d’en parler, les revenus fiscaux, je veux que
nous applaudissions le SENIAT, pour l’excellent travail qu’il a fait cette année
(applaudissements), le surintendant
Vielma Mora et tous les fonctionnaires et travailleurs et travailleuses du
SENIAT (applaudissements).
L’augmentation de la collecte des impôts cette année a été de 136,7 p. 100, et
les revenus fiscaux d’origine non pétrolière se sont montés à 85 p. 100. Vrai,
un record dans l’histoire du Venezuela.
C’est
tout pour les chiffres de ce que j’ai signalé, monsieur le président, comme
l’un des signes saillants de 2004 : naissance et décollage d’un nouveau
cycle économique, de croissance et d’expansion. Alors, veillons sur lui.
Continuons de le semer et de le fertiliser pour que nous ayons d’ici peu une
solide économique vénézuélienne. Nous avons de quoi y parvenir. Je demande à
Dieu, et faisons tout ce que nous devons faire nous autres, que l’économie
vénézuélienne continue sa relance et continue aussi de récupérer sa
souveraineté et sa capacité d’engendrer du bonheur pour tous les Vénézuéliens.
Troisièmement,
ai-je dit, messieurs les députés, 2004 a signifié la consolidation e
l’expansion des missions d’insertion sociale. Permettez-moi donc quelques
chiffres.
Le
café est arrivé, c’est très bien parce qu’il m’aide moi à prendre des forces,
et vous aussi, le café est très bon, une bonne initiative du président Nicolás
Maduro.
Merci,
monsieur le président, de ce bon café que vous donnez ici à l’Assemblée (applaudissements).
Tu
veux du café, José Vicente ? Lui, il prend du thé au lait, un thé vert
chinois que le Chinois Khan… Chinois, tu dois prendre du thé vert. Quel plaisir
de te voir, vraiment, compagnon ! (Applaudissements.)
Quelle peur tu nous as fait, José Khan, député et ami ! Tu dois faire
diète, fais attention à toi, fais de la marche…
Les
missions, merveille de 2004 ! Et 2005 va être une année d’accélération des
missions sociales et d’impulsions de nouvelles. Par exemple, Au Cœur du
quartier (Barrio adentro) entre dans sa seconde phase. Je vais vous dire
certaines choses de cette mission Au Cœur du quartier II que j’ai préparée avec
mon bon ami et compagnon Fidel Castro. Nous y avons travaillé à la suite que je
lui ai faite en décembre à Cuba, parce qu’elle fait partie de l’accord de
coopération Cuba-Venezuela, et de plus nous avons signé, dans le cadre de
l’offensive internationale, l’Accord d’alliance stratégique qui donne naissance
à l’Alternative bolivarienne pour l’Amérique latine, l’ALBA (applaudissements), pour l’Amérique
latine et les Caraïbes.
Bien,
compatriotes vénézuéliens, écoutez ces chiffres des missions qui vous donnent
une idée de la merveille que sont ces programmes révolutionnaires.
Les
missions éducatives au total en 2004 ont touché 3 844 000 personnes.
Calculez, nous sommes environ 25 millions, selon les statistiques de l’INE,
proche de 26 millions, et nous sommes en route vers 30 millions. Le géant
grandit.
Ainsi
donc, 3 844 000 personnes sont incorporées aux missions éducatifs. De
qui s’agit-il ? Des exclus. Ça, depuis Robinson I, Robinson II jusqu’à
Sucre. Facilitateurs du grand bénévolat national des missions éducatives,
250 000, une vraie armée d’armées de bénévoles ; endroits préparés,
locaux, 2 624 dans tout le pays ; plus de 15 millions de cassettes
produites ; plus de 90 millions d’imprimés distribués ; 1
640 000 bibliothèques familiales remises, en donnant la priorité aux
nouveaux lecteurs et aux jeunes qui terminent le primaire.
Je
vais reconnaître ici le peuple cubain et le gouvernement cubain, parce que
toutes ces cassettes, ces imprimés et ces bibliothèques populaires ont été
produits à Cuba. Merci beaucoup, monsieur l’ambassadeur, transmettez nos
remerciements au président Fidel Castro (applaudissements).
La
mission Robinson I a touché
1 411 000 compatriotes, dont 1 371 595 ont passé leur
diplôme. Bientôt, le Venezuela sera une zone exempte d’analphabétisme. Sur ce
point, nous n’avons pas voulu nous presser, parce qu’il faut remplir toutes les
démarches et les conditions les plus rigoureuses que nous nous sommes d’abord
imposés à nous-mêmes et les Nations Unies ensuite, car elles ont des paramètres
mondiaux. Mais ce sera bientôt. Et je vous demande à tous d’accélérer ces
prochains mois la mission Robinso I : Alphabétisation, Moi, oui, je peux.
Donc,
diplômés, 1 371 000.
La
mission Robinson II, incorporés – et c’est très important pour conclure le
primaire, et que tout atteigne la qualité requise – 1 261 000
compatriotes, parallèlement à 87 000 facilitateurs dans 81 300
ambiances de classe. En 2004, on a commencé en plus le plan massif de bourses,
sans précédent dans l’histoire vénézuélienne. Par exemple, dans le cadre de
Robinson II, on est en train de donner 100 862 bourses aux plus pauvres,
aux plus nécessiteux, parce que c’est là que se trouvent, comme dit Victor
Hugo, je le cite de nouveau,les misérables, ceux qui ont vécu toute leur vie
dans la misère. La lumière de l’espoir est arrivée pour eux, merci mon Dieu
pour nous permettre d’allumer les lumières de l’espoir chez tant de gens !
(Applaudissements.)
L’efficacité
de la méthode cubaine Moi oui je peux a été vérifiée une fois de plus. Bien
entendu, ici, nous l’avons adapté au Venezuela, et même aux régions. Ce n’est
pas la même méthode en Zulia qu’en La Guayana, ou en Margarita, monsieur le
gouverneur, qu’au Táchira. Donc, nous avons régionalisé la méthode en cours de
route.
L’efficacité
de la méthode Moi oui je peux et Moi oui je peux continuer a été de 97 p. 100.
Moi oui je peux continuer a été une invention vénézuélienne.
Toutes
les régions sont favorisées, sans qu’il en manque une seule, par ces missions
éducatives Robinson, même les centres pénitentiaires, et nous avons incorporé
les langues indigènes là où vivent nos frères dans l’Amazone, en Bolívar, en La
Goajina, sur les plateaux de Guanipa, à Delta Amacuro. Nous avons publié des
brochures dans les langues indigènes, on est en train de récupérer des langues
indigènes qui se perdaient dans la forêt, parce que les indigènes ne savaient
pas écrire. Maintenant, ils apprennent à écrire dans leur propre langue, en
plus de l’espagnol, conformément à la Constitution. Ça n’était jamais arrivé
avant au Venezuela, et je crois que ça se fait dans bien peu de parties du
monde
La
mission Ribas, une merveilleuse mission aussi, pour conclure le secondaire.
Elle touche 726 681 Vénézuéliens, dans 29 900 ambiances de classe
dans tout le pays, avec 31 000 facilitateurs et 3 700 coordonnateurs,
plus les bourses. Les bourses de la mission Ribas atteignent déjà 200 000
et ce sont des bourses – pour vous parler en dollars, messieurs les
ambassadeurs – de cent dollars par mois, ce qui fait un total de 200 000
pour Ribas, 100 000 pour Robinson II – un peu plus même, mais j’arrondis –
et cette année nous atteindrons 150 000, 200 000 et en plus, mais
nous arrondissons à 200 000 pour Ribas, soit au total 300 000 et la
mission Sucre a aussi 100 000 boursiers, soit un total de 400 000
bourses rien que pour les missions. Je ne parle pas du système régulier
d’enseignement. À cent dollars par mois, cela fait un total de 40 millions de
dollars par mois !
Les
néo-libéraux disent que c’est jeter l’argent par les fenêtres. C’est qu’ils ne
connaissent pas la vérité de la vie !
L’homme,
l’être humain, a dit le Christ. Je le répète, l’alpha et l’oméga. Bolívar a
dit : « Les nations s’achemineront vers leur grandeur au même rythme
que marchera leur éducation. » Ces bourses permettent à ces centaines de
milliers de compatriotes de subsister tout en faisant des études, parce que
sinon la plupart d’entre eux ne pourraient pas le faire et finiraient par
abandonner, exactement pareil que ce qu’ils avaient dû faire vingt ans avant,
ou quarante ans avant pour certains, ou plus. Un nonagénaire qui a appris à
lire et à écrire m’a répondu quand je lui ai posé la question :
« Pourquoi n’es-tu jamais allé à l’école ? » Il m’a
répondu : « Comment j’aurais pu, monsieur le président, si j’ai
commencé à travailler avec mon père sur son lopin à l’âge de cinq ans, et je me
suis inscrit dans une petite école, mais je n’ai pas pu, la faim ne me laissait
pas étudier. » Voilà ce qu’il m’a dit.
Si
nous ne les soutenons pas avec cette bourse de cent dollars par moi, la faim
les ferait abandonner une fois de plus la salle de classe, la pauvreté et plus
que la pauvreté, la misère.
Voilà,
messieurs et mesdames les gouverneurs, messieurs et mesdames les ministres,
messieurs et mesdames les députés, la merveille de ces missions auxquelles nous
devons continuer de mettre notre âme. Mettons notre âme dans les missions pour
les consolider encore plus et pour les étendre d’un bout à l’autre de la terre
vénézuélienne !
Eh
bien, la mission Ribas compte 201 540 bourses, avec, je le répète,
726 681 inscrits. La mission Sucre, bacheliers incorporés,
334 453 ; 155 999 ont conclu le programme d’initiation
universitaire (PIU) en 2004 ; 76 864 se sont inscrits à des études
universitaires, et 53 069 sont inscrit aux programme de municipalisation,
à l’endroit où ils vivent, dans 10 816 sections de tout le pays.
Nous
avons commencé à bâtir des villages universitaires avec tout l’équipement
requis, parce que nous perfectionnerons les missions peu à peu. Pour l’instant,
beaucoup suivent les classes dans le patio d’une maison, bien que presque tous
aillent au lycée le soir ou dans les écoles bolivariennes, ou alors à la
mairie, ou à l’église.
De
nombreux prêtres… Je veux, après avoir donné un coup de fouet à la direction
catholique, envoyer d’ici une étreinte de l’âme aux prêtres vénézuéliens qui
vont partout aux côtés de notre peuple, clamant et luttant dans cette vallée de
larmes, la croix du Christ sur l’épaule et avec l’amour sublime pour les
grandes causes des peuples (applaudissements).
Donc,
100 000 boursiers. Voyez un peu ces chiffres que le ministre Samuel
Moncada m’a fournis et qui découlent des études statistiques.
Je
demande à tous les ministres, monsieur le vice-président, à tous les ministres,
surtout du secteur social, de continuer de mettre au point des instruments pour
mesurer la réalité avec plus de précision. Et pour comprendre les
mathématiques, le contraste, la comparaison est fondamentale, sinon il est
difficile de comprendre.
Quand
je vous disais tantôt que la Banque du peuple avait donné tant de crédits en
2004, j’ai oublié de dire combien elle en avait donné en 2003, pour se faire
une idée de l’évolution, sinon comment contraste-t-on ? La nature est
comme ça, les couleurs sont le contraste, le jour, la nuit…
Je
veux continuer d’insister là-dessus, et surtout sur les mathématiques, comme le
ministre Merentes. Chacun doit avoir une bonne équipe statistique au niveau des
gouverneurs, des mairies, pour mesurer, pour nous mesurer nous-mêmes, pour
reconnaître les erreurs, pour corriger, regarder les variables.
J’ai
ici quelques données mesurées par l’équipe du ministère de l’Enseignement
supérieur. Faites attention à ces détails, ce sont des données curieuses, pour
ainsi dire. En 2004, le Venezuela a fini par atteindre, pour la première fois,
un total d’un million et demi d’étudiants. Quelqu’un pourrait dire . Bah, c’est
le fruit de la croissance démographique, et ça semblerait une explication
logique, mais continuons d’analyser les chiffres.
Rien
qu’en 2004, 400 000 étudiants se sont inscrits dans l’enseignement
supérieur, ce qui correspond à 80 p. 100 du total de 1998. On n’a jamais connu
un saut pareil dans l’histoire de l’enseignement supérieur au
Venezuela ! La moitié des nouveaux
étudiants de 2004 provient de la mission Sucre.
Les
budgets de l’enseignement supérieur. Les gouvernements précédents ont
pratiquement bloqué les budgets. Je dois rappeler qu’on avait même évoqué la
privatisation de l’enseignement supérieur, selon ce conte néo-libéral à dormir
debout que les jeunes gens dans l’enseignement supérieur peuvent travailler et
payer leurs études. Ç’aurait été la damnation à jamais pour les pauvres !
Le
budget de l’enseignement supérieur s’est multiplié par 36 de 1998 à 2004. le
nombre d’étudiants bénéficiaires de bourses est passé de 14 000 en 2003 à
104 000 en 2004, et le budget concernant les étudiants a atteint 128
milliards de bolivars.
Et
ce chiffre-ci, qui est un chiffre curieux, extraordinaire, dont j’ai parlé dans
mon programme Allo Président : en un an et demi, la mission Sucre est
parvenu à incorporer à l’enseignement supérieur plus d’étudiants que tous les
diplômés sortis de l’Université centrale du Venezuela dans toute son histoire,
soit 280 ans ! (Applaudissements.) Ce
sont là des chiffres officiels. Les voici :
Total
de diplômés de l’Université centrale de 1725 à 2004 : 146 646. Total
d’inscrits à la mission Sucre : 264 007. Et quand la mission Sucre
commencera à diplômer des jeunes gens, je suis sûr, j’ose en faire le
pronostic, qu’elle aura diplômé d’ici cinq ou six ans plus d’étudiants que
l’Université centrale dans toute son histoire. en cinq ans. Voilà les
perspectives.
L’autre
mission merveilleuse, une mission miraculeuse, la mission Au Cœur du quartier.
Ecoutez ce chiffre :
À
ce jour, les consultations d’Au Cœur du quartier totalisent
86 500 000. De nouveau, merci à Cuba, à ses médecins ; merci aux
médecins vénézuéliens, aux personnels infirmiers cubains et vénézuéliens, et à
tous les bénévoles, aux comités de santé ; merci au gouverneurs, aux
maires, merci à tous ceux qui collaborent à cette mission de justice
miraculeuse (applaudissements).
Rendons à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César.
Voici
donc ce chiffre curieux que m’a procuré le ministre de la Santé, Francisco
Armada. De 1993 à 1998, en cinq ans, les consultations médicales du dans le
pays se sont montés à 70 millions. Je parle du système de santé publique, ou
plutôt de ce qui en restait. En cinq ans. Or, rien qu’en 2004, Au Cœur du
quartier a enregistré 76 millions de consultations, soit plus que les cinq
années avant que mon gouvernement s’installe ! (Applaudissements.)
De
plus, en 2004, le système de santé publique traditionnel a enregistré 20
millions de consultations, contre 12 ou 14 millions en 2000. nous avons donc
augmenté la capacité du système de santé traditionnel. Entre celui-ci et Au
Cœur du quartier, ça donne un total de presque cent millions de consultations
rien qu’en 2004. C’est un record mondial, je crois, par rapport à la quantité
de notre population. Quatre fois la population vénézuélienne, ce qui veut dire
que chaque Vénézuélien est allé quatre fois chez le médecin en moyenne.
Vous
savez que cela signifie. Nous sommes en train de garantir des soins médicaux à
tous les Vénézuéliens, en particulier aux exclus de toujours. Nous pouvons
compter sur 20 000 médecins et dentistes cubains, et la quantité de
médecins vénézuéliens continue de croître. Et je lance un appel d’ici aux |