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 Déclaration du Président de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire à l'ONU

RHC, 12 Mai 2002: De toute évidence, la situation actuelle est dangereuse pour notre pays mais il y a aussi des réactions d'amis qui visent à assurer Cuba de leur appui. En quoi pensez-vous qu'il y a un réel danger et quel message pouvez vous envoyer à ces amis?

Ricardo Alarcon: "J'ai cité les dernières déclarations du Secrétaire d'État, Powell, à un programme de la télévision étasunienne dimanche passé. Trois fois, dans sa réponse, il a fait allusion à l'emploi de la force militaire en précisant qu'il ne s'agit pas d'une chose immédiate, qu'ils ont d'autres options contre Cuba, mais, il n'a pas exclu l'emploi de la force militaire et c'est M. Powell qui est considéré comme une colombe dans le régine étasunien actuel. Il a fourni des éclaircissements très importants. Selon, lui nous vivons dans un monde nouveau. Il a fait référence à ce qu'ils ont fait en Afghanistan, en Irak, en ajoutant qu'il ne faut pas toujours avoir recours immédiatement à la force.
Lorsque le journaliste a essayé de lui faire préciser pourquoi nous n'allons pas "libérer Cuba comme nous avons libéré l'Irak" il a dit que, pour le moment, il ne pense pas qu'il faille utiliser la force militaire. Nous soulignons, nous, que c'est une manière d'affirmer la possibilité d'avoir recours à l'attaque militaire au moment qu'ils pourraient considérer comme adéquat.

Cuba a été l'objet d'une politique visant à renverser son régime politique depuis 1959. Cela a été dit, redit à maintes reprises et même exprimé d'une façon formelle dans une loi du Congrès étasunien, la loi Helms-Burton.

À partir de l'administration Bush, ces efforts pour renverser le "régime cubain" se sont déployés d'une façon très ouverte, en même temps que les États-Unis ont réussi à imposer un "nouveau monde", un monde dans lequel ils peuvent attaquer n'importe qui, n'importe quand, même sans l'avis du Conseil de sécurité de l'ONU. Les leçons sont évidentes pour nous.
Il y a aussi des accusations irresponsables qui ont été faites par M. Bolton, par M. Reich. Ils peuvent continuer à en proférer pour essayer de créer une atmosphère qui pourrait permettre une agression directe. C'est une possibilité sur laquelle nous ne pouvons pas jouer, nous devons la prendre au sérieux.

Je crois, d'autre part que, de plus en plus, il y a des gens qui commencent à réaliser qu'il s'agit-là d'une possibilité réelle. Il y a des gens qui disent que, pour la première fois, il perçoivent dans l'attitude actuelle des États-Unis une possibilité d'agression, une agression qui ne nécessite pas un déploiement de forces hors du territoire étasunien. Si Cuba est attaquée par les États-Unis, l'agression viendra directement de leur territoire. Vous n'aurez pas le temps de regarder les images à la télévision internationale pour savoir qu'il y a des forces aériennes ou navales américaines qui s'approchent de Cuba. Cuba, malheureusement, est située dans le voisinage immédiat du territoire étasunien, comme tout le monde le sait.

On commence à découvrir que le danger est réel. Je crois que maintenant, il y a des milliers d'intellectuels, d'hommes politiques qui se sont exprimés de cette manière. Je pense que cela aidera à créer un grand effort qui contribuera à arrêter les ambitions de domination du monde que l'administration Bush ne se cache pas pour proclamer.

Ce n'est pas seulement l'intérêt de Cuba, ce n'est pas seulement notre droit à la vie et à la paix mais, c'est aussi dans l'intérêt de tous les autres peuples parce qu'il faut les arrêter. Il faut dire non, il faut obliger les Étasuniens à respecter les droits des autres."

Propos recueillis par Marie-Dominique Bertuccioli

RHC, 12 Mai 2002


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